Pores, volumeréel , volume apparent. On nomme en général
pores les intervalles compris entre les atomes, les particules et les divers groupes de particules qui composent les corps. Les premiers sont tout .à fait imperceptibles ; quant aux derniers , on peut, dans bien des cas, s’assurer de leur existence. — L’éponge offre l’exemple de pores de diverses grandeurs. *
L’espace occupé par la matière propre d'un corps est ce qu’on nomme son volume réel.
L’espace limité par l’enveloppe extérieure d’un corps est son volume apparent.
La diOércncc du volume apparent nu volume réel est le volume des pores. Ainsi , plus le volume apparent diminue, plus il se rapproche du volume réel j c’est ce qui a lieu, par exemple, dans l’éponge, qu’on peut comprimer jusqu’à un dixième, un vingtième de son volume primitif.
11. Tissus, corps organiques. La porosité est manifeste dans une infinité de corps qui se laissent pénétrer par les fluides : tous les tissus, les étoffes, les cuirs, les bois sont dans ce cas, et c’est sur cette propriété qu’est fondé l’emploi des filtres. — Les bois augmentent de poids et gonflent |iar l’humidité, ils se retirent sur euxmêmes et diminuent de poids par la sécheresse, ainsi qu’on le voit
PRÉLIMINAIUES.
dans les planchers , portes et lambris do nos habitations ; c’est pour driter ces effets, autant que pour préserver les bois do la destruction , qu’on les recouvre de vernis ou de goudrons. — En insérant des coins do bois bien sec, dans une rainure pratiquée autour des blocs de pierres à extraire pour en former les meules de moulins , et en les humectant ensuite , ils produisent par leur gonflement des efforts qui suffisent pour détacher ces blocs des massifs qui les renferment. — Les cordes mouillées augmentent également en diamètre et diminuent en longueur; de là un moyen non moins puissant , employé par les anciens pour soulever d’énormes fardeaux.
Pierres. Certaines pierres, telles que le grès ou pierre de sable , servent do filtres comme les tissus; toutes augmentent de poids quand on les expose à l'humidité ; sorties fraiebement des carrières elles sont humides, ce qui rend possible la taille même des plus dures, ainsi qu'il arrive, entre autres, pour la pierre à fusil.
Métaux. Les métaux eux-mèmes se laissent pénétrer par les fluides ; c’est ce que prouve l’expérience qui a été faite à Florence, par les académiciens de la Crusca, sur une boule d’or, mince , remplie d'ean, et qui, soumise à une forte pression, laissait suinter le liquide par tous ses pures ; expérience répétée depuis pour d’autres métaux.
12. Preuve générale de la porosité. Cependant il n’en est pas ainsi de tous les corps; le verre , en particulier, parait être absolument imperméable aux liquides et aux gaz , et c’est ce qui le rend précieux dans une fouie de circonstances ; mais , comme il sera bientôt prouvé que tous les corps indistinctement, soit solides, suit fluides, diminuent de volume par la compression et le refroidissement, il demeure établi que tous aussi ont des pores entre leurs atomes et molécules.
OE LS COXrBESSIBILITÊ SES COBPS.
18. Définition. La compressibilité des corps est la propriété qu’ils ont tous d’être réduits, quand on les comprime, à un moindre volume apparent.
Tissus. Les tissus naturels et ceux des arts , tels que l’éponge , le cuir, les bois , les ëtofl'es , qui sont très -poreux , sont aussi les plus compressibles des corps solides ; celte propriété sert à en extraire les liquides' qu’ils contiennent. Les étofi'es mouillées, le papier sorti
fraîchenient de la cuve de fabrication , la betterave réduite eu pulpes, abandonnent, sous l’action de la presse, les liquides renfermés dans leurs pores.
Pierres. On sait que les pierres empilées dans les colonnes et les murailles de nos édifices, s’affaissent, se tassent ou se compriment et s’écrasent même sous une charge considérable ; c’est ce que prouve en particulier l’accident survenu aux piliers qui supportent la coupole du Panthéon ou église Sainte-Geneviève , de Paris.
Métaux. Quand on les frappe à coups de marteau, de mouton, de balancier, ils s’écrouissent, ils deviennent plus compacts , leur volume est réduit ; c’est ce qui arrive en particulier dans le battage des monnaies.
Liquides. Us sont en général beaucoup moins compressibles que les corps solides. — L’eau renfermée dans un canon de bronze de 8 pouces d’épaisseur (8 cent.), et comprimée fortement au moyen d’un piston, fait éclater la pièce avant que son volume ait diminué dC'^. Cette diminution de volume est seulement de - , pour
chaque augmentation de pression de U'', 033 par centimètre carré de la surface de la base du piston , et il faut une pression de 1033 ki* lügr. ou 1000 fois aussi forte, pour que la pièce éclate *.
1-4. Principe de l’égalité dépréssion des fluides. Un principe trèsimportant , découvert par Pascal , est celui de la répartition uniforme ou de Végalité de la pression exercée par les liquides, en tous sens et perpendiculairement aux parois des vases qui les contiennent : ainsi, par exemple, dans l’expérience ci-dessus , la pression du liquide sur chaque centimètre carré de la base du piston, a lieu aussi sur chaque centimètre carré de la surface du fond et des parois cylindriques de la pièce ; ce principe qui sert de fondement à la construction des presses hydrauliques , s’étend d’ailleurs aux fluides aériforraes dont il va être question. Il se démontre en pratiquant une ouverture dans une partie quelconque des parois , et la remplissant par un piston ce dernier est refoulé avec un effort qui est à celui de l’autre piston , dans le rapport de sa surface en
* Nous verrons plus loin comment la pression peut se mesurer à Paidc des poids ; il ne s'agit ici q ue d'ëooncer des faits « des données de l'expérience. Voyez d'ailleurs les numéros suivaLls.
contact avec le liquide , à celle de la surface pareille du premier piston.
Par exemple , si la surface de la base du premier piston est de 6 centimètres carrés , et la pression qu’il supporte 66 kilog., tandis que la surface de base de l’autre piston est de 125 centimètres carrés, la pression exercée perpendiculairement à cette dernière sera deiiA^ = 1650 kilog.
15. Gas. Ils sont les plus compressibles de tous les corps. — Quand on refoule de l’air, au moyen d’un piston, dans un tube cylindrique fermé par un bout (pi. I, fig. 1), par exemple, dans le corps de pompe d’une seringue ou du briquet à air, dit pneumatique, il peut être réduit , par le seul eB'ort de la in.iin , au dixième , au vingtième de son volume primitif ; ce volume diminue même à mesure qu’on augmente de plus en plus l’elfort ou la pression ; mais il ne peut se réduire à rien en aucune manière, attendu l’inaltérabilité , \' impénétrabilité des molécules de l’air ou des gaz ; ii y a donc une limite nécessaire à la compression. Quand on diminue ou qu’on cesse tout à fait la pression , le piston revient progressivement vers sa position primitive; et si, le tube étant prolongé convenablement au-dessus du piston, on éloigne ce dernier progressivement du fond, l’air se répand ou s’étend au-dessous , en occupant un espace de plus en plus considérable, .sans qu'il paraisse y avoir de limite à cette augmentation de volume, qu’on appelle expansion des gaz, parce qu’en effet ils tendent continuellement à se répandre en tous sens, et à presser également (14) les parois des vases qui les contiennent.
16. Loi de la compression des gaz. Supposons que , dans l’exemple ci-dessus , la pression exercée par l’air sous le piston et par centimètre carré de sa surface , soit de 1 kilogramme quand cet air occupe un certain volume; si ce volume est réduit à moitié par le refoulement du piston, la pression de l'air intérieur sera double ou de 2 kilog.; elle sera triple ou de 3 kilog. si le volume est réduit au tiers , etc. Si ensuite on ramène , par degrés , le piston vers sa position primitive , la pression du l’air diminuera dans le même rapport que le volume augmentera, et reprendra précisément les memes valeurs pour les mêmes positions du piston : cette pression SC répartissant également dans tous les sens, ou étant la mémo
pour chaque cenlimètre carré de surface pressée (IA), on peut dire que hs volumes occupés successivement par une même quantité d’air sont réciproquement prôportionnels é leur force de pression oi< de ressort.
Cette loi, décoiiTerte par Mariotte é l'aide d'expériences que nous ne pouvons ici faire connaître , s’étend à tous les gat.
tLASTICITt DES CORPS.
17. Définition, L’élasticité est la propriété que possèdent les corps de reprendre leur état primitif quand une cause quelconque les en a fait changer; c'est en cela que consiste proprement la qualité de ce qu’on nomme ressort. — Los ressorts sont d'une grande utilité dans les arts; ils servent à suspendre les voitures, à faire mouvoir les montres et pendules , à diminuer les effets nuisibles des chocs , etc.; c'est par leur élasticité, leur ressort, que le foin, les découpures de papier, prémunissent les marchandises emballées contre l’effet des secousses.
On distingue l’élasticité de forme et l’élasticité de volume. — Le ressort d'acier qui plie, qui change de forme sans changer sensiblement de volume, est un exemple de la première; la deuxième est manifeste dans l’air, dont le volume apparent diminue par la compression, et redevient exactement ce qu’il était dès qu’elle cesse.
18. Fluides. L’élasticité de volume des liquides est parfaite. — L’eau, qui se divise et se déplace si facilement quand elle est libre, n’a point sensiblement d’élasticité de forme; si on la fait diminuer de volume dans un espace clos et suffisamment résistant , et qu’ensnite on l’abandonne à elle-même, elle reprend exactement son volume primitif, et jouit ainsi à un très-haut degré de l’élasticité de volume.
L’air et les gaz en général sont parfaitement élastiques , et revienrtent tout à fait A leur premier état , quelle que soit la pression à laquelle ils aient été soumis ; c’est pourquoi on les nomme quelquefois fluides élastiques.
19. Solides ; oscillations, vibrations. Les corps solides ne se comportent pas de la même manière; il y a une limite de pression au
PKEUMINÂIHKS.
delà de laquelle il* sont plu» ou moins déformé» : le meilleur ressort d’aoier se brise quand on le plie au delà d’un oertaiii terme. — Les corps sont d’autant plus élastique» qu’ils peuvent revenir d’une déformation plus grande; sous ce point de vue donc une lame d’aoier est plu» élastique qu’une lame de verre , et une lame de verre est plus élastique qu’une lame de plomb ; cependant , sous une faible pression , la lame de plomb reprend exactement sa figure primitive, et, dans ce sens, on pourrait dire qu’elle est parfaitement élastique. Il en est de même de toutes les substance»; l’élasticité n’est donc en réalité qu’une propriété relafivt.
Quand les corps solides ont la forme de cube ou de sphères, leur élasticité, moins apparente que quand ils sont en lames, n’en existe pas moins. — Une boule d’ivoire, enduite d'huile, et tombant d’une certaine hauteur sur une table de marbre ou de fonte, y laisse une tache plus ou moins large qui prouve qu’elle s’est aplatie ; elle rejaillit ensuite en s’élevant plus ou moins haut par l’efTet du dcbandement de son ressort. — Une boule d'ivoire est plus élastique qu’une boule de plomb, parce qu’elle rejaillità une plus grande hauteur et qu’elle rejirend sa première forme , ce que ne fait pas cette dernière. — Une bande d’acier circulaire, comprimée dans un sens et abandonnée ensuite à elle-même, s’élargit bientôt en sens contraire, et fait une suite dï oscillations autour de sa forme primitive. Il en est de même de la bille d’ivoire et de tous les corps élastiques qui ont été choqués on dérangés de leur position naturel le, et abandonnés ensuite à eux-mêmes ; ils font une suite d’oscillations de plus en plus faibles, avant de revenir à cette position.
Lorsque les oscillations deviennent tellement rapides qu’on ne peut plus les discerner d’une manière distincte, et qu’elles se convertissent en une sorte de frémissement , on les nomme vibrations : ce sont ces vibrations qui , transmises d’abord à l’air, puis par l'air à ntM oreille», y produisent la sensation des différents sons.
20. Limite d’élasticité des solides. Les corps solides étant susceptibles de perdre leur élasticité, et cette perte ne pouvant provenir que d’un dérangement, d’une altération moléculaires, il importe, dans les arts, de ne point les soumettre à des efforts de traction ou de tension qui dépassent certaines limites.
L’expérience apprend que, sous un effort surpassant 6 à 7 kilog, par mi llimétrei carré de section transversale, une barre de fer, tirée
en est de « oin^’^® ^ • de chêne et g^dog- ®“ ...^licUé
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cendre. — On gradae \' échelle du thermomètre en obserrant succesaiTement la hauteur du liquide quand on plongé l’instrument dans l’eau bouillante et dans la glace fondante, deux degrés de chaleur qui sont constants et faciles à reproduire ; l'espace compris entre ces deux positions du liquide est ordinairement divisé en 100 parties égales, dont chacune indique les degrés intermédiaires de la chaleur ; c’est pourquoi on nomme ces thermomètres, lAemomètres centigrades. Certains thermomètres sont divisés seulement en 80 parties égales, ce sont ceux dits de Réaumur ; dans les uns et dans les autres, la division est prolongée au-dessous du point qui répond à la chaleur de la glace fondante, et qu’on nomme le zéro de l’échelle ; cette division représente les degrés de froid dans le langage ordinaire, et l'un nomme température d’un corps le nombre des degrés du thermomètre, qui répondent à sa chaleur.
23. Solides ; pyromètres. Les corps solides se dilatent beaucoup moins que les liquides et les gaz; leur dilatation est cependant rendue sensible lorsqu’on augmente suffisamment l’une de leurs dimensions. Une barre de métal ajustée d’abord entre deux talons (pl. I, fig. -4), n’y peut plus entrer quand on l'a chauffée à un certain degré. — On construit sur ce. principe des instruments qui servent à mesurer la chaleur de nos foyers les plus ardents, de même que les thermomètres servent à mesurer les températures ordinaires : on les nomme pyromètres.
24. Notions sur le calorique. Dans ces phénomènes, le calorique on la chaleur se comporte, à l’égard des corps absolument comme les liquides qui , en se logeant dans leurs interstices ou pores, le.s font gonfler (11). — En comprimant ou diminuant le volume des corps par un moyen mécanique quelconque, on en soutire une certaine quantité de chaleur qui devient trcs-sensiblc quand la compression a été suffisamment brusque et forte. — C’est ainsi qu’en frappant ou frottant violemment le fer, il finit par s’échauffer, et qu'en comprimant brusquement l’air dans un briquet pneumatique , il s’en dégage assez de chaleur pour enflammer de l’amadou. — Lorsque la compression se fait lentement, la chaleur ou le calorique s’écoule, se dégage d’une manière insensible. — Réciproquement, on observe que, quand un corps augmente do volume par une cause quelconque, il se refroidit, il enlève de la chaleur aux corps environnants :
ainii , dam l’expérience rapportée n” 18, Tair le refroidit ou baÎMO de température quand on soulère le piaton , et il refroidit aoui la tube qui le renferme.
2!>. Application de la dilatabilité aux arts. La propriété qu’ont en particulier les métaux de changer de volume par la chaleur et par la traction ou la compression a été mise à profit dans les arts. — C’est ainsi que M. Molard est parvenu , au moyen de tirants de fer chauffés, puis ensuite refroidis, à rapprocher et à remettre, dans leur aplomb, les murs du Conservatoire des arts et métiers de Paris ; que l’un a consolidé la coupole de St-Pierre de Rome, d'un cercle de fer ; c’est encore ainsi qu’on unit entre elles les jantes des roues de voiture, et qu’on frette une foule de corps, en les enveloppant aven force de bandes de fer placées à chaud. On conçoit, en effet, que, le métal venant à se refroidir et tendant à rentrer sur luiinéroe , fait effort contre les obstacles qu’on lui a présentés, de la même manière (17) que s’il avait été réellement allongé par une forte traction.
En se rappelant la dilatabilité des métaux, on évitera une foule de fautes dans les constructions. — On évitera, par exemple , de sceller .à leurs extrémités des barres d’une certaine longueur, et dont le raccourcissement ou l’allongement serait nuisible ; on laissera à toutes les pièces le jeu et la liberté nécessaires ; ces précautions sont particulièrement indispensables dans l’établissement des lisses en fer des grands ponts, dans celui des tuyaux de conduite en fonte des fontaines, etc.
20. liésultats d’expériences. De 0 à 100° centigrades, l’allongement d’une barre de 1 mètre est , pour
mil*
L’acier, de 0,00124
Le fer, de 0,00122
Le cuivre rouge, de 0,00172
Le cuivre jaune, de 0,00188
Le verre, de 0,00087
L’allongement est à peu près constant d’un degré à l’autre , pour l’intervalle de 0 à 100° du thermomètre ; mais il a’en est pas tout à fait ainsi au delà.
D'après les belles expériences de M. Gay-Lossac, la dilatation on l’augmentation du volume de l'air et de tous les gas, pour chaque degré du thermomètre centigrade, est de 0,00875 == -^de leur vo« lume à zéro, la pression restant constante ou la même (lA et 15) : ainsi, par exemple, le volume d’un gaz à zéro étant- 1*°‘, à 60° centigrades, il sera l"”* ^ = 1"’',225, si la pression ou la tension
n’a pas changé.
lois ns LA COaSTITOTIOR ISTIBS DSS COSFS.
27. Il résulte de tout ce qui précède que les corps se composent d’atomes inaltérables, indivisibles et dont la petitesse est telle qu’ils échappent tout à fait à nos sens ; que ces atomes sont séparés les uns des autres par des intervalles plus ou moins grands et qui sont susceptibles de varier dans différentes circonstances ; qu’eniin cea mêmes atomes résistent aussi bien aux causes extérieures qui ten-* dent à les rapprocher qu’à celles qui tendent à les désunir, ce qui porte à supposer entre ceux qui sont voisins, des actions réciproques nommées par les physiciens attraction et répulsion. — Sans cea actions, les corps ressembleraient à des monceaux de poussière qui n’ont a,ucune consistance.
28. Attractions, répulsion moléculaires, etc. Les effets de l’attraction moléculaire se nomment , selon les cas, a/jinité, adhésion , adhérence, cohésion , cohérence ; ils se manifestent dans une inBnité de circonstances, tant pour les liquides que pour les solides. Quant à la répulsion, elle est évidente dans les gaz dont les molécules se repoussent constamment et tendent à s’échapper en tous les sens : on s'accorde à supposer que le calorique latent ou la chaleur naturellement enfermée dans les corps, est la cause de la répulsion moléculaire, et que, sans cette chaleur , ils seraient tous à l’état solide.
S9. Attractions à distance. L’attraetion et la répulsion dtmt il s’agit n’ont lieu qu’entre les molécules voisines d’un même corps, ou au contact immédiat de deux corps différents ; il existe d’autres genres d’actions qui s’exercent de corps à corps et à des distances quelconques : telles sont l’attraction ou pesanteur universelle qu’on nomme aussi gravité, gravitation, les attractions et répulsions magnétiques, électriques, etc. La pesanteur considérée dans les corps
qui «ont attirés par notre globe, est la seule qui puisse nous intéresser ici , parce qu'elle joue un r61e essentiel dans tous les phénomènes de la Mécanique industrielle.
DE LA PISASTEDB ET DE SIS ErPETS.
80. Tous les corps tendent à tomber ou tombent sur la terre, quand ils cessent d’être soutenus, ensuivant une direction qui , pour chaque lieu , est celle de la verticale indiquée par le fil à plomb; cette direction , comme on le sait par expérience et comme nous le démontrerons directement plus tard , est perpendiculaire à la surface des eaux tranquilles, qui se nomme niveau ; prolongée suffisamment vers le bas, elle va passer par le centre du globe terrestre : c’est là un des effets sensibles de l’attraction de ce globe sur les corps placés à sa surface. Mais si , au lien d’être abandonné à lui-même, un corps est soutenu par un obstacle, par un fil , je suppose, il pèse sur l’obstacle, sur le fil ; et ce second effet , ce résultat de l’attraction terrestre, est ce qu’on nomme le poids du corps : les poids d’ailleurs se comparent entre eux et se mesurent au moyen d’instruments dont Tusage est généralement connu , et dont nous apprécierons les qualités essentielles quand nous aurons acquis les notions de Mécanique nécessaires.
81. Unité de poids. Le poirls qui a été pris pour unité de mesure, en France, so nomme gramme; 10 grammes, 100 grammes, 1000 grammes font nn décagramme , un hectogramme , un kilogramme ; 100 kilogminmes font un quintal métrique, et 1000 kilogrammes forment ce qu’on appelle un tonneau, dans la marine.
Le gramme, le kilogramme, le quintal et le tonneau sont les poids dont on se sert le plus fréquemment pour peser les corps. — On u aussi divisé, dans ces derniers temps, le kilogramme en 2 livres , la livre en 16 onces, etc.; mais il ne faut pas confondre cette livre métrique et légale avec l’ancienne qui est plus faible d’environ .5!^ , le kilogramme valant â,04ï29 livres aneicnnes, ou l’ancienne livre ne valant que 0,4895.
Poids étalons. Les poids qui servent d’étalons on do modèles de mesure en France, sont généralement en cuivre pour les petits poids, et en fonte de fer pour les grands ; mais, comme ces étalons peuvent à la longue se perdre ou s’altérer malgré toute leur solidité,
on a, pour retrouver au besoin Tunité de poids avec l’unité de longueur, un moyen très-précis que nous ferons bientôt connaître.
S2. Poids absolus et relatifs. Le ])oids d'une quantité donnée de matière est une chose absolue, invariable, là où l’action de la pesanteur reste la même ; on a beau changer de mille manières la forme extérieure d’un corps, le diviser en parties , le chauffer, le comprimer, son poids ou le poids total de ses parties ne change pas. — Il n’en est pus ainsi, comme on l'a vu, du volume apparent d’un corps; ce volume diminue par la compression ou le refroidissement, il augmente par la traction et réchaufiTeinent ; d’où il résulte que la quantité et le poids de la matière de ce corps, contenus dans un certain volume, dans un mètre cube, par exemple, sont plus grands dans le premier cas, et moindres dans le second ; à plus forte raison, le poids d’un même volume de diverses substances peut-il différer pour toutes ces substances.
3S. Densité, Le poids d’un corps, sous l’unité de volume apparent, est ce qu’on nomme sa densité. — L'or est plus dense que le fer, parce qu’un pied cube, ou un mètre cube d’or pèse plus qu’un pied cube ou un mètre cube de fer. Le cuivre à froid, le cuivre battu ou écroui est plus dense que le cuivre à chaud, le cuivre fondu ou coulé. On dit d’un corps que sa densité est uniforme, constante ou qu’il est homogène, quand la densité ou le poids de chacun des volumes égaux et très-petits dont il se compose, est le même pour tons.
SA. Densité de l’eau, fixation de l’unité de poids. Par des expériences très-soignées, les physiciens ont reconnu que la densité de l'eau pure ou distillée est la plus grande possible ou à son maximum,
" à une température (22) d’environ A° au-dessus du 0 du thermomètre centigrade. C’est ce maximum de densité qui a servi pour établir d’une manière invariable, l’unité de poids en France, au moyen de l'unité de mesure : un a pris pour kilogramme le poids d’un litre d’eau ramenée à cet état; ainsi le gramme équivaut au poids d’un centimètre cube de cette eau, le quintal métrique à celui d’un hectolitre, cl le tonneau ou 1000 kilogrammes à celui d’un mètre cube. — Dans les applications de la Mécanique industrielle aux arts, nous pourrons, sans inconvénient, supposer que la densité de l’eau ordi-
■ ÉCAS. ISUVSTR. T. I. it
naire et non mélangée, est de 1000 kilogrammes pour un mètre cube, quelle que soit la température de l’air.
85. La pesanteur tpécifiqu» on mieux le poids spécifique d'une snbstance solide ou liquide, est sa densité comparée à celle de l'eau, prise pour unité, c’est-à-dire le rapport de sa densité à celle de cette dernière. Ainsi la densité de l’e.au étant 1, le poids spécifique de l’or coulé est de 10,258 ; parce qu’un pied cube ou un mètre cube d’or pèse 19,258 fuis autant qu’un pied cube ou un mètre cube d’eau. Sachant que la densité ou le puids du mètre cube d’eau est de 1000 kil., et ayant le puids spéciOque d'une autre substance, on calculera, par les règles de la Géométrie, le puids d’un volume quelconque de cette même substance. — Exemple : un lingot d’or, fundu ou coulé, de 5 cent, de largeur, i cent, de longueur et 2 cent, d’épaisseur, ou de 40 centimètres cubes, pèse 40 fuis 10,258 X l*'*" 770*"", 32 ou 0*"',7703, puisque le poids du centimètre cube d’eau pure est de 1*"" ou 0'‘‘',001 : tel est l’usage de la table suivante :
Table des poids spécifiques des principaux corps solides et liquides à 0° de température, donnant le poids du mètre cube de chaque substance, quand on multiplie les nombres par 1000'"', densité de l’eau.
SOUDES.
.. t laminé. . . . SS, 6690 Chaux carbonatée criatallliée. 3,7182
P'a'me. 1 ,
) pui'iSé. . . . 19,5060 Cristal de roche pur. . . . 3,6530
j forgé. . . . , . 19,3617 Verre blanc de St.-Gobain . 3,4883
■ ' ’ ( coulé 19,3581 Houille compacte, . . . . 1,3292
Plomb coulé 11,3,523 Bois de hêtre 0,8520
Argent coulé 10,4743 Frêne 0,7450
Cuivre en fll 8,8785 Bois d'orme 0,8000
Cuivre rouge coulé .... 8,7880 Sapin jaune 0,6570
Acier non écroui 7,8163 Glace 0,9300
Fer en barre 7,7880 Tilleul 0,6040
Étain coulé 7,2914 Peuplier ordinaire . . . . 0,3830
Fer fondu 7,2070 Liège 0,2400
Zinc coulé 6,8610