SCÈNE VI
SPARCK, GOULDEN.
SPARCK.
Que diable 51. Goulden vient-il faire ici? Il est assez étrange qu’il s’v trouve en même temps que... (il se tourne vers la porte de gauche.) Tudieu! la dame répond de ce beau ténébreux avec un enthousiasme qui ne laisse pas d’étre assez clair. C’est égal! pour se montrer ici après l'esclandre de ce matin, il faut qu’il ait de, l’audace!... Elle ne sait donc pas?... Au fait, l’un vaut l’autre, sans doute, et ce mystère dont elle s’entoure... je finis par n’y plus rien comprendre, moi!... ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il n’est plus si fier!... Voyons! pensons à nos diamants!... il y va de notre honneur, ami Sparck ! qu’allons-uous faire?... j’ai bien examiné toutes les télés, et à n’en pas douter... (lui, mais cette traite!... c’est la traite qu’il aurait fallu voir de près!... Allez donc la retirer des grilfes de Waldeck, maintenant! il me dira qu’il l’a détruite!... une perquisition, pur enfantillage!... Comment! je ne trouverai pas un moyen ?... (il remonte la sccno eu réfléchissant, tandis que Goulden la redescend.)
MAXVVEL
COULDEN.
11 a des rouleaux d’or devant llli!... (Tirant la traite de fa poche.) D’où cela vient-il, s’il n’a pas... chose indifférente après tout!... l’important est de le tenir là, devant moi, sous mon regard, avec cette pensée lixe dan| l’esprit; et, si l’expérience ne m’a pas trompé, si, comme ce pauvre Schwartz, je ne suis pas la dupe de mon imagination... — ce que je tente est insensé, je le sais bien; mais où la science se dérobe, il faut bien recourir à l’empirisme! ce n’est pas une preuve que je veux, mais une source de preuves !... Il s’agit de choisir mon terrain... ici, dans le tête-à-téte? ou là, dans le tumulte du jeu?... Commençons toujours par lui rendre cette traite. (Se retournant, et apercevant Sparck près de la porte du fond.) Ah! ce valet!... dites-moi, mon ami.
SPARCK, redescendant la scène.
Monsieur?
COULDEN.
Vous connaissez M. de Kaulbach ?
SPARCK.
Oui, monsieur.
COULDEN, A part.
Où ai-je vu cette téle-là? (Haut.) Dites-Iui, je vous prie, que M. Gouldeu aurait à lui parler, relativement à certaine traite...
SPARCK, vivement.
Quelle traite?...
COULDEN.
Ah!-ah! fort bien!... le fait est que vous êtes méconnaissable, monsieur Spart k! A quel propos cette livrée?
SPARCK.
Je cherche mon voleur de diamants... mais vous-méme, par quel hasard...
COULDEN.
Oh! moi! je cherche mieux que cela!... revenons à cette traite... ' .
Est-ce celle que M. Rntten... je veux dire M. de Kaulbach, devait toucher ce soir chez M. Waidcck?
GOULDEN
Oui.
SPARCK.
Cinq mille florins ?
GOULDEN
Oui.
SPARCK.
Lh bien! il l’a touchée.