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DIVISIBILITÉ DIS CORPS

6. Fluides . La divisibilité des corps est de toute évidence pour les liquides et les gaz ; on conçoit même que la division ou la séparation des parties pourrait y être poussée à un degré extrême ; et , comme tous les corps solides peuvent être amenés à l'état de fluides, au moyen des agents physiques et chimiques, c'est-à-dire en les dissolvant , en les chauffant , en les attaquant avec les acides, etc. , on conçoit que la divisibilité est une propriété générale de la matière. Mais il n'est pas inutile de faire connaître les moyens particuliers qu'on peut mettre en usage pour opérer et apprécier physiquement, même dans les corps solides, cette extrême divisibilité de la matière , d'autant plus que ces moyens constituent l'objet principal d'un grand nombre d'arts industriels.

7 .Solides. On divise les pierres, les bois, les métaux, etc. , par le choc ou par le frottement, à l'aide de marteaux , pilons , meules , molettes , coins, ciseaux , scies , râpes , limes, rabots, etc.

On sépare les parties les plus fines des plus grossières , avec les tamis et les blutoirs ; on atteint encore mieux le but en employant la décantation, la ventilation, ou, dans certains cas, la sublimation*

La décantation consiste à verser dans l'eau les matières déjà pulvérisées, à les agiter , à laisser reposer le mélange pendant un temps plus ou moins long , selon l'état de division qu'on veut obtenir, puis à transvaser l'eau pour la laisser déposer de nouveau, et ainsi de suite. Il est des parties tellement fines , qu'elles emploient plusieurs jours pour se précipiter. La décantation exige, comme on voit , que la matière ne puisse se fondre , se dissoudre dans l'ean , et que , par son poids, elle puisse s'en précipiter.

La ventilation remplit le même but. L'air mis en mouvement par un soufflet , van ou ventilateur , entraîne les parties d'autant plus loin qu'elles sont plus fines. C'est ainsi qu'on divise quelquefois le charbon et le soufre dans les poudreries, et que, dans nos campagnes , on sépare les graines de blé de leur enveloppe.

La sublimation consiste là vaporiser les corps au moyen de la

chaleur , dans des vases fermés , et à condenser les vapeurs par le refroidissement. C'est ainsi qu'on prépare la fleur de soufre, le mercure ou vif-argent , etc.

8* Extrême divisibilité des corps. Ces opérations donnent déjà une idée de la grande divisibilité de la matière ; en voici encore plusieurs exemples. — Quand on observe le cône lumineux produit par les rayons du soleil , qui traversent une petite ouverture pratiquée dans une chambre obscure où Ton a agité des poussières très-fines , on aperçoit une infinité de corpuscules ou grains de matière en mouvement, invisibles de toute autre manière, et qu'on ne peut palper ou sentir au simple toucher. — Cinq centigrammes ou un grain de carmin, dissous dans 15 kilog. d'eau, colorent toute cette masse, et le nombre total des parties colorantes visible, en supposant deux de ces parties seulement par centigramme d'eau, est de trois millions .

Un fil de platine recouvert d'argent , étiré à la filière , et remis ensuite à nu en dissolvant l'argent dans l'eau-forte , peut être amené à un tel degré de finesse , que son diamètre est seulement le-;-/— d'un millimètre, et que S 000 pieds ne pèsent qu'un grain : il faudrait 140 de ces fils pour former un faisceau de la grosseur d'un seul brin de soie. Or, 3000 pieds valent 432000 lignes, et chaque ligne de longueur pouvant, sans difficulté, être partagée en dix parties au moins, cela fait plus de 4 millions de parties dans un grain de platine formant environ 2 millimètres cubes.

Ce dernier exemple prouve en même temps la grande ductilité du platine et sa ténacité. L'or et l'argent ne sont guère moins ductiles. Un calcul analogue à celui qui précède , démontre, par exemple , que l'or qui recouvre le fil doré du brodeur est réduit en lames qui ont au plus q~— de ligne d'épaisseur ; d'où il serait facile de conclure aussi l'extrême divisibilité de l'qr.

La nature nous offre des exemples de corps organisés , où la ténuité et la division de la matière sont poussées plus loin encore : tels sont les animaux infusoires qu'on aperçoit seulement au microscope dans certains liquides , et qui paraissent constitués dans toutes leurs parties d'une manière analogue aux autres animaux , et doués des mêmes qualités physiques, quoique plusieurs milliers puissent tenir sur l'extrémité de la pointe d'une aiguille.

9. Atomes, molécules, etc. L'imagination et le raisonnement peu-

"vent aller au delà encore; mais s'ensuit-il que les parties des corps soient divisibles indéfiniment ? Les phénomènes de la chimie semblent prouver le contraire.

Dans la multitude presque infinie des combinaisons et des transformations possibles des corps , la matière sort intacte et avec toutes ses qualités primitives quand on Ta isolée convenablement. S'il n'en était pas ainsi , tout finirait par changer de nature et d'aspect sur notre globe , tout s'y anéantirait sans retour, et les lois immuables qu'on y observe depuis tant de siècles , cesseraient bientôt d'y régner.

Les dernières parties de la matière, qui ne sont divisibles ni altérables en aucune manière, se nomment atomes, et l'on appelle molécule , particule , l'ensemble de plusieurs atomes unis entre eux et formant un groupe.

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