SCÈNE II
MARTHE, REIXOLD.
RLINOID.
Et cet homme croit!... iufaa.ic !... 11 paraît qu’il ne sait pas encore mon nom, sans quoi !... Il ne me manque plus que d’élre méprisé par M. Waldeck!... (Regardant Marthe à la dérobée, h part.) Au fait, pourquoi pas? (Il so rassied.)
MARTHE, s'approchant de Reiuold.
Rcinold, je te demande pardon d’avoir payé de cet argent la maison paternelle; mais il nous fallait un refuge; seuls désormais, séparés du monde entier, rendons grâce à Dieu
76 ' MAXWEL
de nous avoir gardé celui-ci, où le souvenir des êtres qui ne sont plus peuplera du moins notre solitude. Excuse donc Marthe d’avoir puisé dans la bourse de Cécilia ; c’est pour la dernière fois!
REINOLD
Va! va! je n’ai pas le droit d’avoir tant de délicatesse!... Je te l’ai dit, rien ne peut plus me déshonorer! une honte de plus ou de moins, qu’importe ?... Ah ! désespoir ! comme elle me méprisera, maintenant! comme elle rougira d’avoir pu m’aimer!...
MARTHE
Qui? '
REINOLD
Une jeune fille à qui j’avais voué ma vie et mon âme ! celle dont j’ai partagé les premiers jeux, et que dès lors j’ai aimée d’une amitié si tendre que je ne saurais dire quand cette amitié-là est devenue de l’amour.
MARTHE
La fille de M. Maxwel?...
REINOLD
Oui; et c’est dans le moment même où son père veut me la donner pour femme, qu’une implacable fatalité nous sépare à jamais!... qui sait?... un autre peut-être... ce d’Asfeld...
MARTHE
M. d’Asfeld?
REINOLD, avec amertume.
C’est vrai! tu le connais!... Il m’offrait ce matin même de me conduire chez toi!... Ah! comrtie je faisais bien de vouloir le tuer !... mais on ne se bat pas avec le fils de Buttler! se battrait-on davantage avec... (Regardant Marthe en face et se croisant les bras.) Ma pauvre Marthe, comment en es-tu venue là?
Ma mère était morte folle... Je voulais travailler pour vivre... Le nom maudit que je portais me fermait toutes les portes!... on m’outrageait!... on me chassait!... Alors... Ah! Dieu!... mon père était innocent!... et moi! moi!... je suis une infâme !
REINOLD
Comment doutais-tu de son innocence ? plus âgée que moi, n’avais-tu pas gardé le souvenir...
MARTHE
Oui!... mais que peut un souvenir qui va s’affaiblissant