‹ Mécanique de l'échangeChapitre 50 sur 123 · CHAPITRE XVHl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVHl

curent en créant et en cédant des obligations productives d’intérêts, obligations dites foncières parce qu’elles sont garanties sur les hypothèques consenties par les emprunteurs. Ces banques sont ainsi intermédiaires entre les prêteurs et les emprunteurs. Les uns et les autres en sont satisfaits :

Les prêteurs n’ont plus à faire eux-mêmes les enquêtes légales auxquelles donnent lieu les opérations hypothécaires. Ils s’épargnent toute éventualité de discussion avec les emprunteurs ou leurs ayants droit. A l’échéance des intérêts, ils sont assurés que le payement n’en est jamais retardé d’un seul jour; ils n’ont, pour les encaisser, qu’à détacher les coupons semestriels des obligations. Ils ont encore l’avantage de pouvoir défaire à volonté leurs prêts hypothécaires, et de pouvoir toujours rentrer dans leur argent : ils n’ont qu’à vendre au comptant sur le marché des effets publics les obligations dont ils sont porteurs.

Les propriétaires fonciers qui fournissent les hypothèques peuvent emprunter à très-long terme, et éteindre lentement leurs dettes par des annuités toutes égales comprenant l’intérêt et l’amortissement. Ils n’ont plus en face d’eux des capitalistes difficiles.

LES BANQUES FUNUIEHES

mais une compagnie à la(|uelle, moyeimant une faible remise ils peuvent en tous temps rembourser par anticipation les [)rèls obtenus.

Intermédiaires et garants, les bainpies foncières réalisent un bénéfice très-légitime par la did'érence du taux auquel elles prêtent et du taux auipiel elles empruntent; mais cette différence peut être modiijue grâce à l’importance de leurs opérations. Elles prêtent à meilleur marché ou plus cher, selon qu’elles empruntent elles-mêmes à meilleur marché ou plus cher.

Une grande animosité se déclara à certains moments contre les intermédiaires en général, et on vil surgir la prétention d’en supprimerun grand nombre. Heureusement , il n’en fut rien , qn en créa même de nouveaux. Les banijues foncières sont de ce nombre. L’homme ne peut se suffire, il ne peut parer à la simultanéité de scs besoins, ni avec son intelligence ni avec ses bras seuls. La division du travail est donc un fait naturel; elle serait désastreuse, si on n’en tirait pas les immenses bienfaits qu’on en tire au moyen de l’échange, qui fait de tous les hommes des intermédiaires réciproques.

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