CHAPITRE XIII
calcul séparé, et on a d’autant plus raison d’en agir ainsi, que dans ces sortes de contrats, le délai est presque toujours assez court.
Mais quand on échange un bien ou un capital présent contre le même bien ou contre un égal capital futur, l'intérêt ne peut plus se confondre avec le prix, il faut le stipuler et le payer à part.
Par le contrat de bail, on échange l’immeuble actuel contre le même immeuble dans l’avenir. Si, à fin de bail, on rendait un immeuble plus grand, on ne payerait rien pendant la durée du bail ; mais comme on rend le même immeuble, on supplée au manque d’agrandissement final par le loyer annuel. On pourrait cependant, si les parties en convenaient, supprimer le loyer annuel et payer à la fin cet agrandissement final dont le loyer tient lieu. Louer ou prêter 100,000 à 6,000 par an ou à 50,000 par sept ans est une égale opération. Car à raison de 6 pour cent l’an, les 100,000 augmentent de 50,000 au bout de sept ans.
Les capitaux étant perpétuels, si on veut les emprunter et ne jamais les rendre, on est tenu à servir une rente perpétuelle. D’un côté, on livre, par
APPLICATIONS DE LTNTÉRÈT
exemple, un capital actuel de 100, et de l'autre on servira à perpétuité une somme annuelle de 1. La rente perpétuelle paye la différence progressive de valeur qui existe entre un capital gardé et un capital perdu.
A la différence annuelle (|ui serait perpétuelle on peut vouloir ajouter une somme annuelle toujours égale pour en faire cesser la perpétuité au bout d’un certain temps, en d’autres termes pour rembourser le capital.
Soit un capital prêté de 100 contre une rente perpétuelle de 4. Plus lard on stipule qu’au lieu de 4 on payera une annuité de 6 , à condition que les 2 ajoutés iront en déduction du capital 100. Naturellement, au bout d’un certain temps, les 100 se trouveront remboursés. Si on payait pendant 50 ans les 2 ajoutés, on rendrait beaucoup trop, car la restitution du premier à-compte de 2 a lieu dès la fin de la première année et commence déjà à réduire le capital. Au bout de la seconde, on n’a donc à payer 4pourcentquesur98, ce qui fait 3.82 ; mais comme on continue à payer une annuité de 6, le second à-compte se trouve être plus grand que le premier ;