De fa consommation et de la reproduction du travail far
l'inertie. Jusqu'ici nous avons examiné le travail de la force lorsqu'elle est employée à vaincre la pesanteur et les résistances inhérentes à l'état d'agrégation" des corps , ou à leur force d'affinité, à leur; force de ressort , etc. ; il nous reste à apprécier la résistance que tous les corps opposent au mouvement par suite de leur inertie, et la manière dont cette inertie, considérée (66) comme une force véritable, sert tantôt à consommer, tantôt à produire le travail méeftttiujue, de la même manière que la pesanteur et les ressorts. Et, en effet, nous n'en avrins nullement tenu compté dans ce qui précédé, bien que réellement on ne puisse, en aucune manière, la Séparer des autres genres de forces, quand il s'agit de travailler.
Nous avons déjà remarqué (68 et 76), par exemple, que le limeur est obligé de vaincre l'inertie de la matière propre de sa lime , le cheval attelé à une voiture , l'inertie de la matière de cette voiture ni du fardeau qu'elle supporte ; nous avons même fait Voir (66) que cette inertie se comporte véritablement comme les autres forces motrices, quand la vitesse du mouvement vient à changer. Il est donc fort important d'apprécier, à sa juste valeur, la quantité de travail qu'un corps donné absorbe ou restitue pour acquérir ou pour perdre un certain degré de vitesse, indépendamment de ce qu'il arrive Souvent que le hiouvement est le but utile même du travail, comme lorsqu'il s'agit de lancer des projectiles, des boulets par le ressort des gaz ou des corps solides, genre de travail qui constitue l'art de la balistique mis en usage par tous les peuples pour combattre ; indépendamment enfin de ce qu'il arrive aussi très-souvent qu'au lieu d'appliquer directement une puissance à la production d'un travail, on la fait agir d'abord sur un corps libre, et qu'on se sert du mouvement acquis par ce corps , pour effectuer le travail par le moyen du choc ou de toute autre manière, comme cela a lieu, par exemple, dans les machines à pilons, à marteaux, à volants, etc., où l'inertie de la matière est employée à restituer une certaine quantité de travail primitivement dépensée par un moteur pour la mettre en action. Mais il est indispensable d'exposer d'abord les lois suivant lesquelles le mouvement peut être communiqué ou détruit par l'action des forces motrices constantes et variables.