STATIQUE DU MEMBRE ANTERIEUR
Le poids du tronc exerce une pression verticale transmise sur les os du membre par l'intermédiaire de la sangle musculaire, qui unit l'antérieur au tronc. Cette sangle a ses points d'attache sur le champ triangulaire de la face interne du scapulum par l'angulaire de l'épaule et le grand dentelé, et sur l'aponévrose scapulaire externe et l'extrémité supérieure interne de l'humérus par le pectoral scapulaire et le pectoral ascendant. Cette diversité d'insertions conditionne la diversité des points, où se fait sentir la pression verticale. On ne peut donc parler d'un lieu unique d'articulation de l'antérieur au tronc. Par suite, la théorie qui veut trouver la condition d'un appui normal dans la projection du milieu de l'aire d'insertion du grand dentelé sur le milieu de la face plantaire du sabot à l'appui, ne se fonde que sur un point de vue très particulier, Cette théorie oublie de plus que le membre ne peut être assimilé à une colonne rigide, qu'il est composé d'os, de ligaments, de tendons et de muscles qui tous en assurent l'équilibre statique. Elle oublie aussi que le membre n'est pas isolé, mais relié au tronc de l'animal, que son équilibre est influencé par tout le corps de l'animal, que la position de l'encoiure, du thorax, des postérieurs conditionnent la position des antérieurs et réciproquement. .
L'antérieur n'est que le soutien du corps qui, lui, reste en équilibre pourvu que la projection du centre de gravité tombe sur le polygone de sustentation. Si cette condition est réalisée, les membres peuvent prendre une infinité de positions. Nous supposons qu'ils ne s'affaissent pas sous la charge. Et c'est précisément le rôle des divers dispositifs statiques de rigidifier la colonne articulée du membre. L'équilibre de ces dispositifs de sûreté limite avec l'équilibre, mécanique le jeu que peut prendre un membre dans la station. Les positions qui en résultent sont variées. Dire qu'il faut que le milieu du sabot se trouve sous telle projection n'est pas énoncer une nécessité statique. Si l'on veut faire entendre par là que ce mode d'appui est une condition favorable, il est impossible de pouvoir en juger par ce seul énoncé. Car tout d'abord, la position d'appui varie d'un cheval à l'autre. Et peut-on savoir ensuite sil est préférable pour tel cheval qu'il mette davantage à contribution ses os ou ses tendons ?
En définitive, il suffit de savoir que l'étirement du membre par l'ouverture des angles articulaires augmente la valeur des composantes osseuses de la pression verticale et exagère les pressions sur les os.
Par contre, plus le membre est fléchi, plus les os s'inclinent par fermeture des angles articulaires, et plus les composantes osseuses de la pression diminuent. Dans ce cas, les composantes perpendiculaires à la direction des os augmentent. Ce sont elles qui opèrent des tractions sur les tendons et les ligaments, qui assurent la fixité des angles articulaires. Dans ce cas, l'appareil ligamenteux est davantage mis à contribution.
L'action de la pression verticale se divise donc en deux groupes de force :
1° Des forces qui, transmises par les os, sont annulées par la réaction du sol. ; 2° Des forces qui toutes tendent à rapetisser la colonne du membre par fermeture de ses angles articulaires et qui sont annulées par la réaction des dispositifs statiques.
Par ailleurs, le scapulum du cheval est oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Les deux scapulum convergent par leur extrémités supérieures. Cette orientation tendrait à provoquer l'écartement des extrémités inférieures du membre sous le poids du tronc, si d'autres dispositifs statiques ne s y opposaient.
La statique d’un membre antérieur comprend donc : l'étude : :
1° De la sangle musculaire qui permet à l’antérieur de supporter le tronc ; e
2° Du dispositif statique qui s'oppose à tout écartement latéral du membre ;
3° Des diverses dispositifs qui affermissent- la colonne articulée du membre.