L’OR
NVMtEAmE ET LMCOTS
Pour rendre l’or facilement maniable, on en fait du numéraire. Chaque denier est un petit lingot d’or avec addition d’une dose de cuivre qui en augmente la consistance. Le petit lingot porte un nom légal qui énonce indirectement combien il contient d’or pur et de cuivre; au lieu de peser, on compte. C’est ce qui rend le numéraire si commode, on n’a qu’à compter pour livrer de l'or pur tout pesé.
Ce n’est pas le nom des pièces qui fait la valeur du numéraire, ni le coin, c’est le métal lui-méme.
niIAPITRF. XXII
La preuve en est que pour savoir combien la monnaie d’un pays vaut en monnaie d’un autre pays, on compare la quantité de métal pur contenu dans chacune. La preuve en est que la monnaie de cuivre et de bronze, laquelle contient une quantité de méta très-inférieure à celle qui serait nécessaire pour lui donner la valeur pour laquelle elle circule, ne peut être employée qu’à payer les petits appoints ; personne n’en reçoit au delà, et personne n’est tenu d’en recevoir. La preuve en est que l'altération des monnaies qu’on a longtemps pratiquée n’a jamais trompé personne. La monnaie altérée achetait toujours moins, payait toujours moins que la monnaie juste, et on ne voulait la recevoir que pour la quantité de métal pur qu’elle contenait réellement.
On fond, on lamine le lingot, on en fait des espèces, on en fait ce qu’on veut; mais, pour l’acheter, il fau t donner autant d’or pur frappé qu’il renferme d’or I ur non frappé. Il y a plus : celui qui cède un lingot contre des espèces sait qu’il reçoit des espèces usées par le frottement; il sait que les frais de l’atelier monétaire sont payés par une parcelle d’or t)u’on retient sur chaque pièce; il sait qu’il est très-