ACTE QUATRIÈME
sa main suz !o front de Marthe.) Voyous! ce ne sera rien! du calme ! ‘ .
MARTHE, fermant les yen*.
C’est comme si l’on me passait un fer rouge devant les yeux !
Baissez ces lampes, Reinold!
Reinold va baisser les lampes placées snr les consoles; le théâtre reste plongé dans imo demi-obsenrilé.
MARTHE
Ah! toi aussi, tu souffres, n’ést-ce pas? Je t’avais bien dit de ne pas venir !
REINOLD
Je ne te reproche rien!..,
MARTHB, pleurant.
Ce n’est pas ma faute, pourtant!
GOULDEN, à Reinold, en gardant toujours sa main sur le front de
Marthe..
Vous m’aviez promis plus de courage!
REINOLD
Mais vous n’avez donc pas entendu ce que cet homme...?
Si fait!
GOULDEN
REINOLD
Pourquoi m’imposer silence2alors? C’est trop, c’est trop d’infamie!
GOCLDEN. -
Voulez-vous tout perdre?
En quoi? comment? Expliquez-vous enfin !
GOULDEN
Votre nom, jeté au milieu de cette fête, l’aurait mis sur scs gardes !
REINOLD
Qui?
MARTHE, faisant un mouvement.
L’assassin?
GOULDEN, toujours la main sur le front de Marthe.
Ne parlez pas!
REINOLD
11 est donc là?
GOULDEN.
Je n’affirme rien ; mais... je crois qu’il est là!
REINOLD
Et que voulez-vous faire?
tu
GOULDEN, baissant la voix.
Mon cher Reinold, je lente en ce moment une épreuve étrange, hasardeuse, que le moyen âge sans doute eût traitée de conjuration magique;... vous avez entendu parler de ces reptiles dont le seul regard enlace, fascine leur proie?... Eh . bien! je fais quelque chose d’analogue; et, si je ne m’abuse, le patient se débattait déjà sous cette étreinte invisible quand j’ai été attiré ici par ces éclats de voix.
REINOLD
Qn’espérez-vous donc?...
COULDEN.
Un aveu public du meurtrier... Et crovez-moi, Reinold, il me faut un grand courage aussi pour ne pas renoncer à ma tâche. Je vais briser un cœur que j’aime, peut-être!... mais nul n’a le droit de se soustraire au devoir que la Providence lui impose!... ne traversez donc pas mes efforts et laissez-moi agir!... (S’adressant à Marthe, qui est restée immobile pendant tout ce dialogue.) Eh bien ! cela va mieux?...
MAllTilE, d’une voix très-calme.*
Oui!
GOULDEN, retirant sa main et regardant Marthe avec attention. Ah!
REINOLD
Qu’avez-vous ?
Elle dort!
Elle dort?
GOULDEN
Oui, de ce sommeil lucide dont je parlais tout à l’heure... L’état de surexcitation où je suis moi-méme, sans doute!...
REINOLD
Ne dites-vous pas que ce sommeil voit, pense, entend?...
GOULDEN
Oui.
REINOLD
Si par elle...
COULDEN.
J’y songeais !...
REINOLD, prenant la main de Marthe.
Martjie! tu sais ce que je veux de toi, n’est-ce pas?
MARTHE
Son nom?... (Après un silence.) Je ne sais rien!... je ne vois rien !...
GOULDEN
Attendez!... (il tire de sa poche le petit couteau de vermeil.) Voici