‹ Mécanique physique ou traité expérimental et raisonné du mouvement et de l'équilibre considérés dans les corps solidesChapitre 26 sur 130 · De quelques mouvemens qui sont dus au frottement · texte numérisé non relu

De quelques mouvemens qui sont dus au frottement

On a déjà remarqué plus haut , que lorsque deux corps sphériques viennent à se choquer obliquement , outre le mouvement de progression qui résulte du choc pour l’un et pour l’autre, ils devaient prendre tous deux; un mouvement autour de leur centre , à cause du temps, nécessaire pour la transmission du mouvement. Mais le frottement qui a lieu dans lès points de contact est encore une raison qui les oblige à tourner sur euxmêmes. En effet soit une sphère frappée suivant une direction qui ne passe pas par son centre. Nous avons dans

(*) Ce que nous disons ici des forces mécaniques est incontestable et démontré. Mais il existe aussi des forces chimiques et physiques , dont la nature et la manière d’agiit nous sont moins bien connues. Celles-ci sont de nulle considération dans la mécanique : ce qui n’empêche pas qu’elles ne puissent produire de petits mouvemens plus ou moins durables. Un Physicien de Vérone en i8i5, M. Zamhoni, a imaginé un appareil galvanique , au moyen duquel un petit levier très-mobile sur son axe , peut se balancer alternativement à droite et à gauche pendant un temps fort long. Il y a tel de ces appareils où ce mouvement alternatif existe , dit-on , depuis plusieurs années. Mais il parait que la cause qui produit ce mouvement s'épuise enfin , et le balancier est ramena à l’état de repos plutôt ou plus tard.

Des obstacles au Mouvement. i j 7 la décomposition du choc trouvé une force parallèle à la tangente menée par le point de contact. Celle-ci ne ferait que glisser sur la surface du mobile , si cette surface était parfaitement unie : mais les aspérités dont elle est toujours hérissée , sont cause qu’il est entraîné par cette force , et qu’il prend ainsi un mouvement do rotation autour de son centre , en même temps qu’il obéit à l'impulsion par son mouvement progressif.

Le frottement est pareillement cause qu’une bille d’ivoire posée sur un billard , lorsqu’elle est frappfe horizontalement et par son centre , tourne sur ellemême à mesure quelle avance. Sur un plan parfaitement «ni , et sans fiottement'y la bille frappée devrait se mouvoir en glissant toujours sur le même point de sa surface : mais le frottement que ce point éprouve contre le tapis , et qui l’empêche de se mouvoir avec la même vitesse que les autres points de la bille , est cause qu’il reste en arrière , et que la bille en avançant tourne sur elle-même dans le sens vertical , et suivant la direction de son mouvement progressif.

Lorsqu une bille qui est ainsi en mouvement sur un billard , vient à rencontrer directement une autre bille •de même grosseur , et en repos , elle doit , comme on sait, communiquer toute sa vitesse à celle-ci, et s’arrêter elle-menie tout-à-coup. Cependant il arrive communément que la bille choquante continue d’avancer encore dune certaine quantité, et cet effet est dû au frottement quelle éprouve contre le tapis, En effet cette bille , ainsi qu’on vient de dire , a deux mouvemens à la fois , un mouvement de progression dans le sens où elle a été poussée , et un mouvement de rotation autour d’uu diamètre horizontal perpendiculaire à la direction du

ti8 Première Section. Chapitre VI.

mouvement progressif. Au moment où elle frappe là Lille en repos , elle lui transmet toute sa vitesse en avant , et cesse par conséquent d'avancer elle-même. Mais son mouvement de rotation n’est pas anéanti pour cela, et la bille doit après le choc, continuer de tourner sur elle-même. Si dans l’instant où se lait le choc , le billard pouvait s’anéantir tout-à-coup , et que la bille choquante demeurât suspendue dans l’espace , on la verrait tourner sur son centre et en avant , sans sortir de la place où le choc s’est effectué. Mais comme ce mouvement de rotation se passe sur un plan résistant , il faut bien que la bille continue d’avancer jusqu’à ce que ce mouvement soit entièrement éteint.

Un autre effet remarquable , très-connu au billard, et qui est encore dû au frottement , c’est le mouvement rétrograde d’une bille, qui est frappée par le tranchant de la main suivant une direction qui passe en deçà du centre de la bille. En décomposant ce choc comme nous avons toujours fait ( fig. 16) , on voit qu’une partie de la force est employée à chasser la bille en avant , et une autre à la faire tourner sur elle-même. Or il arrive , lorsque le choc a passé assez loin du centre , que le mouvement progressif est bientôt détruit par la résistance du tapis, et que le mouvement de rotation qui se fait ici dans un sens contraire , persévérant plus long-temps , ramène la bille vers le point d’où elle était partie , et la fait même passer au delà de ce point, (i)

(i) Dans la figure , PQ est la direclion (lu choc ; Qb est la partie du choc qui produit le mouvement progressif vers M , en se décomposant ; Qc est celle qui produit le mouvement de rotation dans le sens QBG. C’est ce dernier mouvement qui ramène la bille vers N , lorsque le mouvement progressif est épuisé.

Des obstacles au Mouvement. ng On a considéré ici le frottement comme un obstacle au mouvement : on traitera par la suite de cette espèce de résistance considérée dans les machines.

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