REACTIONS DU TROT
Le trot vite est très déplaçant pour l'assiette du cavalier.
Les chronophctographies de Marey, en désaccord avec son système de notation graphique, montrent que la creupe et le garrot s'enfoncent au milieu de l'appui d'un diagonal et s'élèvent à la fin de cet appui.
La succession rapide de ces abaissements et de ces élévations au cours de l'alternance des bipèdes diagonaux imprime des secousses brusques au cavalier non assoupli, toujours en retard sur le mouvement du cheval.
En effet, l'élévation du dos du cheval soulève le cavalier : l'enfoncement est plus rapide que la retombée du cavalier dans sa selle (L'inertie de son buste produit le décalage). ESS
Si bien que le soulèvement suivant rencontre les fesses du cavalier dans leur descente : il s'ensuit une série ininterrompue de coups de raquette. Pour remédier à cet inconvénient, le cavalier doit :
1°-Amortir le choc de la poussée due au soulèvement par une flexion du rein, L'abaissement du buste qui en résulte diminue la pression des fesses sur la selle : le soulèvement est moins brusque. (Début du geste d'abaissement : décharge).
2° Au moment où le dos du cheval s'enfonce, l'extension du dos rein préalablement fléchi fait descendre les fesses qui ne perdent pas le contact avec la selle (Début d'élévation : surcharge).
LERTROMMENTEVMES
Le cavalier est au trot enlevé sur le diagonal droit lorsque, recevant la détente de ce bipède, il y cède par un mcuvement propre du buste qui se porte légèrement en avant. Le cavalier retombe ensuite dans sa selle au moment du poser de ce même diagonal qui revient à l'appui. Pendant l'élévation du buste du cavalier le diagonal gauche a opéré sa détente : le cavalier a ainsi évité sa réaction.
Le trot enlevé est plus agréable pour un cavalier non assoupli qui monte un cheval au trot très dur: il éparÿne une secousse sur deux. Mais à la
longue, ce trot devient fatiguant : les peuples cavaliers ne connaissent que le trot assis.
4 Les déplacements du buste entraînent la fatigue du diagonal sur lequel - on trotte, en l'occurence le droit.
E RTS £ : à
D En effet l'élévation produit une surcharge du dos du cheval (Réaction),
- coïncidant avec la détente du diagonal; la retombée occasionne une plus
É forte pesée sur la selle, simultanée de l'appui de ce bipède (Energie cinétique). E « Au contraire, la détente du diagonal gauche est favor:sée : elle se pro-
- duit en effet au moment où le buste à son maximum d'élévation se fait moins sentir sur le dos du cheval.
Il en résulte une avance plus marquée du diagonal droit dont le soutien
s opère pendant l'appui de son congénère gauche : inversement le diagonal gauche embrasse moins de terrain, puisque la détente du droit, génée, ne je fait guère avancer. |,
C'est pour suppléer à ce manque d’étendue du diagonal gauche au soutien que le cheval incurve son dos-rein à droite et se traverse du même côté. Une conséquence de ce fait est le rapprochement de l'axe du diagonal droit avec la direction de marche: ce bipède est ainsi mieux disposé pour servir de polygone de sustentation au centre de gravité. -
Le Général L'Hotte observait ce fait mais l'expliquait différemment :
& Le diagonal avec lequel trotte le cavalier, en gagnant plus de terrain que l’autre, a pour conséquence d'entraîner les hanches de son côté et, par suite de les faire dévier à droite, si c'est avec le diagonal droit que le cavalier s'accorde ».
Un cheval contracté à gauche et traversé de ce côté prend difficilement
le trot enlevé sur le diagonal droit : le trotter sur ce bipède est un moyen“de le redresser. ,
Ainsi le cavalier doit trotter alternativement sur l'un et l'autre pied.
- La surcharge à l'appui, l'avance au soutien du diagonal droit et la position
traversée à droite entraînent inévitablement le départ au galop à droite, si le cheval est trotté sur le diagonal correspondant, Par perte d'équilibre, le cheval tombe toujours sur l'antérieur du galop, entraîné par son avance et sa surcharge à se poser en avant de l'autre et à anticiper son appui par dissociation du diagonal. Par prise d'équilibre le postérieur gauche est plus apte à soutenir la masse; le postérieur droit déjeté à droite par le traversement marque le deuxième temps du galop.
L'incurvation du dos rein de ce côté est celle du galop à droite.
Mais en général le départ au galop à partir du trot enlevé a lieu sur les épaules.
« Le cavalier doit trotter avec le pied sur lequel le galop ne peut s'obtenir et allonger progressivement l'allure. Lorsque arrivé au bout de son trot, le cheval ne pourra plus conserver cette allure il sera entraîné à prendre de lui-même le galop du côté où il se traverse, partant, sur le pied gagnant le plus de terrain et qui est celui avec lequel trotte le cavalier ». (Général L'Hotte).
Dans les changements de direction à droite ou dans un manège à main droite, le cavalier doit trotter sur le diagonal correspondant (Départ de ce côté favorisé. Avance du diagonal droit plus marquée).