‹ Mécanique ÉquestreChapitre 4 sur 146 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« L'Art ne s'apprend pas dans les livres qui ninstruisent guère que ceux qui savent déjà ».

- (Géneral L'HOTTE,

Questions Equestres).

Equitation ! Mot unique pour désigner une activité multiple.

Monter à cheval, dresser un cheval, conduire un cheval: aspects divers de l'action du cavalier : cheval d'extérieur, cheval de concours hippique, cheval débourré, cheval dressé, cheval mis, spécialisations diverses, états différents de la monture.

Equitation est donc un terme qui résume en lui les rapports variés du cavalier et de son cheval au cours de leurs activités communes. Ce mot les synthétise toutes. |

Mais n'y aurait-il pas lieu de le scinder en d'autres plus justes et plus précis, et par là, plus représentatifs ? Equitation courante, équitation savante, équitation d'extérieur, équitation de Haute Ecole !

Certes, l'usage de ces distinctions est fréquent, parce que commode et répondant au besoin de classer et de démembrer. Mais cette séparation n'est qu'artificielle, l'équitation est une, dans son fondement, par le but qu'elle veut atteindre : l'union physique et morale du cavalier et de sa monture, seule condition d'une utilisation facile, agréable et efficace du cheval par le cavalier, seul moyen de ménager les forces du cheval et d'en obtenir le meilleur rendement.

Le but premier peut varier selon l'emploi du cheval et le désir du cavalier, mais en définitive, il s'agit uniquement en toute circonstance de parfaire toujours l'adaptation entre cavalier et cheval, dont l'achèvement idéal serait le centaure, cet être de légende : « Deux cœurs battant à l'unisson et un seul cerveau, la perfection de l'ensemble cavalier cheval ».

Au débourrage, premier stade de l'emploi du cheval, apparait la nécessité de forger un moyen de compréhension réciproque entre le cavalier et sa monture, de créer une langue comprise par les deux acteurs de ce drame: l'union de deux êtres, corps et âme, tendus vers un même but, le complément de l’un par l’autre, le cheval exécutant sous la direction et grâce à l'aide du cavalier. Et la base logique de cette langue, la source de nouveaux moyens

de communication et d'entente, rationnels et sûrs, c’est la physiologie du cheval, aidée par la suite de sa psychologie. Ainsi, avec l'unité, apparaissent les grandes nécessités de l’équitaton, la nécessité d'être scentifique, en basant le dressage et la conduite du cheval sur ses facultés physiologiques, et l'obligation de toujours tempérer et diriger cette rigueur physique, par l'adaptation psychique du cavalier à sa monture, en s'adressant cette fois à ses facultés intellectuelles.

Le cavalier doit donc faire appel à la physiologie du cheval, entre autres connaître la fonction de certains groupes musculaires, les possibilités de jeu des articulations, les réactions du cheval aux agents extérieurs, ses modes de locomotion et les forces mises à contribution pour produire le mouvement. Ainsi, toute demande, toute intervention des aides devra se faire au moment voulu, à l'endroit voulu, de la manière voulue pour ne pas heurter la mécanique animale. ;

L'effet est d'abord obtenu dans la contrainte. Le cheval est un être animé, soumis à la grande loi de nature de l'action et de la réaction. Au début de son utilisation, il peut donc réagir contrairement à l'effet escompté par le cavalier. Les aides, forces extérieures à l'organisme du cheval, peuvent déclencher une défense. Et c'est ce qui fait en définitive la difficulté et la beauté de l'équitation, qui met en œuvre la finesse et le tact du cavalier, qui suscite le dressage qui tend à supprimer cette tendance à la réaction, à la résistance. ;

Ainsi, pour obtenir l'effet désiré, le cavalier doit créer un état physiologique optimum chez le cheval, c'est-à-dire mettre directement en mouvement les forces intérieures lde sa monture, pour supprimer toute réaction. intempestive. La répétition de plus en plus facile de l'effet obtenu va créer à la fois une association d'idées qui mettra en jeu les facultés intellectuelles du cheval, et une accoutumance progressive, une habileté physique. Le mouvement guindé du début tendra vers le mouvement réflexe : si bien que les aides, d'abord coercitives, pourront devenir indicatives. Les groupes musculaires antagonistes, assouplis, n'entraveront plus le mouvement cherché. Une nouvelle synergie de contraction musculaire, rendu possible par la docilité du cheval, permettra l'obtention facile et complète de l'effet, en supprimant toute contraction parasite, toute résistance. Action du cavalier et action du cheval ne feront qu'un. Le cavalier « fera corps » avec sa. monture, dans le sens le plus profond,

Si donc, au début du dressage et parfois dans des moments de révolte en cours d'utilisation, il arrive au cavalier de tabler sur la réaction du cheval pour obtenir telle ou telle action, petit à petit, grâce à l'emploi d'aides physiologiques, celui-ci parviendra à supprimer complètement la moindre résistance, le cheval se livrera, il deviendra « léger » selon le langage équestre français — « durchlässig », en allemand — c'est-à-dire qu'il laissera passer les actions des aides et ne s'y opposera pas par une réaction intempestive, une contraction musculaire non appropriée au but.

Le premier terme évoque la sensation que le cavalier perçoit dans sa main. Le cheval ne manifestant plus de résistances, qui toutes aboutissent

à une contraction des mâchoires, ne pèse plus, soit aux jambes, soit à la main, la moindre action des aides détermine instantanément le mouvement demandé avec le maximum d'effet. Le terme allemand, plus physiologique, indique qu'aucun muscle antagoniste ne fera barrage à la contraction musculaire provoquée par le cavalier et qui produit le mouvement demandé.

La répétition de l'acte par l'exercice créant ce transfert des associations psychologiques sur le terrain physiologique et établissant les réflexes, permet aussi l'obtention de la souplesse et la réponse du cheval au cavalier s'améliore de ce fai, Ainsi donc, conditionnant tout le processus du dressage, une action du cavalier conforme à la physiologie équine, permettra, passé le débourrage, stade des réactions, des résistances, d'avoir un cheval dressé avec rapidité, et de l'utiliser ensuite avec la meilleure efficacité et le meilleur rendement,

Cette connaissance de l'organisme du cheval est d'autant plus nécessaire que la présence de l'homme sur son dos détruit son équilibre naturel et produit un déséquilibre physique résultant de l'inégale répartition du poids du cavalier sur le cheval et un déséquilibbre physiologique, par le remaniement des forces intérieures (musculaires, ligamenteuses, tendineuses, osseuses) du cheval en vue de faire face à cette nouvelle fonction : le support du cavalier et le,çmouvement sous son poids.

Il est des cavaliers, certes, qui dressent leur monture sans connaître la moindre théorie scientifique, si ce n'est peut-être cette pratique évoluée et réfléchie qui nest au fond que la traduction des réflexes éprouvés sur le dos du cheval et des constatations qu'ils ont faites. Le résultat est parfois un cheval détraqué dans ses allures ; souvent, une monture apte à porter son cavalier, sans plus: le cheval s'est rodé lui-même et, à la longue, équilibré par la force des choses, moins Souvent le cheval est dressé et capable de quelques prouesses équestres après des efforts plus ou moins longs, plus ou moins dangereux pour lui et pour son cavalier ; et très rarement le cheval « est mis » grâce aux dons, au tact équestre de son cavalier, ou à l'usage fidèle qu'il fait des procédés de dressage accumulés et codifiés par les écuyers célèbres.

Mais ce résultat se solde, le plus souvent, par une perte de temps, le rendement est inférieur à celui que le dressage rationnel aurait pu donner.

Il existe, depuis les premiers écrits sur l'équitation, des préceptes judicieux et des procédés sûrs pour dresser un cheval. Leur fondement scientifique n'a été trouvé que par quelques écuyers. Leur valeur est consacrée par la renommée de ceux qui les appliquaient avec discernement, mais ils peuvent être néfastes dans les mains de cavaliers moins doués. Cette valeur relative est due à leur usage irrationnel, faute de précision dans leurs causes et leurs effets. Le but d'une équitation scientifique est de déterminer le pourquoi et le comment de leur emploi,

Par ailleurs, le cavalier ne doit pas gêner le mouvement de sa monture, mais l'aider, au contraire, soit par sa position, soit par ses mouvements propres. L'équitation rationnelle a donc aussi pour but d'adapter le cavalier à son cheval, et non pas seulement le cheval à son cavalier.

Science dans sa conception, domaine du savoir, l'équitation est un art dans sa réalisation, domaine du savoir-faire.

Un comte d'Aure, un Baucher, avec des connaissances scientifiques pourtant réduites, par rapport au fini de leur travail à cheval, demeurent des maîtres de l'art équestre. Leur pratique, leur sensibilité, leur intuition, en un mot: leur tact équestre, leur ont permis d'accéder — après quelques errements de doctrine pour Baucher, dont témoignent les remaniements successifs de sa méthode — aux sommets artistiques de l'équitation, incarnés dans leurs chevaux d'école, La connaissance parfaite du mécanisme cheval n'a jamais entraîné la maîtrise équestre. Un hippologue érudit n'a jamais fait un écuyer, sans les moyens physiques nécessaires, sans le tact équestre.

Mais, pour arriver à comprendre le cheval, à l'utiliser plus vite et mieux, l'équitation doit être scientifique, quoiqu'en dise le général L'Hotte : « Quant aux théories plus ou moins savantes, c'est à l'écuyer qu'il appartient de les posséder ». Et par là, il ne faut pas entendre équitation savante dans le sens de haute école. L'équitation doit être scientifique à tous ses degrés, dans sa marche vers la perfection et l'art, domaine de l'esthétique, en partant du stade de débourrage jusqu'à la haute école, terme ultime. Dans toutes ses branches, de l'équitation d'extérieur à l'équitation de concours/ hippique, les diverses appellations d'équitation, suivant l'usage du cheval, ne sont pas à opposer. Toutes ces équitations doivent avoir en vue, chacune dans leur spécialité, le fonctionnement parfait de l'ensemble cavalier-cheval : notion qui les domine toutes et qui permet de faire tomber les cloisons de séparation que quelquesuns voudraient ériger entre elles. Ainsi, l'équitation de concours hippique ne peut se passer d'un dressage poussé du cheval, celui-ci n'en sera que plus adroit, plus sûr et plus maniable.

Toutes cse équitations, pour arriver au but visé, doivent se baser sur les lois qui régissent cet ensemble équestre et qui concernent :

— et le cavalier et le cheval séparément, — les deux à la fois.

De ces lois dépendent :

— l'équilibre propre du cheval sous le cavalier, — l'équilibre propre du cavalier sur son cheval, — l'équilibre de l'ensemble.

Cet équilibre comprend un équilibre mécanique et un équilibre physio-

logique.

C'est l'étude de ces lois qui compose la mécanique équestre. Le degré de leur connaissance doit croître avec les exigences du cavalier.

La haute école, non par le fait qu'elle produit des airs plus ou moins difficiles à obtenir, et qui ne peuvent être parfois que « singeries » ‘de cirque,

mouvements ou gestes de pure routine, de convention, mais parce qu'elle caractérse l'équilibre parfait équestre, a besoin, plus que toute autre équitation, d'une base scientifique. L'équitation de concours hippique, où, dans le saut d'obstacle, monture et cavalier doivent se lier tous deux au mouvement, ne saurait aussi se passer d'une connaissance approfondie de la locomotion du cheval, du saut en particulier. Le ramener, première condition, d'une bonne équitation courante, doit se définir aussi scientifiquement pour être obtenu de la manière voulue.

À tous les échelons de l'équitation, interviennent donc des notions de mécanique équestre, Elle concerne le cheval, le cavalier et enfin l'ensemble.

Il est plus commode et aussi plus logique pour son étude d'en considérer ses trois grands chapitres :

- — Ja statique,

— la cinématique, — la dynamique.

Ainsi, sont toujours maintenus étroits les rapports cavalier-cheval dans leur activité : position, mouvement et interréaction.

Chapitres immenses, faisant appel à des connaissances bien établies ou discutées, connaissances multiples auxquelles tout un monde d'écuyers, d'hippologues, d'anatomistes et de physiologistes ont apporté leur contribution.

Cet ouvrage se propose de traiter seulement quelques points particuliers, et d'en déduire une équitation rationnelle, partant, plus naturelle.

EMSRORIOLIE

« Beaucoup se contentent de demander diversion au noble animal, pas conver- : sion. Ils restent encore idégagés du stade quasi physiologique où l'attention s'appesantit dans les membres raboutés aux vôtres et devient vétérinaire. »

(Jacques TERMANT, Le Sport Universel, 1934.)

Dans la progression de la science équestre, il existe deux grands courants dont l'origine est différente, mais qui, peu à peu, ont fusionné.

Le premier réalisé par les écrits des écuyers et des hommes de cheval a d'abord et avant tout contribué à l'évolution de l'art équestre. Sa part à l'établissement d'une mécanique hippique fut au début réduite. Les écuyers se contentèrent de fournir des bases rationnelles pour la position du cavalier. Ils connaissaient, certes, les allures, mais leur savoir état conditionné par la seule perception des sens: la vué et l'ouïe, Ce n'est que plus tard qu'ils entreprirent des recherches scientifiques pour étayer non pas tant une science équestre que leur propre méthode. Il faut arriver vers la dernière moitié du XIXM° siècle pour que les travaux de Marey suscitent une émulation générale, ;

Le second courant, dont l'influence fut plus tardive mais décisive a été créé par les écrits des hippiâtres, des anatomistes, des physiologistes, c'està-dire par des naturalistes ou des vétérinaires. Il établit les bases sûres pour l'étude de la mécanique animale. Il faut reconnaître qu'à l'inverse des écuyers, trop portés à étudier ce qui tombait directement sous leurs sens, ces anatomistes et physiologistes se sont aussi bien consacrés à l'étude des allures qu'au fonctionnement même de la machine, au rôle des muscles, Certains travaux mêlèrent tout en semble des notions de locomotion avec des considérations théoriques sur le rendement de la mécanique osseuse et musculaire, qui servirent de base à l'appréciation du moteur-cheval et devinrent par la suite la science de l'extérieur. Cette science de l'extérieur, branche d'une mécanique hippique générale, n'a que faire avec une mécanique purement équestre, ;

Mais, ce n'est que par la fusion de ces deux courants, qui put enfin allier la pratique équestre de l'écuyer à la science de l'anatomiste ou du physiologistes, qu'une véritable science équestre a pu naïtre.

Si les premiers cavaliers n'apparaissent dans l'Histoire qu'au X"* siècle avant notre ère sur les bas-reliefs des temples assyriens, l'équitation est sans doute bien antérieure et,fut peut-être inventée par des peuplades barbares comme les Scythes, ou toute autre tribu vivant sur les pourtours du berceau supposé de l'espèce équine, situé dans les vastes steppes mongoliques. Le cheval est représenté dans ces bas-reliefs dans l'allure du galop, mais un galop particulier, peu conforme à la réalité, une sorte de « cabré allongé » dit « galop volant mycénien ». ,

Par ailleurs, des gravures rupestres découvertes au Tassali des Azzers, dans le Sahara, figurent des chevaux dans ce même galop de style mycénien. Leur représentation, datant d'un millénaire avant Jésus-Christ, semble confirmer, pour certains auteurs, l'origine spécialement africaine des chevaux barbes. :

Mais ce fut la sculpture grecque qui posa les premières bases d'une science de la locomotion. Les chevaux montés, sculptés par Phidias, sur la . frise du Parthénon, ont une position des membres identique à l:elle révélée par les photographies instantanées. C'est la première reproduction exacte du galop. Mais après Phidias, les artistes occidentaux reprendront pour le figurer l'antique convention du « cabré allongé » des Egyptiens et des Assyriens.

Du côté est du lieu de dispersion du cheval par le monde, mais toujours dans l'axe des migrations des peuples des steppes, en pleine civilisation du cheval, la Chine semble avoir connu l'équitation à une époque assez ancienne. Pour résister aux envahissements des cavaliers des steppes, les Chinois furent obligés de se défendre, d'opposer le cheval au cheval. Les pierres gravées, trouvées dans les chambrettes funéraires de l'époque Han (dynastie Han, fin du I["* siècle avant notre ère), représentent \des scènes équestres, des chevaux qui caracolent se dressent, sautent des obstacles. Les anciens textes chinois portent traces de ces jeux équestres et parlent de chevaux pouvant marcher en cadence au son de la musique, de. chevaux « piaffant en mesure ».

Tout cela nous laisse supposer que l'équitation était connue et pratiquée en Chine bien des siècles avant l'ère chrétienne.

L'écrit le plus ancien sur l'appareil locomoteur et la locomotion du cheval est l'œuvre de Xénophon (445-354 avant J.-C.): « De l'Equitation ». C'est un ouvrage remarquable qui donne les principes pour le choix de l'utilisation du cheval, encore valable de nos jours. Ils sont basés sur la juste appréciation de l'appareil loccmoteur du cheval. Mais c'est grâce à ses dons équestres, et non pas à la suite de recherches scientifiques que l'auteur a pu les établir. Mais rien de plus ne pourra y être ajouté, avant le fondement d'une science hippique, tant les observations et le jugement de Xénophon sont sûrs et exacts,

Xénophon indique le fil conducteur de tout choix : avant tout, apprécier le pied. Il rejette les pieds creux ow plats, ou à corne tendre. Il attire l'attention sur le rôle de la fourchette, jetant le fondement d'une ferture

rationnelle, ferrure qui n'apparaîtra que plus tard et dont la technique suivra une évolution propre. Nous ne nous en occuperons pas. Il fait remarquer l'influence de l'inclinaison du paturon dans les réactions éprouvées du cavalier, Il désire des articulations souples et flexibles, sinon le cheval bronche ou secoue l'homme. Pour lui, une solide construction de la croupe est le meilleur indice d'ün galop facile et vite. Ctte proposition contient en elle le principe fondamental : la poussée se développe à partir des muscles de la croupe. Selon lui, le garrot doit être haut pour assurer la fermeté du dos bien musclé. Il ne fonde pas ce point sur des motifs de dynamique, mais voit en lui la condition d'une assiette plus confortable, le cavalier montait alors sans selle.

Il réclame un rein large, mais court, ce qui confirme son idée de la poussée venant du bassin. Ainsi, les idées de Xénophon sont toutes empiriques, mais elles dépassent de loin celles d'Aristote sur la connaissance du cheval et de sa locomotion. :

Aristote pourtant se base sur ses propres recherches. Véritable fondateur de l'anatomie, il connaît les parties essentielles du squelette du cheval, sa fonction de soutien et sa participation dans les actes locomoteurs. Il reconnaît des liaisons osseuses movibles et amovibles, indique la présence du cartilage d'encroutement articulaire pour éviter les frictions, l'union ligamenteuse des pièces osséuses, les rôle des tendons dans le mouvement. Cependant, il méconnaît la dépendance physiologique des muscles et des tendons, car il recherche l'origine de ceux-ci dans le cœur, organe central du mouvement. Il considère la musculature comme un organe de sens et j'appelle du nom de « viande ». Il ne fait ni ne désigne des groupes musculaires, quoiqu il paraît avoir accepté une division comme possible. Ses représentations des processus locomoteurs, malgré ses études d'anatomie, restent très obscurs.

Il faut une mention pour Virgile qui, dans le troisième Chant des Géorgiques, donne quelques explications sur l'extérieur du cheval, mais qui restent dans leur expression et leur fondement mécanique, loin derrière celles de Xénophon.

Dans la littérature latine, relevons aussi les allusions de Pline l’Ancien sur le cheval qui marche l'amble, que Xénophon et Aristote paraissaient ignorer,

Plus tard, Galien fait époque par ses recherches d'anatomie et de physiologie, sur des singes et par la suite sur des chevaux, des ânes. Ainsi ses explications ont une certaine valeur vétérinaire, Mais les vétérinaires de son temps, puis les empiriques ne tirèrent aucun avantage de ses considérations. Il en fut de même dans les siècles suivants, où pourtant la science de Galien resta en honneur en Médecine Humaine.

Galien a eu une connaissance approfondie du squelette : la structure osseuse même lui fut connue dans ses grands traits, mais il n'a pas découvert son importance fonctionnelle, Il a reconnu la fonction du cartilage et différencié certaines articulations, sans en donner cependant la moindre analyse mécanique, Sa connaissance du système musculaire est précise; sans doute

l'école d'Alexandrie avait fondé avant lui la myologie, mais il a trouvé un certain nombre de muscles nouveaux. Dans l'ensemble, il a déterminé la fonction des muscles, surtout la fonction des muscles respirateurs. Il les groupe en extenseurs et fléchisseurs.

Mais les recherches anatomophysiologiques de Galien resteront sans influence sur la médecine vétérinaire d'alors, encore empirique, ainsi que le prouvent les ouvrages :

— d'Apsyrtus (334), = et de Chiron (Mulomedicina Chironis de Claudius Hermerus,

; 2%e moitié du IV siècle, Mulomedicina codicis Monaceñsis).

Les bases de la médecine vétérinaire d'alors furent établies par ces œuvres, mais n'eurent jamais de fondement anatomique ou physiologique. L'apport de ces auteurs dans la science de la locomotion est absolument nul.

Par contre, sous l'influence de Galien, P, Vegetius Renatus, vers la fin du IVe ou le début du V'"* siècle, déclare que l'anatomie doit être aussi la base de la médecine animale et consacre à celle-ci et à la description des races de chevaux, le troisième tome de son ouvrage: « Artis Veterinariæ sive mulomedicinæ libri ».

Cependant, ses explications anatomiques déçoivent, surtout en ce qui concerne l'appareil locomoteur. Car son ostéologie se réduit à une énumération, encore pleine de lacunes. Il ne parle ni des articulations, ni des muscles. L'anatomie de Végèce est bien inférieure à celle de Galien.

Ainsi se clôt la liste des ouvrages de l'Antiquié traitant de l'appareil locomoteur.

Au cours du Moyen-Age, la littérature se bornera à des compilations. des écrits antérieurs.

Pendant des siècles, la dissection de cadavres humains fut sévèrement interdite ; cette défense gêna la fondation d'une anatomie humaine. Le droit de disséquer des cadavres ne fut seulement accordé qu'au XIV: siècle, comme - privilège de certaines universités et de quelques collèges, dans des buts scientifiques. Par suite, une réaction se fit jour, qui considéra comme vile l'étude des cadavres d'animaux et gêna ainsi, même chez les naturalistes, l'établissement d'une anatomie animale. |

Ainsi, dans les premiers siècles des temps modernes, jusqu'à la création d'une médecine vétérinaire scientifique, peu de travaux parurent sur l'appareil locomoteur du cheval, son anatomie et sa physiologie. Par ailleurs, les observations empiriques sur le vivant furent rares.

À ce titre, comme digne d'être retenu, il faut citer l'ouvrage arabe, « El Naceri », qui date du premier tiers du XIVe siècle. C'est un traité d'hippologie et d'hippiâtrie, dont l'auteur, Abou Bekr, fut écuyer et médecin vétérinaire du Sultan d'Egypte, au surnom d'El Naceri: le Défenseur. Cet ouvrage, à la fois livre généalogique et recueil de contes, traite de l'extérieur du cheval, de son dressage et de sa iomotion. Il énonce quelques idées justes sur la physiologie équestre, Le cheval doit être habitué à goûter toutes les brides : c'est là l'affirmation, finement cavalière, que les résistances du cheval se manifestent dans sa bouche, Par l'emploi de brides différentes, la bouche

du cheval doit d'abord s'adoucir et les vertèbres cervicales se fléchir: la cession de mâchoire et le ramener ne sont pas autre chose. Ces brides doivent aider à placer la tête et à dégager les allures: voilà l'énoncé implicite de l'action du mastoïido huméral. Pendant le saut, il est prescrit de « rendre doucement les, rênes » : n'est-ce pas là pressentir, avant de Sévy, tout le rôle du balancier cervical ? he

L'auteur décrit dix allures simples et naturelles. L'amble y domine. Abou Bekr reconnaît le pas accéléré de voyage, l'amble pressé et juste, le pas accéléré accentué par les oscillations de la tête, le pas ordinaire de la sultane qui est l'amble doux des haquenées, l'amble rapide de là chamelle, l'amble cru des mulets, l'amble dégagé des mules, l'amble à quatre battues, l'amble supérieur. Cette division est avant la lettre un essai de classification des différentes allures marchées allant du petit trot à l'amble rompu, dont Raabe, Goubaux et Barrier, entre autres, établiront plus tard la notation.

Les écrits des écuyers italiens et français, des maréchaux, ne parlent guère des mouvements du cheval ; leur profession eut pu les prédisposer à cette étude.

De ce désert, ressort d'autant mieux la première création scientifique une monographie anatomique du cheval.

« Anatomie del Cavallo », de Carlo Ruini, parue en édition originale à Bologne en 1598. L'ostéologie v est traitée à fond, éclairée par des figures déjà fort belles. Elle surpasse de beaucoup l'hippoostéologie du médecin J. Héroard parue en 1594. RER

L'arthrologie de Ruini est cependant peu explicite. Il ne différencie pas tendons et ligaments dans leur aspect et leur importance fonctionnelle. La myologie contient de nombreuses fautes. La représentation des muscles est moins claire que celle du squelette. Il donne la fonction des muscles, indique ça et là leur rôle de congénère et d'antagoniste, mais ne différencie surtout que fléchisseurs et extenseurs. À la fin de son deuxième volume qui traite des maladies du cheval il décrit quelques vices d'aplomb et les troubles locomoteurs qu'ils entraînent,

Borelli, le fondateur de l'école des fatrophysiciens, méconnaïssait vraisemblablement l'ouvrage de Ruini, lorsqu'il fit paraître le sien: « De Motu Animalium » (1734).

Le premier, il indique les fonctions musculaires générales et donne des explications physio-mathématiques ainsi que des considérations physiques sur le centre de gravité, ses positions, ses déplacements, et son mode de soutien. Il traite encore du rôle d'appui et de la fonction des membres dans les differentes allures de l'homme et des animaux ; le cheval est pris comme exemple. Cependant, il ne met pas des faits anatomiques à contribution dans l'explication de la locomotion. Il utilise. surtout la méthode de son école : son ouvrage est bien plus une recherche géniale pour employer dans la physiologie du mouvement de l'homme et des animaux les lois de la mécanique et de la statique. Mais sans preuves il place à tort le centre de gravité du cheval au milieu de l'axe longitudinal du corps. Ses considérations théoriques sur les changements d'appui aux différentes allures et sur les déplacements du centre

de gravité sont imprécises. Il faut cependant retenir ce premier essai d'une explication exacte de la locomotion, d'après un point de vue purement physique, et cela d'autant plus que longtemps après rien de meilleur ne sera dit.

L'emplacement exact du centre de gravité ne sera déterminé qu'en 1857 par les expériences de Baucher et du général Morris, celles de Colin et en 1883 par celles de Raabe et Bonnal.

Sur les bases anatomiques de Ruini et les explications physiques de Borelli, on aurait pu bâtir une médecine vétérinaire scientifique. Cela ne fut fait que bien plus tard. En effet, les ouvrages d'anatomie animäle et d’hippolcgie tels que ceux de:

— Snape : « The anatomy of an horse » (1683);

— Trichter : « Anatomia et medicina equorum » (1715); — Garsault : « L'Anatomie général du cheval » (1732); — ou le « Parfait Mareschäl », de Solleysel (1693);

ne sont que des répétitions de l'ouvrage de Ruini.

Par ailleurs, la voie tracée par Borelli dans la médecine empirique ne fut pas suivie.

Il faut signaler pourtant la première allusion au changement de pied au galop, décrit par Solleysel, dans une annotation de l'ouvrage du duc de Newcastel. La description en est originale, mais peu précise. Elle traduit l'impression que produit le changement du tac au tac: le cheval semble aller à une sorte d'amble.

Par ailleurs, c'est à Solleysel qu'est due la notion des deux phases principales de l'évolution d'un membre : l'appui et le soutien.

Après la fondation des premières écoles vétérinaires dans les dernières années du XVII": siècle et les premières du XIX'"°, apparut la nécessité, pour donner des cours aux étudiants, de créer une base écrite sur le fond de l'empirisme vétérinaire d'alors. è

Il faut mentionner plusieurs écrivains vétérinaires de cet art surtout compilatoire :

— Bourgelat (1750-1769); = ANVitet (1771):

— Erxleben (1769);

— Pilger et Pozzi ;

— Naumann (1800-180,):

— Withe (1802).

Certes, ils posèrent le fondement de tout enseignement scientifique, mais leur travail propre ne marque pas encore un grand progrès.

Les hommes formés aux disciplines des sciences naturelles devaient, en incorporant la médecine vétérinaire à leur enseignement, donner l'impulsion pour fonder des bases anatomo-physiologiques, Et ide là partit l'étude de la locomotion, Il fut d'abord traité des affections de l'appareil locomoteur, à cause de leur fréquence, et de plus l'ignorance des affections internes engageait peu à leur étude.

En 1770, deux professeurs d'Alfort, Vincent et Golffon, étudient la reproduction fidèle du cheval dans l'art, et appliquent la notation musicale à la représentation schématique des allures, imaginant à cet effet leur échelle hodochronomatique. Elle servira plus tard de base à la notation de Marey.

Vers cette époque, apparaissent des monographies anatomiques, entre autres celles de Weber, Tôgl, Brosche, Erdelyin, en Allemagne, Dumas et Barthez en France.

Dumas (1765-1813), professeur d'anatomie à Montpellier, s'intéresse aux allures et au saut. Barthez fait paraître à Carcassonne, en 1778, un ouvrage « Nouvelle mécanique des mouvements de l'homme et des animaux ». On y relève une description juste du galop, entrevue 80 ans avant d'être révélée par la photographie instantanée. |

Rigot, professeur d’Alfort, dans son manuel d'anatomic, étudie spécialement les fonctions musculaires dans la locomotion (1841) et s'intéresse à l'arthrologie.

À ce moment la science de l'extérieur du cheval qui s'était limitée auparavant à la description des beautés et des défauts, évolue grâce à la science de la locomotion. Elle avait déjà pris, -par les traités d'équitation et de dressage des écuyers où maréchaux, une large place dans la littérature hippologique. .

Tels furent les cuvrages de:

— Bourgelat (1766):

— Sind11775);:

— Prizzelius (1775); — Havemann (1780).

Mais nous ne nous occuperons de ces ouvrages dont la portée est surtout zootechnique, que dans la mesure où ils traiteront de la locomotion.

Dans ce sens, un progrès très réel se manifeste dans l'ouvrage d'extérieur de Conrad von Hochstetter paru en 1821. L'auteur traite dans une seconde partie du mécanisme de la station et de l'impulsion. L'ouvrage est loin d'être sans lacunes, mais il est la première œuvre vraiment scientifique sur la mécanique du cheval. ,

Les connaissances sur la locomotion et l'extérieur s élargissent grâce à la parution ide plusieurs manuels et monographies :

— Gurtl (1821);

— Rigot-Lavocat (1841-1848); — Graf (1847);

— Schwab (1820);

— Percival (1832),

En 1833, le baron Richerand, dans ses « Nouveaux Eléments de Physiologie », compare les membres des quadrupèdes aux rayons d'une roue et la progression à celle d'une roue déjantée.

Dugés, à Montpellier, fait paraître en 1838 son Traité de Physiologie et compare la marche des quadrupèdes à celle de deux hommes marchant l'un devant l'autre.

Mignon, en 1841, dans sa « Mécanique animale », propose une série de réflexions pleines de justesse sur la statique et la dynamique du cheval. Il définit la mécanique hippique comme la science du mouvement et de l'équilibre.

Prince, en 1846, énonce sa théorie de l'arc puissant, théorie ingénieuse mais peu réelle. ; |

En Allemagne, Friedrich et Karl Günther s'élèvent contre l'hippologie empirique de leurs prédécesseurs. Ils publient un ouvrage en 1859, étudiant surtout les longueurs des leviers osseux et les angles articulaires. Mais leurs connaissances restent sommaires,

Toutefois, Karl Günther atteint presque la perfection dans son ouvrage paru en 1866: « La Myologie topographique du Cheval - Considérations particulières sur les fonctions des muscles ». Ses recherches se fondent sur des préparations anatomiques, des observations cliniques et des preuves expérimentales. [1 énonce, à l'encontre ide l'opinion jusqu'alors admise qui localisait l'effet d'un muscle à une partie isolée du corps, la collaboration harmonique de toutes les actions musculaires des membres, du tronc et de l'encolure. Il indique les dispositifs tendineux des muscles du cheval qui épargnent l'intervention musculaire dans la station et montre l'interdépendance des mouvements articulaires distaux et proximaux.

Bouley, en 1856, avait déjà indiqué la suspension élastique du membre antérieur et le rôle amortisseur du boulet,

Leccq, en 1870, précise le rôle du biceps et de sa corde, celui des anconés. Il étudie l'action du suspenseur du boulet. Dans son livre d'extérieur, les allures sont traitées avec assez de détail. Pour chacune d elles, il donne des considérations sur le déplacement du centre de gravité.

Colin, en 1871, esquisse la théorie de la statistique du membre antérieur, de son équilibre sous l'action des forces musculaires et tendineuses. Dans son livré: « Physiologie des Animaux », il fixe la position du centre de gravité; il étudie le mode d'action des leviers musculaires et le mécanisme de la station, . ù

La littérature sur la locomotion, accrue des publications sur l'extérieur, devient florissante. Et ce sont les manuels de :

— Leyh, Franz Müller, Karl Müller ; — Franck, Arloing.

Mais les ouvrages s'intéressent plutôt aux allures qu'à la statique et la dynamique du cheval. Avant l'utilisation d'appareils, les mouvements furent d'abord observés grâce aux sens, seulspar la vue et l'ouïe, ce qui explique les imprécisions et les fautes même, surtout pour le galop de course. Cependant cette allure est décrite correctement par quelques-uns : Colin, Adam. Toutefois, Colin, dans la troisième édition de son livre parue en 1886, s'en tient aux représentations déjà faites, dans d'autres manuels, sur les oscillations des membres, alors que certains auteurs les avaient déjà bien mieux fiqurées, ainsi que le firent :

— Brückmüller en 1880 ; — Bôühm en 1887.

D Une révolution dans la connaissance des allures allait s'opérer grâce à l'emploi d'appareils. En 1878, Marey fit connaître les résultats de ses recherches par le procédé graphique du tambour inscripteur.

Hoffman utilise le procédé des arrosages appliqué par Vierordt aux allures de l'homme. Mais l'interprétation en était peu commode.

En 1879, apparurent les photographies instantanées de Muybridge, de San Francisco, complétant ainsi la méthode graphique qui ne pouvait donner que la succession des appuis et leur durée et non la représentation des positions relatives des membres! Mais ces photographies étaient petites et peu claires.

En 1880, le procédé s améliore. Cinq appareils prennent une photographie dans le même temps. Les résultats en sont étudiés dans l'ouvrage de Standorfd : « The Horse in motion » .

Mais les séries photographiques les plus claires furent dues à Anschütz de Lissa. Elles ne furent connues à Paris qu'en 1888,

Entre temps, le colonel Duhousset, dont les ouvrages se sont attachés à traiter de la production exacte du cheval dans l'art, fait une synthèse des allures, à l'aide des photographies instantanées de Muybridge, grâce à son appareil, le zootrope.

Mais auparavant, en 1882, Marey découvre la chronophotographie et l'applique avec l'aide de Pagés, à l'étude des mouvements des animaux. Il étudie surtout les mouvements des membres du cheval, les ondulations du garrot et de la croupe et les déplacements du centre de gravité. Il représente les courbes de mouvements des différentes articulations, indique les flexions et les extensions des rayons des membres, la durée des diverses phases de mouvement.

Sa méthode chronophotographique marque donc un progrès très réel sur les méthodes graphiques et la photographie instantanée.

Pourtant, Barrier, en 1889, essaie de donner une sensibilité plus grande à la notation graphique par l'emploi de contacts électriques, qui se produisent à l'appui du membre et s interrompent au lever.

Sur les traces de Marey, Keller, en 1917, obtient une série de photographies-cinéma. Les prises de vue étaient faites par un appareil placé sur un disque tournant que le cheval entraïînait dans sa rotation autour de celui-ci. 4

Shmaltz lui-même représente un galop sur les épaules pour un galop les idées des Allemands sont bien plus simplistes que celles des chercheurs français. Leur classification des allures est incomplète, surtout en ce qui concerne les diverses variétés de pas.

Schmaltz lui-même représente un galop sur les épaules pour un galop normal diagonal.

Tous les résultats dus aux procédés graphiques et photographiques furent consignés dans les manuels de physiologie, tels que ceux de :

— Schmidt :

— Mülheim ; — Munk ; — Bongert ; — Zietzschmann ; — Borcherdit ; — Laulanié et Lafon (1903).

et dans les livres d'extérieur ide : !

— Goubeaux et Barrier (1890):

— Mbôiler (1909):

— Lesbre, Jacoulet et Chomel.

Mais depuis, le cinéma au ralenti a seul permis les plus fructueuses études.

Magne de la Croix, en 1929, étudie les allures du cheval, particulièrement le saut et les périodes d'échange d'appui.

Le Brésilien Chieffi, en 1939, traite de la localisation du centre de gravité et de ses déplacements dans le mouvement,

Le professeur Krüger, en Allemagne, en 1939 et dans les années qui suivent, publie une série d'articles sur les mouvements des membres et ceux de la colonnel vertébrale —— aux différentes allures et au saut, à la nage. Il traite du travail assumé par les différents membres au galop, ainsi que de la répartition de la charge.

Il faut enfin signaler un travail original tout récent du Brésilien Veiga (1948) qui, après la thèse du vétérinaire Rousselot (1932), met au point la question du changement de pied au galop, et confirme par le cinéma un mode naturel de changement de pied, entrevue seulement par Manoël Carlos de Andrade (en 1790), picador du Roi de Portugal.

Mais, les Vétérinaires, soucieux de découvrir les causes morbides internes, ne s'attachent plus seulement aux apparences et recherchent le méca-: nisme intime des allures et de l'équilibre du cheval, son primum movens, ia contraction musculaire et le support squelettique. 2

L'edifice osseux et ligamenteux du cheval est soumis à une investigation précise. La statique est plus approfondie.

Le Professeur Neumann, avant ses études de parasitologie, s'intéresse à la locomotion et publie toute une série de remarquables articles entre 1870 et 1890. Il donne la réplique au Professeur Lemoigne de Milan et au vétérinaire Chenier qui publie un article « Contribution à l'étude des actes locomoteurs » (1886).

Après Colin, Chauveau traite du rôle des tendons suspenseurs du boulet. Barrier en 1882 et Lesbre précisent leur action. Sens en 1891 reprend cette étude.

Liénaux fait des recherches sur le mécanisme passif de 4 station pour établir les différentes pressions s'exerçant sur le sabot.

Parvulescu en 1923 étudie encore le rôle des tendons du membre antérieur, à propos des tendinités.

Enfin, en 1924, Monsieur le Professeur Marcel Petit met définitivement au point la statique du membre antérieur,

Auparavant en 1901, le Professeur Lafon s'était tout particulièrement intéressé au mécanisme de l'impulsion, Toutes les théories françaises émises à ce sujet ont été condensées dans l'ouvrage d'Extérieur de Lesbres, dont la troisième édition date de 1930.

| En Allemagne, en 1892, le Professeur Zschokke, à la suite des idées

d'Eichbaum sur l'architecture des os du cheval, édifie une théorie statique complète de cet animal, Il imagine la représentation suggestive du pont thoracique suspendu-entre les quatre piliers des membres.

Schwyter en 1907, en tire les conséquences pratiques pour l'équitation et explique les troubles de l'équilibre du cheval sous le cavalier, I] indique comment le dressage peut le rétablir.

Zippel en 1896, étudie la locomotion du cheval et les divers rôles des muscles. Il critique les conceptions de mécanique musculaire de Günther et fait état de ses recherches comparées sur des lapins et des chiens, et de ses observations sur le vivant.

Strasser, dans son livre « Sur la station des quadrupèdes », veut infirmer la théorie du pont de Zschokke par des faits tirés de la cinématique. Il suggère d'autres idées.

Wenger (1915), à la suite de ses recherches anatomiques sur la mécanique du développement de la colonne vertébrale, s accorde avec les idées de Strasser sur la statique du cheval. Pour déterminer les forces internes du rachis, il base son travail sur la vertèbre de transition.

À ce moment, paraissent une série d'articles sur le rôle des différents muscles mis à contribution dans la locomotion et l'équilibre du cheval sous le cavalier, tous écrits par des vétérinaires.

Richter (1930), étudie la locomotion des quadrupèdes.

Simon (en 1920), publie des articles sur l'équilibre statique et équestre du cheval.

Hilgendorff s'intéresse (1924-1930) à la position de la selle, au fondement anatomique du dressage, au rôle des muscles cervicaux.

Klingemann (1929-1931), indique l'action du mors sur les barres du cheval, l'obtention du rassembler.

Schilling (1931), traite de l'équilibre équestre.

Meller (1931), fonde ses remarques sur l'équitation sur des bases physiologiques.

Perkuln et Magnus, étudient l influence du dressage (1929) sur l'aspect extérieur du cheval.

Koch (1933), attire l'attention sur l'effet inhibiteur de la pression des ganaches sur les jugulaires dans le ramener de la tète,

Herdegen (1933), pose les bases d'un enrênement rationnel.

Bayer, étudie les processus locomoteurs, bases de l'équitation.

Heydebrecke, s'attache à l'étude du dressage et de son influence sur l'équilibre musculaire du cheval.

Zietschmann et Bürger (1939), indiquent comment le cavalier façonne son cheval et lui donne un autre équilibre. C'est à Zietschmann que sont dus les Chapitres de la locomotion dans les ouvrages d'Ellenberger.

Entre temps, Grégory, publie à New-York ses recherches sur la locomotion des quadrupèdes (1912).

Valiois, publie ses travaux dont on peut tirer d'utiles remarques sur la vertèbre diaphragmatique et la valeur morphologique des muscles spinaux chez les mammifères.

Vialeton (1911), étudie l'action ide certains muscles du cheval dans plusieurs de ses ouvrages dont les « Eléments de Morphologie des Vertébrés ».

Boutet (1932), dans sa thèse de Doctorat Vétérinaire, met au point la question des articulations à ressort.

Lévy, étudie la morphologie des sauteurs en liberté.

Mangin, dans sa thèse (1926) étudie la fatigue des membres au galop.

Différentes recherches anatomiques et physiologiques ont élargi encore le champ des connaissances ; elles sont consignées dans les manuels ou les monographies des auteurs suivants :

— Sussdorf, Ellenberger et Baum :

— Bolk, Kadletz (Articulation du cheval) :

— Martin (1913), dont l'anatomie traite à fond le rôle des muscles ;

— Zwæœnepæl (1926) ;

— Cervera-Nogueira (1920) ;

— Lesbre (1936) ;: :

— Montané, Bourdelle et Bressou ;

— Magliano (1929) ;

— Marcq et Lahaye (1934) ;

—— Ramon Jardinon (1940) ;

En résumé, si le degré des connaissances de la mécanique animale n'a pas atteint celui de la mécanique humaine, à la suite des travaux de Weber, Adolf et Rudolf Fick, Roux et autres, cette infécondité n'est pas tellement due au manque de travaux sur la question qu'aux conditions plus précaires dans lesquelles travaille la Médecine Vétérinaire, par rapport à sa sœur aînée.

Examinons le second apport fait par les hommes de cheval à la progression de la science équestre, Parmi les écuyers qui, en dehors de leur art, ont fait montre d'esprit et de recherches équestres scientifiques, les premiers se sont surtout intéressés à la position du cavalier à cheval. Plus tard, l'étude de la cinématique des allures concentra les recherches, Dans la pensée des écuyers, elle devait servir de base à une action juste et opportune des aides. Rarement elle fut envisagée comme fondemnt logique de l'accord cavaliercheval dans le mouvement de l'ensemble. Les recherches de cet ordre furent plus tardives. Et cela sans doute sous l'impulsion des travaux de Marey.

De l'Ecole Italienne, qui fit renaître l'équitation de ses cendres, après la période morte du Moyen-Age, il ne nous reste que les écrits de : —— Pascal Caraciollo, auteur du livre de manège: « Gloria del Cavallo ».

— Frédéric Grison (1550) ; — Et César Fiaschi (même époque).

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Aucune trace dans leur ouvrage de recherche scientifique. -,

Le plus fameux des écuyers italiens, le célèbre Pignatelli, élève de César Fiaschi et maître de Salomon de la Broue et de Pluvinel, ne nous est connu que par le renom de son Académie et les ouvrages de ses disciples.

Salomon de la Broue est l'auteur du Premier Traité d'EÉquitation écrit en langue française (1602).

Ce livre n'est que le fruit de sa longue pratique.

Pluvinel, qui utilisa le premier la chambrière et les piliers, fut suivant le Comte d'Aure, bien avant Baucher, l'inventeur des flexions d'encolure et de hanches. Il énonça le grand principe de l'équitation « Le cheval en avant ». De la position raide, les reins cambrés, qu'il préconise pour le cavalier, il ne donne aucun fondement scientifique.

Le. Duc de Newcastel, 32 ans après la publication de l'ouvrage de Pluvinel, veut le cavalier droit sur l'enfourchure, Son équitation en force est loin d'être scientifique.

« La Guérinière fut le premier écuyer qui se rendit compte des avantages que l'art équestre pouvait retirer de l'étude de la nature et des lois de la mécanique », (De Sevy).

Il fonda une académie, l'année de la mort de Louis XIV (1713). Au lieu de placer le cavalier sur l'enfourchure, il l'assied sur les fesses. Ainsi, le poids du corps au lieu de porter sur les étriers, gravitera sur les ischions, et les jambes seront plus libres dans leur action. Avec la position assise et l'appui du buste sur les fesses, le cavalier peut se décontracter et acquérir souplesse et précision dans les aides.

Mais La Guérinière prône aussi la ceinture avancée, les reins cambrés, les épaules renversées en arrière, ce qui évidemment s'oppose au jeu vertical du rein.

« Du Paty de Clam est le premier écuyer qui ait tenté une théorie raisonnée de l'équitation ». (De Sevy). Ses ouvrages furent écrits au XVII": siècle :

« L'équitation, disait-il, n a pas encore marché à la lueur des sciences... Je cherchai des secours dans la science physico-mathématique et dans l'anatomie ». Il déclare que le centre de gravité du cavalier pour ne pas troubler l'équilibre naturel du cheval devra se trouver sur la même verticale que le centre de gravité de sa monture. Il veut une position solide du cavalier, grace*à l'appui sur les ischions et le coccyx. Mais ces dispositions doivent s'accompagner de la souplesse du rein. Préconisant cet équilibre statique, il attire l'attention sur son insuffisance car « le but de l'équitation est une force active de l'homme sur le cheval ». C'est donc lui le premier qui a prévu l'influence du geste sur le mouvement. Le mérite de ses recherches est grand. elles ont montré la nécessité de faire appel à la physiologie et à la mécanique pour résoudre les problèmes d'équitation. L'influence de Du Paty de Clam fut considérable sur ses successeurs, dans la deuxième moitié du XVIII"° siècle . -

« Luberssac fut, au dire de Bohan, le premier qui ait trouvé les principes naturels et mécaniques de l'équitation ». (De Sévy).

Le célèbre d'Auvergne, prônateur d'une équitation « naturelle» et qui n'a pas écrit, forma deux élèves: Bohan et Ducroc de Chabannes qui . nous ont livré leurs écrits.

Bchan fit paraître à Genève en 1781 une magistrale étude « L'Examen critique du militaire français ». Il faut retenir, en plus de la position du cavalier qu'il préconise, ses idées sur l'étude au préalable des allures du cheval en liberté et leur utilisation pratique.

Ducroc de Chabañnes table sur les mêmes principes que Du Paty de Clam pour fixer la position du cavalier. Il veut cependant le rein droit.

Les études de caractère scientifique s'arrêtent avec les ouvrages de ces auteurs. Les écuyers qui suivirent, particulièrement ceux favorisés par les dons de nature, les virtuoses de l'équitation, n'ont pas cherché à raisonner leur art, craignant peut-être ide déflorer leur idéal, de supprimer l'exactitude et le tact de l'acte réflexe. Il fallut attendre les recherches de Baucher et du Général Morris pour retrouver chez les écuyers ce souci d'un fondement scientifique des principes équestres. %

Baucher et Morris entreprirent de déterminer l'emplacement du centre ‘de gravité du cheval, en fonction du placer de l'encolure et de la position du cavalier. Leurs expériences visaient à établir comment le cavalier peut le refouler en arrière pour obtenir les allures rassemblées du manège. À la suite de Baucher, son disciple Raabe, esprit très ingénieux, reprit cette même étude. Il s'intéressa plus particulièrement à l'étude des allures, pour percevoir le moment opportun de l'action des aides, grâce à l'appui des antérieurs, Il perfectionna les méthodes de dressage de Baucher et signala les effets multiples de l'éperon, suivant l'endroit où il se fait sentir. Avant l'apparition des photographies instantanées et sur les résultats graphiques de Marey, il établit l'ingénieuse théorie des six périodes, divisant en temps égaux toute l'évolution d'un membre, son appui et son soutien. /

Par son autre théorie des vitesses relatives édifiée grâce à l'examen des pistes, avec le concours de la méthode graphique, il parvint à une représentation approximative des allures ,des changements d'allures, que la photographie a confirmé dans l'ensemble. Quoique basée sur des principes faux : l'égalité des durées de soutien et d'appui, la vitesse uniforme du corps en mouvement, la vitesse constante du pidd au soutien, cette méthode fondée sur l'observation et d'ingénieuses déductions, a pu, avec l'aide seule de la notation graphique de Marey, donner le maximum qu'on devait en attendre. Les résultats de ses travaux furent rassemblés par les élèves de Raabe : le Commandant Bonnal et Etienne Barroil.

C'est encore à Raabe que l'on doit la première tentative scientifique d'une explication physiologique des aides.

Postérieurs aux travaux de Raabe, les recherches de Lenoble du Teil, Inspecteur des Haras (1878-1893), s'inspirant des photographies de Muybridge et de Marey, établissant une étude bien détaillée et très poussée de la locomotion du cheval.

Lenoble examine les théories de Barroil. Mais ses idées alambiquées

sur l'équitation ont été critiquées et réfutées par le Général l'Hotte dans ses propos équestres,

Hippologue passionné et érudit, il faut citer spécialement : Le Hello (1893-1914), vétérinaire des Haras, dont les travaux se sont tournés vers la fonction des muscles. Il attire l'attention sur le rôle important des pectoraux et des ischio-tibiaux dans l'impulsion, sur je peu d'action des fessiers. Il construit des appareils pour démontrer le rôle de ces muscles chefs dans le mouvement. Ses recherches ont été grandement utlisées par Laulanié et Lafon, ce dont le Hello n a pas manqué de prendre ombrage.

Comme écuyers qui se soient préoccupés de mécanique équestre, il faut citer à cette époque :

.. Gerhardt, instructeur à Saumur en 1824. Son ouvrage traite des résistances du cheval, en explique les causes physiologiques.

Debost, instructeur à Saumur en 1845, qui écrivit une « Cinésie équestre ».

Daudel, officier, auteur d'un « Traité de locomotion du cheval relatif à l'équitation » dont Raabe publia une critique.

De Lamotte qui s'inspirant des principes de Baucher, les basa sur une étude anatomique et physiologique.

De Lancosme-Béves (1870). Disciple du Comte d'Aure et de Baucher, dont il se sépara d'ailleurs avec éclats. Son enseignement équestre essaya de se baser sur l'anatomie. RE

Plus tard, de la fin du XIX": siècle jusqu'au début du XX"°, les écrits des écuyers se firent plus scientifiques.

Le Capitaine Dumas (1894) prônateur de l'équitation diagonale, étudie dans un magnifique album photographique les idiverses allures, les mouvements de Haute-Ecole et les actions du cavalier. Son emploi physiologique de l'éperon est à retenir.

Le Commandant Machart publie : « Le cheval - Allures et vitesse ». De Cousté (1909) traite « d'une foulée de galop de course ».

Le Lieutenant-Colonel Gossart, après des résultats chronophotogra- -phiques, réunit les allures et leurs multiples formes dans une analyse mathématique très serrée. Ainsi il distingue pas moins de 54 formes de galop.

Le Docteur Le Bon (en 1892), publie son « Equitation actuelle et ses principes », ouvrage scientifique et plein de bon sens qui eut beaucoup de retentissement dans les milieux hippiques allemands avant la dernère guerre.

Le Général Jules de Benoist, s'efforce d'expliquer les effets des rênes d'opposition par une représentation physique. I] compare heureusement la tige vertébrale du cheval à une lame de fleuret. Son ouvrage étudie et décrit magistralement l'emploi des rênes d'opposition.

Van Helden en 1905, inspecteur de la cavalerie hollandaise, publie ses réflexions sur les déplacements du centre de gravité du cheval, l'équilibre et les aides du cavalier.

Maxime Guérin Catelain, établit dans ses trois ouvrages une base scientifique équestre à laquelle les auteurs feront souvent emprunt, Grâce à de riombreuses séries photographiques, il traite clairement du:

—— Changement de pied au galop (1902) ;

— Mécanime des allures du cheval (1912) :

—— Saut des obstacles,

Le Commandant de Salins écrit :

—— « Epaule en dedans, secret de l'art équestre » ;

— « Dressage rapide du cheval de selle ».

À vrai dire, deux ouvrages de pure équitation, mais dont les théories exprimées avec une logique rigoureuse et s'appuyant sur une observation minutieuse en font des œuvres préscientifiques.

Bonnefont, ingénieur agronome et cavalier consommé, fait montre dans son livre : « Dressage du cheval » et dans une plaquette : « Souvenirs d'obstacles » d'une science équestre digne d'être relevée.

L'écuyer allemand Spor en 1903, indique le mode d'action des aides sur la cinématique du cheval. Il utilise les résultats de recherches anatomiques et physiologiques pour établir une équitation scientifique.

Le Captaine Descoins, publie une analyse détaillée, donnant une explication exacte des différentes actions des rênes et des enrênements.

Le Vétérinaire belge Migectte étudie le saut du cheval, précise le rôle du bälancier encolure (1910).

Meulemann s'intéresse au galop de course.

Il faut enfin réserver une place toute spéciale aux travaux du Commandant Chamorin (1905-1930), du Capitaine de Sévy et du Commandant Licsse

Le Commandant Chamorin, dans ses trois ouvrages :

— Le moteur du cheval.

— Propos sur la locomotion du cheval,

*—— Les bases du langage équestre.

a édifié une remarquable théorie scientifique de l'impulsion et en a tiré toutes les conséquences pour la conduite du cheval. Il a donné une explicatoin physiologique de l'action des aides, que nul auparavant n'avait indiquée.

Le Capitaine De Sévy, dans une suite d'études approfondies, s'est intéressé à la cinématique des allures, du saut en particulier; il a analysé en détail les mouvements du cheval et du cavalier et insisté sur l'effet du geste, dont l'influence prédomine sur l'effet de position dans les mouvements rapides. Il a ainsi mis en valeur tout le rôle de l'inertie dans le mouvement et fixé l'attention sur l'importance du « geste » du cavalier. C'est lui le promoteur du saut rationnel en France, employé pour la première fois par l'Ecole Italienne du Major Caprilli,

Le Commandant Licart a étudié plus particulièrement le rôle de la machine encolure et l'assiette du cavalier, Ses idées ont trouvé leur épanouissement dans son ouvrage: « Equitation raisonnée » (1939) et dans une plaquette : « Comment apprendre à monter à cheval ».

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Un ouvrage allemand récent du Colonel Von Flotow et de Becher (1938) a étudié dans sa première partie tout l'art équestre et, dans une deuxième, les rapports anatomiques, le rôle des différents muscles, bases du dressage et de la conduite du cheval.

Signalons enfin, pour terminer, le beau livre du Chevalier d'Orgeix, paru en novembre 1948, « son cahier de notes de travail », dévoilant ses idées propres sur le saut des obstacles en concours hippique, aboutissement logique des théories du Capitaine de Sévy.

Ainsi se clôt cette historique, incomplète, certes, mais qui s'est efforcée de mettre en lumière les points saillants de l'évolution de l'art équestre dans ses rapports avec l'anatomie et la physiologie du cheval, dans sa tendance de plus en plus marquée à devenir une science par son fondement.,

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