IV. — LA HAUTE ECOLE — EQUILIBRE SUR LES HANCHES
L'équilibre sur les hanches s'obtient par le rassembler.
Le rassembler traduit la permanence de la contraction équilibrée des abdominaux et des dorsaux qui maintiennent à ja fois les postérieurs engagés sous la masse et l'élévation de l'encolure dans le ramener.
Il existe plusieurs degrés du rassembler allant d'une légère voussure du dos-rein à la flexion des postérieurs. Cette flexion entraîne l'enfoncement du bassin, réduit la convexité du dos et assied le cheval sur les hanches.
è L'obtention du rassembler complet à tous ses degrés permet tous les airs de haute école, relevés ou bas, depuis le piaffer jusqu à la pesade.
Obtention du rassembler
Tous les exercices qui engagent les postérieurs conduisent au rassembler (gymnastique des psoas et des abdominaux). É Il existe, depuis Baucher, deux manières et deux façons de concevoir
ou d'obtenir le rassembler.
1° Une méthode naturelle, utilise l'impulsion du cheval pour parvenir au rassembler complet avec flexion des postérieurs, C'est la méthode classique de l'Ecole de Versailles ,aujourd'hui encore en honneur à l'Ecole Espagnole de Vienne.
2° Une méthode artificielle force le cheval au rassembler partiel, sans flexion des postérieurs. L'inventeur en fut Baucher.
La méthode de l'Ecole de Versailles
Ses principes furent codifiés par La Guérin'ère. En dehors des mouvez ments déjà indiqués (épaule en dedans, croupe au mur, tourner serrés) pour le premier dressage, cette méthode se sert de procédés spéciaux pour parfaire le rassembler et obtenir la flexion des postérieurs. Le travail à cheval suit un travail préparatoire à pied. Le travail à pied se fait soit aux longues guides. soit aux piliers. |
Les longues guides. — Le cheval retenu par les guides est poussé sur le mors par le cavalier qui le suit. Constamment entretenu dans son impuls sion par la chambrière ou la seule présence de l'homme derrière lui, il arrive insensiblement à concilier le mouvement en avant avec la tension des guides qui s'y oppose, en donnant le ramener et le rassembler complets.
Les piliers. — Le cheval est enrêné et attaché par deux longes qu relient un caveçon à deux piliers. La longueur des longes est telle que le milieu du tronc se trouve à la hauteur des piliers. Sous l'action de la chambrière, le cheval apprend à tendre ses attaches et à engager et fléchir ses postérieurs sous la masse, :
Le travail à pied peut aussi se faire le cavalier marchant contre le côté du cheval ; d'une main il tend les rênes et de l'autre il excite sa monture à venir sur le mors, à l’aide de la cravache.
Le travail à cheval repose sur le même principe : la tension contre le mors. Ici, les jambes du cavalier remplacent la chambrière ou la cravache et entretiennent l'impulsion et la progression, Le cheval se tend lui-même contre les rênes et arrive à interposer entre la main et son impulsion le jeu amortisseur de ses articulations du rachis et des postérieurs.
Ces procédés sont rationnels. Ils développent à la fois la contraction des abdominaux et des psoas (engagement des postérieurs) et des dorsaux (rame ner). Ils entretiennent constamment l'impulsion. Le cheval poussé par le: jambes sur une main fixe est renfermé entre ses aides. La main et les jambes sous peine de se porter préjudice, doivent accorder leurs effets à la sensibilité du cheval et s'équilibrer dans leur action pour permettre des progrès rapides L'emploi de tels procédés nécessite donc un tact équestre très poussé poui pouvoir doser ou faire prédominer l'action des jambes et de la main, contrôle et balancer leurs effets antagonistes.
Progressivement, les aides doivent tâter la sensibilité du cheval € agir en conséquence. Cette méthode délicate mais sûre n'est pas à la portés de tous. Ses résultats sont lents.
Lorsque Baucher eut créé le schisme équestre par l'emploi de s: méthode, les détracteurs de l'Ecole de Versailles stigmatisèrent les procédé classiques par le fameux « Tirez dessus, Tapez dedans ». Le « Main san jambes, Jambes sans main», n'est d’ailleurs que la contre-partie de cett: boutade adaptée aux besoins de la nouvelle méthode bauchériste.
La méthode de Baucher
L'équilibre sur les hanches de l'Ecole de Versailles était obtenu pa le cheval, grâce à sa propre impulsion. Baucher pour aller plus vite préfér inverser l'ordre de la méthode.
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; Au lieu d'attendre l'assouplissement du cheval par lui-même, le cavalier commence par détruire la force des extenseurs de l'encolure par une gymnastique d'élongation à base de flexions.
Le cheval ainsi préparé apprend ensuite à engager ses membres postérieurs par des pirouettes renversées, des appuyers.
nn Ce travail d'abord obtenu de pied ferme, s'exécute plus tard au pas. Par l'emploi de la cravache le cavalier s'efforce d'amener le cheval sur le mors : ce travail dans l'impulsion est le correctif du précédent,
En effet, l'abus des flexions entraîne une contracture permanente des muscles cervicaux inférieurs, la tête est basse. Les abdominaux influencés à leur tour voussent le dos-rein et engagent les prstérieurs. Le rassembler qui en résulte caractérise bien la prédominance de la tension inférieure du pont -vertébral. Les auatre pieds sont rapprochés sans flexion des membres: le cheval est simplement sous lui du devant et du derrière (contraction des pectoraux ascendants et des abdominaux). Les critiques de Baucher qualifiaient ce rassembler de l'expression : « chat qui fait le gros dos ».
Le cavalier à cheval répète les mêmes exercices en y ajoutant l'effet d'ensemble qui accentue la contraction des muscles cervicaux inférieurs et abdominaux.
/ à k G Le reculer confirme le cheval dans la «crainte de la main, dans le
| rassembler.
Le résultat de ce dressage est un rassembler incomplet; les han- -ches sont moins fléchies et le cheval n'a pas l'attitude du « chat qui va sautei sur la table ». Grâce à ce rassembler, certains airs relevés de haute école peuvent être rapidement abordés : le changement de pied du tac au tact, le passage coulant, les allures rétrogrades, gênés par l'exagération de l'équilibre sur les hanches avec flexion des postérieurs, s'exécutent facilement.
Par contre, les « airs bas » qui réclament le assembler complet sont impraticables. Sans aller jusque là, cette méthode présente un défaut majeur : « elle prend trop sur l'impulsion ». Le cheval peut être léger aux jambes, mais en contre-partie il est lourd à la main. Le Général L’Hotte a écrit à propos “des chevaux ainsi flexionnés :
5 « Le cavalier il est vrai ne portait rien dans les bras, mais il portait son cheval dans les jambes. » Baucher lui-même était obligé d'user violemment de l'éperon, ses chevaux étaient « enterrés » du devant.
Ainsi la méthode de Baucher peut donner de bons résultats avec un cavalier habile qui sais:t le moment où son cheval va passer derrière la main: elle accélère l'obtention du ramener et du rassembler : le cheval plus respectueux de la main est mis dans l'impossibilité de se braquer contre elle, ne songe pas à forcer son barrage et se rassemble plus vite. Les inconvénients des flexions peuvent être évités si le dressage les associe à un gymnastique naturelle qui développe l'engagement des postérieurs,” mais aussi fortifie les
extenseurs du rachis et sauvegarde la détente.
« Les élèves de Baucher ont été préoccupés de l'inégalité de préparation entre l'avant et l'arrière-main et Gérhardt préconise nour y remédier l'emploi des allures vives. » (Général Decarpentry.)
Une méthode rationnelle de dressage doit donc développer toute la: musculature du cheval. Il existe dans la haute école des airs spéciaux qui réclament une gymnastique appropriée et un équilibre musculaire bien défini. C'est au cavalier à choisir ses procédés en vue du but précis. Mais quel que: soit le mouvement exécuté, il n'est pas de haute école sans la légèreté absolue. qui s'obtient par l'impulsion dans le ramener et le rassembler. |
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