CHAPITRE XI
un si grand dommage au public tout entier pour la seule convenance des escomptés.
En fait, rien de plus facile que de pourvoir sans artiflce à tous les escomptes. Il suffit que l’État cesse de tenir des comptoirs ouverts pour le commerce des capitau.x tlottants. Pourquoi toutes ces émis.<ions indéfiniment renouvelées de bons de Trésorerie? Pourquoi dans ses mains tous ces fonds empruntés à courte échéance? Voilà des capitaux flottants qui, dirigés sur les banques d’escompte, suffiront amplement à tous les besoins.
Il est convenable que l'État s’en tienne à la dette perpétuelle, dont le monopole lui appartient naturellement, dette qu’il peut diminuer par des rachats quand les revenus publics le permettent. Il n’y aurait pour lui que sagesse à se débarrasser des charges mercantiles d’un passif exigible à bref delai.
Ouant aux particuliers, il est bon qu’ils se familiarisent avec le compte courant à intérêt et qu’ils prennent l’habitude d’avoir leurs banques comme ils ont leurs notaires ou leurs avoués. L’avantage est double: ils évitent des pertes d’intérêt, et ils
CONCLUSION
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coopèrent à la diminution générale du tantième monétaire et stérile.
La disparition de l’or supposé est chose si importante, si peu coûteuse, si rationnelle, si juste, si utile, si n-paratrice, qu’un État devTait la vouloir ors même qu’il serait seul à la vouloir et que le concours des autres États lui ferait défaut. U lui suffit de s’entendre avec les actionnaires de la banque privilégiée. De quoi s’agit-il enfin? D’une indemnité à leur payer pour le rachat de leur privilège. Cette indemnité peut devenir très-légère pour l’État, et même se niduire à rien, l’État disant à la banque d’émis.sion :
Renoncez au privilège ;
Retirez graduellement tout l’or supposé qui circule;
Devenez simple banque d’escompte;
Je cesse le commerce des capitaux flottants et ](■ vous cède ma clientèle.
.le vous garantis pour le temps que le privilège devait durer un dividende annuel égal au dividende actuel.
J’aurai droit à une portion <le vos bénéfices au
CHMMTKI-; XI.
(l(‘là du ininimum garanli, mais seulement jusqu'à remhoui-sement des comijléments de dividende que j’aurai payés.
Cette convention ouvrirait un grand avenir à la Banque elle-même.
. Tant qu’une !)an(jue émet de l’or siqqiosé, elle ne peut faire appel aux capitaux, il faudrait leur payer des intérêts, et la banque d’émission aurait grand tort de payer des intérêts , elle qui |)cul fabriquer , dans ses bureaux, autant de capitaux gratuits qu’il lui convient. Mais dés le jour où la baiK|ue d’émission se serait transformée en banque il’escompte , son [iremier acte sera d’ouvrir des (comptes courants à intérêts.
\ son appel, on verra accourir de toutes parts et sur tous les points qu’elle indiquera les capitaux en ma.sse, ceux qui avaient contracté l’habitude d’aller à la trésorerie do l’Ktat, désormais retiré du commerce, et ceux qui souvent restaient sans emjiloi, faute d’un preneur sur place inspirant assez de confiance. Qui ne voudrait être le client de la grande banque qui s’est enfin décidée à bonifier des intérêts? Elle sera la plus commode, la meilleure des caisses
CONOLLSIUN
(l’qtargiie; elle sera la banque preterée entre tniileî! les banques. Ne voil-on pas cpie, déjà aclnelleinenl, on lui verse des sommes considérables, quoiqu’elle ne paye aucun intérêt?
Pour répondre à tous les besoins, la Banque émettra des billets à rente remboursables moyennant préavis , et des !>ons à intérêt payables à échéance fixe, le tout au gré des preneurs ; elle multipliera les succursales, elle aura des agences dans un grand nombre de localités, et des correspondances même à l’étranger. L’or voyage; pourquoi la Banque ne serait-elle pas présente sur tous les grands marchés ?
Ce ne sont certes pas les capitaux qui leront défaut à la Banque, mais plutôt la matière esconqitable. Et alors l’Etat pourra s’adresser à elle pour, au besoin, faire escompter ses acceptations et obtenir des avances sur nantissement. La Banque n’émettant plus d’or supposé, ses rapports avec l’Etat seront parfaitement réguliers.
Ce qui excite particulièrement le mécontentement général, c’est que toutes les fois que labaïupie privilégiée élève le taux de; l'escompte, elle augmente
CIIAFIIRK M.
d'autant ses bénétices. Tant que la Banque jjiend i |»()ur cent, on le trou\e bon, on ne se plaint pas, mais (piand elle prend davantage on crie à l’iniquité. (Test au |)oint <pie, pour donner un semblant de satisfaction, telles banques privilégiées ont promis au public de ne plus distribuer à leurs actionnaires les bénéfices produits par les surélévations de l’escompte au delà d’un certain taux. Ces bénéfices sont portés à la réserve, mais ils n'en appartiennent j)as moins aux actionnaires, dont les actions acquièrent une plus-value proportionnelle à l’augmentation de la réserve. C’est illusoire; mais à telle plainte, telle satisfaction.
Ce qui est positif , c’est que l'or supjjosé ne peut être cédé à meilleur prix que l’or vrai ; c’est que l’or supposé est condamné à faire les bénéfices qui font détester l’émetteur; c’est que resconi|)té n’a rien à perdre par la disparition de l’or supposé. On a l’or vrai au même prix.
La transformation de la banque d’émission en banque d’escompte ordinaire produira instantanément un grand bien moral.
Toutes les prétentions en fait de crédit ou d'es-
CONCLUSION