‹ Mécanique de l'échangeChapitre 104 sur 123 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

ic prêter à intérêt sur simple garantie personnelle, n’a lieu que très- exceptionnellement, et ce n’est pas une affaire, c’est un acte d’amitié.

Le mérite des temps modernes n’est pas d’avoir propagé le crédit, mais d’avoir amélioré, augmenté, perfectionné, multiplié les voies de communication, les moyens d’information, les points de rencontre. L’échange des biens et des capitaux est devenu beaucoup plus facile, plus simple, plus rapide. Et pour vendre et pour acheter le marché est meilleur qu'il n’était. Mais, en réalité, le crédit ne s’est pas étendu et il ne peut s’étendre. Le danger est trop grand.

Des hommes entreprenants, d’une capacité reconnue, font appel aux capitaux individuels, les réunissent en capital social et font de grandes choses. Mais on ne les leur prête pas ces capitaux, ils restent la propriété des actionnaires, des actionnaires qui font administrer une partie de leurs biens par les sociétés, comme ils en font gérer une autre partie par des hommes d’affaires, par des notaires, par des mandataires quelconques.

Dans le fait d’être associé, dans le fait de comman-

LE CREDIT

diter, il n’y a pas l’ombre de crédit. L'association est un échange de capitaux. On donne un ca|tilal individuel, et on reçoit instantanément une portion du capital social.

Bien plus, le développement des entreprises par actions est une circonstance qui s’ajoute aux autres pour détourner les capitalistes du crédit. Prêter un capital sonnant sur garantie personnelle, courir les risques de non-remboursement et n’avoir aucune part aux bénéfices en cas de succès ! On s’y décide à grande peine; il est de beaucoup préférable de mettre son capital en société, en commandite ; si on court des risques, on a aussi des chances de bénéfice et on reste propriétaire d’une portion du capital social.

Parmi les sociétés par actions, il y en a qui sont fondées tout exprès pour servir d’intermédiaires entre les capitaux à échanger, caputaiix fonciers, capitaux flottants, ou capitaux industriels répartis eux-mêmes par actions. Ces établissements sont utiles, mais c’est à tort qu’on les appelle Sociétés de Crédit. Les anciens leur auraient donné un nom plus pittoresque et plus vrai ; monts de capitaux.

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