LES BANQUES D’ÉCHANGE ET LA SUPPRESSION DE LA MONNAIE
Du moment que l’homme échange des paroles, il ne peut manquer de se faire un dictionnaire et des règles grammaticales. Du moment que l’homme échange des biens, il ne peut manquer de se faire une monnaie et des règles d’évaluation.
On n’a jamais découvert de pays qui n’eût pas un système monétaire établi de temps immémorial.
L’institution monétaire est admirable. Un seul bien, le bien-monnaie sert à évaluer, à choisir, à
CHAHITRE XXXI
rouler tous les autres ; et ce même bien fait de l’inventaire général un ensemble de capitaux.
Cependant l’institution monétaire a eu des adversaires. Le désir de porter remède aux maux dont souffre l’humanité a provoqué des recherches sur le mérite de toutes les institutions. La monnaie est devenue suspecte. On a étudié la misère et le travail, et on s’en est pris à une petite portion de l’inventaire général, à la monnaie, comme si elle était pour quelque chose dans la répartition de l’inventaire général et dans les conditions du travail. La monnaie a été accusée de cacher des inj ustices ; le bien suprême devait consister à s’en passer.
C’est là l’origine des banques d’échange.
Des ministres, qui étaient des savants illustres, accordèrent leur patronage à la fondation d’un établissement destiné à développer l’échange direct des biens, sans dédoubler l’opération au moyen de la monnaie. Cet établissement s’appela banque d’intervention. Un demi-siècle après, on vit paraître des établissements analogues sous la dénomination de banques d’échange.
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