IX. — L'EÉQUILIBRE ET LE DRESSAGE
& Un cheval bien dressé est celui dont toutes les parties du corps sont bien assouplies et dont la volonté est telles ment gagnée qu'il obésse aux Spératt les moins sensibles. » ë
(DUPATY pe CLAM.)
Il n'est que de comparer un cheval libre folâtrant dans la prairie avec un cheval neuf nouvellement monté pour se rendre compte du trouble amené par la présence du cavalier sur le dos du cheval . |
Le cheval libre s'avance au pas avec des gestes amples et coulants, dans une allure souple ; subitement le voilà attentif, l'encolure redressée, il s'engage dans un trot lent et cadencé, plein de majesté; sans effort, son trot s'accélère, ses membres s'étendent et se détendent avec aisance. Arrêté soudain, il pirouette sur ses postérieurs et s'embarque dans un galop onduleux qu'il allonge ou raccourcit sans le moindre effort.
Le cheval neuf monté semble au contraire souffrir sous le cavalier; ses mouvements au pas sont saccadés et courts ; il ne prend le trot rapide qu avec regret, préférant un trottinement étriqué ; au galop, il a tendance à précipiter l'allure si son cavalier l'excite, pour ne vouloir s'arrêter qu'à contrecœur. Ses changements de direction sont lents, le cheval hésite à tourner brus* quement. Son cavalier mal à l'aise sur son dos a l'impression de se trouvet sur une poutre basculante ; le cheval raide, peu sensible, ne s'arrête que par une forte traction de rênes ; à l'œil d'un spectateur, il semble affaisé sous le poids, l'encolure et le garrot enfoncés entre les épaules.
I est donc logique de se demander par quel mécanisme interne ce cheval neuf peut, après quelques mois de dressage, changer complètement d'aspect, retrouver son attitude fière, ses allures coulantes et onduleuses, pouvoir même, au gré du cavalier et sans effort apparent de sa part, bondir en avant dans un galop fougueux, mais toujours maîtrisé, s'arrêter pile pout volter sur ses postérieurs, exécuter des airs qui réclament de lui une souplesse et une force dont il paraissait bien incapable. Cette transformation semble se caractériser en peu de mots : affaissé qu'il était sur les épaules, le voilà assis sur les hanches, l'avañt-main dégagé.
Les écuyers ont de tous temps expliqué ces phénomènes par le seul mot d'équilibre. Les divergences des explications ont toujours été grandes
La plupart mettaient l'accent ‘sur la rupture d'équilibre mécanique provoqué chez le cheval par le poids du cavalier. Les expériences de Bauche et Morris en 1835 ont été faites dans ce sens. Elles n'ont pu que confirme: les idées des Grecs et des Romains qui prétendaient que le cheval libre n'es pas en équilibre par surcharge naturelle de son avant main, Xénophon recom-
mandait déjà au cavalier de s'asseoir très en arrière pour alléger le devant du cheval,
Baucher, par des pesées effectuées sur les plateaux de deux bascules a établi que l'avant main du cheval libre est surchargé du neuvième du poids
du corps du cheval. Le cavalier répartit inégalement son poids, dont les 2/3 Jêsent sur l'avant-main, provoquant un déséquilibre manifeste. La réduc- ‘ion de cette surcharge devait être le point essentiel du dressage. Baucher a ainsi montré que si l'abaissement de l'encolure accentue cette surcharge, son élévation, combinée avec le report du tronc du cavalier vers larrière, tend à répartir également le poids du cheval et du cavalier sur l'avant et l'arrière main. Une égale répartition n'est jamais obtenue au repos.
Morris et Bellanger en 1857 ont confirmé les résultats des expériences de Baucher, en pesant plusieurs chevaux.
L'avant main est surchargé du 1/9 du poids du cheval ; les encolures longues augmentent cette surcharge plus que les encolures courtes et fortes.
£ Colin s'accorde plus tard avec ces auteurs : Goubaux et Barrier déterminent en 1890 les déplacements antéro-postérieurs du centre de gravité sur le cheval monté, lorsque le cavalier est droit, penché en avant ou en arrière ; Pencolure étant haute ou basse. D'après ces auteurs, la course antéro-postérieure du centre de gravité oscille entre deux ou six centimètres. Les pesées d'un bipède latéral accusent une légère surcharge lorsque la tête, l'encolure ou le cavalier sont inclinés de ce côté, indiquant l'importance des déplacements latéraux du centre de gravité.
Goubaux et Barrier ont également pesé 12 chevaux, dont l'avant où oricre main avaient été élevés. Une élévation du garrot d'une dizaine de centimètres a provoqué chez 4 chevaux une réduction de la surcharge de l'avant main comprise entre 10 et 18 kgs. Pour une élévation de garrot de 6 centimètres, sur 8 chevaux, la réduction fut comprise entre 4-et 10 kgs pour 6 d'entre eux, égale à 20 et 30 kgs pour les deux autres. L'élévation de la croupe de dix centimètres a provoqué un excédent de surcharge de l'avant main compris entre 4 et 16 kgs.
Par ailleurs, deux.auteurs allemands, les Vétérinaires Perkuln et Magnus ont effectué en 1929 des recherches sur l'influence du dressage dans les mensurations corporelles. Leurs mesures mensuelles ont porté sur 47 jeunes chevaux du haras de Postdam, après un dressage quotidien d'une heure par jour durant huit mois. Compte tenu de la croissance, voici les résultats obtenus :
Le garrot s'est élevé de deux cms. Le gain final en hauteur du garrot a toujours été supérieur à celui de la croupe ,du dos, de la naissance de Îa queue.
Quatre semaines après le début du dressage, la hauteur du garrot restait inchangée, tandis que l'ischium s'était déjà enfoncé de 2 cm. 5.
Au cinquième mois du dressage, l'ischium s'est redressé de 1 cm environ. L'abaissement final de l'ischium a été de 3 cm. 1.
Au début du dressage, le dos s'est élevé de 0 cm. 4; cette élévation coïncidant avec l'abaissement précoce de l'ischium et une diminution du périmètre thoracique toute passagère.
Ces résultats seront interprétés plus tard. Il suffit de retenir maintenant, le gain du garrot en hauteur (2 cm.) et l'abaissement de l'ischium (3 centimètres).
De toutes ces pesées et mesures, il ressort qu'au repos l'élévation de l'encolure, la position en arrière du cavalier et l'augmentation de la taille au garrot accompagnée d'un abaissement de l'ischium, n'arrivent pas à établir l'égalité de charge entre l'avant et l'arrière main du cheval monté . |
L'explication de l'aisance des mouvements du cheval dressé doit done être recherchée ailleurs que dans des considérations d'équilibre mécanique toutes statiques. $
En effet, « l'équilibre instable du cheval en mouvement est le seul qui importe en équitation ». (Commandant Licart).
Filiis le pressentait quand il disait: « C'est un bon équilibre, c'est une position non forcée ». 5
II importe peu qu'au repos l'avant main soit plus chargé que l'arrière
main, les condiitons de l'équilibre doivent se définir dans le mouvement qui
n'est qu'une suite de pertes et de prises d'équilibre. À
Suivant l'allure ou l'attitude, l'avant ou l'arrière main devront être ou chargés ou allégés. Justifier uniquement le dressage par la réalisation d'un équilibre mécanique statique est une erreur grossière, une explication fantaisiste qui méconnait l'essence même de l'équitation.
Le mot d'équilibre doit être entendu au sens physiologique : pour obtenir l'aisance des allures du cheval libre, pouvoir diriger facilement et utiliser agréablement sa monture, le cavalier doit s'efforcer de lui redonner l'équilibre naturel qu'elle avait, non montée. Le poids du cavalier, par la surcharge qui entraîne et sa répartition inégale sur l'avant et l'arrière main, produit un déséquilibre musculaire, Certains muscles sont détournés de leur fonction naturelle pour assumer cette nouvelle tache : rigidifier le tronc. Le cavalier ne peut songer à reculer son assiette pour égaliser le poids de l'avant et de l'arrière main ; ce recul comme nous l'avons vu, ne supprimerait pas la charge du pont vertébral, mais au contraire offrirait des inconvénients majeurs tels que : pression sur la partie la plus faible du dos, surcharge constante de l'arrière main apte à pousser et non à porter.
Le dressage doit donc s'entendre comme une gymnastique fonction nelle capable de redonner au cheval son équilibre physiologique, ou de lu créer un nouvel équilibre adapté à la spécialisation des mouvements qu'or lui réclame. Cet équilibre est qualifié d'équilibre équestre. Il peut être auss divers et aussi poussé que le désire le cavalier, suivant l'utilisation qu'il fai de sa monture. Le cheval, selon les désirs de son maître, pourra donc être un athlète plus ou moins complet.
En résumé, l'équilibre du cheval libre est naturel, à la fois mécanique et physiologique. L'équilibre mécanique permet la sécurité des mouvement: et des attitudes. Il est réalisé au repos par la projection du centre de gravit sur le polygone de sustentation, dans le mouvement par la succession inin terrompue de pertes et de prises d'équilibre momentanées.
L'équilibre physiologique représente l'harmonie des contractions mus culaires dont le libre jeu préside à l'obtention aisée des divers mouvements à la producton des modifications, des pertes et des prises d'équilibre qui e découlent.
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Cet équilibre physiolcgique condionne un fonctionnement musculaire approprié au but, une participation des muscles juste et mesurée dans son intensité.
Le dressage doit d'abord rétablir l'équilibre physiologique détruit par le poids du cavalier. L'obtention d'un équilibre équestre plus poussé recule S les limites du dressage.
Avant de dresser un cheval, il est nécessaire de connaître le déséquibe physiologique amené par le poids du cavalier.
Nous nous proposons de définir l'intervention des muscles dans ce déséquilibre.
J. — DESEQUILIBRE DÜ CHEVAL MONTE
Le poids du cavalier entraîne une surcharge du pont vertébral surtout imanifeste dans sa moitié antérieure. Cette surcharge provoque un excès de pression verticale, de poussée et de traction horizontales, Pour neutraliser ces forces et rigidifier son dos, le cheval renforce la tension supérieure et ‘inférieure du pont. Cette augmentation de tension s'obtient par la contraction des diverses parties de l'anneau musculaire qui de la nuque à la queue agit sur le rachis. Le changement de forme de la voute vertébrale qui en résulte contribue à la consolidation du pont. Cet anneau musculaire formé des extenseurs et des fléchisseurs de la tige vertébrale met surtout en jeu les muscles cervicaux supérieurs, dorsaux, abdominaux et cervicaux inférieurs.
- 3 Le cheval prend une attitude différente suivant les muscles employés pour rigidifier le pont vertébral. Cette attitude se traduit par un port parti- ‘culier de l'encolure, qui peut être :
1° Renversée,
2° Raïde et étendue dans une position horizontale, 3° Molle et ballotante,
4° Rigidifiée et encapuchonnée.
A) - ENCOLURE RENVERSEÉE
Ce port d'encolure est très fréquent chez le cheval neuf au dos faible et ensellé. Il peut être parfois la conséquence d'un relèvement prématuré de ia tige cervicale sous l'action des rênes, le cavalier cherchant à ramener trop tôt son cheval ou ayant la main trop dure. Dans ce cas, la base d'encolüre s'affaisse ; la tige cervicale s'élève et recule la tête.
Ce port vicieux est conditionné par la contraction tonique des muscles cervicaux supérieurs fortement raccourcis. De ce fait, les muscles cervicaux inférieurs sont allongés et plus ou moins contractés.
Le grand complexus et le splénius, raccourcis par une contraction presque tétanique, redressent et tirent vers l'avant les apophyses épineuses des premières vertèbres dorsales. Ces deux muscles accentuent la concavité natu-
relle de la-base d'encolure qui s'affaisse, et maintiennent les premières vert bres cervicales dans une position avancée. L'angulaire ne peut redresser à courbure de la base d'encolure : ce muscle décontracté est allongé par la bas cule vers l'arrière du sommet du scapulum sous la traction du grand dentelés Ce dernier muscle en effet ne peut vaincre l'affaissement du tronc entre les “épaules et se laisse distendre. Cet affaissement a pourtant une conséquence heureuse : il plaque le cartilage du scapulum contre la région du garrot qui se trouve ainsi coincée de chaque côté entre les épaules : la formation d'une voute composée des 2 scapulum et du thorax vient en aide aux grands den telés défaillants. |
La traction du grand complexus et du splénius sur les apophyses épi neuses du garrot agit sur les bras de leviers qu'elles représentent et vousse légèrement la partie antérieure du pont en s'opposant à son infléchissement L'enfoncement de la première vertèbre dorsale sous l'effet du renversemen d'encolure accentue cette voussure,
La participation et la prédominance des muscles dorsaux et abdomë naux dans la rigidification du tronc conditionne l'aspect général et l'allure du cheval à encolure renversée. 2
Prédominance des dorsaux : | à
Les dorsaux contractés étendent le rachis : le dos s'enselle. Ces mus cles (ilio-spinal) trouvent une insertion solide dans les dernières vertèbr cervicales refoulées vers l'avant : le renversement de la base d'encolure pro duit par les muscles cervicaux supérieurs s'oppose à son redressement sou l'action des extenseurs du dos. La contraction des dorsaux limite à la moitié antérieure du pont la voussure occasionnée par la contraction des muscles cervicaux. Par contre coup, l'insertion dorsale de ces muscles est fixée et affermie. Les apophyses épineuses qui suivent celles du garrot sont forte ment plaquées les unes contre les autres: tout le rachis est rigidifié. 4
L'extension du dos gagne l'articulation lombo sacrée et provoqui l'enfoncement du rein. Le sacrum se redresse et la ligne supérieure de | croupe tend vers l'horizontale. : |
L'affermissement de l'articulation lombo-sacrée est réalisé par les dis positifs statiques : tension du ligament sacro ischiatique prolongée dans cell du petit psoas. Cette tension s'oppose au redressement exagéré du sacrum Les muscles ischio-tibiaux peuvent aider à la consolidation lombo-sacrée ef évitant la bascule du bassin, par traction de l'ischum vers le bas.
Les abdominaux et les muscles sous lombaires tendent à vousser k dos rein en tirant le bassin vers l'avant et le bas. Ils s'opposent donc à l'actior . des extenseurs du rachis.
Les extenseurs du rachis, tendus de l'encolure au bassin, renforcen la suspension du pont. Les muscles fléchisseurs du rachis ont plusieurs fonc tions : ;
— Les abdominaux raffermissent toute la tige vertébrale en la bloqan entre l'extension, des dorsaux et la flexion qu'ils tendent à produire.
Us fixent le bassin et attirent le thorax vers l'arrière et le bas, en vous
int légèrement la partie antérieure du pont vertébral.
Le scalène s'oppose à l'élévation de la base d'encolure sous l’action :S extenseurs, Les muscles cervicaux inférieurs allongés se contractent dans ur élongation pour fixer la tête, l'encolure et assurer une insertion cervicale us solide aux extenseurs.
Cette contraction presque générale de tous les muscles du tronc retendans les muscles extrinsèques des membres.
Le grand dentelé plaque l'épaule contre le garrot dans une position très lique qui réduit tous ses mouvements.
Le mastoïdo-huméral mal dirigé ne peut amener au soutien la pointe : l'épaule vers l'avant.
. À l'appui, le rhomboïde et le trapèze sont sans effet sur l'angle supéur du scapulum qui ne se déplace pas vers l'avant.
| Toujours pendant l'appui, le pectoral ascendant doit aussi lutter ntre la traction du grand dentelé pour redresser le scapulum affaissé sous {poids du tronc. Le jeu de cet os est très borné : les épaules sont chevillées.
Les fessiers s'opposent à la bascule du bassin vers l'avant en prenant Sertion fixe sur le-trochanter du fémur. La flexion de cet os est gênée, et tendue de l'engagement du postérieur très réduite. Les ischio-tibiaux conactés pour s'opposer à l'enfoncement des lombes, limitent de même l'engaement du membre.
Au repos, le cheval est campé Nes le dos enfoncé. Dans le ouvement, les antérieurs ne s'étendent pas, leur geste est « piqué ». Les >stérieurs restent loin derrière sans s'engager ; leur détente est courte et peu aissante. La rigidité du dos empêche à la fois flexion et extension du rachis, igagement et détente des postérieurs. Les extenseurs de la tige vertébrale > peuvent ni s allonger, ni se contracter davantage puisqu'ils sont à bout de urse et bloqués par les fléchisseurs..
Un tel cheval ne peut se retenir, faute d'engagement des postérieurs ar voussure du rein. Il « est lourd à la main », en avant de la main, il descend la pente ». Tout au plus ses antérieurs peuvent freiner la masse à s'arc-boutant vers l'avant : mais leurs possibilités sont réduites par suite > la fixité des épaules qui gêne tout le geste du membre.
Le cheval est raide : il tourne tout d'une pièce dans un grand rayon ns pouvoir incurver son dos latéralement.
Le cavalier est secoué par sa monture qui ne peut onduler librement amortir les réactions du poser des membres. L'encolure étant bloquée dans >xtension, le cheval porte au vent. Le mors n'appuie plus sur les barres, mais isse en arrière sur les commissures des lèvres et les premières molaires. (Le ieval a pris le mors aux dents). Les rênes ont peu d'effet ; si elles opèrent r traction soutenue vers l'arrière, elles ne peuvent que maïntenir le renverment d'encolure et mettre le cheval dans l'impossibilité de s'arrêter. affaissement de la base cervicale s'oppose à l'engagement des postérieurs lio-spinal allongé et fixé en avant). Si les rênes tendent à fléchir la tête,
cheval répond par une contraction des extenseurs (réaction) qui aggrave port vicieux. Un enrênement abaisseur peut vaincre seulement la-résitance
de ces muscles. Mieux vaut cependant jouer de ruse et opérer par dem arrêts, donnés les mains hautes (Contraction des fléchisseurs de l'encolur suscitée).
Il est parfois impossible d'arrêter un cheval ainsi braqué ,« sur le épaules ». Ce port d'encolure est d’ailleurs la position You des chevaït emballeurs.
Si le cheval saute, son enlever de l'avant main est peu marqué (défau d'engagement des postérieurs - Contracture des ilio spinaux). La trajectois parabolique du saut est peu indiquée ; le cheval saute en flèche et retomb derrière l'obstacle sans bascule de l'avant main.
La défense de prédilection d'un tel cheval est la ruade, mais une ruad molle peu détachée : les ilio spinaux ne jouissent pas d'une course de contrac tion assez étendue, l’encolure ne peut s'abaisser pour amplifier leur contrac tion.
Prédominance des abdominaux : :
Une forte contraction des démale accentue la voussure antérieur du pont vertébral, déjà amorcée par l'action des extenseurs cervicaux.
Le thorax est tiré en arrière et en bas, le bassin est enfoncé grâceg une flexion concomitante des hanches : le dos rein est voussé,
La tension du ligament surépineux et des extenseurs du dos limite 1 flexion du rachis. Le scalène, les muscles cervicaux inférieurs fixent l'encolur et maintiennent l'affaissement de sa base (scalène).
Les muscles extrinsèques des membres sont également mis à contri bution. Aux postérieurs, les muscles sous lombaires contribuent à la voussur du rein. Les ischio-tibiaux contractés abaissent l'ischium.
Aux antérieurs, les mêmes muscles que dans le cas précédent cheviller les épaules.
Ainsi tous les gestes du cheval sont étriqués. É enjambée et la détent des antérieurs sont réduites. Les postérieurs sont maintenus sous la masse pa flexion du bassin, du rein et ne peuvent se détendre ; l'extension du fémur es gênée par la contracture des psoas. Leurs mouvements sont courts et bref Le dos reste voussé en permanence. Le cheval manque de chasse et son cava lier le porte difficilement en avant ; il peut être plus ou moins acculé, suivar le’ degré de flexion du rachis et l'engagement des postérieurs.
Les tourners sont plus faciles, car le cheval peut disposer de ses posté rieurs pour les glisser sous le tronc et s'en servir comme supports de la masse les ischio-tibiaux agissent maintenant en tirant sur le bassin.
Les arrêts sont exécutés plus rapidement ; l'affaissement des épaules e: compensé par l'engagement des postérieurs qui peuvent freiner le mouve ment.
Cette position générale du corps est souvent prise par les jeunes che vaux qui craignent de se-mouvoir sous le poids du cavalier, Ils sont confirmé dans leur rétivité par un emploi peu judicieux des éperons collés des det côtés aux flancs du cheval : la contracture des abdominaux et l'acculement soi accentués,
s) - ENCOLURE RAIDE ET ETENDUE DANS UNE POSITION HORIZONTALE
Cette position d'encolure est loin d'être aussi défectueuse que la précélente. Elle doit même être recherchée au début du dressage. Le Comte d'Aure st explicite : « La meilleure préparation pour dresser un jeune cheval c'est de “habituer à se porter en avant en tirant sur ses brides ». |
Les chevaux à bonne constitution la prennent d'emblée,
Cette position d'encolure traduit un relachement assez poussé des >xtenseurs et des fléchisseurs du dos rein, et assure à elle seule une rigidité suffisante du rachis. Les muscles du cheval peuvent ainsi jouer librement et se fortifier durant les premiers temps du dressage pour s'adapter progressivenent à leur nouvelle fonction.
3 Le port étendu de l'encolure entraine la tension du ligament cervical jui redresse vers l'avant les apophyses épineuses du garrot. Cette tension se transmet au ligament surépineux qui affermit le dos.
La contraction des muscles cervicaux inférieurs (sterno-céphalique, sterno-hyoïdien et thyroïdien, omo-hyoïdien, scalène), fixe l'encolure dans sa bosition horizontale et permet la contraction efficace des cervicaux supérieurs qui aident le ligament cervical à soulever les apophyses du garrot. Cette contraction est loin d'être tétanique : les muscles cervicaux ont un tonus équilibré “ésultant de leur élongation qui se produit par le jeu de l'antagonisme musculaire. :
La partie antérieure du pont vertébral se vousse quelque peu, mais la
oremière vertèbre dorsale ne s'enfonce pas. Le poids de l'encolure refoule les corps vertébraux vers l'arrière par la simple poussée de la tige cervicale. Le edressement des apophyses épineuses conduit au même résultat. Ainsi le tassement des corps vertébraux et des disques intervertébraux cimente le pont vertébral.
: L'élévation du garrot qui résulte de la traction des muscles cervicaux supérieurs aide à l'exhaussement du thorax entre les épaules. Le grand dentelé est moins distendu et peut progressivement se fortifier. Il en est de même de l'angulaire de l'omoplate qui relève la base d'encolure : action capitale ! La tension du rhomboïde et du trapèze assure le redressement du scapulum moins affaissé sous le poids du tronc. L'épaule ne se plaque plus sur le garrot et joue librement.
Le mastoïdo-huméral mieux dirigé peut au soutien faire avancer la pointe de l'épaule, Le geste des antérieurs est plus souple et gagne en étendue, | Les extenseurs du dos trouvent en avant une insertion fixe pour aider dans leur contraction la détente des postérieurs. Les abdominaux, non gênés par l'antagonisme des extenseurs, les engagent. Engagement et détente sont permis par la tension équilibrée des extenseurs et des fléchisseurs du dos-rein.
Si le cheval est encore « sur les épaules », il se trouve dans de bonnes conditions pour redresser son avant-main et engager ses postérieurs. Ces deux actions l'amèneront graduellement à réaliser son équilibre « sur les hanches ».
Toutefois, il est nécessaire que le cavalier accorde à sa monture le temps nécessaire pour fortifier sa musculature avant de lui ramener l'encolure.
Le redressement de la tige cervicale doit s'opérer de lui-même sous l'effe de l'engagement des postérieurs. La flexion du dos rein qui en résulte produi l'élongation des ilio-spinaux ; de ce fait, l'insertion cervicale de ces muscle se reporte vers l'arrière, en redressant l'encolure. La fortification du gran dentelé et de l'’angulaire exhausse le tronc et recule la base d'encolure.
Une fois l'élévation et le redressement de la base d'encolure obtenus le cavalier pourra ‘songer à une action de rênes, d'ailleurs toujours accompa gnée d'une action de jambes. 4
C'est au cavalier à tâter par une tension de rênes légère et délicate le possibilités de relèvement de l'encolure. Il doit renoncer à l'élévation si 1 résistance est encore trop grande. * : Une action de mains trop hative aurait un résultat néfaste : ou eil détruirait l'équilibre tonique. des muscles cervicaux et précipiterait le cheve dans un affaissement de sa base d'encolure par renversement, ou elle l'ncite rait à une contraction accrue des muscles cervicaux inférieurs qui s'opposé raient au relèvement ultérieur de l'encolure.
c) - ENCOLURE MOLLE ET BALLOTANTE
Toute traction de rênes amène une nouvelle position d'encolure : le muscles cervicaux sont relâchés. Ce port vicieux témoigne d'une contractio limitée aux abdominaux et aux dorsaux, avec prédominance de l'un ou d l'autre de ces groupes musculaires.
Si les dorsaux l'emportent, le cheval est ensellé, les postérieurs …n s'engagent pas. La contraction dominante des abdominaux entraîne la vous sure du dos et gêne la détente.
De telles contractions limitées au segment du dos-rein sont assez raré par suite de la continuité de l'anneau musculaire rigidificateur du rachis.
Le cavalier ne peut diriger le cheval dont le gouvernail cervical n'es plus qu'une girouette folle : la solidarité des incurvations du rachis est rom pue.
Dans le cas de contracture des extenseurs, l'arrêt est difficile. La pre pulsion est ralentie par la contracture des abdominaux, le cheval ne veut pa se porter en avant. Dans les deux cas, l'encolure ne peut servir pour force le cheval au tourner, à moins d'être solidement maintenue entre les rêne: dans les actions d'opposition.
D) - ENCOLURE RIGIDIFIEE ET ENCAPUCHONNEE “
Cette attitude cervicale s'opère par la contraction combinée des mu: cles abdominaux et cervicaux inférieurs, ou par la contraction isolée des mu: cles cervicaux inférieurs.
Contraction combinée des abdominaux et des cervicaux inférieurs
Sous l'action des muscles inférieurs de l'encolure (mastoïdo-huméra sterno-céphalique, sterno-hyoïdien et thyroïdien, scalène, long du cou),
alancier cervical est fléchi et abaissé. Le degré d'abaissement peut aller jusu à l'encapuchonnement, la tête entre les antérieurs lorsque le cheval rétive.
Les pectoraux et le transversaire des côtes établissent la synergie de >ntraction entre les muscles cervicaux inférieurs et les abdominaux. Dans ce 15, l'encolure est fortement encapuchonnée, le dos-rein est voussé. Les musles sous-lombaires peuvent accentuer la flexion du rein. Les cervicaux supéeurs tendus peuvent être contracturés ; prenant insertion fixe en avant, le rand complexus et le splénius redressent les apophyses du garrot et afferüssent la partie antérieure du pont vertébral. Les extenseurs du dos-rein loquent la voussure du rachis et maintiennent la tige dorso-lombaire dans ne solide guangue de muscles contracturée.
Le rhomboïde et le trapèze redressent l'épaule et viennent en aide au rand dentelé. L'angulaire dans cette position n'est pas distendu, il peut se ontracter et relever la base d'encolure : le garrot ressort. Le cheval porte lieux son cavalier.
Par contre, le pectoral ascendant, le rhomboïde, le trapèze s'opposent l'avance de l'antérieur au soutien (épaule maintenue droite).
Les abdominaux retiennent les postérieurs engagés sous le tronc et opposent à leur détente ; les muscles sous-lombaires gênent l'extension du Smur. Les extenseurs du dos ne peuvent se raccourcir et coopérer à la ropulsion, Le cheval est acculé. Il trottine au pas. Il galope la tête basse omme un chien de chasse. Il saute de pied ferme, s'enlevant des quatre memres à la fois, se recevant sans bascule du tronc: son saut est peu étendu, ès dur et déplaçant pour le cavalier. Si celui-ci veut relever la tête de sa ionture, le cheval lui arrache les rênes des mains en plongeant l'encolure ers le sol. Une action trop brutale des éperons, pour le porter en avant, ccentue la voussure du dos-rein ou l'acculement.
Le cheval, qui ne peut s'incurver latéralement, reste insensible à
action d'une seule jambe ; ou s'il y répond, la contraction démesurée des bdominaux et des dorsaux du côté de la jambe attire les hanches latéraleent : le cheval « se couche » sur l'éperon.
__ Les résistances d'un tel cheval sont la rétivité par acculement, pouant aller jusqu'au reculer, ou le saut de mouton sur place, par contraction ccentuée des abdominaux et brusque détente du dos, le cheval retombant au o] les quatre pieds en même temps.
Contraction isolée des muscles cervicaux inférieurs
Par cette contraction le cheval fixe sa tête et son encolure. Les muscles ervicaux supérieurs tendus redressent les apophyses épineuses du garrot.
Les abdominaux et les dorsaux sont relâchés.
Le cheval est lourd à la main et s'appuie sur le mors. Le geste des ntérieurs est court (contracture du mastoïdo-huméral), mais l'engagement et : détente des postérieurs ne sont pas gênés.
Lorsque ie cheval se défend, les extenseurs du rachis trouvent une ssise fixe à l'encolure : ils peuvent soulever l'arrière-main et déclencher une iolente ruade.
Le cheval déséquilibré présente donc deux défauts majeurs suivant la contracture de sa musculature.
Il est « sur les épaules », «en avant de la main », et ne peut se 00 nir,
ou acculé «en arrière de la main» et parfois «en arrière des james bes », il se porte difficilement en avant ou inême rétive.
Le rôle du dressage est d'abord de rompre cette contracture, de fortifier ensuite tous les muscles pour permettre tous les jeux musculaires qu amènent le cheval d'un équilibre extrême à l’autre, de l'équilibre sur les épauz les à l'équilibre sur les hanches. Le Capitaine de Saint-Phalle avait coutume de dire que le cheval le mieux dressé était celui qui exécutait le plus grand nombre d'airs haute-école. Nous faisons nôtre cette idée en l'étendant à toute l'acäivité du cheval monté, sans la renfermer dans la pratique de le haute école. Et suivant les directives de Von Holweïn, ancien directeur de l'Ecole Espagnole de Vienne, nous dirons avec lui:
« L'art équestre ne consiste en aucune façon dans la haute école con: sidérée isolément. Il embrasse au contraire l'ensemble de trois phases de l'édur cation du cheval:
1° Travail sur le droit, dans l'attitude et les allures les plus naturelles au cheval. :
2° Travail d'extérieur en équilibre, obtenu par le rassembler et dl assouplissements.
3° Travail dans l'attitude artificielle créée par la flexion coma € l'abaissement des hanches à toutes les allures naturelles ou dérivées de celles- -C et dans tous les airs de la haute ecole.
L'ordre de ces trois phases ne saurait être interverti. La première seul peut être envisagée isolément. La seconde ne peut être obtenue sans la pre mière, ni la troisième sans les deux autres.
La haute école doit avant tout consister dans le plus haut degré di l'assouplissement, et ne se jégitime que dans la mesure où elle accroît réel lement les qualités du cheval dans son utilisation à l'extérieur. » (Cité par k Général Decarpentry, L'Ecole Espagnole de Vienne.)
L'idéal du dressage serait d'avoir un cheval « mis » aux airs de haut: école et capable de briller dans une course de vitesse, de fusionner le gym naste du manège à l'athlète de l'hippodrome ou du concours hippique.
Ainsi donc le dressage doit viser d'abord au rétablissement de l'équi libre naturel, à l'obtention ultérieure d'un équilibre équestre toujours plu poussé,