‹ Mécanique ÉquestreChapitre 5 sur 146 · STATIQUE · texte numérisé non relu

STATIQUE

«La machine animale est si merveilleuse dans sa construction, si complexe dans ses moyns, si simple dans les causes qui la meuvent, si intelligente dans ses actes, quessayer de donner une idée de son mécanisme en peu de mots, c'est vouloir peindre la création la plus variée avec une seule couleur. »

(MIGNON, Réflexions sur la Mécanique animale, 1841.)

La Statique est l'étude de l'équilibre du cheval au repos. L'état d'équilibre est réalisé par la neutralisation de la force de pesanteur. Cette neutralisation s'effectue à l'aide de contractions musculaires dirigées en sens opposé, par les résistances ligamentaires, la pression des surfaces articulaires des os les unes contre les autres qui aboutissent à la pression des points d'appui sur : le sol.

Dans tout état d'équilibre, il faut considérer l'équilibre général du corps et l'équilibre des différents segments corporels les uns par rapport aux autres.

En équitation, la notion d'équilibre est primordiale. Il existe plusieurs sortes d'équilibre : /

1° L’Equlibre Mécanique, qui se réalise par la composition des forces extérieures et des forces intérieures, aussi bien au repos que dans le mouvement.

2° L’Equilibre Physiologique créé par l'harmonie des forces internes et qui est l'équilibre naturel du cheval libre.

3° L’Equilibre Equestre, qui possède plusieurs degrés et plusieurs formes, réalisé par le cheval avec ou sans l'aide du cavalier pour faire face à la charge qu'il doit porter et reprendre sous elle des mouvements naturels et libres, ou acquérir la faculté d'en exécuter de nouveaux. C'est le dressage qui conditionne les divers degrés et les multiples formes de l'équilibre équestre.

Le cheval neuf monté, avec l'avant-main écrasé par le poids est en déséquilibre « sur les épaules ». Il arrive progressivement par l'exercice à rétablir son équilibre physiologique naturel et à se façonner, tel le gymnaste,

une nouvelle harmonie interne qui sera la base nécessaire pour l'obtention des mouvements de Haute-Ecole, Le cheval primitivement affaissé se dresse du devant, incline sa tige vertébrale vers l'arrière et se met plus ou moins « sur les hanches » suivant son degré d'équilibre.

L'étude de l'équilibre mécanique est à la fois du ressort de la statique et de la cinématique.

L'étude du dressage fait appel à des notions statiques et dynamiques ; la détermination de l'équilibre du corps au repos et des conditions de rapport statique de ses segments constitutifs doit être préalable à la connaissance des forces musculaires mises en jeu dans le dressage.

La statique envisage donc:

1° L'Equilibre Mécanique Statique (Equilibre du corps).

2° L'Equilibre Physiologique Statique (Equilibre des segments).

Son étude permet de se rendre compte comment le cheval monté se comporte sous le cavalier. Elle indique la façon de réduire au minimum son déséquilibre interne.

Plus ce déséquilibre sera minime, plus vite sera rétablie. l'harmonie physiologique, plus facile aussi sera le dressage : les forces du cheval seront ménagées, du temps sera gagné.

L'étude des rapports statiques des segments Pres aussi de déduire certaines corrélations de mouvements.

L'équilibre mécanique statique, est conditionné par la projection du centre de gravité sur le polygone de sustentation. Il n'est pas troublé par la position du cavalier sur le dos du cheval, lorsque les quatre membres sont à l'appui. Son étude, de peu d'intérêt en équitation où tout est mouvement, sera faite avec celle du-dressage.

L'équilibre physiologique statique, NE 1° L'équilibre du tronc,

2° L'équilibre du membre antérieur,

3° L'équilibre du membre postérieur.

Page 1