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CHAPITRE X

Par les indications que je vais chercher à donner des dispositions qu'il me semble convenable d'adopter dans les divers cas que l'on peut avoir à examiner, je n'ai nullement l'intention de déterminer les détails d'exécution qui peuvent, selon les conditions de la construction et les circonstances particulières, varier de bien des manières. Je me propose seulement de montrer comment, en appliquant les mêmes principes généraux, on peut approprier les divers systèmes de ventilation par appel à ces circonstances spéciales qui peuvent avoir souvent, sur le choix des solutions, une influence prédominante.

Si l'ensemble des recherches théoriques expérimentales auxquelles je me suis livré m'a de plus en plus convaincu que la ventilation par appel est à presque tous les points de vue préférable à la ventilation par insufflation, je n'ai pas de préférence exclusive et absolue pour aucun des divers systèmes de chauffage et d'appel. Le choix à faire me paraît devoir toujours dépendre des conditions delà construction de l'édifice auquel il y a lieu de l'appliquer. C'est ce que je chercherai de faire sentir par des exemples.

Des hôpitaux.

454. S'il est vrai qu'un renouvellement abondant, régulier et convenablement réparti de l'air soit un des moyens les plus puissants que l'art mette à la disposition des médecins pour l'assainissement des hôpitaux et la guérison des malades, il est loin d'être le seul et peut-être même le plus efficace. Une bonne disposition, une proportion convenable des salles de malades, un régime alimentaire réparateur doivent

avoir sur leur rétablissement une influence au moins aussi avantageuse.

La réunion d'un grand nombre de malades ou de blessés dans un même local est une cause d'insalubrité, de propagations d'affections morbides et parfois épidétniques trop connue, pour qu'il soit nécessaire d'insister sur ses tristes effets, et je n'oserais répéter la définition qu'un habile médecin donnait des hospices destinés aux femmes en couche.

Sans entrer dans une discussion pour laquelle je serais tout à fait incompétent, je ne crois pas être démenli par les maîtres de la science médicale en disant que les salles d'hôpital ne devraient contenir chacune qu'un nombre restreint de malades, que dans les constructions anciennes ou récentes l'on a beaucoup trop sacrifié les conditions hygiéniques à la facilité du service et de la surveillance, et que les grandes salles des nouveaux hôpitaux, malgré leur belle apparence et l'espèce de luxe avec lequel elles sont établies, ne sont pas des modèles à imiter.

Dans son Étude sur les hôpitaux, M. le directeur de l'Assistance publique constate que l'ensemble des hôpitaux de Paris comporte :

68 salles de 3 à 9 lits.

96 — de 10 1 19 —

51 \ de 20 à 29 '

47 J de 30 à

20 [ de 40 à 491

5)123 de 60 à 59 ) 530 à 413 lits.

1 [ de 60 à 691

51 de 70 à 79

3 J de 80 à 89

Il résulte de ce relevé que, sur un nombre de lits de 363 à 441, il y en a dans ces hôpitaux 350 à 410 ou plus des 0,90 qui sont établis dans des salles de 20 lits. L'on peut donc dire que dans les hôpitaux de Paris il y a plus de 20 lits par salle, ce qui me paraît une limite supérieure que l'on ne devrait pas atteindre.

Des salles de dimensions restreintes, contenant au plus 12

à 18 lits seraient préférables à ces vastes galeries où 60 et parfois 80 malades sont réunis. La classification des individus, d'après la nature de leurs maladies, la séparation de ceux qui sont atteints d'affections contagieuses ou épidémiques deviendraient possibles et l'assainissement serait plus facile.

Cette subdivision ne serait d'ailleurs ni difficile, ni onéreuse, au point de vue de la construction, et elle pourrait rendre plus efficaces les dispositions à prendre pour la ventilation, en permettant de grouper vers le milieu les appareils destinés à produire l'appel, les lieux d'aisances, les étuves, etc.

L'usage de certains hôpitaux anglais de réserver à proximité pour les malades, convalescents ou qui peuvent se lever, une salle de réunion où ils trouvent quelques livres, et n'ont plus sans cesse sous les yeux le spectacle de leurs compagnons de misère, me paraît devoir être imité. Sous ce rapport, la disposition générale de l'hôpital de Guy, à Londres, est assez satisfaisante ; mais je crois cependant qu'il serait bon que cette salle servît aussi pour l'introduction des malades arrivant, qu'elle permettrait de faire passer directement dans les salles auxquelles ils sont destinés.

La purification des salles parla circulation de l'air extérieur est tellement salutaire, et même pour des malades elle offre un si grand agrément que, tout en attachant une grande importance à l'établissement d'une bonne ventilation artificielle, il faut bien se garder de se priver de ce moyen si simple dans les saisons et dans les moments où la température extérieure permet d'en user. La vue du soleil, l'aspiration de l'air extérieur sont pour des malades des jouissances qui peuvent influer, plus qu'on ne croit, sur leur rétablissement.

Sous ce rapport, l'emploi de bâtiments simples permettant, en temps convenable, la libre circulation de l'air, paraît préférable à celui de bâtiments doubles avec un mur de refend longitudinal.

A l'hôpital de Guy, l'on a cherché à concilier l'usage des

VENT. u. 7

bâtiments doubles avec la condition de la libre circulation de l'air dans le sens transversal, en réservant dans le mur de refend de larges ouvertures ou arcades, mais alors l'on est tombé dans l'inconvénient d'avoir des salles communes à un trop grand nombre de malades.

455. De la capacité des salles. — La capacité des salles, par rapport au nombre des individus, a une grande impotance en ce qu'elle permet aux émanations émises ou à l'air vicié par chacun d'eux de se répartir dans une proportion d'air d'autant plus considérable, que cette capacité l'est ellemême davantage. Mais, d'une autre part, il ne convient pas, je crois, d'exagérer le volume même de salles, ni surtout leur hauteur. Cette dernière dimension est, en effet, un obstacle aux mou vemen ts de circulation régulière et de renouvellement continu de l'air qu'il importe d'obtenir dans des lieux que l'on veut ventiler. Une trop grande hauteur permet la formation de remous, dans lesquels se cantonne et peut s'accumuler l'air vicié pendant un temps assez long. Une hauteur de 4m,50 à 5 mètres au plus est bien suffisante, je crois, pour des salles d'hôpital et pour obtenir un volume déterminé, il vaut mieux augmenter les espacements horizontaux que l'autre dimension. L'on y trouvera l'avantage d'un plus grand isolement des malades.

Une note fort intéressante, à divers points de vue de M. le docteur L. Lefort *, sur la comparaison des hôpitaux français et des hôpitaux anglais fournit sur le volume d'espace moyennement affecté à chaque lit, ainsi que sur le nombre de lits correspondant à chaque trumeau, sauf les extrêmes, les données suivantes :

* Notes sur quelques points de l'hygiène hospitalière en France et en An glelerre, par M. le docteur Léon Lefort, professeur à la Faculté de médecine de Paris.

Désignations Volumes des salles Nombre de lits

des hôpitaux. par lit. par fenêtre, met. c.

La Pitié 44,26 2

Saint -Antoine 38,91 2

Hôtel-Dieu 52,44 2

Beaujon 39,19 2

Clinique 50,82 2à3

Bicêtre 28,75 2 à. 3

La Charité 51,45 »

*Lariboisière..... '.,... 58,90 2

Moyenne **.. 48,00 " *2

La moyenne générale de la capacité des salles de ces hôpitaux, en exceptant celui de Bicêtre, est donc de 48 mètres cubes par lit.

Dans Y Étude sur les hôpitaux, publiées par'JM. le directeur de l'assistance publique, l'on trouve, page 569, un tableau relatif aux hôpitaux généraux et aux hôpitaux spéciaux, d'où il résulte que le volume moyen existant par lit serait, d'après le nombre effectif des lits :

met. c.

Dans les hôpitaux généraux 42,908

Dans les hôpitaux spéciaux 33,785

Dans les hôpitaux anglais, les capacités seraient les suivantes :

met. c.

London Hospital 47,6

Saint-Thomas 49,3

Saint-Barthélémy... . ... 47,2

Glascow. 49,4

King's Collège, anciennes salles. .. . . . . 49,0

— nouvelles salles 70,0

La moyenne générale, en exceptant les nouvelles salles du

* Enexceptant Bicêtre.

** Ce chiffre n'est pas tout à fait exact. Les salles de cet hôpital ont 38 mètres de longueur, 8m,80 de largeur et 5 mètres de hauteur. Capacité : 1672 mètres cubes pour 32 lits, ce qui correspond à 52m'c,25 par lit.

Ring's Collège, bien plus largement disposées que les autres, serait ainsi de 48ra,c,5 de capacité par lit, comme à Paris, dans les hôpitaux dont la construction ne remonte pas à des époques trop éloignées.

Il me semble, d'après cette comparaison , qu'on peut admettre comme base des proportions de capacité, 50 mètres cubes environ par lit, et que pour l'obtenir il vaudrait mieux limiter la hauteur d'étage à 4m,50 ou à 5m,00, en augmentant, au contraire, l'écartement des lits, de manière à n'en placer qu'un par trumeau, en accroissant le nombre des fenêtres. L'on y gagnerait plus de lumière et une plus grande facilité pour l'admission d'air pur. Souvent, cependant, il suffirait de placer deux lits par trumeau et d'adopter de larges fenêtres.

4o6. Répartition de l'espace horizontal. — En admettant, comme nous venons de le dire, une capacité cubique de 50 mètres cubes par lit, et une hauteur d'étage de 4m,50, la superficie horizontale affectée à chaque lit serait égale à

Si nous supposons d'abord qu'on place deux lits par trumeau dans un bâtiment simple, on peut répartir cet espace ainsi qu'il suit :

Largeur des lits 1 mètre.

Intervalle entre deux lits 2 —

Longueur consacrée à un lit 3 —

Demi -largeur intérieure du bâtiment. . 3 70

Surface égale par lit 3X3,70= llm"i,lO

Longueur des lits 2m »

Distance des lits au mur » 20

Largeur du bâtiment occupé par lit 2 20

Demi-largeur du passage central 1 50

Demi-largeur intérieure du bâtiment.. . 3 70 Largeur totale du passage central 3 »

Une salle de 12 lits aurait donc une largeur intérieure de 7m,40, une longueur de 18 mètres cubes d'axe en axe des murs de refend, en réduisant à 0m,70 la distance des lits extrêmes au mur, et l'entr'axe des fenêtres serait de 6m,00.

Dans cette distribution, il y aurait deux lits par trumeau et une salle de 12 lits aurait 6 fenêtres, dont 3 sur chaque face, 4 trumeaux entiers et deux demi-trumeaux.

Avec la même longueur on pourrait aussi percer cinq fenêtres sur chaque face, mais alors il faudrait en restreindre les dimensions pour éviter que, l'hiver, les salles ne fussent trop difficiles à chauffer. L'entr'axe serait réduit à 3 mètres.

Pour les salles destinées aux femmes en couches et dans lesquelles il serait à désirer qu'il n'y eût jamais plus de 8 à 10 lits, le cube de l'espace à allouer, et surtout l'espace superficiel, devraient être augmentés au moins de moitié en sus.

457. Dispositions générales des prises d'air nouveau. — On a vu par les exemples divers que nous avons cités, qu'au moyen d'un appel d'une énergie suffisante, mais facile à obtenir, on pouvait prendre l'air nouveau à telle hauteur de l'atmosphère qu'on le jugerait convenable.

Les conditions locales pourront décider du choix. Si l'hôpital est isolé, dans un lieu bien aéré, les prises d'air pourront être faites simplement à hauteur de chaque étage, par des ouvertures pratiquées dans les trumeaux et communiquant avec les appareils de chauffage. On aura cependant soin d'isoler celles du rez-de-chaussée du soubassement, à moins qu'il ne soit élevé et que la propreté de ses abords soit assurée. Les dispositions prises à Vincennes pour le bâtiment C, par M. le commandant Benoît, sont très-convenables.

Si, au contraire, l'hôpital est dans l'intérieur d'une ville, entouré de rues étroites et peu salubres, il conviendra de puiser l'air aussi haut qu'on le pourra, au moyen d'une cheminée ou d'une petite cour d'appel pour le conduire dans une chambre à air, où il s'échauffera au contact des appareils de chauffage, ainsi que cela a été appliqué à l'hôpital de

Guy, ou pour l'introduire directement à hauteur de chaque étage, en le faisant passer, l'hiver, par les appareils de chauffage.

Le dispositif de l'hôpital de Guy, très-convenable pour la saison du chauffage, a, l'été, l'inconvénient de faire parcourir inutilement à l'air affluent des circuits beaucoup plus longs que le précédent, qui me semble devoir être le type le plus général, à moins qu'on ne se décide à employer les calorifères à air chaud.

Tous les conduits d'air nouveau déboucheraient vers le plafond de la salle, d'où il se répandrait par des orifices allongés et étroits qui pourraient être pratiqués dans des corniches creuses.

Ces conduits seraient munis de ventelles ou de registres, qui permettraient, l'été, d'y faire arriver de l'air frais en quantité convenable, pour modérer la température et assurer la salubrité, surtout pendant la nuit.

Les lieux d'aisances seraient ventilés à raison de 30 mètres cubes au moins par heure et par siège. Il y serait disposé des introductions d'air spéciales pour fournir à l'évacuation.

Il doit être entendu, une fois pour toutes, que tous les conduits d'évacuation d'air vicié d'un même bâtiment, seraient réunis d'abord par groupes, puis dans une même capacité servant de point de départ à une cheminée commune et générale d'évacuation pour un même pavillon.

Cette cheminée, à laquelle on donnerait toute la hauteur compatible avec les conditions de la construction et avec les dispositions générales adoptées, devrait être en briques ; de manière à rendre peu sensible le refroidissement de l'air dans son parcours.

La section transversale à la bouche, devra être calculée de manière qu'en temps ordinaire la vitesse moyenne de l'air y soit de 3 mètres en \". Elle pourrait être plus large dans le reste de sa hauteur où il suffit, pour la régularité de la ventilation, que la vitesse atteigne 2 mètres au plus en 1".

Les appareils de chauffage employés, devront être propor-

tionnés de manière qu'en toute saison la température de l'air dans la cheminée principale soit de 20° à 25° supérieure à la température extérieure et puisse, selon les besoins, être poussée plus haut.

Tous les becs d'éclairage intérieur au gaz, seraient autant que possible utilisés pour aider à la ventilation.

Mais en outre, des becs de gaz auxiliaires seront disposés dans la cheminée principale d'évacuation, afin de permettre en temps d'encombrement ou d'épidémie d'augmenter, dans une large proportion, le volume d'air évacué. Si les conduits de circulation de l'air vicié sont bien proportionnés et n'offrent pas trop de coudes et d'étranglements, on pourra déterminer le nombre de becs à allumer, en admettant que chaque mètre cube de gaz brûlé augmente le volume d'air évacué de- 500 mètres cubes.

Lorsqu'on emploiera le chauffage à l'eau chaude, les tuyaux de circulation d'eau chaude, destinés à réchauffement de l'air nouveau, passeront dans l'épaisseur des murs de face, de pignon ou de refend. Les prises d'air se feront alors à l'extérieur, à chaque étage, comme il a été dit, et seront munies de registres qui permettront d'en faire varier l'ouverture selon les saisons et les températures extérieures.

Des orifices additionnels devront être ménagés pour la saison d'été, soit au-dessus [des fenêtres, soit par une construction de ces fenêtres analogue à celle qui est en usage dans quelques hôpitaux anglais.

458. Des orifices d'évacuation de l'air vicié. — Quant aux dispositions à prendre pour l'évacuation de l'air vicié, elles se rapprocheraient beaucoup de quelques-unes de celles qui sont déjà en usage.

Les orifices d'appel de l'air devraient être placés, comme on le pratique déjà, derrière les lits, à peu près à fleur du sol, mais dans les parois verticales des murs, au nombre d'un au moins pour deux lits, ou s'il se pouvait, d'un par

lit. Les sections des conduits seraient calculées par la condition que l'air n'y devrait pas avoir, en temps ordinaire, une vitesse supérieure à 0m,70 ou 0m,80 en 1", en débitant un volume de 70 à 80 mètres cubes par heure et par lit, afin de se réserver la facilité d'activer la ventilation en temps d'épidémie.

459. Application à un système de ventilation par appel à niveau. — Un poêle à eau chaude ou à air chaud, serait établi dans chaque salle pour permettre aux malades de venir s'y chauffer. Il servirait aussi, en temps de chauffage, à l'introduction d'une portion de l'air nouveau nécessaire. Sa hauteur devrait être assez grande pour que cet air débouchât à 2 mètres au moins au-dessus du sol, et qu'on ne pût pas, comme cela arrive trop souvent, en obstruer le débouché par le dépôt de linge à sécher, etc.

Outre ce poêle, des tuyaux de circulation d'eau chaude, ou d'arrivée d'air chaud venant d'une chambre inférieure de mélange, simplement ménagés dans les trumeaux des fenêtres, amèneraient de l'air vers les plafonds.

Les épaisseurs des murs permettront presque toujours de disposer dans les trumeaux deux séries de conduits verticaux pour un bâtiment de trois étages ; les uns seront destinés à recevoir les tuyaux de circulation d'eau qui devront chauffer l'air nouveau et introduire cet air dans les salles vers le plafond, les autres par lesquels se fera l'appel de l'air vicié, seront parcourus par les tuyaux qui devront échauffer cet air et activer l'appel.

Les conduits d'arrivée de l'air nouveau qui régneront sur toute la hauteur des trois étages, seront, vers le sommet de chacun d'eux, barrés par un diaphragme en maçonnerie, qui obligera l'air affluent pris au dehors à hauteur du plancher inférieur, à se déverser au plafond. Ils recevront habituellement un tuyau d'ascension et deux à trois tuyaux de retour d'eau chaude. Pour assurer pendant l'été l'arrivée de l'air par ces conduits, il conviendra de leur donner une section

beaucoup plus grande que celle qui serait nécessaire pour l'hiver.

Des expériences faites l'été sur l'introduction de l'air par les poêles non chauffés des pavillons ventilés par aspiration à l'hôpital Lariboisière, m'ayant montré que la vitesse d'introduction peut être réduite l'été, alors qu'on ne chauffe pas, Fig. 48. à 0n,,30 ou 0m,40 par seconde, il convien-

dra de donner à ces conduits une section libre, déduction faite de celle des tuyaux, telle que l'espace pour le passage de l'air soit assez grand pour qu'il puisse au besoin affluer 100 mètres cubes d'air par heure et par lit.

Si donc il y a un conduit pour deux lits,

il devra pouvoir débiter par seconde, même

—3 m rété

tesse de 0n libre de

- = 0m,c,0555 en 1", à la vi- ,30, ce qui exige une section

Cette dimension pouvant quelquefois paraître trop considérable par rapport aux conditions de la construction, l'on pourra disposer en d'autres endroits, et en particulier au-dessus des fenêtres, des orifices auxiliaires d'admission pour la saison d'été.

S'il y a quatre tuyaux de circulation d'eau , dont trois de 0m, 1 5 de diamètre extérieur et un de 0m,10, ils occuperont ensemble environ 0mi,06 et avec leurs brides peut-être même 0m,%08. La section transversale totale du tuyau devrait donc être de

0m><i,15 + 0ra"S08 — 0p1,,î,23.

Or, si l'entr'axe du bâtiment est de 4m,80 comme à Lari-

boisière (et il vaudrait mieux qu'il fût de 5 mètres), il n'y aurait pas de difficulté à établir dans les trumeaux des conduits verticaux de 0m,80 de largeur sur 0m,30 de profondeur, dont la section serait égale à 0m,<!,24. On peut d'ailleurs, comme on l'a dit plus haut, soit par une construction particulière des fenêtres, soit par des orifices ouverts au-dessus de leurs embrasures, se ménager, pour l'été, d'abondantes introductions d'air.

Dans ces mêmes trumeaux devraient aussi être ménagés à côté du conduit précédent, des conduits d'évacuation où se produirait l'appel au niveau du plancher de chaque étage. Celui du milieu, recevant les tuyaux d'ascension et de retour d'eau destinés à échauffer l'air vicié, s'élèverait dans toute la hauteur des étages et comme on peut toujours compter sur une vitesse de 0m,80, produite par la chaleur, sa section devra être calculée pour extraire 100 mètres cubes d'air par heure et par lit à cette vitesse, déduction faite de l'espace occupé par les tuyaux.

Ainsi le passage libre pour l'air devra être égal à

SOit 0m-*,07.

Si les deux tuyaux ont chacun 0m,c,10 de diamètre, leurs sections réunies occuperont 0m,<î, 016, et la section totale de ce conduit central devra être de 0m-i,070 + 0^,016 = 0m'ti, 086. En lui donnant 0m,30 de profondeur comme à celui d'arrivée, il suffira qu'il ait autant en largeur.

A hauteur de chaque étage, ce conduit sera fermé et un autre conduit oblique, convenablement dévoyé, dirigera l'air du rez-de-chaussée dans un conduit latéral et vertical de 0m,30 sur 0m,25 de largeur, ayant 0m,075 de section. L'air vicié du premier étage sera de même dirigé à droite dans un tuyau d'évacuation auquel on donnera 0m,30 sur 0m,25 ou 0m<ï,075 de section.

Les dimensions des trumeaux des pavillons de l'hôpital

Lariboisière qui ont 3m,60 seulement de largeur sur 0m,80 au rez-de-chaussée, permettraient , sans compromettre la solidité de la construction, d'y ménager des conduits des proportions qu'on vient d'indiquer. Mais l'entr'axe de ce bâ- Fig. 49. timent est trop petit, et il convien-

drait, pour pouvoir placer convenablement deux lits par trumeau, d'adopter dans des constructions nouvelles un entr'axe de 5 mètres au moins , et des épaisseurs de murs de 0m,85 au rez-de-chaussée, t^l de 0m,80 au premier étage et de 0m,75 au deuxième étage.

Il ne faut pas, en effet, oublier que la stabilité des murs dépend bien plus de leur largeur que de l'aire de leur section transversale, et que les plus mauvais matériaux H bien employés, sont susceptibles de supporter des hauteurs de bâtiments bien supérieures à celles en usage.

Parvenus au grenier, les trois conduits d'évacuation seront réui nis en un seul et dirigés, ainsi que ceux des autres trumeaux, vers le bas d'une cheminée centrale dont l'action régularisera leur effet. Le grenier devra être fermé et plafonné, pour éviter autant que possible le refroidissement des con- ■ duits.

En proportionnant bien les tuyaux de circulation d'eau , la chaleur développée dans les conduits et celle des vases d'expansion , placés au sommet de chacun d'eux, suffira pour

donner à l'appel l'énergie nécessaire en toute saison. S'il en était autrement, rien ne serait plus facile que de prolonger quelques-uns des tuyaux d'eau chaude au bas et même dans l'intérieur de la cheminée générale.

Il doit d'ailleurs être entendu que toutes les dimensions du dispositif qu'on vient d'indiquer, étant très-largement calculées pour subvenir aux besoins accidentels d'une ventilation extraordinaire, les conduits d'arrivée et d'évacuation de l'air seront munis de ventelles, dont la manœuvre ne devra être qu'à la disposition d'un agent de la direction, afin de pouvoir modérer ou activer la ventilation, selon les circonstances, sans la laisser régler par les infirmiers.

460. Application à un autre dispositif cV appel à niveau. — Dans certains cas, et en particulier dans celui où les épaisseurs des murs et les conditions de la construction ne permettraient pas de pratiquer tous les conduits verticaux que nous venons d'indiquer, on pourrait concentrer l'action de l'appel dans une seule cheminée où circuleraient les tuyaux d'échauffement de l'air vicié et où viendraient à chaque étage, déboucher des conduits horizontaux qui, passant sous les planchers, amèneraient l'air vicié dans cette cheminée. Ce dispositif diminuerait le nombre des conduits ouverts dans les trumeaux et permettrait aussi de réduire le nombre de ceux qui seraient destinés à l'arrivée de l'air nouveau, en leur donnant seulement plus de largeur.

Il doit d'ailleurs être entendu que la cheminée générale d'évacuation serait alors partagée par des languettes en autant de conduits différents qu'il y aurait d'étages jusqu'au dessus du plus élevé, et qu'au niveau de chacun des étages, un appareil de chauffage serait disposé pour y activer l'appel, de manière à profiter dans tous les cas de la hauteur totale de la cheminée, au-dessus du plancher de l'étage.

Ce dispositif serait assez simple à réaliser dans les hôpitaux où des galeries servant de promenoirs, ou des corridors de service, régneraient à chaque étage, disposition, assez conve-

nable d'ailleurs, qui permet de répartir les malades dans de petites salles assez rapprochées pour que le service y soit facile, et qui a été adoptée pour l'asile du Vésinet.

Selon la nature et les conditions de la construction, on pourra préférer l'un ou l'autre dispositif. Tous sont basés sur le même principe, qui consiste :

1° A introduire l'air près du plafond ;

2° À l'extraire près des lits, à hauteur du sol, et à le diriger vers des cheminées chauffées à partir du niveau de chaque étage jusqu'à une certaine hauteur.

461. Application à un système de ventilation par appel par en bas. — Lorsque des considérations locales, ou le nombre restreint des étages, pourront engager à employer le système d'appel par en bas, les dispositions précédentes seront modifiées en conséquence, mais en suivant les mêmes principes.

Ce système se prête très-bien, comme on le sait, à l'emploi direct de la chaleur pour déterminer l'appel de l'air vicié, et il peut se combiner avec tous les appareils de chauffage.

Il est d'un service facile pour la ventilation d'été. Il faut seulement prendre des dispositions pour éviter que, lors de l'allumage du foyer, le tirage ne se fasse d'abord en sens contraire du sens normal. Des portes de clôture des galeries d'évacuation et des ouvertures spéciales d'appel pour l'allumage suffiront.

462. Application au système d'appel par en haut. — Enfin, si des dispositions locales obligent à placer la cheminée générale d'évacuation dans les parties supérieures de l'édifice, on suivra encore les mêmes règles et l'on pourra obtenir les mêmes effets en dépensant un peu plus de chaleur.

465. Application particulière aux petits hôpitaux et aux hôpitaux temporaires de campagne. — L'installation des appareils de circulation d'eau chaude, pour le chauffage et la ven-

tilation des hôpitaux, quoiqu'en réalité la plus avantageuse, au point de vue de la régularité du service et de l'économie de la dépense journalière, ne peut pas être adoptée dans certaines circonstances. Elle est assez coûteuse et peut dépasser les ressources d'une administration municipale. D'un autre côté, elle ne saurait être employée pour les hôpitaux temporaires, comme ceux que l'on est obligé d'installer en campagne.

Dans des cas pareils, tout en appliquant les principes ex-» posés précédemment et sans faire des constructions dispendieuses, il y a moyen d'obtenir encore une bonne ventilation.

Ainsi, pour des hôpitaux permanents, on peut avoir recours, pour le chauffage, aux calorifères à air chaud, en ayant soin de les placer, comme nous l'avons dit, dans des chambres à air assez vastes, pour qu'on puisse y produire un mélange convenable d'air chaud et d'air frais, afin de ne fournir aux salles que de l'air à une température modérée et suffisamment hygrométrique. •

Les arrivées d'air nouveau devront toujours être dirigées près du plafond, et les appels faits au niveau du plancher.

Quant à l'appel, il pourrait être déterminé, à chaque étage d'abord, à l'aide de la chaleur perdue par les tuyaux de fumée des calorifères, et ensuite, surtout l'été, par des foyers spéciaux établis extérieurement à la, même hauteur que l'étage et alimentés en partie par l'air vicié à extraire, et dont la température même contribuerait à son extraction. L'usage de foyers ou de poêles à coke, dont la marche est plus régulière que celles des poêles à houille, pourrait être avantageux dans certains cas.

Pour des hôpitaux de petites villes ou de campagne, de simples conduits en briques ou même en planches, placés en dedans ou en dehors des salles, rendus étanches au moyen d'enveloppes de toile ou même de papier, pourraient servir à l'introduction et à l'évacuation de l'air. Si l'on ne pouvait établir des cheminées spéciales, on utiliserait les con-

duits de celles des maisons occupées, en choisissant les plus grandes.

Les proportions des conduits devraient être déterminées d'après les bases admises précédemment, et le plus largement possible, eu égard à la nature des affections et des blessures.

Des prisons.

464. Les dispositions générales adoptées pour les nouvelles prisons paraissent convenables.

Dans les salles communes de détention, l'appel et l'arrivée de l'air se feront, comme dans les salles des hôpitaux, par des conduits ménagés dans les murs, mais il n'y aura pas de poêles.

Quant aux cellules, l'appel se fera par les sièges d'aisances, et l'arrivée de l'air près du plafond par un conduit vertical venant de la chambre à air des calorifères, ou contenant un tuyau de circulation d'eau.

Mais il sera nécessaire de ne pas donner aux conduits d'appel un développement aussi considérable que ceux que l'on a adoptés pour' certaines prisons, et qui ont nui à la régularité de l'évacuation de l'air vicié.

Dans ce cas, où l'on n'a pas à prévoir la nécessité d'une ventilation extraordinaire, on pourra donner aux conduits d'arrivée et d'évacuation de l'air des dimensions moindres que pour les hôpitaux, en admettant pour les premiers une vitesse de 0m,40 seulement, en été, et pour les seconds une vitesse de 0m,80; celle de la cheminée générale restant fixée de lm,50 à 2 mètres, avec rétrécissement à la partie supérieure, pour atteindre à la sortie celle de 3 mètres en une seconde.

Dès casernes.

465. La ventilation des casernes ne présente pas de difficultés spéciales, et les règles générales que nous avons indiquées précédemment s'y appliquent exactement. Si, dans

celles où l'on a fait des tentatives de ventilation, on a éprouvé beaucoup de difficultés à empêcher les soldats de boucher les orifices d'arrivée de l'air, c'est, comme l'ont très-bien fait remarquer MM. les officiers du Génie dans leurs rapports, parce que ces orifices, placés à fleur du sol, donnaient lieu à des courants d'air froid très-désagréables, et que les conduits d'évacuation, n'assurant pas convenablement la sortie de l'air vicié, devenaient parfois des conduits d'introduction par suite du renversement du mouvement.

Dans les casernes, comme partout ailleurs, il faut que l'air affluent arrive le plus loin possible des individus et à une température peu inférieure à celle que l'on veut maintenir à l'intérieur. Ainsi, pour l'hiver, une température de 15 degrés est très-suffisante pour des chambres de casernes ; il faudrait que l'air nouveau affluent vers le plafond n'arrivât pas à une température inférieure à 12 ou 13 degrés dans les chambres; ce qui exige qu'il soit souvent légèrement échauffé. De là résulterait, comme l'expérience l'a montré à la caserne Bonaparte, la nécessité d'une plus grande consommation de combustible que celle qui est accordée par les règlements.

D'une autre part, comme il ne convient pas de compter sur la seule action de la ventilation naturelle pour donner à l'appel l'énergie et surtout la stabilité nécessaire, il faut déterminer cet appel par réchauffement d'une cheminée d'évacuation commune à plusieurs chambres et à plusieurs étages. Ce résultat pourrait, dans un grand nombre de cas, être obtenu presque sans frais, si l'on profitait, pour réchauffement de cette cheminée, de la chaleur perdue des tuyaux de fumée des fourneaux de cuisine, qui sont énergiquement allumés deux fois par jour. A cet effet, le conduit de fumée, construit en briques minces ou en poterie, pourrait être enveloppé par la cheminée d'évacuation , qui serait partagée dans sa hauteur par autant de languettes qu'il y aurait d'étages et de chambres correspondantes.

La ventilation des chambres de casernes n'est réellement nécessaire que la nuit, seule partie de la journée où les

hommes y sont réunis , attendu que dans le jour ils sont presque toujours dehors. Alors, il convient d'allouer à chaque homme 40 mètres cubes d'air par heure. Si donc les chambrées sont de 12 hommes, il faudrait évacuer de chacune d'elles 480 mètres cubes d'air par heure, ou 0m,c,133 en une seconde, et en supposant que la vitesse d'évacuation soit seulement de un mètre en une seconde, une section de 0m,"*,13 suffirait pour une chambrée; ets'ily avait, dans un bâtiment double, à chaque étage quatre chambrées de douze lits, cela exigerait, pour les trois étages, une somme de sections égale à lm-i, 56. En y joignant la section centrale du tuyau de fumée, pour lequel un diamètre extérieur de 0m,35 serait très-suffisant, cela conduirait à placer, à la rencontre des murs de séparation des chambres, un massif de conduits de lm,50 de diamètre environ, dans lequel se trouveraient les douze conduits d'appel particuliers à chaque chambre ; ces conduits, isolés par des languettes jusqu'au grenier, se confondraient à partir de cette hauteur dans une même cheminée annulaire, ayant au centre la cheminée des cuisines, qui les dépasserait, et l'aire de cette section annulaire devrait être réduite à moitié environ de la somme des sections indiquées plus haut, ou à 0m,i,78, afin que la vitesse générale d'évacuation y devînt double et eût la stabilité nécessaire.

Des dispositions devraient être prises pour que l'évacuation de l'air vicié n'eût lieu que quand les hommes sont réunis dans les chambres, c'est-à-dire la nuit, afin de concentrer le plus possible dans la cheminée la chaleur que Je tuyau de fumée des cuisines pourrait lui communiquer pendant le jour.

On voit que la disposition que je viens d'indiquer succinctement pourrait donner, sans frais, à l'appel de l'air vicié une énergie très-probablement suffisante, et mettrait à l'abri des retours d'air froid.

Mais il resterait toujours la nécessité de chauffer, pendant l'hiver, à un degré convenable l'air nouveau à introduire

dans les chambres, et on ne peut se dissimuler qu'il n'en doive très-probablement résulter une certaine augmentation dans les quantités de combustible allouées aux soldats.

Il ne serait pas impossible cependant, je crois, de construire des fourneaux, suffisamment simples et économiques, qui, tout en conservant au soldat la facilité de se chauffer et de se sécher lorsqu'il rentre mouillé, communiqueraient à l'air introduit la température convenable.

Peut-être même des dispositions simples ayant quelque analogie avec les appareils de chauffage à l'eau chaude du palais de Sydenham, ou de l'hôpital de Guy, pourraient-elles être introduites économiquement dans les casernes, en permettant de retrouver le combustible qu'elles consommeraient par une économie sur celui que l'on brûle actuellement dans les chambres.

Cette nécessité d'échauffer un peu l'air n'existe d'ailleurs que pendant une partie de l'année, tandis que l'évacuation de l'air vicié pourrait se produire toute l'année à peu près sans frais.

Enfin, il est probable que l'assainissement des casernes aurait sur la santé des soldats une influence assez salutaire pour diminuer le nombre des maladies, et que l'État recouvrerait indirectement, par une diminution des dépenses des hôpitaux, les frais qu'il aurait faits pour assurer à ses défenseurs un état hygiénique plus convenable que celui qui existe aujourd'hui, et dont les inconvénients sont connus de tous ceux qui ont vécu avec le soldat.

Je crois les indications générales qui précèdent suffisantes pour servir de point de départ à des études plus détaillées, et je ne doute pas que, si MM. les officiers du Génie étaient chargés d'arriver à une solution efficace et cependant économique de cette question importante pour la santé de l'armée, ils ne sçussent très-bien la trouver.

Des écoles et des salles d'asile.

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