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Toutefois, le maintien des aides latérales est plus facilement supportée par le cheval : l'incurvation résultante est de même sens, le rachis se plie pluf facilement, Leur effet est plus net, car leur action s'ajoute. Leur emploi es donc avantageux dans le dressage, pour forcer le cheval au mouvement demandé. \ . |

Les aides diagonales incurvent l'encolure et le dos-rein en sens con traire ; elles déclenchent souvent des résistances sur un cheval qui se défenc ou n'ont: aucun effet sur une monture peu assouplie, si leur action est faible Leur utilisation se comprend, seulement (mise à part la rêne contraire d'oppo sition sur les épaules) avec un cheval dressé.

Les aides latérales mieux comprises et mieux suivies par le cheva n éteignent pas son impulsion ; les aides diagonales l'arrêtent, si sa tige ver tébrale ne possède qu'un jeu réduit dans le sens sagittal ou horizontal.

«Si au contraire la mâchoire ne cède pas et que la tige cervical reste rigide, l'impression de la main se communique jusqu'au postéreur, l'impul sion se trouve éteinte, » (Lenoble du Tel.)

Raison de plus pour n'ernployer ces dernières qu'avec un cheval a dressage confirmé.

Les aides peuvent amplifier ou réduire les incurvations naturelles d

rachis: Comme l'impulsion apportée au pendule, leur action doit être momen tanée et synchrone de l'ondulation, pour pouvoir l'amplifier,

Toute action à contre-temps ou trop longtemps maintenue détruit: le eu du rachis,

Accentuer les incurvations étend et allonge les allures : les réduire rac-

ourcit les mouvements ; les précipiter ou les ralentir rend le cavalier maître le la cadence.

Le cavalier table ainsi soit. sur l'élongation musculaire qui accompagne incurvation inverse (main), sot sur la contraction directe du muscle (jambe). Dans cette influence sur les mouvements naturels, les aides diagonales ayant in effet latéral marqué (rêne d'ouverture, jambe en arrière de la sangle) sont urtout désignées pour faciliter le jeu des membres à l'amble et au galop ; les iides latérales conviennent au trot (action diagonale).

En résumé, suivant le but cherché et la facilité pour l'atteindre, que ce ïoit pour obtenir un changement de direction, l'avance ou le retard d'un ipède diagonal ou latéral l'extension ou le raccourcissement d’une allure, les iides doivent s'employer différemment mais toujours se prêter un mutuel ippui.

Nous dirons avec Lenoble du Teil :

« Il faut que le cheval soit encadré entre les effets latéraux et dia- Jonaux qui priment l'un sur l'autre suivant le besoin. »

Avant de clôre ce chapitre sur la conduite du cheval, nous désirerions :ommenter un passage de l'article « Souvenirs d'Obstacles », de G. Bonnefont, paru dans le « Sport Universel Illustré » (1933). Ce passage relate les réactions l'une jument à l'effet du gag de polo. Il peut servir d'illustration à l'emploi mdirect des rênes et montrer la relativité de leur action, la diversité des ‘éponses d'un cheval non dressé. Qu'il nous suffise de dire que le gag de polo Jermet, par traction, de relever l'encolure (action directe); certains l'emploient “omme abäisseur (action indirecte par demi-arrêt).

« Depuis j'ai eu l'occasion d'essayer cette façon d'employer le gag « comme abaisseur sur une jument très chaude, ayant l'encolure fausse (ren- « versée), la bouche fragile et écrasant son arrière-main.….

« À chaque reprise de contact entre le gag et la bouche, la jument répond « par une extension violente de l'encolure ; on dirait qu'elle chéfche à arracher « brutalement les rênes et qu'elle projette en même temps son centre de gravité «en avant, l'encolure paraissant légèrement concave à sa partie supérieure. »

(L'action du gag a provoqué la contraction des muscles fléchisseurs de Fencolure, étirés par le mouvement. Cette contraction a arrêté l'élévation cervicale. Le ramener suscité par le gag a allongé les extenseurs dont la réaction à étendu l'encolure. La résultante de l'abaissement et de l'extension a été cette plongée cervicale vers l'avant, entraînant tout le corps. L'action des >xtenseurs a conservé le profil concave du bord supérieur de l'encolure.)

« En laissant glisser les rênes, la jument se place, sa descente de main « terminée, dans une attitude basse et très étendue de l'encolure qu'elle con- « serve tant que les rênes restent lâches, comme elle le fait d'ailleurs quelle « que soit son embouchure, »

(Ceci est facile à expliquer et peut servir de préambule au chapitre du dressage. Cette jument avait le dos faible et l'affermissait par une contraction permanente des muscles dorsaux qui se prolongeait par la contracture des extenseurs cervicaux et déterminait l'encolure fausse. Cette position était main2\ tenue à l'aide des muscles cervicaux inférieurs qui fixaient la tige cervicale et offraient une base solide aux extenseurs. Lorsqu'elle était dérangée par l'action! du gag, l'harmonie musculaire était rompue et la jument prenait une autre; position d'encolure susceptible de rigidifier son dos : elle la tenait basse et étendue.) <

(Si le cavalier avait essayé d'abaisser son encolure, il n'aurait pu que confirmer la jument dans sa position fausse : unique réaction des extenseurs allongés). |

« Au trot et au galop l'encolure toujours tendue se place un peu plus « haut, l'angle axial très ouvert, le gag ne provoque plus de demande d'exten= « sion. »

(C'est compréhensible. L'effet du gag est inversé, car il se heurte à la: seule réaction des muscles cervicaux inférieurs, fortement contractés pour assurer la fixité de l'encolure qui sert de base aux extenseurs. Ceux-ci rigidifient le dos. L'action du gag ne peut que fortifier la position étendue et basse de l'encolure.) ; É

« L'appui sur la rêne de filet s'accompagne de raideur, les allures son « brèves, le rein inerte, on ne sent pas l'engagement de l'arrière-main. »

(La jument est contractée dans tout son corps, le dos-rein est en extension et ne peut onduler, d'où les symptômes décrits.) <<

« Lorsqu'on passe du mouvement à l'arrêt, si on prolonge l'effet de « fermeture des doigts, la jument se braque la tête haute. » ,

(Dans la marche, les abdominaux pouvaient aider à la consolidation du dos et faire prédominer l'action des muscles cervicaux inférieurs sur celle des supérieurs, tout en diminuant la contracture tétanique des dorsaux. Dès l'arrêt, ceux-ci reprennent le dessus et renversent l'encolure par enchaînement synergétique avec les extenseurs cervicaux.)

(La diminution du tonus des abaisseurs de l'encolure a détruit l'équilibre musculaire dont l'instabilité reparaît : la tige cervicale se porte d'une position extrême à l'autre. Avec une action légère de la main, la position basse devrait se maintenir. La brutalité du gag au contraire accentue l'élévation.)

« Avec un filet ordinaire, la jument se comporte de façon très ana- «logue, mais ses demandes d'extension sont moins fréquentes et moins < accusées. |

« Avec le Pelham Champsavin à très gros canon, à la prise de «contact avec la bouche, elle baisse l'encolure puis demande l'extension «avec une certaine timidité, comme si elle sollicitait l'autorisation au lieu « d'en prendre l'initiative. »

(L'action de ces embouchures est plus douce, moins élévatrice, d'ou la réaction progressive, le nouvel équilibre s'instaure plus lentement.)

« Au trot et au galop, la jument se place un peu ramenée (avec le « filet cette fois-ci), mais avec un appui moelleux et sollicitant constamment

l'extension qu'elle donne alors aussi complètement, mais avec l'encolure < légèrement convexe à sa partie supérieure.)

(Le tonus des abaisseurs de l'encolure l'emporte. Le filet ne provoque as la réaction des extenseurs, d'où la convexité cervicale. Le ramener est Jossible, car l'action douce et progressive du filet ne se heurte pas à une ‘éaction brutale et simultanée des abaïisseurs et des extenseurs de l'encolure. a mise en tension des cervicaux inférieurs sous l'effet du ramener déternine une extension à chaque descente de main, mais l'encolure est convexe à son bord supérieur. L'élévation de la base d'encolure (ramener) permet e jeu du dos-rein, À son tour, celui-ci accentue l'élévation.)

« On sent l'arrière-main s'engager et le rein travailler sous soi. En. < maintenant l'indication de l'arrêt, la descente d'encolure se produit avec « reflux du centre de gravité et la jument recule la tête basse. »

(L'action du filet ne détruit pas la contraction des cervicaux inférieurs, comme le faisait le gag de polo ; elle l'accentue au contraire par réaction. La synergie musculaire gagne les abdominaux dont le tonus l'emporte sur celui les dorsaux : les mastoïdo-huméraux se contractent et refoulent l'avant-main :

le thorax est tiré en arrière. La jument est incitée à reculer.)

Cet exemple type montre bien la diversité des actions de rênes et la nécessité du dressage pour supprimer les contractures musculaires parasites, pour obtenir une conduite agréable et sûre, en unifiant et stabilisant les effets des aides.

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