LA SURPRISE DB MARIENBORN
reat devant le quartier-général un grand fossé derrière lequel campèrent deux bataillons, et les soldais couchèrent tout habillés, prêts à marcher au premier signal. Une redoute fut construite pour enfiler le vallon par où les Français étaient venus. Les rondes et les patrouilles donnèrent désormais le mot d'ordre à voix basse. Frédéric-Guillaume avait permis depuis le 7 avril tant aux assiégés qu'aux émigrés mayençais d'envoyer des lettres ouvertes soit en France, soit dans la ville ; toute communication fut dorénavant interdite entre les deux camps ; « cette privation, remarque le Journal du siège, prouvait le mécontentement qu'inspirait au roi l'expédition de la nuit précédente, et la garnison la regarda comme un éloge ».
Telle fut la surprise de Marienborn. Elle n'eut pas les résultats qu'on espérait, et d'Oyré, découragé par cette nouvelle épreuve, renonça dès lors à ces lointaines et infructueuses expéditions de nuit où, comme disait Gaudin, se produisent « des malentendus et quiproquos inévitables ». Mais elle reste un des beaux faits d'armes du siège de Mayence. a Les cheveux me dressent à latête, s'écriait le chancelier Albini ; si de pareilles choses sont possibles, Dieu sait ce qu'il y aura encore I » Goethe vit avec admiration les petits et chétifs sans-culottes, tous vêtus de guenilles, qui gisaient sur le champ de bataille à côté des cuirassiers de Weimar à la taille gigantesque et au brillant uniforme. L'assiégeant perdait, entre autres officiers, le major La Viere et le chef d'escadron de Voss, aide-de-camp de Kalkreuth. Le général prussien ne s'était sauvé qu'à grand'peine. Il allait se coucher lorsqu'il entendit les balles siffler à sa fenêtre. Il sortit aussitôt, sans se déconcerter, se mit rapidement en selle, et, par une porte de jardin, gagna la
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campagne. Déjà, Schreiber d'Oberolm tenait son cheval par la bride. Sans un hussard de Wurmser qui frappa Schreiber d'un coup de pointe, Kalkreuth était mort ou prisonnier. « Il n'y a pas d'exemple dans Thistoire, disait-il quelques jours plus tard, qu'un ennemi ait pu passer à travers tant de postes et de retranchements *. »
* Instruclions du 30 mai 1793 ; Journal du siège (A. G.); -Vo«., 13 et 17 juin; l*' et 17 juillet ; Journal de la Montagne ^ 25 juin ; Gaudin; d'Oyré, Métn.^ 10; dépos. de Dubayet au proc?îs de Gustine (Mon., 22 août) ; Darst.^ 944 ; Belag., 212-213 ; Dohna, II, 250- 252; Laukhard, III, 371-373; Preuss, Augenzeuge, 269-275; Goethe, 240-243; Gaudy, 152-153; [Czeltrilz] 166-171; Schaab, 359; von Sûssmilch, Gesch, des i sâchs. Husaren-regiments^ 1882, p. 19-20; Bockcnheimer. Die Belag. von 479S, 30-34 ^rapport du pasteur de Bretzenheim Faulhaber) ; Reitzenstein, Quellen zur deutschen Kriegsgesch. von 4795, 1858, p. 37-39. Selon le Journal du siège^ Marigny avait eu 45 blessés et 33 morts ou prisonniers.