‹ Maxwel drame en cinq actes et un prologueChapitre 42 sur 115 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

remords est pour ceux qui ont failli à leur devoir!... as-tu failli au tien, toi qui t’es souvenu de cette parole d’un philosophe français, que l’honneur des juges consiste, comme celui des autres hommes, à réparer leurs fautes!... tu as fait plus! tu en as prévenu de nouvelles en provoquant toi-même la réforme qui t’a entouré d’assesseurs et leur a fait partager tes fonctions avec ta responsabilité. Voilà pour le juge !... l’iiomme est-il moins -irréprochable ?... Je te vois encore recevant (le mes mains ce pauvre enfant, perdu par sa mère et recueilli par moi dans la foule! « Je lui rendrai un père! » me dis-tu! et lu as tenu parole 1 que pouvaistu faire de plus?

MAXWEL.

Tu te trompes ! j’ai aimé Reinold comme un fils, c’est vrai ; mais je ne lui ai pas rendu un père!... vois dans quelle situation, je me trouve aujourd’hui vis-à-vis de lui!... Il se croit le fils de ma sœur; mais ce nom - que je pouvais donner à l’enfant, je ne peux légalement le donner à l’homme!... Reinold va atteindre sa majorité!... que lui dirai-je?... qu’il est né de parents inconnus, qu’il en a été abandonné?... je ne m’en reconnais pas le droit! ... qu’il' est lelils de Rutiler?... liais de Buttlep innocent alors!... Il pie maudira ! il me demandera compte de sa mère, de sa sœur, vouées par moi à la misère, à la mort peut-être! Je n’en ai pas le courage.

COCLDEN.

Ce courage serait de la cruauté ! à quoi bon jeter dans sa vie une douleur inutile !

* MAXWEL.

Et le père, à qui je vole les larmes de son fils!

GOXJLI1EN.

Ah ! ta conscience s’ingénie à incriminer jusqu’à tes bienfaits! hérite des droits du père, coinmp tu as hérité de ses devoirs !

MAXWEL.

11 faut donc que j’accepte l’héritage tout entier, et que je donne un nom à Reinold en l’adoptant.

GOULDEN

L’adopter !...

MAXWEL.

N’est-ce pas le seul moyen d’acquitter ma dette ?

GOULDEN

Mais cette adoption en fera le frère de Marguerite.

MAXWEL.

Eh bien?

MAXWEL

C0ULDEN.

C’est juste !... il y a des limites qu’on ne peut franchir en somme; il est fâcheux seulement (pie tu n’aies pas élevé plutôt cette barrière entre eux!. .

MAXWEL.

Que veux-tu dire?

GOULDEN

Mais tu ne t’es dpnc aperçu de rien?... oui, à force <ie t’absorber en toi-même, tu en es venu à ne plus rien voir autour de toi!... mets deux jeunes âmes en piésence, l’une tendre, et l’autre ardente, fais-les vivre d’une vie commune, qu’arrivera-t-il? la conclusion est facile a tirer.

MAXWEL.

Ils s’aiment?

GOULDEN

Parbleu !...

MAXWEL, après un silence.

Eh bien! Reinold est un honnête homme, pourquoi n’épouserait-il pas Marguerite?

Tu ferais cela ! tu abaisserais jusque là ton orgueil ?

MAXWEL.

J’élèverais jusque-là mon repentir!

GOULDEN

Mais... tu n’y songes pas! Pour tous Buttler est encore un assassin!... Si Reinold redevient son fils, peux-tu lui donner la fille, et lui-même l’accepterait-il pour femme?

MAXWEL.

Ah ! tu vois!

COULDEN.

Non !... il me vient une idée!... comment diable n’y ai-je pas songé plus tôt?... J’étais si loin de penser... au fait il me semble que je fais un père très-sortalde! qu’en pensestu ? Reinold a 'de l’amitié pour moi, j’en ni pour lui !... Eli bien ! voilà son père tout trouvé !... je l’adopte, moi!

MAXWEL.

Que dis-tu?

GOULDEN

Eh pardieu ! je dis que je veux avoir une bru qui soit tenue de m’accabler de prévenances et de me donner des petits-enfants que je ferai sauter sur mes genoux et qui m’appelleront : graud’père !... Eh 1 eh! bonne affaire !

MAXWEL, lui serrant la main.

Cher Goulden !

GOULDEN

Mon idée ne te déplaît donc pas? donne-moi ma récom-

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