CHAPITRE XV
meuble ou le capital. Mais qu’on suppose la loi du loyer acquéreur adoptée et exécutée. Le propriétaire ou capitaliste recevra le loyer de 6,000 pendant les vingt-huit ans, et on ne lui rendra pas rinimeuble ou le capital. (Jue |)erd le propriétaire ou capitaliste en signant un tel contrat? On ne peut pas dire qu’il perd 100,000, car s’il perdait cette somme, il la perdrait intégralement et de suite, et, par conséquent, il n’aurait pas à recevoir vingt-huit annuités de 6,000. Ce qu’il perd, ce sont les 100,000 qu’on ne lui rendra pas au bout de vingt-huit ans. Or, il lui suffit de placer 19,560 à 6 pour (tent l’an, le jour de la signature du contrat, pour se faire 100,000 au bout de vingt-huit ans, et rentrer ainsi dans son capital à l’époque où il le reprendrait si les choses se passaient comme à l’ordinaire. Donc, la réforme lui coûte réellement une somme de 19,560. En d’autres termes, en percevant vingt-huit annuités de 6,000, il est remboursé, avec intérêt à 6 pourcent, de 80,440 et non point de 100,000; différence ou perle : 15,560.
La perte peut être évaluée d’une autre manière; on peut la faire porter sur le taux d’intérêt et laisser intacts les 100,000. On sait que moyennant 28 an-
LE LÔTER ACQUÉREUR
iluités de 6 pour cent, on amortit un capital actuel, tout en payant i pour cent d’intérêt; on peut donc dire que la perte du remboursement final de 100,000 n’enlève au propriétaire ou capitaliste aucune parcelle de son capital, mais bien deux pour cent sur le taux annuel des intérêts. Il n’aura pas touché 6 pour ceiit d’intérêt mais seulement 4 pour oent l’an.
On le voit donc : capital, intérêts, tout se mêle et se transforme réciproquement suivant qu’on fait varier la raison progressive qui mesure la valeur du temps. L’absorption du capital par l’intérêt n’a aucun sens ; il faut ignorer tout élément de calcul pour la proposer.
Toute annuité temporaire contient forcément un capital et des intérêts, et la suppression du remboursement final n’est en réalité qu’une réduction du taux de l’intérêt. Que si le propriétaire ou capitaliste stipulait une annuité plus forte, tout se balancerait; si, au lieu de vingt-huit annuités de 6,000, on lui payait vingt-huit annuités de 7,460, il rentrerait par voie d’amortissement dans les 100,000, et il toucherait 6 pour cent d’intérêt par an, tout aussi bien
CHAeiTRli XV
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«|ue s’il recevait 6,000 par an avec restitution finale de 100,000,
Du reste, il n’est aucunement défendu d’acquérir des immeubles et des capitaux en les payant ainsi par des annuités temporaires qui comprennent l’amortissement et l’intérêt. Si de semblables contrats sont assez rares entre particuliers, c’est qu’ils n’entrent guère dans les convenances réciproques, spécialement en ce qui concerne les habitations.
L’achat par annuités n’est possible que s’il s’agit d’une maison en entier. Quelle confusion, quel enchevêtrement de comptes et de droits s’il fallait devenir propriétaire des appartements séparés qu’on loue dans chaque maison ! Il vaut donc beaucoup mieux ne payer que de simples loyere, rester libre et consacrer annuellement à d’autres destinations le capital d’amortissement qu’il faudrait ajouter chaque année au loyer ordinaire j) 0 ur absorber la propriété. Ce système est d’autant le plus rationnel, qu’en vertu de l’absurde loi du loyer acquéreur on serait obligé, une fois la maison acquise, d’y toujours demeurer, afin de ne point la perdre à son tour en y faisant entrer des locataires.
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