ÉTATS PRINCIPAUX DES CORPS
1. Les corps se présentent sous trois états principaux qui en comprennent une foule d'autres intermédiaires.
Corps à Vètat solide , ou solides .• tels sont les pierres , les bois , certains métaux , etc., qui résistent plus ou moins à la pression.
Cet état ne présente rien d'absolu : certains corps solides sont durs, cassants, fragiles , tels que le verre, l'acier trempé, le marbre, etc. ; d'autres sont mous , ductiles , tels que le beurre , l'argile ou terre glaise , le plomb , l'or, le cuivre, le fer ( principalement à chaud ). On dit aussi des métaux ductiles qu'ils sont malléables.
La ductilité ou la malléabilité de certains métaux est de la plus haute importance pour les arts industriels ; elle réside essentiellement dans la qualité qu'ont ces corps de pouvoir changer de forme d'une infinité de manières sans se rompre ni se diviser : nous verrons bientôt des exemples de la grande ductilité de l'argent, de Foret du platine*
$. Corps à l'état liquide, ou liquides; tels sont l'eau, le vin , les
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a MÉCANIQUE INDUSTRIELLE.
liqueurs en général, le métal appelé mereure ou vif-argent, etc.; lesquels se distinguent des corps solides par l'extrême mobilité de leurs parties. Cette mobilité s'observe à divers degrés dans les liquides : elle est très-grande dans les étbers, l'alcool ou l'esprit-devin rectifié; elle l'est moins dans l'eau, le vin ; elle l'est encore moins dans l'huile , les sirops , les graisses et les métaux fondus qui coulent difficilement, qui filent en tombant dans l'air au lieu de se diviser comme l'eau. On distingue cet état particulier des liquides en disant qu'ils sont visqueux, ou qu'ils ont de la viscosité. Enfin, un corps liquide peut se trouver dans un état très-voisin de celui des corps solides mous ; c'est celui des pâtes en général ou des corps pâteux.
3. Corps à Vètat gazeux , nommés gaz et vapeurs : cette classe comprend Pair qui nous environne de toutes parts , dans lequel nous vivons, et tous les corps analogues qu'on nomme pour cette raison aéri formes, corps qu'il ne faut pas confondre avec les vapeurs condensées ou brouillards ; ceux-ci étant simplement formés de bulles, de gouttelettes de liquide très-petites et suspendues dans l'air.
On nomme spécialement vapeurs, les gaz qu'on obtient des liquides , lorsqu'on les chauffe dans des vases clos de toutes parts ; elles sont presque toutes invisibles comme l'air : telle est, par exemple , la vapeur d'eau qui se forme dans l'intérieur des chaudières des machines à feu.
L * oxygène ou airvilal,qui entretient essentiellement la combustion des corps et la respiration des animaux ; Y azote, dont le mélange aveo l'oxygène constitue l'air ordinaire et sert à modérer les effets de celui-là, mais qui, employé seul, ne peut entretenir ni la combustion ni la respiration; Y hydrogène ou air inflammable, qui, à l'aide d'une certaine chaleur, se combine avec l'oxygène de l'air, et produit la flamme qui éclaire nos habitations ; Y acide carbonique, résultant de la combustion (du charbon pur ( carbone ) ou de l'union de ee dernier avec l'oxygène , et dont la présence se fait sentir dans les chambres closes où brûle du charbon , dans les lieux où fermentent les raisins , le vin , eto. , sont autant de gaz.
L'existence, la matérialité de l'air, des gaz et des vapeurs, est prouvée par toutes sortes de faits : enfermés dans des enveloppes flexibles et imperméables , ou qui ne se laissent pas traverser , par exemple dans une vessie, ils résistent à la pression comme les corps
solides ordinaires. — ■ Un verre renverse étant plongé dans l'eau , l'air qu'il contient ne cède point sa place au liquide, mais oelui-oi remonte et remplit le verre dès l'instant où Ton pratique, à sa partie supérieure , une ouverture qui permette à l'air de s'échapper. Les vents, les ouragans qui ne sont que de l'air en mouvement, renversent des arbres et des maisons comme le feraient des torrents d'eau ; l'air d'ailleurs s'oppose, aussi bien que cette dernière, au mouvement des corps solides , et c'est ce qu'on nomme sa résistance» Enfin, on sait encore que le vent est employé comme moteur des machines de l'industrie , et qu'il en est de même de la vapeur d'eau, quoique dans des circonstances bien différentes.
<4. atmosphère. Nous avons insisté principalement sur l'air , parce que c'est le gaz le plus universellement répandu sur notre globe, qu'il l'enveloppe tout entier bien au delà des plus hautes montagnes ; que tous les corps y sont plongés , et qu'il joue un rôle essentiel dans tous les phénomènes naturels et dans ceux de la Mécanique industrielle. Remarquons d'ailleurs que cette masse d'air immense dans laquelle nous vivons et sommes plongés , se nomme atmosphère; ce -qui a fait donner à l'air lui-même le nom d'air atmosphérique, pour le distinguer des autres gaz qu'on nomme quelquefois aussi des air s.
5. Fluidité, changements d'état des corps. Les liquides, les gaz et les vapeurs, se nomment en général des fluides, d'un mot latin qui signifie couler; les corps , comme nous l'avons dit , sont plus ou moins fluides , ils ne possèdent pas tous au même degré la fluidité.
Un grand nombre de corps connus peuvent , au moyen de la chaleur et sans subir aucune altération intime ou intérieure, prendre successivement l'état solide , liquide et gazeux : telle est l'eau, qui est solide à l'état de glace et de neige , liquide dans son état le plus ordinaire , gazeuse ou à l'état de vapeur quand on la chauffe dans des vases clos. On nomme fusion, liquéfaction, le passage de l'état solide à l'état liquide ; vaporisation, volatilisation, le passage de l'état solide ou liquide à l'état de vapeur ; enfin, condensation, le retour de ce dernier état aux précédents , et solidification, congélation^ celui de l'état liquide à l'état solide. Certains corps ne sont susceptibles que de prendre deux de ces trois états , du moins par les moyens jusqu'ici connus; il en est d'autres qui ne se présentent constant-
ment que sous un seul de ces états, tels sont les corps dits in fusibles ou réfractaires, et les gaz nommés permanents, au nombre desquels on doit compter l'air ; mais la classe de ces corps diminue tous les jours, à mesure que nos progrès en physique augmentent.