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LE PAYEMENT ÉCONOMIQUE A DISTANCE

sation, ne paye qu’un seul solde à tous ses collègues [tris ensemble.

Si la lettre de change n’était que directe entre deux pays, si la devise ne pouvait pas voyager dans tous les pays, chaque pays aurait des soldes très-nombreux avec les différents pays, et il faudrait les [layer ou les recevoir par de nombreuses expéditions de monnaie.

Sur place , on compense instantanément , mais il faut du temps pour franchir la distance qui sépare deux pays. C’est pour ce motif que généralement 1a traite n’est pas tirée à vue comme le mandat, le virementou ladélégation, et qu’el le est ordinairement payable dans quelques jours ou dans quelques semaines.

Dans les quelques jours ou quelques semaines d’existence qu’on lui donne, la traite peut se rendre où le besoin de compensation l’appelle , elle fait sa tournée, elle apure les comptes entre les différents pays, elle éteint le doit par le devoir, et à chaque port de lettre elle gagne un voyage de métal; puis, à son heure, elle est acquittée, elle disparaît. Une existence plus courte n’aurait pas suffi, une existence plus longue n’aurait pas de raison d’être, car on ne compense que les sommes à payer et à recevoir pré-

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sciiteiueiit uu très-prochainement. Pour les besoins nllêrieurs, il renaît de nouvelles traites.

La lettre de change ne circule point pour alimenter le crédit, mais pour supprimer des trans ports de monnaie, pour compenser ce que les pays se doivent mutuellement. La lettre de change n’est (|u’un payement économique; et, comme tel, les avantages qu’elle assure sont si importants qu’on s'est unanimement appliqué, dans tous les pays, à l’entourer de toutes les garanties que la prévoyance humaine peut imaginer. Tous ceux qui mettent leur signature sur une lettre de change en garantissent solidairement le payement, et ils le garantissent avec toute leur fortune et avec tout leur honneur. Si on faillit à payer une lettre de change, on perd le droit de tenir une caisse; on est perdu. Tous les législateurs ont fait de la lettre de change une chose sacrée; c’est de l’or à distance.

Le tiré, celui qui accepte de payer une lettre de change, se constitue caissier. On compte sur sa fidélité. Comme tout caissier, il n’est innocent que si la caisse est forcée, si on le vole lui-même. Mais s'il n’est ]ias \olé, il est eoiqiable, il est l)an(|tieroulier.

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