‹ Mécanique appliquée:Chapitre 93 sur 148 · ATTÉNUATION DES EFFETS DES CRUES · texte numérisé non relu

ATTÉNUATION DES EFFETS DES CRUES

des montagnes, OÙ ils ne creusent ni n'exhaussent. Celte double action est plus ou moins lente et sensible et le reboisement avec les travaux auxiliaires la diminue puissamment, maiselle n'en est pas moins constante. Là où elle semble nulle en vingt ans, elle sera marquée après un siècle ou après quelques siècles. Dans la partie sujette à exhaussement, laquelle est la plus longue des trois et la plus importante d'ordinaire, le cours d'eau a établi avec le temps une certaine différence d'allitudc entre le fond du lit et la plaine adjacente ; et quand le lit s'exhausse, la plaine aussi s'exhausse, l'un et l'autre à sa manière propre, de sorte que la différence en question, qui est un des éléments du régime établi, se maintient, et c'est le cours d'eau lui-même qui l'entretient, qui perpétue cette espèce d'harmonie. Or l'endiguement rompt cette harmonie, il rend impossible l'exhaussement graduel de la plaine^ en modifiant l'exhaussement du lit, mais sans l'empêcher, d'où résultent un état artificiel de plus en plus instable, la dépression croissante de la plaine qu'on prétend garantir et le risque croissant aussi des irruptions dévastatrices ^

Non seulement les digues dites inisubmersibles privent les vallées du limon, généralement très fécond, que déposent les crues, mais lorsque ces digues sont rapprochées, elles augmentent la hauteur des crues ; si elles sont en même temps sinueuses, elles ont k essuyer le choc de courants violents qui les culbutent sans avoir besoin de les surmonter. Elles sont d'une construction et d'un entretien très coûteux et elles nécessitent l'ouverture de canaux d'assainissement des vais qu'elles ont isolés du cours d'eau.

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