De la Fère, le S*" aoust
(1 Vous avez bien fait de faire arrester l'imprimeur et le
gazelier de ces petites gazettes que les escri vains débitent k Paris. M. Le Tellier escrira de la part du roy à M. le chancelier que l'intention de Sa Majesté est que l'on punisse avec la dernière sévérité ceux qui en feront doresnavaht, et je vous envoyé l'extraict d'une lettre qu'on m'a escrite de Paris, afin que M. lo procureur général en parle à M. le lieutenant civil et face faire une rude réprimande au commissaire qui a laissé aller pour de l'argent l'escrivain et sa femme qu'il avoit arrestés (2). »
COLBKRT A MAZARIX.
. A Paris, le 28 juillet 1656.
te J'envoie à Vostre Eminence un esturgeon qui a esté pesclié dans la partie de la rivière de Seyne dont Vostre Eminence est seigneur comme abbé de Saint-Denis. Je croy qu'elle sera bien ayse de manger ce poisson et d'en faire manger au roy et à la
(1) Minute inédite. Aff. cir., vol. 901,
(2) Minute inédite. Aff. étr., vol. 901.
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reyne, pourveu qu'il soit encore bon quand il arrivera à la Fèrc (I). n
Après le présent fait, Colbert lui envoya un état de la vaisselle dorée qui restait encore dans le garde-meuble ; nous connaissons assez le cardinal pour ne pas douter que ce qu'il avait gardé était de beaucoup supérieur en valeur à ce qu'il avait donné. Malheureusement cet état n'accompagne plus sa lettre.
■i A Paris, le ""' aoiist 1656.
« J'ay envoyé encore aujourd'huy un cheval de hast chargé de fruicts et de melons ; le mesme cheval porte encore un pourpoinct uni pour mettre soubs le just' au corps de l'habit sur lequel il y a de l'or, n'ayant pas trouvé que Tabouret aye eu raison de mettre de l'or sur le premier pourpoinct qui a esté €nvoyé.
Cl Je supplie Vostre Eminence de m'envoyer un estât général <le toutes les advances qu'elle a faites pour le service du roy avant Tannée 1652, lequel j'envoyay à Vostre Eminence lors- /ju'elle entra dans le royaume à la fin de l'année 1651, m'cstant absolument nécessaire pour travailler au compte général de tous le» billets de l'Espargne, et tous papiers concernant les advances qui sont entrés en mes mains depuis que j'ay l'honneur d'estre chargé du soin des affaires de Vostre Eminence.
« Le sieur Lescot a acheté une cuvette et deux seaux d'ar- <jent blanc à trente-quatre livres le marc pesant environ deux cents marcs. Mon dessein a esté de prendre la cuvette seule et de la faire dorer pour joindre au présent du roy de Suède et de garder les deux seaux pour Vostre Eminence sans les faire dorer, attendu que ledit sieur Lescot n'a peu avoir la cuvette sans avoir les seaux. Xéantmoins j'ay creu en debvoir donner advis à Vostre Eminence pour savoir si elle ne desireroit point joindre encore ces deux seaux au présent qui dans ce cas seroit fort complet et fort beau, puisqu'il se trouveroit une cuvette et deux seaux de mesme ouvrage, qui sont ceux achetés de madame d'Ai-
(1) Lettre inédite. Aff. élr., France, vol. 900.
MAZARIM ET COLBERT. 89
guillon, et une autre cuvette et deux autres seaux qui scroient ces derniers ; comme au contraire s'il n'y a que deux seaux et deux cuvettes, la dernière achetée estant d'un ouvrage entièrement différend, il y aura quelque chose de difforme. Vostre Éminence me fera, s'il luy plaist, sçavoir ses instructions sur ce sujet (l). r,
" A Taris, le 12" aoust 1656.
a Vostre Éminence trouvera cy joint le mémoire de toute la vaisselle vermeil doré dont est composé le présent du roi de Suède,
u Les corneilles de Vincennes mangent tous les fruits comme elles ont desjà mangé toutes les fleurs. Je supplie Vostre Eminence d'escrire à M. de Alarsac qu'elle désire qu'il commande tous les jours une escouade de soldats pour mettre sur le donjon et sur les tours du chasteau pour tirer incessamment et tuer les corneilles, estant le seul moyen pour les escartcr et avoir des fruits et des fleurs (2). »
- A Paris, le 16« aoust 1656.
« J'envoye à Vostre Eminence les mémoires en destail et abrégé de la vaisselle vermeil doré qui restera dans le gardemeuble après le présent du roy de Suède faict (3), »
>■ A Paris, le 2i aoust 1656.
u Sy madame d'Aiguillon veut vendre ses plats vermeil doré et que l'on puisse s'en accommoder, je retiendray la cuvette et les seaux achetés par le sieur Lescot. J'achepteray la table et la marmitte d'argent dont Vostre Eminence m'escrit (4). "
« Ce 12 novembre 1656
« Le pauvre M. Dupuy est fort mal et je crois qu'il laissera
(1) Lettre inédile. Aff. étr., France, vol. 900.
(2) Lettre inédite. Aff. étr., France, vol. 900.
(3) Lettre inédite. Aff. étr., France, vol. 900. (h) Lettre inédite. Aff. étr., France, vol. 900.
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bientost et le bénéfice et la pension que Vostre Eminence luy avoit accordés.
a 11 vaquera aussy par sa mort la charge de garde de la bibliothèque du roy qui consiste en quatre cents livres de gages mal payés et par conséquent peu considérable pour la valleur et pour le profflct ; mais elle ne laisse pas d'être considérable parce que c'est par son moyen que ces messieurs avoient acquis une très grande réputation dans toute l'Europe et qu'ils avoient faict de leur maison l'abord de tous les hommes sçavants et de tous les estrangers. Je supplie très humblement Vostre Eminence de me l'accorder pour mon frère avec l'asseurance qu'il s'en servira bien et qu'il tournera à la gloire de Vostre Eminence tous les advantages qu'il en pourra retirer,
a Monseigneur, de Vostre Eminence le très humble, très obéissant, très fidel et très obligé serviteur.
SERVIKN' A MAZARIN.
' Du 13« novembre 1656.
" Je demande pardon à Vostre Eminence sy M. Dupuy estant à l'extrémité, je prens la liberté de luy demander la charge de garde de la bibliothèque du roy pour M. Alénage. J'oze bien asseurer Vostre Eminence que sy elle a agréable de luy accorder celte grâce, elle ne s'en repentira point. Il n'y a que trois cens livres de gages, mais sy Son Eminence désire de faire donner là dessus quelque récompence, le sieur Mesnage baillera jusqu'à six mille livres pour estre distribuez à qui il luy plaira. J'auray très grande obligation à Son Eminence s'il luy plaist de considérer la très humble supplication que je luy en fais, et ((u'elle vient de son très humble, très obéissant et très obligé serviteur.
« Skrviex (2). »
(1) Aff. étr., France, vol. 900. Celle lettre a ëtc publiée par M. Clément.
(2) Lettre inédite. Aff. étr., France, vol. 900.