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ARTICULATIONS DU RACHIS

Articulation Atlas-Axis :

C'est la première articulation intervertébrale. Elle ne permet que la - rotation du bloc tête-atlas autour de l'apophyse odontoïde de l'axis.

Articulations Intervertébrales :

Les vertèbres sont articulées entre elles par les cartilages intervertébraux et les apophyses articulaires. La structure de ceux-ci permet de déduire l'étendue et le mode des mouvements des vertèbres. Chaque articulation intervertébrale est le siège de mouvements réduits mais qui, multipliée par le

nombre, acquièrent une amplitude notable pour un segment donné du rachis. 3 Les fibro-cartilages sont des disques peu élastiques interposés entre les corps vertébraux auxquels ils adhèrent fortement. L'amplitude de mouvement d'un segment vertébral est proportionnelle à leur longueur dans cette région.

Les apophyses articulaires se placent sur les faces latérales des vertèbres. Elles présentent des différences de forme suivant le segment considéré.

On peut scinder la colonne vertébrale en quatre segments suivant leur mobilité :

1° Le segment cervical;

2° Le segment dorso-lombaire ;

3° Le segment sacré ;

4 Le segment caudal.

Segment Cervical :

Les disques intervertébraux sont épais. Les apophyses articulaires sont énormes ; leurs surfaces articulaires se placent dans un plan oblique de haut en bas et de dehors en dedans sur le corps vertébral ; les deux apophyses antérieures d'une vertèbre ont leurs surfaces articulaires concaves et situées sur un même arc de courbure ; les apophyses postérieures qui leur correspondent sont convexes.

© De ce fait, les mouvements de flexion longitudinale et latérale ne sont pas limités, la vertèbre antérieure pouvant se fléchir ou pivoter sur la postérieure. L'absence d'apophyses épineuses s'ajoute à ces conditions favorables au mouvement.

La mobilité de la tige cervicale a été recherchée sur une préparation par Krüger. Dans la flexion et l'extension, le mouvement le plus grand se produit au niveau de l'articulation dernière cervicale et première dorsale. Le mouvement est moins important dans les autres articulations intercervi-

cales.

be

La flexion latérale directe donnerait une amplitude de mouvement de. 10 cm. à l'extrémité antérieure de la tête, soit pour une longueur de 60 cm. de tige cervicale, 17 % de celle-ci. Krüger ne donne pas le degré d'élévation de l'encolure dans lequel la flexion latérale s'est produite. Il est certain que cette flexion est d'autant plus limitée que l’encolure est relevée. Ce fait est d'ailleurs exploité dans la pirouette renversée à l'éperon. Mais il est aussi évident que les mouvements de flexion latérale sur le vivant sont bien plus amples que ne l'indique Krüger.

Segment Dorso-Lombaire :

Il débute à la deuxième vertèbre dorsale qui présente un type intermédiaire. En effet, ses apophyses articulaires antérieures ont le type cervical, tandis que les postérieures ont une surface articulaire plane et située perpendiculairement au corps vertébral dans un plan horizontal.

Jusqu'à la neuvième dorsale, les apophyses articulaires affectent cette forme et cette disposition. |

De la neuvième à la dixième dorsale, les apophyses articulaires se redressent progressivement et se rapprochent du plan médian, en se plaquant tangentiellement sur le corps vertébral dans le sens longitudinal. À partir de la dixième dorsale, les surfaces articulaires s'emboîtent les unes dans les autres ; les postérieures convexes d'un côté à l'autre et arrondies en demi-gond s'engagent dans la concavité des surfaces antérieures de la vertèbre suivante. Cet emboîtement substitué à la simple superposition, forme une véritable charnière qui donne plus de précision aux mouvements de flexion et d'extension et restreint singulièrement les mouvements de latéralité. Aïnsi la région lombaire peut davantage se fléchir et s'étendre que la région dorsale, mais ses mouvements latéraux sont encore plus limités. Ils sont même rendus impossibles dans la moitié postérieure de la région par la rencontre des apophyses transverses lombaires. Cette disposition favorise la transmission de l'impulsion.

Cependant les deux régions dorsale et lombaire se meuvent solidairement,

Pendant la flexion, le pont dorso-lombaire devient convexe et se vousse ; les apophyses épineuses s'écartent, tendant fortement le ligament surépineux qui s'oppose bientôt au mouvement. ;

Pendant l'extension le dos s'étend et peut devenir légèrement concave vers le haut ; l'extension est limitée par la rencontre des apophyses épineuses et par la tension du ligament vertébral commun inférieur.

Krüger a déterminé l'amplitude des mouvements de la tige dorso-lombaire en mobilisant une colonne vertébrale dénudée de ses muscles, les côte restant attenantes aux vertèbres. Le bassin était fixé. |

Voici le résultat des mesures :

La flexion latérale donne à la première vertèbre lombaire une ampli-

tude de mouvement de 3 à 4 cm. à partir de la position de repos, soit pour une longueur lombaire de 35 cm., 10 % de celle-ci.

La première vertèbre dorsale possède une amplitude de mouvement latéral comprise entre 45 et 53 cm., ce qui pour une longueur de 85 cm. de tige dorsale correspond à 39 % de celle-ci.

L'extension élève le garrot de 30 % à partir du répos, la plus grande partie du moùvement se produisant entre les dernières lombaires et le sacrum. Le reste de l'extension se fait dans la tige lombaire et la partie postérieure du segment dorsal jusqu'à la seixième vertèbre dorsale seulement. Les contouts de la colonne dorsale restent inchangés à partir de cette vertèbre.

Dans la flexion, la colonne lombaire et la partie postérieure de la colonne dorsale se montrent les plus flexibles. Les contours de la partie antérieure dorsale sont à peine infléchis ; l'enfoncement de la tige dorsale derrière le garrot se maintient dans sa mesure au repcs.

Segment Sacré :

Le bloc osseux du sacrum, formé de la soudure des vertèbres sacrées transforme ce segment en un levier rigide qui est le point de contact d'inser: tions musculaires diverses, nécessitant sa solidité.

Il s'unit à la dernière vertèbre lombaire par l'articulation lombo-sacrée, au moyen d'un disque intervertébral très épais, des apophyses articulaires et du contact de ses bords latéraux avec les apophyses transverses de la dernière vertèbre lombaire.

Les mouvements latéraux de l'articulation sont inexistants ; la flexion et l'extension directes sont prononcées,

Dans la locomotion les segments dorso-lombaire et sacré participent à la même incurvation du rachis dans la région du dos-rein.

Les mouvements du dos-rein sont très importants. Ils sont la conséquence des mouvements des membres ou les déterminent. D'où l'utilité de leur connaissance en équitation ; par eux le cavalier peut obtenir telle allure ou telle attitude. Dans une locomotion active ils sont actifs et aident les membres dans leur travail de propulsion. Leur étude renseigne sur l'activité des forces musculaires qui les provoquent.

Leur observation sommaire peut se faire directement sur le vivant aux différentes allures. Nous avons pour notre part opéré de cette manière. L'examen des multiples photographies de la collection du « Sport Illustré » et de « L'Eperon » nous a été un appoint précieux.

Grâce au cinéma, Krüger a fixé la succession des mouvements du dos-rein aux diverses allures. La ligne médiane du dos et les lignes transversales réunissant les angles internes de l'ilium et les milieux des cartilages scapulaires avaient été dessinées sur le cheval d'expérience.

Incurvations Latérales du Dos-Rein :

Elles sont les plus fortes au pas, demeurent faibles au trot et au galop.

Au pas de traction lente, elles sont bien marquées et facilement repérables.. Dans cette variété de pas, on observe une association latérale des membres en vue des efforts de poussée. Ainsi au moment où le postérieur gauche se lève, le latéral droit est à l'appui et effectue le travail propulsif ;

il supporte en même temps la plus grande partie du poids du tronc. La flexion latérale du dos-rein débute toujours au moment où un postérieur commence son soutien, Le dos-rein s'incurve du côté de ce membre

et devient convexe de l'autre. La plus grande amplitude de flexion se produit | au moment du poser d'un postérieur ; ce poser s'effectue peu après le lever de l'antérieur latéral.

Ainsi donc la flexion jatérale incurve le dos-rein du côté où les membres d'un même bipède latéral au soutien sont rapprochés ; le dos-rein est alors convexe du côté du latéral à l'appui, reportant tout le poids du corps sur celui-ci.

Après le poser d'un postérieur la colonne vertébrale se 1edresse ; quand l'antérieur latéral se pose, le rachis a repris une direction rectiligne ; à ce moment, le soutien de l'autre postérieur commence à l'infléchir de l'autre côté,

La flexion latérale se produit surtout dans la partie thoracique de la colonne vertébrale. Le sacrum et les lombes conservent sensiblement leur direction en ligne droite.

Dans une progression en droite ligne, le refoulement latéral du bord antérieur de la tige thoracique atteint 12 cm. par rapport à la direction lombo-sacrée. Cette amplitude correspond à 19% d'une longueur totale du pont vertébral de 120 cm.

Au niveau de la plus forte convexité qui se produit dans la région de la dixième à la douzième vertèbre dorsale, l'arc vertébral s'éloigne de 4 cm. du plan sagittal.

Ces chiffres sont bien inférieurs à ceux obtenus sur le matériel de préparation.

Si le cheval tourne court, la flexion croît. L'extrémité antérieure de la colonne vertébrale dévie de 25 cm. par rapport à la direction lombosacrée, soit 21 % de la longueur totale du dos-rein.

Flexion et Extension : |

Ces mouvements s'effectuent surtout dans la colonne lombaire et dans une petite partie postérieure de la colonne dorsale.

Les flexions et les extensions sont inégales, mais reconnaissables aussi bien au pas, qu'au trot et au galop.

Au Pas, — Une flexion se produit lorsque chaque postérieur au soutien s'avance pour s'engager sous le tronc et se poser.

Entre les deux posers des deux postérieurs la colonne vertébrale s'étend et s'enfonce de nouveau légèrement.

Au Trot, — La flexion se produit lorsque le bipède diagonal à l'appui abandonne sa charge à l'autre, c'est-à-dire :

— pendant la période d'échange d'appui des deux diagonaux si le trot est lent, ou bien au moment de la phase de suspension d'un trot plus rapide. Dans le trot rapide la flexion maxima se produit au poser d'un diagonal ; elle est beaucoup plus accentuée et prolongée qu'au trot lent. Sa durée et son amplitude augmentent avec la durée de la phase de suspension.

Entre les deux périodes d'échange” d'appui ou de suspension, la colonne vertébrale s'étend et s'enfonce.

Donc au trot, le mouvement de flexion est beaucoup plus brusque et plus rapide qu'au pas ; l'extension est relativement plus longue.

On comprend facilement pourquoi le trot secoue si fortement son cavaher.

Au Galop. — La flexion se produit après la détente de l'antérieur sur lequel le cheval galope, au moment de la phase de suspension. À cet instant, le postérieur qui se pose le premier est fortement étendu en avant, prêt à l'appui.

L'extension et l'enfoncement du dos s'effectuent entre deux phases de » suspension, surtout pendant l'appui du diagonal associé.

Comme la période de suspension s'allonge au galop, la flexion du desrein est moins rapide et moins brusque qu'au trot. Sa durée varie suivant le type du galop.

Les différences de niveau des lombes et du dos sont cependant réduites dans les trois allures. La forte flexion qui se produit dans la phase de. suspension et de projection du galop est plus apparente que réelle ; les postérieurs * engagés sous le tronc en donnent l'illusion. ‘ Au galop, la différence de niveau entre flexion et extension est de 3 cm. à la hauteur de la première lombaire. Au pas et au trot, les différences sont - plus fortes, elles atteignent parfois 4 à 5 cm.

Les profils de la croupe sont trompeurs, car son contour dépend de la contraction des muscles.

En résumé :

La partie la plus apte à une flexion latérale se trouve entre la deuxième et la seixième aorsale. À ce niveau. il existe de courtes denticulations du multifide du dos facilement séparables, qualifiées de rotatoires par Krüger. Elles vont d'une apophyse épineuse à l'apophyse transverse d'une autre vertèbre, en sautant une vertèbre. Sur le cheval, ces denticulations. produiraient une flexion latérale accompagnée plus ou moins de rotation du rachis ; cette rotation faciliterait la flexion.

L'extension et la flexion se produisent au niveau des lombes. À cet endroit, la présence des psoas, qui provoquent la flexion du dos-rein amenée par les abdominaux, concorde avec les faits observés. Ces muscles s'insèrent en effet jusqu'à la dix-septième côte. Entre la sixième et la seixième vertèbre dorsale, la face ventrale de la colcnne vertébrale est dépourvue de muscles.

L'extension est limitée au niveau du garrot par le contact des apophyses épineuses qui, distantes de quelques millimètres sur le cheval mort, se posent les unes sur les autres sur le cheval vivant.

Segment Caudal :

La queue jouit d'une mobilité extrême, mais non dénuée d'influence sur la locomotion. « Ce n'est pas sans raison que le cheval fatigué fouaille de ia queue. » (Capitaine Licart.)

Le port de queue renseigne sur la tension générale de la musculature.

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