‹ Mécanique de l'échangeChapitre 77 sur 123 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

l’inventaire général, mais peut-être deux ; perte pour l’emprunteur : 100 pourcent.

La masse de l’or existant, tout en augmentant, n’augmente pas outre mesure, et c’est là un autre avantage. Si l’augmentation était trop forte, l’or deviendrait trop abordant, trop peu précieux. Ce serait alors le prêteur qui subirait des perte?. Il avait prêté de l’or à grande puissance, on lui rendrait de l’or déprécié, de l’or dont il faudrait une plus grande quantité pour acheter toute chose.

Grâce à la monnaie d’or, l’emprunteur peut emprunter sans crainte, le prêteur peut prêter avec confiance.

Toute autre monnaie serait exposée, beaucoup plus que l’or ne l’est, à des inégalités de production, à des variations de masse, et par conséquent à des variations de valeur beaucoup plus fortes et fréquentes.

Toute autre monnaie produirait donc des injustices continuelles tantôt contre les prêteurs, tantôt contre les emprunteurs. Le commerce de capitaux ne serait plus qu’un jeu de hasard, des calamités seraient toujours imminentes.

Grâce à la monnaie d’or, les générations peuvent

VALEUR RÉELLE UE L’üU

ni

traiter entre elles. On peut échanger des capitauv d’un siècle à l’autre. L’or garantit l’équivalence des capitaux échangés.

Flxcellent [>our former les capitaux, l’or est, en outre, entre tous les biens, celui ijui est le plus propre à évaluer, choisir, rouler tous les autres biens, c’est-à-dire le plus propre à remplir toutes les fonctions monétaires.

L’or est un corps simple toujours identû{ue. Il ne prête a aucune confusion: ce n’est pas le blé de tel pays, de telle année; ce n’est pas le fer de telle ou telle qualité. Quand on dit que tel bien vaut tant d’or pur, tout est dit, l’évaluation n’est pas douteuse; quand on doit livrer et qu’on livre tant d'or pur, le payement est parfait.

L’or pur se pèse facilement, même quand il est combiné et fondu avee d’autres matières, car l’or peut être essayé : à ne le toucher que sur un point on vérifie le degré de pureté de tout un lingot, et sans le fondre ni le décom|)oser, on sait la quantité exacte d’or pur qu’il contient.

La masse de l’or existant est d’un volume et d'un poids exceptionnellement commodes. Si la masse mo-

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nélaire était plus considérable, les piècesde monnaie seraient lourdes, encombrantes, peu portatives ; si la masse était moins considérable, les pièces de monnaie seraient trop légères, trop minces, peu maniables.

L’or est divisible, la petite économie se fait or et va à la caisse d’épargne.

I^or est fusible et malléable; on le transforme en numéraire sous tous les régimes et sous tous les formats. Au creuset, le souverain redevient matière brute; puis, et sans déchet, 1a matière se trouve à nouveau denier au balancier.

L’or est solide et résistant; il est stérile, mais il ne se détériore pas, il se conserve tout seul et sans frais, il ne se rouille pas. De moitié dans tous les échanges, il survit à toutes les valeurs. La première pépite qui brilla aux yeux des hommes circule peutêtre encore et circulera plus qu’elle n’a circulé.

Docile aux empreintes, l’or les consene. En les conservant, il déclare son poids, son pays et son temps. Le denier est une médaille, le pile et croix est une science.

L’or est très-reconnaissable; sans demander d’où il vient, sans voir la main qui le paye, un son vibrant,

Digiti.

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