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ET DES CHAMRRES DE CASERNE

Des salles d'école.

599. Expériences sur la ventilation des salles d'écoles communales. — J'ai fait exécuter, en février 1861, quelques expériences sur les effets de ventilation que produit dans des circonstances ordinaires le dispositif adopté, d'après les indications de M. Péclet, dans un assez grand nombre d'écoles primaires.

Dans ce dispositif * l'air extérieur arrive par des conduits passant sous le plancher, dans des poêles à enveloppe, dans lesquels il s'échauffe et d'où il débouche à la partie supérieure. En vertu de sa plus grande légèreté spécifique cet air se dirige naturellement vers le plafond où il s'étend plus ou moins en nappes et redescend, non pas en couches isothermes, comme le croyaitM. Péclet, mais en circonvolutions diverses et en courants, les uns verticaux, qui se forment le long des murs et des fenêtres, les autres inclinés vers l'orifice d'appel, s'il agit énergiquement.

Le tuyau de fumée du poêle se rend dans la cheminée d'é-

* 3e édition du Traité de la chaleur, 3e vol , page 314.

vacuation, où il entre à peu de distance du plafond et dans laquelle il s'élève quelquefois seulement jusqu'à une certaine hauteur, souvent et mieux jusqu'en haut.

Au bas de la cheminée et pour produire la ventilation d'été, est disposé un petit foyer auxiliaire, qui dans cette saison Kdoit déterminer l'appel.

L'air vicié s'échappe l'hiver par un orifice ménagé au bas de la cheminée, et l'été par un orifice qui est ouvert près du plafond.

Quoique cette disposition soit en général assez convenable, je ne la crois pas à l'abri de plusieurs objections. L'usage des poêles intérieurs en métal est commandé dans la plupart des cas par l'indépendance de l'école ; mais il a, comme partout, l'inconvénient de donner souvent trop de chaleur, surtout pour les bancs placés dans le voisinage de ces appareils, et presque toujours les enfants en sont incommodés. Il occasionne une certaine malpropreté dans les salles et peut donner lieu à des accidents, dont il importe de préserver les enfants.

Outre ces défauts relatifs au mode de chauffage, ce dispositif en a d'autres encore plus graves, en ce qui concerne la ventilation.

En effet, pour les grandes écoles, M. Péclet indique l'emploi de deux poêles et de deux cheminées distinctes d'évacuation. Or il peut y avoir souvent dans l'activité des feux et par suite dans celle des appels, une grande inégalité; mais de plus, il arrive très-fréquemment que la température extérieure étant modérée, un seul des poêles est allumé. Dans ce cas, si les orifices d'appel des deux cheminées sont simultanément ouverts, celui du poêle allumé étant le plus énergique, non-seulement il annulera l'effet de l'autre, mais encore il déterminera très -fréquemment des rentrées d'air extérieur par celui-ci, ainsi que j'ai eu l'occasion de le constater dans un dispositif analogue employé à l'hôpital militaire du Gros- Caillou, et alors cette rentrée d'air par l'une des cheminées alimentant l'appel fait par l'autre, la ventilation de la salle se trouverait en très-grande partie ou en totalité annulée.

Si, au contraire, un seul des orifices d'appel était ouvert, la ventilation serait réduite de moitié pour l'appel et, dans les deux cas, l'arrivée de l'air nouveau serait notablement diminuée.

Par conséquent, pour l'évacuation de l'air à l'extérieur, il ne doit y avoir qu'une seule cheminée débouchant au-dessus des toits et recevant pour activer l'appel la chaleur surabondante des calorifères, ou en été celle d'un foyer auxiliaire. Mais cela n'empêche pas d'avoir selon les cas, plusieurs cheminées ou conduits partiels d'évacuation, communiquant tous avec la cheminée principale, destinée à en régulariser l'action. Ceci est d'autant plus nécessaire dans le système dont nous parlons, que l'appel exercé par une seule cheminée ou plutôt par un seul orifice, y faisant affluer tout l'air vicié de la salle, il en résulte ainsi une infection trèssensible autour de cet orifice, ce qui peut incommoder les élèves qui en sont voisins ou le chef de l'école; si, comme cela arrive quelquefois, l'on a maladroitement placé sa table près de cet appel.

Ce dernier cas existe à l'école de la commune de Grenelle, où le bureau de la sœur directrice est placé devant la cheminée d'appel. Aussi cette respectable sœur, incommodée par l'air vicié, qui affluait vers sa place, n'a-t-elle rien imaginé de mieux que de boucher l'orifice d'appel. Ce n'est pas elle, cependant, qu'il faut blâmer de cette conséquence assez logique de la mauvaise disposition donnée à la salle.

Dans le même local l'inconvénient de la chaleur excessive dans le voisinage des poêles, que j'ai signalé plus haut, se fait également sentir.

400. Résultats des expériences. — Le 10 février 1862, j'ai fait faire des expériences dans la salle n° 4 de l'école communale de la rue Violet à Grenelle, et le 24 du même mois il en a été exécuté de semblables dans les salles n°* 1 , 2, 3 et 4.

Toutes ces salles sont construites pour contenir 120 en-

fants, mais quelquefois on en reçoit jusqu'à 140. On a, pendant les expériences, noté chaque fois le nombre de ceux qui étaient présents.

La cheminée d'évacuation de chacune de ces salles est unique et elles n'ont aussi qu'un poêle. La section intérieure de la cheminée a 0m,675 sur 0m,325 ou 0m,ti,2l94 ce qui correspond à 0m,,ï30018 par enfant, s'il y en a 120.

Les classes ont 10m,60 sur 8m,25 et 5m,40 de hauteur soit 473m,c,23 ou 3m,0,37 par enfant, en comptant sur 120. Malgré la hauteur des salles ce volume paraît très-insuffisant.

Les bancs sont disposés de manière que les enfants ont la face tournée vers la cheminée d'appel et que le bureau de la directrice lui est adossé, ce qui présente les inconvénients que j'ai signalés plus haut.

Les résultats des expériences faites dans ces salles sont consignés dans le tableau suivant :

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