FORMES DU RACHIS
Dans une attitude de repos éveillé, avec l'encolure plus ou moins relevée, la colonne vertébrale, augmentée de la tête, prend dans un plan sagittal une position type qui varie légèrement dans ses inflexions suivant le cheval considéré et son mode de station.
On peut ainsi reconnaître plusieurs incurvations du rachis:
1° L'incurvation tête-petite encolure ;
2° L'incurvation grande encolure ;
3° L'incurvation du dos-rein,.
L'incurvation tête-petite encolure forme un arc convexe vers le haut composé de la tête de l'atlas et des deux premières vertèbres cervicales.
L'incurvation grande encolure forme un deuxième arc incurvé en sens inverse, convexe vers le bas. I] commence à la troisième vertèbre cervicale et se poursuit dans la base d'encolure jusqu'aux deux premières vertèbres dorsales. Hs
L'incurvation du dos-rein forme l'arche du pont vertébral convexe vers le haut et s'élevant progressivement vers les lombes. SR
C'est du degré d'inflexion propre et réciproque de ces trois arcs que dépend la forme du rachis.
Les deux premiers arcs façonnent l'aspect de l'encolure dans l'extension ou la flexion. Les deux courbes de ces arcs sont solidaires jusqu à un certain point :
1° Par redressement de leurs courbures, la tige cervicale s'allonge et se rectifie ; l'encolure est droite, comme celle d'un pur sang anglais. Son port peut être plus ou moins élevé sur l'horizontale. C'est une disposition d'extension.
2° Le redressement et l'inversion de la courbure petite encolure allonge le haut de la tige cervicale ; la tête s'étend et s'élève jusqu'à l'horizontale. Le cheval porte au vent par une extension de nuque. |
3° Le redressement et l'inversion de l'arc grande encolure en élève sa base. C'est le premier degré du ramener, qui peut être complet s'il s'accompagne de la flexion de nuque et de l'élévation en bloc de toute l'encolure.
4° L'exagération de la courbe naturelle petite encolure ramène la tête vers l'arrière dans un plan plus vertical, opère la flexion de nuque et peut conduire à un certain degré d'encapuchonnement.
Ëlle peut coïncider soit avec une exagération de la convexité naturelle de la base d'encolure qui s'affaisse, soit avec le redressement ou même l'inversion vers le haut de la courbure grande encolure.
Dans le premier cas, si la forme est naturelle, l'encolure est dite de cygne ; si elle est acquise, elle correspond au « faux pli d'encolure » des écuyers.
Dans le deuxième cas, la position naturelle caractérise l'encolure « rouée »; l'obtention de ce port est le ramener par flexion de nuque et élévation de la base d'encolure qui devient convexe vers le haut.
5° L'exagération de la convexité vers le bas de la grande encolure produit l'encolure de cerf ou « renversée ». Elle peut être naturelle ou acquise. Généralement elle coïncide avec un redressement ou même une incur-
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vation en sens inverse de la petite encolure. Le cheb porte au vent » par extension de nuque et d'encolure. Si le haut d'encolure accuse sa concavité vers le bas, on retrouve l'encolure de cygne ou le « faux pli d'encolure ».
Le redressement, l'inversion ou l'exagération des courbures naturelles de l'encolure peuvent se produire avec une encolure pottée basse ou haute, avec un abaissement ou une élévation d’encolure. Ainsi l'allongement par redressement des courbures est maximum quand l'encolure est horizontale ou s'abaisse.
Le port au vent s'aggrave par une élévation en bloc de l'encolure. Le ramener s'accentue par une élévation d'encolure. L'encolure de cerf, très accentuée avec l'encolure haute, peut cependant s accompagner d'une élévation ou d'un abaissement d'encolure. & . L'abaissement d'encolure peut s'effectuer avec enfoncement du bout du nez et inversion de la grande encolure, geste qui commence l'encapuchonnement. [I] peut aussi provoquer l'élévation du bout du nez avec affaissement de la base d'encolure.
L'encolure peut se rouer avec plongée de la tête entre les jambes, - le cheval étant au dernier degré d'encapuchonnement. Dans le sens sagittal. les mouvements d'encolure sont multiples. Qualifier | - un mouvement du balancier-cervical par le seul mot d'extension ou de flexion ne peut conduire qu'à des erreurs grossières. Dans toute position ou mouve- | ment d'encolure. il faut envisager la position et le mouvement de chaque courbure de sa tige. Ainsi les encolures rouée et encapuchonnée donnent bien | le relèvement de leurs bases, mais l'encolure rouée la refoule en arrière, l'enco- | lure encapuchonnée la tire en avant, Il faut noter que le redressement des courbures cervicales est nécessaire pour passer d'une position extrême à l'autre. | Ainsi l'encolure de cerf doit d'abord se redresser dans ‘sa base pour s'incurver en sens inverse et donner le ramener. |
La position ou le geste de l'encolure réagissent sur la courbure du dosrein. L'influence de la base d'encolure est capitale. Elle s'explique par un - fait anatomique : la base d'encolure est un carrefour où se croisent et agissent de nombreuses actions musculaires venues de j'encolure ou du tronc. 1° La base d’'encolure est élevée et redressée vers l'arrière. Dans ce cas, la tige dorso-lombaire est moins voussée. Sa partie antérieure est plus ou moins relevée, Elle a tendance à s'incliner vers l'arrière par abaissement du bassin et des lombes, si le cheval fléchit le rein en engageant ses membres postérieurs sous le tronc, Le cheval est alors au ramener et au rassembler.
2° La base d'encolure Est aflaissée vers l'avant (position renversée). Le dos-rein est fortement convexe dans sa partie antérieure. Il peut l'être dans toute sa longueur lorsque le cheval vousse le rein en engageant ses postérieurs : l'inclinaison du dos se fait vers l'avant.
C'est l'un des cas du cheval affaissé sous le cavalier. Si l'encolure est basse, au lieu d'être portée haute, la, convexité antérieure du dos est moins prononcée.
Souvent le dos-rein, loin d'être voussé, est enfoncé en hyperextension. C'est le cas d'un cheval qui mange à un râtelier trop élevé,
3° La base d'encolure est rectiligne, allongée vers l'avant. Le dos est sensiblement droit.
4° La base d'encolure est convexe vers le haut mais portée en avant, toute l'encolure est basse, encapuchonnée. Dans ce cas, le dos-rein est convexe. Il suffit de regarder un cheval paître pour s'en convaincre.
Au repos, le rachis est dans le plan sagittal du tronc. Les incurvations latérales le déplacent dans un plan horizontal. La combinaison des incurvations de l'encolure et du dos-rein caractérisent le mouvement de reptation propre à chaque allure.
L'encolure peut se porter en bloc à droite ou à gauche, la tige cervicale étant rigide.
Elle peut s'incurver à droite, avec sa convexité à gauche, la tête pouvant venir à droite et la base d'encolure se refouler à gauche du plan sagittal. L'incurvation symétrique se produit à gauche.
La petite encolure peut s'incurver très légèrement à droite par flexion latérale de la tête à droite, avec incurvation de la grande encolure à gauche. La tige cervicale prend alors la forme d'une S très allongée. La position symétrique s'obtient par incurvation de la petite encolure à gauche.
Les incurvations de la base d'encolure et du dos-rein peuvent être de même sens ou inversées, se produire simultanément ou non. Ainsi toute la tige vertébrale peut être incurvée à droite ou à gauche (amble) ou bien l'encolure est incurvée à droite et le dos-rein à gauche (trot).
L'incurvation d'un segment du rachis peut être plus accentuée que celle d'un autre : ainsi l'encolure s incurve à droite, le dos-rein reste sensiblement droit (effet de rêne droite directe d'opposition).
Généralement, la grande et la petite encolure ont la même incurvation. C'est un effet du dressage, limité à quelques cas, que d'obtenir une incur-" vation inverse de ces deux segments. ;
Les incurvations du rachis conditionnent sa forme. Elles sont sous la dépendance de l'action musculaire, donc sous l'influence du mode de locomotion et de l'équilibre. Leur succession produit une ondulation vertébrale caractéristique de l'allure. Elles sont utilisées en équitation pour le dressage et la conduite. Si le cavalier s'en sert, le cheval les ‘emploie avec profit pour interposer entre la tension de rênes et son impulsion leur jeu de ressort amortisseur.