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HE AUBIN

L'Aubin ou trot forcé est une allure asymétrique, caractérisée par la dissociation d'un seul bipède diagonal.

À l'œil, le cheval semble galoper d'un bipède transversal et trotter de l'autre.

La dissociation du diagonal peut s'opérer par:

— anticipation du Poser Antérieur,

— anticipation du Poser Postérieur.

L'anticipation du poser antérieur entraîne le galop de l'arrière main: le cheval « Aubine du Derrière » (Goubaux et Barrier). 5

L'anticipation du poser postérieur entraîne le galop de l'avant main: le cheval « Aubine du Devant »,

Aubin du Derrière :

(Anticipation du Poser Antérieur)

Soit le moment où le diagonal droit dissocié va se poser.

L'antérieur droit touche le sol le premier. Pendant son appui isolé, le postérieur gauche s'engage davantage ; le cheval prenant appui sur l'antérieur soulève l'arrière train et « croupionne ».

Le postérieur gauche se pose donc plus près de l'antérieur droit, mais. le postérieur droit qui vient à l'appui après lui est aussi très rapproché de son empreinte ; la longueur de la base transversale postérieure est réduite.

Le poser du postérieur droit suit de près celui du postérieur gauche. On entend un bruit redoublé. Ainsi l'association des postérieurs, l'écart réduit. entre leur posers et la distance rapetissée de leurs empreintes simulent le: mouvement de l'arrière main au galop. L'élévation de la croupe pendant l'engagement du membre gauche accentue la ressemblance.

L'antérieur gauche s'est posé en même temps que le postérieur droit. Comme les rapports de temps et de distance entre les posers et les empreintes des antérieurs ne sont pas modifiés, la symétrie des mouvements de l'avant main subsiste, le cheval trotte des antérieurs.

À l'oreille, l'aubin donne l'illusion d'un galop raccourci. On entend un bruit redoublé aussitôt suivi d'un bruit plus net et mieux frappé (tata-ta). Un plus long silence sépare les « tata-ta » successifs.

Le cheval qui aubine du derrière rapproche les posers de ses postérieurs. [l soulage ainsi celui qui se pose le premier, l'autre l'aidant dans la détente de l'arrière main.

Aubin du Devant (Anticipation du Poser Postérieur) Soit le moment où le diagonal droit dissocié va se poser, Le postérieur gauche arrive au sol le premier. Pendant son appui isolé, l'antérieur

droit gagne du terrain en avant; l'étendue de la base diagonale est plus grande.

: Le poser de l'antérieur droit est bientôt suivi par celui du diagonal - gauche et s'effectue tout près de l'antérieur gauche.

: Pendant l'appui isolé du postérieur gauche, l'avant main est soulevé pour permettre à l'antérieur diagonal de s'avancer.

Ainsi: rapprochement des battues des antérieurs, réduction de la base transversale de leurs appuis, élévation de l'avant main donnent l'illusion d'un

. galop du devant. |

L'espacement des empreintes postérieures est conservé: le cheval trotte toujours du derrière.

L'antérieur droit rapproché de son congénère gauche est soulagé : l'amortissement de son appui et sa détente sont bien moindres.

Le Saut de Pie :

« Lorsque la désunion du trot devient excessive et que cette allure se

à montre sur le point de passer au galop, le cheval pour la conserver effectue

une sorte de saut du derrière auquel on donne le nom de « saut de pie ». « Ce mouvement de très courte durée analogue à celui du marcheur

| qui cherche à reprendre le rythme d'un compagnon dont la vitesse est plus | grande, n'a pas encore été analysé par la chronophotographie ou la méthode

dE va

graphique ». « ..l'aubin du derrière. Le Saut de pie encore si obscur n'est peut-être qu'un seul pas de celui-ci», Ainsi s'expriment Goubaux et Barrier.

Lenoble du Teil se rallie à cette idée en disant: « Le saut de pie pourrait

bien être un temps isolé de l'aubin se répétant à intervalles plus ou moins fréquents pendant la marche au trot régulier ».

Ayant eu l'occasion de l'observer quelques fois sur un trotteur attelé, nous en proposons l'explication suivante.

Saut de Pie lors de Précession du Poser Antérieur :

Soit le moment où le diagonal droit dissocié va se poser. L'antérieur droit est le premier à l'appui, Si le postérieur gauche tarde à se poser, l'allure tend vers le galop (voir aubin de transition). En effet supposons que ce postérieur se pose après le lever de l'antérieur diagonal, la succession des appuis donne la formation suivante : :

— Postérieur Gauche, Diagonal Gauche, Antérieur Droit, — Suspension.

Le galop à droite est commencé. Sans en arriver jusque-là, la dissociation du diagonal droit peut atteindre un degré tel qu'elle donne l'illusion d'un galop raccourci marché. ;

Le cheval voulant rester au trot doit réduire la dissociation du bipède diagonal et dans ce but il effectue un saut de pie.

Reprenons la succession des appuis de l'aubin.

— L'antérieur droit se pose.

Le postérieur gauche vient à l'appui, suivi par le diagonal gauche qui s avance peu,

À ce moment, le cheval rassemble ses forces et sans attendre la fin de l'appui normal du diagonal gauche ramène en avant l'arrière main par la détente combinée des deux postérieurs.

Le postérieur gauche, le premier levé, s'engage plus vite sous le tronc et rattrape l'antérieur droit déjà au soutien pour rétablir l'association des posers du diagonal droit et éviter le départ au galop.

Saut de pie lors de Précession du Poser Postérieur *

Soit le moment où le diagonal droit dissocié va se poser. Le pcstérieur gauche est le premier à l'appui. Si le retard de l'anté-

rieur droit est considérable, l'appui du diagonal gauche s'intercale entre les .

appuis du diagonal droit et le cheval prend le galop.

Pour l'éviter, dès que la dissociation s'accentue, le cheval pose son :

diagonal gauche et effectuant un saut de pie détend ses deux postérieurs

simultanément. L'avant main s'enlève. Pendant la phase de suspension des .

antérieurs, l'antérieur droit comble son retard sur le postérieur gauche qui s'engage à ce moment. Le synchronisme des battues diagonales est rétabli.

Le saut de pie semble donc être un saut du bipède postérieur. Il diffère du saut du changement de pied. En effet dans le changement de pied, le pos-

térieur dernier posé redouble son appui en se reposant le premier. Dans le saut »

de pie, l'alternance des appuis postérieurs est conservée. L’Aubin : Allure de transition :

L'aubin est une allure de transition entre le trot et le galop. Lenoble du Tel a montré le mécanisme de ce passage. Le cheval dissocie l'un de ses bipèdes diagonaux pour intercaler entre les appuis des membres de ce bipède, l'appui de l'autre diagonal toujours associé.

Si le cheval augmente la dissociation par précession de l'antérieur, le «

départ au galop s'effectue insensiblement par perte d'équilibre ; le cheval se reçoit sur l'antérieur du galop et tombe sur les épaules.

Si le postérieur se pose le premier, le départ est brusque, le cheval. s'enlève sur le postérieur du.galop : il est sur les hanches, par prise d'équi-

libre. 4

INCURVATIONS DU RACHIS :

Incurvations saggitales :

Les incurvations sagittales du trot sont restreintes par l'immobilité de l'encolure dans le plan vertical.

En effet le mouvement du diagonal au soutien nécessite la contraction simultanée du mastoïdo-huméral, de l'ilio-spinal et des abdominaux du côté

opposé. L'abaissement de l'encolure (mastoïdo-huméral) se heurte à son élé-

vation (ilio-spinal). | Ces deux mouvements s'équilibrent et le balancier cervical se fixe par la contraction des muscles cervicaux.

Ainsi s'explique l'engagement moins marqué des postérieurs à l'aliure :

du trot. Cependant, an moment de l'échange d'appui des diagonaux dans le

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grande flexion du dos rein,

trot marché ou de la suspension du trot sauté, le dos rein se vousse pour favoriser l'engagement du postérieur.

La dissociation du diagonal par anticipation de l'antérieur (relachement hatif du mastoïdo-huméral) permet l'élévation de l'encolure et une plus

L'anticipation du poser postérieur doit pour produire l'engagement de ce membre, s'accompagner d'une forte contraction des abdominaux qui transmise à l'ilio-spinal (élévation de l'avant-main) entraîne le mouvement vertical de l'encolure. Ce mouvement succédant à l'élévation de l'avant main, détermine une plongée de l'antérieur vers l'avant et le bas. (Début du geste d'élévation : surcharge de l'avant main).

Ainsi se produit une légère bascule qui favorise la propulsion et épargne la dépense musculaire. :

Le raidissement de l'encolure est nécessaire pour amener rapidement l'antérieur en avant. Le but des enrênements des trotteurs est précisément d'aider cette rigidification et de s'opposer à l’abaissement du balancier cervical sous la traction des rênes. Tout mouvement de l'encolure au trot de course, accentuant la dissociation des bipèdes diagonaux, conduirait infailliblement à la faute (enlever et galop).

Au Piaffer, la flexion du dos-rein étant permanente, l'encolure se fixe dans une position élevée. Ainsi les postérieurs s'engagent facilement et les antérieurs ont un geste soutenu, mais de peu d'étendue (traction du mastoïdohuméral vers le haut). |

Incurvations hor zontales :

Ces incurvations symétriques sont moins accentuées qu'à l'amble ou au pas. La rapidité des contractions musculaires et la diagonalisation des membres s'opposent à l'amplitude des inflexions vertébrales. En effet l'incurvation cervicale contrarie celle du dos rein qui lui est toujours opposée et simul-

tanée.

Au moment du poser du diagonal droit, l'incurvation cervicale est maxima à droite (Contraction du mastoïido-huméral droit), l'incurvation du dos rein est à sa limite gauche. (Contraction de l'ilio-spinal et des abdominaux gauches)..

Au milieu de l'appui du diagonal droit, les membres du diagonal gauche ont parcouru la moitié de leur soutien : le rachis est rectifié.

Les incurvations cervicales et dorsales sont maxima à gauche et à droite lors du poser du diagonal gauche. | |

La dissociation des diagonaux rompt quelque peu la simultanéité des contractions musculaires et permet l'engagement ou l'avance plus marqués du postérieurs ou de l'antérieur. Le trotteur se berce légèrement du derrière : les incurvations dorsales sont plus accentuées. Ainsi les postérieurs se portent facilement en dehors des antérieurs du même côté, sans occasionner le forger ou le lever plus rapide de ces derniers membres, L'action des abducteurs accentue l'élargissement de l’arrière-main par écartement des postérieurs le cheval qui « marche » au trot, trotte « carré ». L

De même, au passage, les incurvations latérales prédominent : le cheval jette son arrière train d'un côté à l'autre et se berce souvent, pour engager ses postérieurs.

Le geste latéral de l'encolure décharge l'antérieur qui se lève. Au poser. de ce membre, l'arrêt du geste se produit juste au-dessus de lui, le surcharge » et l'entraine au sol. |

Accentuer et maintenir les incurvations horizontales permet de cadencer le trot ; les précipiter favorise ia rapidité et l'extension de l'allure.

Ainsi la tension brève de la rêne gauche avant le poser de l'antérieur correspondant incite le mastoïdo-huméral opposé à se contracter plus vive-. ment : l'antérieur droit se porte en avant et plus vite.

Au même instant l'action de la jambe gauche amène le postérieur gauche en avant. Le mouvement du diagonal droit est facilité.

La persistance des incurvations, cervicale à droite (rêne droite), dorsale à gauche (jambe droite), prolonge l'appui du diagonal droit.

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