Ces locaux n'étant occupés que pendant quelques
heures dans la matinée et dans l'après-midi, et la surveillance du chauffage et de la ventilation ne pouvant être confiée à des agents spéciaux, l'on est obligé de recourir aux moyens les plus simples et aux appareils les plus faciles à régler, ce qui conduit nécessairement à l'usage des poêles ou des calorifères à air chaud.
L'emploi des poêles ordinaires en fonte avec circulation intérieure d'air, est rarement sans inconvénients, et presque toujours il donne lieu à des variations considérables et parfois incommodes dans la température. Il convient ici plus qu'ailleurs peut-être de joindre aux appareils de chauffage des capacités susceptibles d'assurer le mélange de l'air chaud et de l'air froid dans des proportions qui permettent de n'introduire dans les salles que de l'air à une température modérée.
D'une autre part, le chauffage ne devant avoir une certaine activité que pendant l'hiver, tandis que la ventilation doit fonctionner en tout temps, il faut prendre des dispositions pour que, au printemps et à l'automne, l'évacuation de l'air vicié, ainsi que l'arrivée de l'air nouveau soit assurées indépendamment du chauffage.
Il faut donc en général que, tout en utilisant l'hiver une partie de la chaleur des appareils de chauffage par le passage des tuyaux de fumée dans les cheminées d'évacuation, on se ménage des moyens auxiliaires pour activer l'appel, lorsque le chauffage doit diminuer d'intensité ou cesser tout à fait. Le mode le plus simple, et en même temps le plus avantageux, paraît être un foyer placé au bas de la cheminée d'évacuation et qui serait alimenté en partie par l'air vicié même que l'on veut extraire.
Il y a lieu d'ailleurs de distinguer les écoles qui se composent de plusieurs salles de celles qui n'en ont qu'une, parce que les dispositions à prendre, quoique toujours basées sur les mêmes principes, doivent être différentes.
Dans le premier cas, si les salles des diverses écoles font partie d'un même bâtiment, l'économie et la nécessité d'une
grande régularité dans le chauffage et la ventilation doivent engagera établir un appareil de chauffage unique disposé de manière à satisfaire à tous les besoins. Il sera placé le plus près possible des salles pour éviter les pertes de chaleur, et devra fournir pendant l'hiver celle qui sera nécessaire pour activer l'appel et l'évacuation de l'air vicié. L'air nouveau, chaud ou froid, devra encore déboucher dans les salles le plus loin possible des élèves et des orifices d'appel, c'est-àdire vers le plafond, afin qu'en obéissant à l'action de ces orifices il opère partout le renouvellement réel de l'air.
Pour régulariser ce renouvellement, il conviendrait de mé- Fis- 50- nager dans les parois verticales
des bancs ou de leurs extrémités des orifices d'appel qui communiqueraient tous, par un ou plusieurs conduits pratiqués sous le plancher, avec les conduits d'appel verticaux.
L'air vicié serait ainsi appelé des lieux mêmes où il aurait été altéré, et son remplacement amènerait nécessairement l'air neuf à la place de chacun des enfants; tandis que, dans le dispositif actuel, l'air vicié par les uns passant d'un banc à l'autre, se corrompt de plus en plus et n'arrive à la cheminée qu'après avoir infecté les derniers bancs.
Les conduits sous le sol aboutissant tous au bas des tuyaux verticaux d'évacuation, l'on profiterait ainsi de toute la hauteur du bâtiment pour activer l'appel, et en donnant à cette cheminée une section convenable, l'on pourrait obtenir l'évacuation du volume d'air suffisant.
Il est d'ailleurs évident que, dans un pareil dispositif, il n'y a pas lieu de pratiquer un orifice supérieur d'appel dans la cheminée d'évacuation pour l'été, et qu'en toute saison il est préférable de profiter pour cet appel de toute la hauteur de la cheminée.
Le volume d'air à extraire par tête dans les écoles étant de 15 mètres cubes par heure, et la vitesse de passage dans les tuyaux devant atteindre au moins ûm,70 à 0m,80 en 1", l'on
calculera les sections des conduits en conséquence, et on les multipliera assez, pour que l'appel se fasse dans toutes les parties de la salle.
Quant à la cheminée générale d'évacuation, dans laquelle tous les conduits afflueront, la vitesse devra y être de 2 à 3 mètres en une seconde, afin que la sortie de l'air y ait la stabilité nécessaire, et, à cet effet, il faudra établir un appareil auxiliaire d'écbauffement de l'air susceptible d'y produire dans l'air appelé une température supérieure de 20° en tous temps à celle de l'air extérieur. Cet appareil pourra être la plupart du temps un petit foyer placé au bas de la cheminée d'évacuation et activé par l'air vicié même que l'on veut extraire.
Au moyen de ces dispositions dont l'exécution ne présente pas de difficultés, l'on pourra assurer économiquement et régulièrement la ventilation des grandes écoles.
Quant aux petites, dans lesquelles il est d'ailleurs bien rare qu'il n'y ait pas au moins deux salles, l'on procéderait d'une manière analogue, mais plus en petit. Un poêle ordinaire en fonte avec ou sans enveloppe, ou un calorifère placé dans une petite chambre à air servirait à échauffer celui qui devrait pénétrer dans les salles, et son tuyau de fumée passerait dans la cheminée d'appel pour abandonner une partie de sa chaleur et servir à activer le tirage. En été, la communication de la chambre à air avec l'extérieur de la salle serait interceptée, et, au contraire, l'on ferait passer par le calorifère une partie de l'air vicié qui s'y échaufferait avant de passer par la cheminée d'appel, et le tirage de cette cheminée serait ainsi assuré. Il est d'ailleurs évident que dans cette saison le poêle ne devrait être que très-modérément chauffé et ferait simplement l'office du petit foyer auxiliaire adopté dans le dispositif actuel.
467. Des salles d'asile. — La ventilation des salles d'asile doit se faire au moyen des mêmes dispositions que celle des écoles. Les bancs des enfants dans ces salles étant d'ailleurs disposés en gradins, il en résulte une grande facilité pour
l'ouverture des orifices d'appel qui devront être pratiqués dans les parois de ces gradins, et en très-grand nombre, pour que la vitesse de passage soit insensible.
Si tous les enfants, ou du moins le plus grand nombre, reste habituellement placé sur les gradins, il suffira de mettre le dessous de ces gradins en communication avec la cheminée d'appel, que l'on devra d'ailleurs faire assez grande pour qu'elle puisse évacuer environ 8 mètres cubes d'air par enfant et par heure.
L'on trouvera dans la note A l'indication de dispositions conformes à°ce qui précède proposées par deux ingénieurs pour une école isolée.
Des amphithéâtres.
468. Ces locaux présentent des difficultés particulières assez grandes, sur lesquelles il importe de donner quelques indications.
Ils doivent d'abord être chauffés l'hiver à l'avance, afin, qu'à l'entrée du public, la température y soit convenable, de 16 à 18° au moins, mais le chauffage doit être réglé et modéré, en prévision du nombre à peu près connu d'auditeurs, qui fréquentent le. cours, afin que la température ne tende pas à s'élever trop promptement, quand ils seront tous arrivés.
Une fois le cours commencé, la température peut augmenter, et il importe de se réserver les moyens de la modérer en extrayant l'air vicié et en introduisant de l'air nouveau à une température convenable.
Les opinions sur la marche à suivre pour l'extraction et l'introduction de l'air sont assez diverses dans ce cas, comme dans bien d'autres.
M. Péclet, dans la 38 édit, 3e vol., p. 152, n° 2291, s'exprime ainsi qu'il suit, en ce qui concerne la ventilation des amphithéâtres :
« La meilleure disposition consiste à amener l'air au-dessous de l'amphithéâtre, à le distribuer uniformément, par un très-grand nombre d'orifices, à le recueillir au sommet de la
salle pour le conduire à une cheminée d'appel partant des combles, ou mieux pour le faire descendre au niveau du sol, par un tuyau placé au dehors et qui le dirige dans une cheminée d'appel. »
Plus loin (n° 2293), il ajoute : « Le meilleur mode de distribution de l'air dans la salle consiste à l'introduire par des ouvertures pratiquées à la partie supérieure des contre-marches ou à une certaine hauteur dans les faces de devant ou de derrière des bancs; la somme des surfaces de ces orifices étant très-grande, relativement à la section de la cheminée d'appel, la vitesse d'arrivée serait très-petite, etc. »
Les observations nombreuses que j'ai recueillies et que chacun peut répéter, m'ont montré, ainsi que je l'ai déjà dit, qu'il y a des inconvénients très-sensibles à faire affluer l'air nouveau, chaud ou frais, près des personnes placées dans une salle. Cet air est toujours nécessairement à une température différente de cette salle, plus chaud s'il s'agit d'élever, ou même parfois seulement de maintenir la température intérieure, ainsi que cela arrive en hiver, pour compenser l'effet du refroidissement occasionné par les parois, et s'il y a peu de monde dans l'amphithéâtre, plus froid au contraire, si la température extérieure est un peu élevée et s'il y a beaucoup d'auditeurs.
Dans un cas comme dans l'autre, le voisinage des orifices d'affluence de l'air est désagréable, et quelque soin que l'on prenne d'y limiter la vitesse en leur donnant la plus grande étendue possible, il est rare qu'elle puisse être au-dessous de 0m,40 à 0m,50, et dès lors elle produit une sensation parfois incommode.
L'exemple même de la salle des Communes, en Angleterre, dont j'ai fait connaître la disposition ainsi que les inconvénients, où l'air arrive sous les pieds des membres de la Chambre et des auditeurs des tribunes, par plusieurs milliers de petits orifices, semble montrer que, malgré cette division en un grand nombre de filets, l'affluence de cet air était gênante, puisqu'il a fallu recouvrir ces orifices par un tapis de
crin étendu sur ce plancher et opposer ainsi à l'introduction de l'air une résistance considérable qu'il convient d'éviter. L'enquête citée a, en outre, signalé d'autres défauts de ce système.
L'expérience d'inconvénients analogues, a été récemment faite dans la salle d'assemblée du Sénat, comme je le ferai connaître plus loin dans une autre partie de ces études.
Il ne me semble donc pas convenable pour les amphithéâtres, plus que pour tout autre local du même genre, d'admettre l'air nouveau par le plancher, par les marches ou les contre-marches. Il faut, au contraire, ici comme ailleurs, le faire affluer le plus loin possible des auditeurs, et comme il peut être nécessaire souvent le même jour et d'un cours à un autre, de faire varier sa température dans certaines limites, il faut adopter des dispositions qui permettent de rendre le mélange d'air chaud et d'air froid aussi complet et aussi facile à modifier que possible, avant qu'il n'arrive au contact des auditeurs. C'est là, il faut le dire, la condition la plus délicate à bien remplir, et les amphithéâtres sont peut-être le cas où la difficulté se présente au plus haut degré.
Après y avoir beaucoup réfléchi et avoir observé bien des effets divers de l'introduction et de l'évacuation de l'air, voici la solution qui m'a paru la plus sûre et à laquelle je me suis arrêté pour les amphithéâtres du Conservatoire. Elle y est déjà appliquée pour l'un d'eux aussi complètement que les conditions locales ont pu le permettre, dans un bâtiment anciennement construit.
L'air vicié étant celui qu'il est nécessaire d'évacuer, il convient de l'empêcher de se répandre dans la salle, et par conséquent de l'extraire là même où il est vicié, c'est-à-dire le plus près possible des individus, par des orifices ménagés dans les contre-marches ou dans le derrière des marches, pour le faire passer au-dessous de l'amphithéâtre.
Ces orifices pouvant être très-multipliés et offrir, par conséquent, une surface totale très-grande, la vitesse d'appel y sera généralement assez faible ; mais l'expérience prouve ce-
pendant qu'elle peut atteindre 0m,75 et même 1 mètre en une seconde, sans être sensible ni gênante à une distance de 0m,25 à 0m,30 seulement des orifices. Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, que cet air extrait étant à la température même de la de la salle, son mouvement ne produit pas une impression aussi sensible qu'un courant plus chaud ou plus froid.
Le dessous des amphithéâtres doit être mis en communication avec une cheminée d'appel dans laquelle un foyer à feu nu sera placé au-dessus du sol pour activer le mouvement de l'air appelé de l'intérieur de l'amphithéâtre.
Des registres, disposés en des endroits facilement accessibles aux agents du service, permettront de régler, de modérer et même de faire cesser l'appel, selon les conditions variables de température et d'affluence du public, ou dans le cas où l'amphithéâtre est vide.
L'introduction de l'air nouveau présente deux phases principales et très-distinctes. Dans la première, qui précède l'arrivée du public, l'amphithéâtre doit être amené à une température modérée qui cependant peut être élevée à 18°. A ce moment, il est évident que l'appel de l'air de l'intérieur à l'extérieur, doit, en gériéral, être complètement interrompu et, afin qu'il s'établisse dans toute la salle une température convenable, il paraît naturel d'admettre que l'air chaud sera alors introduit par des ouvertures communiquant avec les calorifères et débouchant dans le sol aux points les plus bas.
Dans la seconde période il faut, au contraire, peu de temps après l'entrée des auditeurs et suivant leur nombre plus ou moins grand, extraire une portion de l'air vicié et déjà plus ou moins échauffé et le remplacer par de l'air pur. Or, cet air frais serait, ainsi qu'on l'observe journellement, fort incommode si sa température était très-inférieure à celle de l'air intérieur, et surtout s'il affluait trop près des auditeurs.
De là résulte : 1° la nécessité d'introduire d'abord l'air nouveau dans une capacité que nous avons appelée chambre de mélange, où par l'affluence simultanée d'air chaud et d'air frais, en proportions que l'on puisse facilement régler, on se
réserve le moyen de n'admettre dans la salle que de l'air à une température convenable.
2° L'obligation non moins impérieuse de placer les orifices d'arrivée de cet air frais le plus loin possible des auditeurs, c'est-à-dire vers le plafond de l'amphithéâtre, si les dispositions locales le permettent, ou au moins à une certaine hauteur. Quelquefois, quand les amphithéâtres seront vastes et qu'il y aura d'un côté entre la table ou la chaire du professeur, et de l'autre entre les entrées du fond et les premiers bancs d'auditeurs un espace suffisant, l'on pourra ouvrir dans les parois verticales correspondantes des orifices d'admission. Mais en général, toutes les fois que la construction le permettra, il sera préférable de faire arriver cet air frais par le plafond ou par les corniches, au moyen d'orifices proportionnés, de manière que la vitesse moyenne n'excède pas 0m,40 à 0m,50 en \".
Il est entendu, d'ailleurs, que l'été l'on devra prendre cet air dans des lieux où il sera le plus frais possible, sans cesser d'être pur, et du côté des bâtiments qui ne sont pas exposés à l'ardeur du soleil.
Il serait aussi fort convenable pour les amphithéâtres destinés à des cours du soir que des dispositions, faciles d'ailleurs à adopter, analogues à celles que j'indiquerai pour les théâtres et les salles de bal, fussent prises pour utiliser au profit de l'appel de l'air vicié, la chaleur incommode et les gaz développés par les appareils d'éclairage. Tout au moins faudrait-il, si l'on ne peut les utiliser, faire évacuer à l'extérieur ces gaz qui altèrent et échauffent l'air intérieur.
Les dispositions que nous venons d'indiquer seront d'ailleurs faciles et peu dispendieuses à réaliser, si l'architecte s'occupe de la ventilation et du chauffage en même temps que de la construction.
469. Application des règles précédentes aux amphithéâtres du Conservatoire des arts et métiers. — Au mois d'avril 1852, j'avais communiqué à l'Académie des sciences, dans sa
séance du 26 de ce mois, les résultats que j'avais obtenus à la suite de quelques améliorations introduites dans les appareils de ventilation du grand amphithéâtre du Conservatoire. A cette même époque j'avais constaté qu'à l'aide d'une action énergique d'un foyer et d'une cheminée d'appel on pouvait extraire de cet amphithéâtre jusqu'à I2000m,c d'air par heure, ce qui correspondait à 15 mètres cubes par auditeur, et que cette ventilation suffisait pour que la différence de température entre le bas et le haut de l'amphithéâtre n'excédât pas habituellement un à deux degrés.
Mais cette énergie de l'appel était dès lors difficile à maintenir , par suite de l'exiguïté et du petit nombre des orifices d'appel ainsi que des faibles dimensions des conduits et de la cheminée; elle exigeait un feu très-actif ; les orifices de rentrée d'air nouveau n'étaient nullement suffisants et donnaient lieu l'hiver à des courants d'air froid très-désagréables, qui obligeaient à restreindre l'appel. Enfin, le petit amphithéâtre n'étant nullement ventilé, je dus m'occuper d'un travail d'ensemble comprenant le chauffage et la ventilation de ces deux amphithéâtres, afin d'en assurer la salubrité dans l'intérêt commun de MM. les professeurs et du public si nombreux qui suit les cours.
470. Ventilation des amphithéâtres du Conservatoire des arts et métiers. — Pour y parvenir j'ai cherché à appliquer, autant qu'il m'a été possible, les règles précédentes à ces amphithéâtres dont la ventilation, insuffisante pour le plus grand et nulle pour le plus petit, donnait lieu à des inconvénients assez graves.
La disposition des lieux offrait des difficultés qui n'existeraient pas pour des constructions nouvelles, et nous avons été obligés à prendre des dispositions moins simples que nous n'aurions voulu; mais cet exemple n'en sera peut-être que plus utile en ce qu'il montrera que Ton peut toujours, quand on le veut, améliorer un état de choses défectueux.
L'on sait que le Conservatoire a deux amphithéâtres : l'un
rectangulaire, ayant 210 mètres carrés de superficie horizontale, qui contient parfois plus de 700 auditeurs, ce qui correspond à 3.30 personnes par mètre carré; l'autre demicirculaire, ayant 150 mètres carrés de superficie et ne recevant que 360 à 370 auditeurs, ce qui correspond à 2.40 auditeurs par mètre carré. Ils sont chauffés par des calorifères à l'air chaud, et celui du petit amphithéâtre dessert en outre la bibliothèque pendant le jour.
La disposition des bâtiments existants ne nous permettait pas de trouver place pour une cheminée d'appel particulière à chaque amphithéâtre dans son enceinte, et nous avons été conduits à établir au milieu de la cour une cheminée spéciale destinée à servir à l'évacuation de l'air vicié de tous les deux.
Cette cheminée, tronconique, a 18 mètres de hauteur, 2m,60 de diamètre à sa base et 2m,10 de diamètre à son sommet. Elle est entourée extérieurement par un fourneau recouvert d'un auvent pour le service des laboratoires, lorsqu'il y a des préparations infectantes à faire.
A sa base débouchent deux galeries de 2ra,45 de hauteur sur lm, 11 de largeur, offrant une section de passage de 2m,i, 593 et qui sont en communication avec le dessous des gradins des amphithéâtres.
Des portes, dont on peut régler l'ouverture, sont placées vers cette origine, afin de permettre d'activer ou de modérer, selon les besoins, l'énergie des appels.
Une grille de lm,22 sur lm,22, ou lm,"ï,502 de surface,, est placée à lm,06 de hauteur au-dessus du sol, à la base de la cheminée, et reçoit un feu de houille dont la chaleur détermine l'appel de l'air vicié et subsidiairement la rentrée de l'air pur.
Dans les parois verticales des gradins des amphithéâtres sont pratiquées des ouvertures grillées qui se trouvent immédiatement derrière les jambes des auditeurs. Si les amphithéâtres n'avaient pas été construits, j'aurais fait disposer ces parois un peu en retraite, par rapport au bord des bancs ;
mais, pour éviter un remaniement trop grand, nous les avons laissées telles qu'elles étaient.
Ces orifices d'appel sont au nombre de 145 pour le petit amphithéâtre et offrent une section libre de 4m'i,6878, ce qui, à raison de 360 auditeurs, revient à 0ra-i,013 par personne. Dans le grand amphithéâtre il y en a 68, offrant une section libre de 0m,f,00 718 par personne, en comptant sur 700 auditeurs. Il y aura lieu d'en augmenter le nombre, si la disposition des charpentes le permet.
471. Chauffage et arrivée de l'air nouveau. — En ce qui concerne le chauffage et l'arrivée de l'air nouveau, nous n'avons pu en 1862 compléter que l'installation des appareils du petit amphithéâtre et commencer seulement en partie celle du grand. Nous nous occuperons donc principalement du premier.
Le calorifère à air chaud a une surface de chauffage totale de 49m,%51 et l'amphithéâtre une capacité de 1484m,% ce qui correspond à 33™ i,4 par 1000 mètres cubes de capacité à chauffer et à ventiler. Mais il faut rappeler que ce calorifère doit aussi chauffer la bibliothèque.
La prise d'air du calorifère se fait dans la cour des amphithéâtres, et l'air extérieur arrive dans une chambre où il se partage en deux portions, dont l'une traverse cet appareil pour s'échauffer, et dont l'autre se mêle plus loin à la première, pour fournir à l'intérieur de l'amphithéâtre de l'air à une température convenable. Ce mélange s'opère et se varie, selon les besoins, au moyen de registres que manœuvre le chauffeur, d'après les indications des thermomètres placés à l'intérieur de l'amphithéâtre. Les dispositions dont nous venons de parler, sont relatives à l'air nouveau qui doit être introduit dans la partie inférieure de l'amphithéâtre, au pied et le long du mur de fond, parallèlement au plan du tableau, par des grilles placées à fleur du plancher. Je crois devoir dire à ce sujet que, si j'ai dérogé à la règle que j'ai posée précédemment de ne jamais faire déboucher l'air
à fleur du plancher, c'est que j'ai été arrêté par quelques difficultés locales et que ces grilles sont à une certaine distance du public. A l'aide de dispositions particulières, et surtout en ayant soin de ne faire arriver dans l'intérieur que de l'air à une température très-voisine de celle qu'on veut y conserver, l'on est parvenu à éviter presque entièrement les inconvénients que l'on pouvait craindre de ce mode d'introduction. Cependant, je n'engagerai pas à l'imiter, et il est probable que je modifierai cette disposition, en faisant affluer cet air à 3 ou 4 mètres au-dessus du sol, lorsqu'il s'agira de la ventilation de printemps ou d'été.
La plus grande partie de l'air nouveau nécessaire à l'assainissement de l'amphithéâtre est fournie par des orifices ménagés au-dessus de la corniche qui règne à la naissance de la voûte hémisphérique.
Ces orifices rectangulaires ont chacun un développement de 8m.40 sur 0m.40 de hauteur, et présentent ensemble une surface libre de 3m-<U8, soit 0m"i.008 par auditeur. Ils sont ouverts dans la paroi d'un canal en arc de cercle , composé de deux parties , construit dans le comble , en arrière de la voûte, concentriquement à la salle.
Sur la corniche et devant ces orifices , l'on a établi ultérieurement, et par des motifs dont je parlerai plus loin, une sorte de paravent de 0m.55 de hauteur, qui dirige l'air tangentiellement à la voûte, et l'empêche d'affluer directement vers les spectateurs.
Enfin, deux ouvertures circulaires de 0m.95 de diamètre, garnies de grilles et offrant une surface libre de 0m,i.75l3, sont pratiquées dans le tympan, auquel est limitée la voûte hémisphérique, et fournissent aussi de l'air nouveau, de sorte que la surface totale des orifices d'admission de l'air est égale à 3m-i,93, ce qui revient à 0m-i,011 par auditeur.
Ces deux derniers orifices, comme ceux de la corniche, sont alimentés par un mélange d'air chaud et d'air froid, obtenu et réglé de la manière suivante : l'air chaud est envoyé par le calorifère dans deux conduits rampants passant sous
les gradins aux deux extrémités de l'hémicycle ; il débouche dans un conduit vertical pour gagner le conduit circulaire de distribution établi en arrière de la corniche, dans le sens duquel il est dirigé par une languette horizontale de 3 mètres de longueur environ. Presque directement au-dessus de ce conduit d'air chaud ascendant se trouve une cheminée d'introduction d'air extérieur débouchant au-dessus du toit, et par laquelle, sous l'action de l'appel, il se produit un courant descendant qui est dirigé par la même languette dont nous venons de parler, dans le conduit circulaire de distribution.
Il se développe ainsi deux courants verticaux, l'un ascendant et inférieur d'air chaud passant sous la languette, l'autre descendant d'air froid passant au-dessus de cette même languette. Ils arrivent dans le même sens dans le conduit de distribution, et quand ils sont parvenus à l'extrémité de la languette qui les séparait, le courant d'air chaud, plus léger, se mêle nécessairement au courant d'air froid. Ce dispositif me semble à la fois le plus simple et le plus sûr qu'il soit possible d'employer.
Des registres, disposés dans les deux conduits d'air chaud et d'air froid, permettent de varier la proportion du mélange, de manière à l'amener à la température convenable.
Pour éviter que les portes qui donnent accès au public, soit dans l'amphithéâtre même, soit dans l'enceinte réservée , n'y produisent , par leur ouverture ou par leur fermeture incomplète, des courants d'air désagréables, nous avons fait disposer dans le couloir circulaire d'arrivée du public deux bouches de chaleur qui y maintiennent une température peu inférieure à celle de l'amphithéâtre. De plus, entre les portes qui, de part et d'autre, conduisent dans l'enceinte réservée et au siège du professeur, deux autres bouches, venant aussi des calorifères, versent de l'air chaud dans le même but.
Tel est l'ensemble des dispositions prises pour le petit amphithéâtre. Elles ont été exécutées avec beaucoup de soin et d'intelligence par M. Guérin, ingénieur de la maison Léon
Dnvoir-Leblanc, et nous ont fourni les résultats que nous allons faire connaître. Mais auparavant il peut être utile de parler de plusieurs observations qui nous ont conduits à des améliorations de détail qui ne sont pas sans importance, et surtout à régler la conduite des appareils.
472. De la température qu'il convient de maintenir dans un amphithéâtre. Au moment où l'on a commencé à faire fonctionner le chauffage et la ventilation, je croyais, d'après l'expérience ordinaire des lieux habités, qu'une température de 16 à 18° était celle qu'il convenait de maintenir dans un amphithéâtre rempli d'auditeurs, et les appareils furent conduits en conséquence. Je pensais aussi que, pour empêcher l'élévation de la température intérieure et compenser l'effet de la chaleur développée par les auditeurs et par les appareils d'éclairage , il fallait n'introduire dans la salle que de l'air à une température de quelques degrés inférieure à celle que l'on voulait y maintenir.
L'observation ne tarda à me faire reconnaître qu'il y avait là une double erreur, et qu'il n'en est pas d'un lieu abondamment ventilé comme d'un appartement qui ne l'est pas.
Toutes les fois que la température intérieure est descendue à 18° ou un peu au-dessous, MM. les Professeurs comme les auditeurs ont trouvé qu'il faisait trop frais, et nous sommes successivement arrivés à maintenir le plus habituellement cette température à 19 ou 20°, et même 21°, quel que fût le nombre des auditeurs.
Quanta l'air affluent, pour qu'il ne causât pas une sensation désagréable, il a fallu lui donner dans le bas une température presque égale à celle de l'intérieur, et dans le haut, au pourtour de la corniche, trois à quatre degrés de moins au plus.
Des observations analogues , faites au grand amphithéâtre et dans la salle de spectacle du Théâtre- Lyrique, ont même montré que dans un lieu bien ventilé on supporte très-bien et même volontiers une température de 22 à 23°, qui, sans ventilation, paraîtrait très -désagréable. J'ajouterai que dans
une séance d'expérimentation où je suis resté avec cinq autres observateurs pendant plus de quatre heures de suite dans la coupole du Théâtre-Lyrique, nous avons pu supporter, sans qu'aucun de nous en ait été incommodé, une température de 26" dans un air continuellement renouvelé.
475. Dispositions prises pour V arrivée de Vair nouveau. — Une autre observation nous a montré d'une manière frappante la nécessité de faire arriver l'air nouveau aussi loin que possible des auditeurs. Dans les premiers jours de la mise en service des appareils, les orifices ouverts dans la voûte au-dessus de la corniche n'étaient pas masqués par un paravent, et l'air arrivait alors à peu près horizontalement ; l'appel l'attirait trop rapidement vers les orifices d'évacuation ouverts dans les gradins. J'avais prévu cet effet, mais, désireux de le bien constater, je n'avais pas voulu l'empêcher d'abord. Dès qu'il eut été reconnu qu'il était gênant, je lis établir le panneau ou paravent tel qu'il existe actuellement.
Enfin les deux ouvertures circulaires ménagées dans le tympan, quoique placées à près de 4 mètres au-dessus des gradins, donnent lieu à un courant d'air sensible, quoique faible. Il y aura lieu aussi de changer la direction de ce. courant et de le dévier vers les parties supérieures à l'aide d'un paravent.
474. Résultats a" observation. — L'élévation de la température dans les amphithéâtres étant la principale cause du malaise qu'on y éprouve souvent, mon attention s'est d'abord portée sur la réglementation des températures. L'on y est parvenu très-promptement à l'aide des registres qui, pour chaque orifice d'arrivée de l'air nouveau, permettent de proportionner à volonté les volumes d'air chaud et d'air froid , en ouvrant plus ou moins la porte d'accès de l'air vicié dans les galeries d'appel, et enfin en activant le foyer de la cheminée d'évacuation, selon que la température extérieure était plus ou moins élevée.
Au bout de très-peu de jours, le chauffeur est devenu si familier avec la marche des appareils, que, quels qu'aient été le nombre des auditeurs et les températures extérieures , il est parvenu à renfermer les températures intérieures, dans le bas et dans le haut de l'amphithéâtre , entre les limites de 19, 20 et 21 degrés centigrades.
C'est ce que constate tous les jours et pour toutes les séances un registre d'observations dont je me borne à extraire les chiffres relatifs à une quizaine.
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