‹ Mécanique de l'échangeChapitre 102 sur 123 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

sont généralement de simples échanges. Le crédit, la confiance dans la plupart des cas n’y sont pour rien.

L’institution monétaire a fait de l’inventaire général un grand capital, et elle a fait des capitalistes, c’est-à-dire des personnes qui ne veulent pas être propriétaires d’un bien spécial, mais propriétaires d’un lot du capital général. Que font ces capitalistes? Ils prêtent sur hypothèque. L’immeuble est plus que suffisant pour garantir le capital prêté. Il suffit si bien que le capitaliste n’a pas même besoin de s’enquérir de la moralité de l’emprunteur.

Vendre un immeuble et ne recevoir qu’une partie du prix est une opération qui se pratique trèscouramment, parce qu’on a privilège de vendeur sur l’immeuble pour toute la somme qui reste due. Eh bien, le capitaliste qui prête sur hypothèque a le même privilège, il a privilège de vendeur. En se constituant créancier sous cette forme, il ne se fie qu’à l’immeuble, et même dans cette opération il apporte une grande réserve, car il n’avance que la moitié, les trois quarts de la valeur de l’immeuble.

LE CRÉDIT

Si bien que le propriétaire étant propriétaire court lui les risques de la dépréciation et que le prêteur étant prêteur n’en court aucun. Est-ce de la con- Oance, est-ce du crédit?

Le prêt hypothécaire est en réalité un échange de capitaux au comptant. C’est donnant donnant, l’un verse l’argent, l’autre transfère l’immeuble. Si, à l’expiration du terme, l’hypothéqué ne remplit pas l’engagement contracté de défaire l’échange, de reprendre l’immeuble, et de rendre l’argent, le prêteur aura bien quelques formalités à remplir, mais il est payé et payé des l’origine; car l’âme de l’immeuble est déjà sa propriété.

Ce qui est vrai pour tes hypothèques est également vrai pour toutes les opérations sur nantissement. Les monts-de-piété, les magasins généraux, les acheteurs de fonds publics sont propriétaires par anticipation des objets donnés en gage et du produit des impôts.

Le propriétaire qui loue sa maison ne fait crédit que d’un trimestre, quelquefois même on lui paye quelques termes d’avance, et toujours les meubles qu’on apporte dans la maison sont sa propriété si on ne paye pas le terme.

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