ACTE PREMIER
que je viens de recevoir; qn’est-ce que tout cela signifie?... (Lisant le billet.) « Mon cher Waldeek, trouvez-vous au coup de » onze heures à L’auberge de la Cigogne, avec dix mille » florins en poche. On a une bonne alfaire à vous proposer.
» Une de vos vieilles connaissances. » Qui cela peut-il être?... (Remettant le billet dans sa poche.) Onze heures sont sonnées et je ne vois personne !... Quant aux dix mille florins, doucement, moucher monsieur! on ne porte pas comme cela dix mille florins dans sa poche. Il faut connaître l’alfaire d’abord. (Rutten paraît sur lo seuil de la porte.) Ah ! Voici quelqu’un.
UUTTEN, h part, après avoir examiné Waldeek.
C’est lui !...
WALDECK, h part, en observant Rutten du coin de l’œil. Tenons-nous sur nos gardes !
RUTTEN, s’approchant de Waldeek et loi frappant sur l’épaule.
Bonjour, Waldeek.
WALDECK, avec défiance.
Monsieur?
RUTTEN
Tu ne me reconnais pas?... 11 est vrai que quinze ans de voyages, d’aventures, de combats, d’émotions de toutes sortes, ont dû me changer un peu... Allons! je vois décidément qu’il me sera facile de garder l’incognito, puisque Waldeek lui-méme m’a oublié!... Et Dieu sait pourtant ce que l’ingrat a gardé de mon patrimoine!... Cela ne te mets pas sur la voie?... Au fait j’oublie toujours que je suis au fond de l’Océan avec les débris de la Jeune-Amélie...
Monsieur Rutten!...
RUTTEN
Chut!... puisque Uutten est mort, ne le ressuscitons pas! je ne suis et ne veux être jusqu’à nouvel ordre que le chevalier de Kuulbaeh. Que bois-tu là, Waldeek? (jetant le resto de bièro de Waldeek.) Penh!... il nous faut mieux que cela pour arroser notre vieille amitié... Holà! quelqu’un!... c’est toujours Burckard qui tient l’auberge de la Cigogne?
WALDECK
Toujours !
CHARLOTTE , entrant.
Monsieur?
RUTTEN, lui tapant sur la joue.
Eh! eh !... il ne s’entend pas mal à choisir ses servantes, maître Burckard !. . Un flacon de Stein-Wein, mon enfant, et du bon coin!... Vile! (Charlotto sort.)
WALDECK
Ainsi vous avez échappé au naufrage de la Jeune- Amélie?
38 MAXWEL .
RUTTEN, s'attablant en face de Waldeck.
Comme tu vois!
Et pourquoi n’avoir pas démenti la nouvelle de votre mort?
RUTTEN
A quoi bon!... Il y a des moments dans la vie où l’on n’est pas fâché de faire peau neuve ; et puis, mon frère n’avait pas grande tendresse pour moi, si tu t’en souviens!
WALDECK
Il payait pourtant bien vos dettes.
NUTTEN.
Oui, mais il se remboursait eu sermons et je ne les aime pas. Toujours le même, sans doute?
WALDECK
Oh! bien cassé, bien vieilli!
CHARLOTTE, rentrant avoc une bouteille et des verres.
Voilà, monsieur!
RUTTEN
Merci, belle enfant!... (Charlotte sort. — Ration remplit les verres.) A ta santé, Waldech!
WALDECK
A la vôtre, monsieur...
RUTTEN
Kaulbach!
WALDECK
Joli nom ! (il boit.)
Ce cher Waldeck! il n’est pas changé, lui! toujours vieux !
WALDECK
Il paraît que vous êtes toujours jeune, vous?
RUTTEN
Toujours 1
WALDECK
La guerre de l’indépendance ne vous a pas mis de plomb dans la tête?
RUTTEN
Non, mais elle a failli me mettre une corde autour du cou.
WALDECK
Bah?
RUTTEN
Dame! tu comprends! quand on voyage, c’est pour s’instruire !... Je voyageais beaucoup là-bas!... Les Anglais sont curieux ; ils me demandaient ce que j’avais vu ; je suis naturellement bavard; je le leur racontais; et de fil en aiguille