LES PILIERS ANTERIEURS DU PONT
Structure. — Ils sont formés par les premières côtes et le sternum, suspendus au membre antérieur par une ceinture musculaire. La statique du membre antérieur sera étudiée ultérieurement.
Les côtes. — Les côtes sternales sont surtout portantes ; peu convexes vers le dehors, elles montrent une mobilité réduite. Elles se plaquent par leurs tubérosités sous les apophyses transverses des vertèbres, dans une position favorable à recevoir le poids de la charge qu'elles transmettent au sternum.
Sur celui-ci se rencontrent et s'équilibrent les deux pressions transmises par chaque moitié latérale de la cage thoracique. L'élasticité des cartilages costaux à l'union des côtes et du sternum facilite l'amortissement.
Les têtes articulaires des côtes représentent des arcs-boutants latéraux qui soutiennent la colonne vertébrale, mais peuvent en réduire la mobilité. 2
Il existe un passage insensible du type costal porteur au type costal respiratoire. Les côtes postérieures ont surtout un rôle respiratoire. I faut noter que la languette d'insertion du grand dentelé, la plus postérieure, s'arrête à la 9e côte. à
Les côtes asternales doivent être considérées comme des arcs-boutants, soutenus par l'action des muscles abdominaux.
LA CEINTURE MUSCULAIRE. — Trois muscles pairs la compo-
sent : ce sont :
— Le Grand Dentelé ; —— L'Angulaire de l'épaule qui n'en est que la partie cervicale :
— Et le Pectoral Profond, formé du pectoral ascendant et du pectoral scapulaire.
Le Grand Dentelé :
Il est le porteur le plus efficace du tronc. C'est un gros muscle en forme d'éventail, revêtu d'une aponévrose qui représente l'organe passif de soutènement. Celle-ci se met en rapport avec la tunique abdominale ; elle est jaune, élastique dans sa partie ventrale et devient vers le haut brillante, presque fibreuse.
Le muscle s'insère avec son aponévrose, en haut, sur le champ triangulaire antérieur et postérieur de la face interne du scapulum, en bas, pai des denticulations sur les 8 ou 9 premières côtes.
. La lame élastique du garrot recouvre sa face interne et le sépare des muscles de la partie vertébrale des côtes, ce qui facilite le mouvement de l'épaule contre le thorax. |
La fortification du grand dentelé par l'exercice, remplaçant le relâchement initial sous le poids du cavalier par un tonus plus grand ,soulève le tronc entre les antérieurs. Günther a montré qu'un cheval au « rassembler », ou simplement joyeux et frais, accusait un surcroît de taille de 2 cm, + à 5 cm. par rapport au même cheval non rassemblé ou fatigué.
Le cheval se grandit par le dressage et n'a plus l'aspect du cheval « sur les épaules », affaissé sous l'homme.
L’Angulaire de l’Epaule :
Ce nest que la suite antérieure du grand dentelé. Il s'insère en haut sur le champ triangulaire antérieur du scapulum, en bas sur les apophyses transversales de la 3"° à la 7° cervicale. Le rôle de ce muscle est identique à celui du grand dentelé. Dans le dressage, il doit relever la base d'encolure primitivement affaisée. Cette fonction capitale sera étudiée par la suite.
Le Pectoral Profond : à . Il se compose du pectoral ascendant et du pectoral scapulaire.
Le Pectoral Ascendant. — Son insertion inférieure se fait par sa base sur la tunique abdominale à la hauteur de la 9"* côte, et par son bord médian sur l'appendice xiphoïde et la face latéro-inférieure du sternum. Son brod dorsal s'unit à son début avec le peaucier par un conjonctif assez tendu.
Son insertion supérieure se fait sur la face interne de l'humérus, sur le trochin ; elle s'étend en avant sur l'aponévrose du muscle sus-épineux, le tendon du coraco-brachial enveloppe le tendon du biceps au-dessus de toute la coulisse bicipitale. Elle entoure donc complètement l'articulation scapulo-humérale.
Son rôle statique, déterminé par sa direction caudo-ventrale, est d'empêcher une flexion forcée de l'articulation de l'épaule qu'il retient vers l'avant. Il évite la bascule de l'antérieur vers l'avant sous le poids du corps, et réciproquement la chute du tronc vers l'arrière.
Le Pectoral Scapulaire. — Ce muscle monte du sternum à la pointe de l'épaule, qu'il dépasse, pour s'infléchir en haut et en arrière. Son insertion inférieure se trouve sur la face antéro-latérale de la carène sternale et sur les 3 ou 4 premiers cartilages costaux.
| Son insertion supérieure se fait sur l'aponévrose scapulaire externe.
Son rôle est d'empêcher la bascule du tronc en avant et en bas, et le pivotement du membre vers l'arrière. -
Ainsi le tronc se trouve porté par les antérieurs grâce à cette ceinture musculaire formée par quatre muscles, dont la direction est oblique de haut en bas,
et d'arrière en avant pour les deux muscles antérieurs (angulaire et pectoral scapulaire), FE
d'avant en arrière pour les deux muscles postérieurs (le grand dentelé, et le pectoral ascendant).
CONTRIBUTION DU CONTRE-POIDS ET DES- PILIERS :ANTERIEURS À L'EQUILIBRE DU PONT VERTEBRAL
Les piliers antérieurs et le contre-poids doivent s'opposer à l'action des forces que le pont vertébral exerce sur eux.
La pression verticale de la charge du pont est transmise des vertèbres aux côtes sternales et de celles-ci au sternum et au scapulum, par l'intermédiaire de la ceinture musculaire. L'extrémité supérieure des côtes pourrait s'écarter sous la pression de la colonne vertébrale qui s'enfonce en coin, mais le mode de suspension du thorax s y oppose ; il se crée une contrepression dirigée vers le haut à partir de l'attache du grand dentelé qui plaque les extrémités supérieures des côtes contre les vertèbres.
Le contre-poids antérieur s'oppose à la poussée horizontale vers l'avant des vertèbres dorsales par une contre-poussée vers l'arrière réalisée par la tige cervicale chargée du poids de la tête et de l'encolure.
La traction horizontale du ligament cervical, dirigée vers l'avant, équilibre la traction horizontale du ligament surépineux dirigée vers l'arrière.
LES PILIERS POSTERIEURS
Ils se composent du sacrum, du bassin et des membres postérieurs.
La structure du sacrum est déjà connue. a
Le bassin est formé par l'union des deux coxaux (composés eux-mêmes de l'ilium, du pubis et de l'ischium), soudés par la symphyse pubienne qui empêche tout écartement latéral des deux os.
La direction de l'axe du coxal est inclinée à 45° sur l'horizontale.
L'articulation du pont vertébral avec les piliers postérieurs se fait par l'union sacro-iliaque. La surface articulaire, ou facette auriculaire, est formée par l'union de deux plans dont l'inclinaison diffère, Le plan postérieur est plus vertical et revêtu de cartilage, Le plan antérieur, plus horizontal, représente le point de suspension de la colonne vertébrale. Par cette disposition, la transmission de l'impulsion des postérieurs est favorisée.
La liaison sacrum-bassin est renforcée par les ligaments sacro-iliaques déjà mentionnés et les ligaments sacro-ischiatiques.
Le ligament sacro-ischiatique, vaste lame quadrilatère, occupe l'angle inféro-postérieur formé par le sacrum et le coxal. Son bord supérieur se fixe sur la lèvre latérale du sacrum et son bord inférieur sur la crête sus-cotyloïdienne et la tubérosité ischiatique du coxal.
En avant, dans l'angle lombo-ilial, le muscle petit-psoas réunit la colonne vertébrale au coxal. Il s'insère en haut sur le corps des 3 ou 4 dernières dorsales et de toutes les lombaires ; il se termine en bas, par un tendon aplati, sur la crète ilio-pactinée de l'ilium. C'est un muscle très tendineux.
D'autres muscles interviennent par leur tonus statique dans la construction du pilier postérieur. Ce sont les abdominaux, les fessiers et les ischio-tibiaux.
Les Abdominaux unissent le thorax à la symphyse pubienne et à l'ilium, Ils maintiennent l'obliquité du coxal,
Les Fessiers relient l'ilium au tranchanter du fémur. Leur tonus s'oppose à la bascule du coxal vers l'avant.
Les Ischio-Tibiaux s'insèrent en bas sur le tibia et atteignent le sacrum par leur attache supérieure, tout en se fixant en passant sur l'ischium. Ils empêchent tout soulèvement de l'extrémité postérieure du sacrum et la bascule du coxal vers l'avant.
CONTRIBUTION DU CONTRE-POIDS ET DES PILIERS POSTERIEURS A L’'EQUILIBRE ET A LA FIXATION DU PONT VERTEBRAL
Sur les piliers postérieurs s'exercent la pression verticale, la traction et la poussée horizontale du pont.
Ces forces tendent à mobiliser les articulations sacro-iliaque et lombosacrée.
Le jeu de l'articulation sacro-iliaque est très limité par la disposition qu'affectent la tige lombo-sacrée et le coxal. Cette disposition rappelle la construction d'un pliant articulé, dont tous les angles sont bridés.
Véléma du Pilier Dostétieus
igament sacro-iliaque supérieur
Fessier moyen
Ligament sacro-ischiatique.
Articulation Lombo-sacrée
Ischio Tibiaux
Petit Psoas
Traction horizontale
Poussée horizontale
pu