‹ Maxwel drame en cinq actes et un prologueChapitre 72 sur 115 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

COULDEN, qui s’est levé et ÿ pris la main dcjdarthe.

Pauvre enfant I se? mains sont glacées !

Oh! il doit y avoir encore des fagots dans le bûcher! (il prend une bougie et sort par une porte de côté.)

MAKTHE.

Non, ce n'est rien.

COULDEN.

N’importe I Un air de feu ne vous fera pas de mal ! Aussi bien respire-t-on l’humidité à pleins poumons ici ! Asseyezvous!... là... (il la fait asseoir près de la cheminée )

MARTHE

Ah! monsieur! comment vous exprimer...

COULDEN.

En soupant tout à l’heure avec nous... C’est le meilleur compliment que le malade puisse faire au médecin.

MARTHE

Non, je vous en prie, soupez sans moi I

COULDEN.

Vous le voulez ?

MARTHE

Je souffre!

GOULDEN

Allons, Reinold ! (Se rasseyant à table avecReinold et remplissant les verres.) Ce vir.-là est un présent du bon Dieu; il faut lui rendre grâce. (Levant son verre.) Je bois au Dieu de justice et de vérité qui n’abandonne pas ceux qui placent en lui leur confiance! (il boit.)

WALDECK, rentrant en scène avec un fagot.

Vous allez avoir du feu dans un instant, madame (n met nn genon en terre et délie le fagot. Un petit couteau do vermeil, h manche denacro.s’en échappe et lomb: h terre.) Alt! qu’est*Ce que cela? (Ramassant le couteau.) Un couteau ! »

GOt LDEN, négligemment, tout en servant Reinold et lni.

Un couteau ?

WALDECK

En vermeil, ma foi ! avec un manche de nacre.

GOULDEN

Comment diable se trouve-t-il là !...

WALDECK

Il aura été jeté de la rue par le soupirail.

GOULDEN

C’est singulier.

WALDECK

En tous cas, il y a longtemps! car j’avais recouvert les

MAXWEL

fagots d’une vieille natte de paille qui n’a pas bougé depuis quinze ans. U est fâcheux qu’il soit tout rongé de rouflle.

Impossible ! l’or ne s’oxyde pas.

WALDECK, loi passant lo couteau.

Voyez !

GOULDEN, examinant le couteau et le grattant avec son ongle.

Mais... je ne me trompe pas... oui... c’est du sang!

REINOLD

Du sang? (Waldeck se relève .)

GOULDEN

Tiens! il V a UI1 chiffre... (Grattant de nouveau le couteau et lisant le chiffre.) A. M.

WALDECK, regardant par dj>sus l’épaule de Gouldcn.

Ah! voilà qui est curieux !... Je le reconnais!... t’est moi qui l’ai fait graver sur une douzaine de couteaux tout pareils à celui-ci. Une douzaine dépareillée pourtant ! — Augusta Mariani. — C’est bien cela !

GOULDEN

Mariani?

WALDECK, regardant Marthe de côté.

Celle dame... vous savez bien?... qui était fort jolie, ma foi! Oh! il n’y a pas de doute possible. C’est bien pour elle que j’avais commandé ce travail. Est-ce que ce coquin de Butller...

Marthe so lève; mouvement de Reinold pour se lever. COULDEN, saisissant le bras de Reinold. — Bas.

Silence !

Il en était bien capable, au moins!

GOULDEN

Vous disiez que ce couteau avait dû tomber par le soupirail ?

' WALDECK

A moins qu’il n’ait été caché là tout exprès! Ne dites-vous pas qu’il y a du sang?

GOULDEN

Oui ! Est-ce que Buttler aval] occasion d’aller chez mademoiselle Mariani?...

WALDECK

Oh! pour cela!... Au fait, c’est chez mademoiselle Mariai» que M. d’Asfcld avait passé la soirée la veille même... Plus de doute!... C’est là qu'il aura vu Buttler!

GOULDEN

Oh ! sur ce point, je vous affirme que non! Je me souviens des faits comme s’ils s’étaient passés hier!... C’est dans la

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