‹ Maxwel drame en cinq actes et un prologueChapitre 27 sur 115 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

tu ne t’imagines pas ce que ces petites indiscrétions m’ont causé d’ennuis!...

Voyez un peu !

RUTTEN

Des sauvages!

WALDECK

C’est égal, vous avez dû tirer votre épingle du jeu, à ce métier-là...

RUTTEN

Oui; mais depuis deux ans que j’ai remis le pied en Europe, tu comprends...

WALDECK

Comment ! il y a deux ans que vous êtes de retour et vous ne faites que d’arriver à Munich ? *

RUTTEN

Que veux-tu! quand .on flâne en route !... Si nous parlions de notre affaire, hein?

WALDECK

Je vous écoute,

RUTTEN

Je te disais que ces deux ans d’existence civilisée avaient *dévoré mes économies ; ce que je ne t’ai pas dit, c’est que j’avais gardé une poire pour la soif.

WALDECK

Ah! ah!...

RUTTEN

Oui; ma part de butin dans la prise que nous ftmes du fort. ...du fort Cecilia. (Tirant une tabatière do sa poche.) Cela consiste en un certain nombre de diamants...

Chut!

- RUTTEN

Pourquoi ?

WALDECK

11 y a en ce moment dans la maison un certain Sparckque vous vous rappelez peut-être?

RUTTEN

Oui, très-bien !

WALDECK

11 est curieux en diable, s’il vous en souvient!... comme les Anglais !... et si ce motde diamant lui arrivait aux oreilles, il irait peut-être se figurer...

RUTTEN

Quoi donc ?

MAXWEL

WALDECK

Qu’il s’agit de ceux qu’on a dérobés hier chez... El tenez!

!a coïncidence est bizarre, chez une demoiselleqni se nomme justement comme votre fort; mademoiselle Cécilia.

RUTTEN, à part. '

Diable! je ne me corrigerai jamais de faire de l’esprit, moi !

WALDECK

Vous comprenez?

RUTTEN

Parfaitement!... tu prends toujours du tabac?

WALDECK

Toujours !

RUTTEN, lui passant sa tabatière.

Eh bien ! prise-moi celui-ci ; tu me diras ce que tu en penses...

WALDECK, ouvrant la tabatière et en examinant le contenu.

Eh ! mais ! je pense... que vous n’avez pas été trop maladroit en prenant le fort...

RUTTEN

C’est bon ! c’est bon ! combien cela vaut-il?

WALDECK, refermant brusquement la tabatière cl se levant.

Attendez! (U repose la tabatière sur la table; Hutten s’en emparo et la met vivement dans sa poche — Walderk va h la porte par où est sorti Sparck et l’entr’ouvre.) Non! personne!... je me trompais! (il va se rasseoir.)

RUTTEN. -

Que le diable t’emporte!... (il retire la tabatière de sa poche et ta rend àWaldcck ) Eh bien?

WALDECK, rouvrant la tabatière.

Eli bien! voyons! trois... (n regarde Rutten.) Non?... quatre... non?... tenez! cinq mille florins!

RUTTEN, se levant.

Cinq mille!... mais tu n’as donc pas de conscience?

WALDECK

Autant que vous !

RUTTFN.

Cela vaut dix mille florins.

WALDECK

Pour le fort Cécilia, oui ; pour moi, non !

RUTTEN, se promenant de long en large.

Corsaire !...

WALDECK

Vous comprenez bien, mon cher monsieur... Kaulbach, qu’il y a marchandises et marchandises, et qu’avec les entraves qu’on apporte tous les jours à la liberté du commerce...

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