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557. Conséquences des expériences précédentes. — Il résulte donc de ces expériences : 1° que l'emploi de l'enveloppe de verre dépoli diminuerait l'intensité de la lumière dans le rapport de 100 à 75, et que par conséquent, pour assurer avec cette enveloppe un éclairage équivalent à celui que l'on obtient sans enveloppe, il faudrait augmenter le nombre des becs dans le rapport de 100 à 133; 2° que, par une combinaison convenable de la carburation et de l'emploi d'une enveloppe en verre dépoli, l'on peut augmenter l'intensité de la lumière que fournirait un bec ordinaire avec enveloppe de verre dans un rapport voisin de celui de 2 à 1.
Mais, en ce qui concerne l'emploi des gaz carbures dans l'éclairage intérieur des lieux publics, la question industrielle de la production des matières propres à opérer cette carburation a paru trop incertaine et trop complexe pour que la Commission ait cru devoir, dès à présent, en admettre l'emploi, qui d'ailleurs ne paraît pas exempt de danger.
538. Éclairage de la scène par une rampe placée au-dessous du plancher. — Deux ou trois mois après les essais faits sur une rampe enveloppée dans le double but de préserver les acteurs des chances d'accidents, et d'utiliser pour la ventilation la chaleur développée par les becs d'éclairage de la rampe, M. Lissajous, professeur de physique, a proposé un dispositif différent qui a été exécuté avec certaines modifications par M. Melon et appliqué au théâtre de l'Opéra.
Cette rampe est placée au-dessous du plancher de la scène, et n'est visible ni pour le public, ni pour les acteurs. Elle est enveloppée, comme la précédente, et les gaz de la combustion s'échappent par deux cheminées placées aux deux extrémités; mais on ne s'est pas proposé de les utiliser pour la ventilation. Ce qui caractérise particulièrement ce dispositif, c'est que la lumière fournie par les becs de gaz est, à l'aide de miroirs courbes convenablement disposés, réfléchie et renvoyée sur la scène. Les résultats obtenus pour cette rampe qui, à ses avantages propres, réunit ceux que l'on
s'était proposé d'obtenir avec celui que nous avons essayé au Conservatoire, ont paru assez grands pour déterminer son adoption d'abord à l'Opéra, et depuis pour l'un des nouveaux théâtres de la place du Châtelet. Elle n'a cependant été conservée qu'à l'un de ces théâtres, probablement par suite de quelque défaut d'installation.
o59. Observation sur les précautions à prendre dans la construction. — Il n'est pas inutile de faire remarquer que la circulation de l'air chaud, à des températures assez peu élevées, de 100°, par exemple, paraît exercer, par sa continuité, sur les bois, une influence désorganisatrice assez sensible. La prudence doit donc engager à n'employer que du fer ou de la maçonnerie comme matériaux de construction dans le voisinage des tuyaux que l'air devrait parcourir à des températures aussi élevées, ce qui, du reste, arrivera rarement.
MO. Il y a lieu d'espérer que les moyens précédents, convenablement appliqués, suffiront dans la saison d'hiver, où l'abaissement de la température extérieure contribuera naturellement à favoriser l'action des appels; mais il peut y avoir, même dans cette saison, et en particulier à l'époque des bals, telles circonstances qui exigent un surcroît d'énergie dans la ventilation. D'ailleurs, l'été, l'action des calorifères et celle de l'air qu'ils fournissent faisant défaut, tandis qu'à l'inverse l'élévation de la température extérieure devient une difficulté de plus, il paraît indispensable de ménager des moyens auxiliaires pour assurer et même pour accroître l'activité des appels.
La Commission a pris connaissance de quelques-uns des résultats obtenus dans les recherches qui s'exécutent, soit au Conservatoire des arts et métiers, soit dans quelques établissements publics, avec l'autorisation et le concours de la Direction de l'Assistance publique.
Sans reproduire ici les résultats de ces recherches, qui sont rapportés dans les chapitres précédents, je me bornerai à rappeler que l'addition d'un certain nombre de becs de gaz,
convenablement répartis dans une cheminée d'appel de hauteur suffisante, y produit un surcroît très-notable de ventilation.
Il y a donc là un moyen auxiliaire puissant, d'un usage tellement commode et rapide, si facile à faire agir, à modérer ou à suspendre, qu'il peut, malgré le prix du gaz, devenir même économique en certaines occasions, et qu'en tout cas, il importe de se réserver les moyens de l'utiliser.
On doit ajouter que cet usage de la chaleur des becs de gaz, comme moyen auxiliaire, ne doit nullement dispenser pendant l'été de se servir des foyers ordinaires établis au bas des cheminées d'évacuation de l'orchestre et du parterre, pour y déterminer une élévation de température qui active l'appel à l'intérieur de la salle; mais il sera nécessaire de faire circuler la fumée et les gaz provenant de ces foyers dans des tuyaux particuliers contenus dans les cheminées, pour éviter les dangers du passage de la fumée par quelques-uns des tuyaux d'appel. Il peut, en effet, dans les salles de spectacle, se produire tant de variété dans les courants d'air, par des circonstances impossibles à prévenir, qu'il importe de se mettre en garde contre toutes les éventualités.
On ne terminera pas sans faire remarquer que si , pour la stabilité de la ventilation, il est nécessaire que l'air ait à sa sortie une certaine vitesse, que l'on peut obtenir par un rétrécissement convenable du débouché supérieur des cheminées, il faut aussi, pour bien utiliser la chaleur, que la vitesse de ces cheminées ne dépasse pas certaines limites.
S41.. Dispositions à prendre pour assurer et. régler le service du chauffage et de la ventilation. — Ces deux services ne peuvent être assurés que par une observation régulière des circonstances atmosphériques, du nombre des spectateurs, et une grande attention dans l'emploi opportun des moyens. Il n'y a en réalité rien de difficile dans le maniement des appareils, mais il faut y mettre du soin, et l'on ne peut s'en rapporter à un seul homme, et encore moins aux directeurs des
théâtres, toujours intéressés à dépenser le moins de charbon et de gaz possible. Il est donc indispensable d'en confier la surveillance à des agents spéciaux, responsables de la régularité du service; sans un pareil contrôle, régulier, indépendant des entreprises théâtrales, les meilleurs appareils peuvent donner de mauvais résultats ou cesser complètement de fonctionner. Nous en fournirons des exemples plus loin.
M2. Programmes adoptés pour la rédaction des nouveaux projets. — C'est d'après l'ensemble des expériences et des observations précédentes, que la Commission avait adopté les programmes suivants pour la construction des appareils de chauffage et de ventilation des deux nouveaux théâtres de la place du Châtelet.
Théâtre-Lyrique.
1. Le chauffage de la salle, des vestibules, des escaliers, des corridors, de la scène, des foyers et des loges d'artistes, sera fait par des calorifères à air chaud.
La température moyenne dans tous ces locaux ne devra pas descendre en hiver au-dessous de 15° centigrades.
2. La prise d'air générale aura lieu par une galerie qui ira déboucher dans le jardin public voisin, au-dessus du niveau des hautes eaux. Des dispositions seront prises pour que l'air affluent puisse être, selon les besoins, dirigé soit dans les calorifères, soit dans la chambre à air.