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Salle tout à fait pleine

6. Les registres d'évac ation du 46 étage fermés par la direction.

7. Les becs de gaz des loges ne sont pas allumés. Tous les registres des grands calorifères sont fermés, après l'entrée du public, par ordre du directeur.

L'on a eu pour les températures moyennes :

Sur la scène 1 8°,9

Aux stalles d'orcheslre et aux baignoires.. 21°,56

Aux loges diverses 2-2°, 36

A l'amphithéâtre 23°,33

L'on voit donc que, même dès le début du service, qui était loin d'être convenablement réglé, il a été possible d'obtenir dans la saison d'hiver des températures convenables, soit sur la scène, soit aux divers étages de loges.

Le jour le plus froid pendant cette période d'observations a été le 16 décembre, où la température extérieure a été de — 0,5. Malgré cela, avec un feu très-modéré, l'on a maintenu à la scène la température de 18 à 19°, aux stalles d'orchestre et aux baignoires 22°, à l'amphithéâtre 23°. Il est même arrivé que par une fermeture anticipée des registres d'évacuation de cet étage, la température s'y est élevée mal à propos jusqu'à 25°,5.

Pendant toute cette période d'observations les feux ont été conduits modérément, et si la température extérieure baissait, il serait très-facile de maintenir celle de l'intérieur au degré convenable, sans diminuer la ventilation. Si donc il arrive parfois que, dans ce théâtre, le public ait lieu de se plaindre qu'il y fait froid, ce n'est ni aux appareils de chauffage ni aux effets de la ventilation qu'il faut en attribuer la cause, mais bien à une économie mal entendue du combustible.

Le jour le plus chaud de la période d'observations a été le 7 décembre, où la température extérieure a été de +13°5 malgré cette circonstance les températures intérieures ont été :

A la scène . 18°, 5

Aux stalles d'orchestre et aux baignoires. . . 2 3°, 5

Aux loges 22°, 5

A l'amphithéâtre 23°,5 à 24°,5

Enfin, si l'on se reporte aux expériences du 24 septembre 1862, faites un soir où la température exlérieure était de 16°,8, et où, pour déterminer l'appel et lui donner delà régularité afin de compenser l'absence du public, l'on avait cru devoir chauffer un peu les calorifères, de manière à donner à l'air affluent par les entrevoux une température de 22°,3, l'on verra encore que la température intérieure de la

salle ne s'est pas élevée au-dessus de 22 degrés, alors que l'éclairage était à peu près complet.

565. Conclusion générale des expériences précédentes. — De l'ensemble de ces observations , que j'aurais continuées et multipliées si la mauvaise volonté inintelligente du directeur n'y avait apporté des obstacles, il me paraît au moins permis de conclure * :

1° Que les appareils de chauffage sont très-suffisants pour assurer à l'intérieur une température convenable pendant l'hiver.

2° Que le volume d'air nouveau introduit par les orifices disposés à cet effet peut atteindre 25 000 à 30 000 mètres cubes par heure, ce qui correspond pour la salle pleine ou pour 1640 places à 15m,c,8 ou à 18m,c,29 par place et à 20m,c,83 ou à 25 mètres cubes pour le nombre moyen de 1200 spectateurs.

3° Que le volume d'air vicié évacué a dépassé 60 000 mètres cubes par heure, ce qui, pour la salle pleine ou 1640 places, correspond à 36mc,58, et pour 1200 spectateurs à 50 mètres cubes par heure et par spectateur.

4° Que l'été, si l'on conserve à l'appel une activité suffisante, les mêmes résultats pourront être obtenus, mais qu'il est regrettable que les orifices auxiliaires d'admission de l'air, qui avaient été demandés spécialement pour cette saison par la Commission, n'aient pas été réservés malgré ses réclamations.

Lorsque des appareils donnés bien construits et en bon état ont fourni facilement pendant un certain temps de semblables résultats, il suffit d'une surveillance active et d'une bonne volonté intelligente pour les obtenir avec continuité. Par conséquent, si dans une pareille salle de spectacle il fait

* Les expériences ont été, comme on Pa dit plus haut, reprises plus tard, mais après l'impression de cette partie des Études. On en trouvera les résultats à la note D.

tantôt trop froid, tantôt trop chaud, il est bon que le public sache que ce n'est pas aux appareils ni aux dispositifs adoptés qu'il doit s'en prendre, mais bien à ceux qui sont chargés de les maintenir en activité et de les faire fonctionner.

566. Utilisation de la chaleur développée par le gaz brûlé dans la coupole au profit de la ventilation. — Il est assez difficile d'estimer cette utilisation, parce qu'il faudrait, pour l'apprécier avec quelque exactitude, déterminer la consommation de gaz réellement faite pendant la durée des expériences sur les volumes d'air écoulés, et que nous n'avons pas eu les facilités nécessaires pour de pareilles observations comparatives. Je vais néanmoins chercher à en obtenir une valeur approximative.

D'après des renseignements que j'ai lieu de croire exacts, la consommation habituelle de gaz par minute est de lm c,76 pendant les actes et de 3m,c,55 pendant les entr'actes, de sorte qu'en comptant sur cinq heures de représentation, dont quatre pour les actes et une pour les entr'actes, la consommation totale serait égale à

4Xlm,c,76X60-|-3m,c,55X60=:635m-c,40 pour 5 heures,

ou en moyenne 127m,o,08 par heure.

Par conséquent la chaleur employée à produire l'appel de la coupole à l'extérieur peut être approximativement estimée g,

6000calX 127,08= 762 480cal.

D'une autre part, le volume total d'air vicié moyennement extrait a été trouvé égal à 63 105 mètres cubes par heure, dont 49 340 mètres cubes, venant des loges et de l'amphithéâtre à 23°, sont sortis dans la cheminée à 50°, après avoir acquis une augmentation de température de 27°, tandis que le reste, ou 13765 mètres cubes, extrait du parterre et échauffé dans les cheminées latérales à 32°, ne recevait qu'une augmentation de température de 18°.

Par conséquent la quantité de chaleur utilisée pour la ventilation se compose :

1° De celle qui a été acquise par les 49 340 mètres cubes venant des étages supérieurs, et qui est égale à

49 340 X 1 ,20 X 27 X 0,237 = 436 422eaI ;

2° De celle qui a été acquise par les I3 765m,c venant du parterre, et qui est égale à

13765 X 1,16 X 18X0,237 = 78 400cal.

La somme, ou 514 822 calories, est donc les

de la chaleur développée par les gaz brûlés dans la coupole.

Ce résultat, que l'on ne peut regarder que comme peu certain, parce qu'il n'est pas établi sur des observations assez prolongées, montre que, malgré l'emploi de la maçonnerie pour les conduits d'arrivée de l'air et celui du staff pour les parois de la coupole, il se fait encore par les parois une perte considérable de chaleur, puisqu'on sait que des cheminées en briques peuvent utiliser pour la ventilation au moins les sept huitièmes de la chaleur développée par le gaz.

D'après un relevé authentique qui m'a été fourni par la Compagnie d'éclairage de la ville de Paris, la consommation de gaz faite pour la coupole pendant les mois de janvier et de février, ou durant 59 jours, a été de 26 689 mètres cubes, soit 452m-c,3 par soirée, ou 90m,c,5 par heure, au lieu de 295 mètres cubes que peuvent consommer les 1180 becs. Elle a donc été réduite à 0,31 de la consommation totale possible.

Théâtre de la Gaîté.

567. Disposition des appareils. — L'ingénieur chargé des travaux de ventilation de ce théâtre a suivi en général les dispositions que nous avions indiquées pour le Théâtre-Ly-

rique, mais il y a introduit quelques modifications heureuses que nous allons faire connaître.

Prises d'air. — L'air nouveau destiné à la ventilation est appelé à l'intérieur de l'édifice par deux sortes d'ouvertures. Les unes sont pratiquées dans les trottoirs du passage intérieur destiné aux voitures de l'Empereur, et par conséquent près du sol.

Cet air descend vers les calorifères et est réparti entre eux et la chambre de mélange, comme au Théâtre-Lyrique. D'autres prises d'air, au nombre de douze, sont ouvertes sur les deux murs longitudinaux qui limitent le théâtre, elles sont réparties sur deux rangs de chaque côté, l'un à 20 mètres, l'autre à 25 mètres au-dessus du sol extérieur. Sur ces ouvertures, quatre de chaque côté ou huit en tout, alimentent des gaines verticales, qui descendent intérieurement à la scène le long des murs longitudinaux entre les contreforts, que l'on a réunis par une paroi en planches, de manière à former un coffrage complet, qui se prolonge jusque dans les soubassements, pour compléter l'alimentation des calorifères et des chambres de mélange. Il est fâcheux que l'exiguïté de l'espace disponible ait conduit à adopter l'usage de parois en planches, qui, malgré le soin que l'on a pu prendre de les recouvrir de toile, donneront lieu à des introductions d'air froid sur la scène; des parois en briques eussent été bien préférables. Quoi qu'il en soit, cette disposition générale est bonne et peut assurer une alimentation suffisante d'air nouveau pour la saison d'hiver, si l'on a soin d'ouvrir les ventaux de prise d'air ; ce qui malheureusement ne se fait pas habituellement; toujours par suite d'une économie mal entendue.

Les deux autres ouvertures de prises d'air latérales, les plus voisines du rideau sont disposées d'une manière analogue , mais elles ne sont prolongées que jusqu'au plan de la scène, parce qu'elles sont destinées à alimenter d'air un conduit disposé en arrière des parois verticales du cadre du rideau, et qui est spécialement affecté à la ventilation d'été.

L'ensemble de ces dispositions paraît très-convenable et préférable aux prises d'air souterraines ou à fleur du sol.

L'introduction de l'air nouveau dans la salle se fait par des entrevoux ménagés sous les planchers des loges et auxquels on a pu donner 0m,15 de hauteur. Aux deux amphithéâtres supérieurs, où le public peut être parfois nombreux et serré, l'on a cru devoir, en outre, faire arriver de l'air par des orifices ménagés près des plafonds. Il descend ainsi de haut en bas sur la tête des spectateurs et va gagner les orifices d'évacuation ouverts sous les gradins. Son mouvement sera certainement assuré par l'énergie de l'appel; mais jusqu'à ce que l'expérience d'un été ait montré que cette arrivée d'air n'est pas incommode, j'aurai des doutes sur la convenance d'une semblable disposition , dont l'inconvénient a été très-bien constaté dans le petit amphithéâtre du Conservatoire.

Dans ce théâtre, où presque tous les étages sont disposés en gradins ou en amphithéâtres, l'évacuation de l'air vicié se fait par des orifices nombreux ouverts dans les parois verticales de ces gradins, et il va ensuite se rendre dans des gaines verticales spéciales pour chaque étage et qui le conduisent à la coupole.

M. l'ingénieur d'Hamelincourt remarquant avec raison que les gaine? verticales destinées à l'arrivée de l'air nouveau dans les entrevoux n'étaient utiles que jusqu'à l'étage qu'elles desservaient et que leur prolongement pouvait former les gaines d'évacuation du même étage, qui ne doivent commencer qu'à la hauteur où les autres finissent, a rendu facile cette disposition fort simple, en fermant les premières gaines au-dessus des entrevoux par une cloison de briques. C'est ce que montre la coupe transversale de la salle représentée pi. XV où les parties des gaines restées blanches sont celles qui amènent l'air nouveau, tandis que celles qui sont teintées en gris servent à l'extraction de l'air vicié.

L'évacuation de l'air du parterre se fait comme au Théâtre- Lyrique, par des grilles posées à fleur du plancher, ce qui présente les inconvénients que j'ai déjà signalés. Cet air se

rend dans les deux cheminées qui reçoivent les tuyaux de fumée du calorifère et qui peuvent être, l'été, chauffées par des foyers spéciaux; il se rend dans la coupole par des conduits particuliers.

Cette coupole est éclairée par une rosace centrale formant saillie à l'intérieur, entourée d'une enveloppe en verre et renfermant 675 becs de gaz disposés sur plusieurs couronnes étagées.

Concentriquement à ce foyer principal de lumière sont distribués quarante-huit lustres de diverses grandeurs appelés grandes pénétrations et portant ensemble 888 becs ou trous, et plus près du centre douze lustres intermédiaires formés par des tubes circulaires percés chacun de 102 trous, soit en tout 1224 orifices.

Cet appareil d'éclairage suffit pour déterminer un appel assez énergique pendant l'hiver, même quand il n'est pas complètement allumé, ce qui est le cas habituel, mais il est probable que, pour la ventilation d'été, il faudra tenir l'allumage plus complet qu'il ne l'est habituellement.

5(58. Observation relative aux orifices d'introduction de Voir pour la saison d'été. — L'on remarquera, d'après cette description, que pour le théâtre de la Gaîté comme pour le Théâtre -Lyrique, l'on n'a pas ouvert des orifices auxiliaires d'arrivée d'air pour la saison d'été. Cette omission se fera peut-être sentir l'été, alors que la ventilation doit être le plus active. Mais pour remplacer ces orifices, l'on a disposé dans le pourtour du rideau, au-dessus de la scène, des conduits d'introduction d'air nouveau mis à chaque étage en commu nication avec l'air extérieur, et que l'on compte utiliser pendant l'été. Il eût été à désirer que ces conduits fussent prolongés jusque dans le tympan pour verser de l'air dans la salle de haut en bas.

369. Résultats d'expériences. — Le 13 janvier 1863, pendant une représentation, où il n'y avait dans la salle que 920 spectateurs, au lieu de 1800 qu'elle peut contenir, des expériences

ont été exécutées pour reconnaître les volumes d'air nouveau introduits et les volumes d'air vicié évacués par la coupole.

570. Introduction de l'air nouveau. — Les orifices d'introduction de l'air nouveau, qui ont été ouverts, sont au nombre de dix et présentent ensemble une superficie totale de 6ra'i,3316, ce qui, pour 1800 places, correspond à 0m(i,0035 par place, tandis qu'au Théâtre-Lyrique la section du conduit de prise d'air est proportionnée dans le rapport de 0m,i,0055 par place.

Dans les expériences du 13 janvier le volume d'air nouveau introduit en 1" a été de 6m,c,1863 et la section totale de passage étant de 6m,i,33l6, la vitesse moyenne a été de 0m,977 en 1". Au Théâtre-Lyrique, le 9 décembre 1862, la vitesse moyenne dans le conduit d'arrivée de l'air avait été trouvée égale à 0m,95.

Le volume de 6m,c,1863 en 1" correspond à 22 271 mètres cubes admis en une heure, et le marché passé avec l'entrepreneur des travaux exigeait l'introduction de 25 000 mètres cubes avec tolérance de 10 pour 100 au moins, ce qui fixe le minimum à 22 500 mètres cubes.

Dans le service ordinaire, qui n'est pas convenablement surveillé, une grande partie des ouvertures extérieures qui donnent accès à l'air nouveau sont habituellement fermées, et par conséquent le volume d'air affluent doit se trouver considérablement diminué ; mais il ne m'en paraît pas moins certain que la proportion adoptée pour les passages de prise d'air est un peu trop faible.

o71. Évacuation de l'air vicié. — Le volume d'air évacué par les 41 conduits qui débouchent dans la coupole et dont la surface totale est 12m-i,105 s'est élevée à 14m>c,614 en 1", ou 52 612 mètres cubes en une heure.

Les conditions du marché prescrivaient une extraction de 54 000 mètres cubes par heure avec tolérance de 10 pour 100 en moins, soit 48 600 mètres cubes, par conséquent le résultat est encore dans les limites du marché. Il peut d'ailleurs

être augmenté en donnant plus d'activité d'une part à l'appel de l'air vicié du parterre et à celui de la coupole par la consommation d'une plus grande quantité de gaz.

Le nombre des spectateurs ayant été le 13 janvier de 920 seulement, la ventilation observée correspondait à

par heure et par auditeur présent, sans qu'il en résultât aucune gêne pour le public, quand les portes des couloirs et des loges étaient fermées.

La surface totale des orifices de débouché des conduits d'évacuation étant, comme on vient de le dire, de 12m,i,05,

elle correspond à ' = 0m,i,0067 par place. Au Théâtre-

1 oUO

Lyrique, la proportion est de 0m-i,0078 par place, et n'est peut-être pas encore assez grande.

572. Conclusions de ces expériences. — L'on voit par ces résultats que, si les conditions du marché sont remplies pour le volume d'air nouveau introduit et pour le volume d'air vicié extrait et si même par une conduite plus active des foyers d'appel, et par quelques modifications que je vais indiquer, elles pouvaient être dépassées, les proportions des passages sont un peu exiguës, même pour la ventilation d'hiver. Quant à celle d'été, quoique je regrette l'omission des orifices auxiliaires correspondant directement avec les entrevoux des loges, et qu'il eût été très-facile d'ouvrir, on peut espérer que les conduits établis pour amener l'air au pourtour du cadre du rideau suffiront , surtout si on les prolonge de manière à y comprendre le tympan, pour fournir le volume d'air nécessaire en cette saison.

Il convient cependant de dire que la disposition de la coupole et la construction des conduits d'évacuation, qui y débouchent, donnent lieu à une déperdition considérable de chaleur. Ces conduits qui devaient être faits avec cette ma-

tière peu conductrice de la chaleur qu'on nomme staff et qui est formée avec de la toile à voile enduite de plâtre, ont été exécutés en tôle mince, sans aucun enduit.

La coupole, beaucoup plus vaste qu'il n'est nécessaire, avait été d'abord partagée à peu près à moitié de sa hauteur par un plancher en bois, qui diminuait la dispersion de la chaleur. Par mesure de prudence, le service des pompiers a exigé la suppression de ce plancher en bois, mais on aurait dû le remplacer par un autre en métal recouvert d'une aire peu conductrice.

En outre, il a été établi dans cette coupole un certain nombre de cheminées d'évacuation de l'air chaud indépendantes de la cheminée générale et destinées fort mal à propos à abaisser la température intérieure pour la facilité du service des pompiers.

Ces divers défauts dans la construction donnent heu l'hiver à une déperdition considérable de chaleur, que l'on aurait pu éviter et qui diminue les effets de l'appel exercé par la combustion du gaz.

Ajoutons que, dans ce théâtre, les becs d'éclairage des corridors sont tous isolés des conduits de ventilation, tandis que rien n'était plus facile que d'utiliser la chaleur qu'ils développent au profit de la ventilation.

o73. Observation des températures. — Pendant les expériences précédentes, la température extérieure était de 17°, et celles de l'intérieur de la salle ont été : au parterre 22°, à l'orchestre 21°,5, à la lre galerie 22°; et de là elles ont été en croissant de 22° jusqu'à 25° à l'amphithéâtre.

L'on voit qu'à l'exception du dernier étage de places, la température s'est maintenue à un degré assez modéré. Mais cependant il semblerait nécessaire d'augmenter les orifices et les conduits d'évacuation au-dessus de l'amphithéâtre pour y assurer un renouvellement plus énergique de l'air.

574. Utilisation de la chaleur développée par les gaz de la coupole au profit de la ventilation. — La température de l'air

évacué parla cheminée générale d'appel était, le 13 janvier, pendant les actes, de 38°, et pendant les entr'actes de 48°, soit en moyenne environ 42°, ce qui correspond à un accroissement de 20° par rapport à la salle dont la température était de 23°.

La consommation de gaz est de 105 mètres cubes à l'heure durant les actes, et de 144 mètres cubes à l'heure durant les entr'actes. La durée relative de ces intervalles étant d'un cinquième environ de celle de la représentation, il s'en suit qu'en supposant cinq heures d'allumage, la consommation

. t , 4Xl05m-c+ 144 ,,rt moyenne par heure est de — - — ■ = H3m,% qui,

par leur combustion, développent environ

113m'cX 6000 = 678 000 unités de chaleur.

Le nombre des becs établis dans la coupole était à l'origine de 1534, et celui des trous de 1394. Depuis l'on a réduit le nombre des becs à 1470 et celui des trous à 710*.

D'une autre part, le volume de 52 612 mètres cubes évacués en une heure à la température moyenne de 22° au débouché des orifices ayant reçu dans la cheminée un accroissement de température qu'on peut évaluer en moyenne à 20°; la

* D'après un autre relevé, fait avec soin du 1er septembre au 20 décembre 1862, ou pendant 101 soirées, la consommation totale de gaz pour l'éclairage de la salle a été de 63444 mètres cubes , ce qui revient eu moyenne à 628m-c,158 par soirée de cinq heures, ou à 125m"c par heure; ce chiffre s'éloigne peu de celui que j'ai admis ci-dessus et comprend d'ailleurs quelques becs accessoires qui ne contribuent pas à la ventilation.

A l'origine et d'après le nombre de becs et de trous disposés, la consommation de gaz pouvait s'élever à 21162 mètres cubes par soirée de cinq heures ou à 281 mètres cubes par heure. Elle a été successivement réduite au chiffre précédent de 628 mètres cubes par soirée, qui au prix de 0r,15 le mètre cube qui est concédé à ce théâtre, constitue, pour 365 jours de représentation, encore une dépense de 34383 francs par an.

D'après un relevé authentique , fourni par la compagnie générale d'éclairage de Paris, la consommation faite pour l'éclairage de la coupole, pendant les mois de janvier et de février, ou en 59 jours, a été de 575 mètres cubes par soirée, ou de 115 mètres cubes par heure, soit 0,41 de la consommation normale.

chaleur qu'il avait absorbée et utilisée pour la ventilation peut être estimée approximativement à

52 120m-cXlkil,20X 20° X 0.237 ^=229 257 calories.

Par conséquent, la portion de la chaleur développée par

le gaz, que l'on peut regarder comme utilisée pour la venti-

229 25 7 lation, n'est que de 6780Q0 = 0-44'

Ce rapport est bien inférieur à celui que nous avons trouvé pour le Théâtre-Lyrique, et la différence me semble devoir être pour la plus grande partie attribuée à la construction en tôle des conduits supérieurs d'évacuation, mais surtout à l'absence d'un plancher qui les isole en partie de la coupole en fer, et à l'existence des cheminées d'aérage, des fenêtres, ouvertes par les agents du service, précisément pour en abaisser la température, ce qui est tout à fait l'inverse de ce qu'il faudrait faire pour utiliser la chaleur développée par le gaz ; nouvel exemple des conséquences de l'absence d'un contrôle intelligent de la conduite des appareils.

575. Conclusions. — Malgré les critiques de détails que je viens de faire de quelques-unes des dispositions relatives à la ventilation du théâtre de la Gaîté, l'ensemble en est satisfaisant, et il y aurait peu de modifications à y introduire. Les principales seraient la suppression des cheminées d'aérage et la clôture absolue des fenêtres de la coupole qui nuisent à l'énergie de l'appel.

L'utilisation de la chaleur de tous les becs d'éclairage au profit de la ventilation ;

L'augmentation des orifices d'appel disposés à l'amphithéâtre ;

L'enveloppement de tous les conduits d'évacuation en tôle avec une matière peu conductrice de la chaleur;

L'établissement d'un plancher peu conducteur aussi de la chaleur, pour concentrer aux abords de la coupole toute celle qui est émise par les appareils d'éclairage.

Théâtre du Cirque.

576. Les dispositions indiquées dans le programme adopté par la Commission et dans le projet rédigé par l'ingénieur de la maison L. Duvoir-Leblanc, n'ayant pas été acceptées par l'administration de la ville de Paris, qui les a trouvées trop dispendieuses pour un semblable théâtre, nous n'avons pas eu à nous en occuper, quant à l'exécution. Mais il ne m'en a pas moins paru utile de chercher à étudier les effets de celles qui leur ont été substituées.

Dans le projet exécuté, on avait d'abord supprimé complètement les entrevoux sous les planchers des loges, destinés à l'arrivée de l'air nouveau, et on leur avait substitué :

1° Un agrandissement considérable de l'orifice concentrique à la rampe placé entre cette rampe et l'orchestre, en portant sa largeur à 0m,90.

2° Un autre orifice sans grille, également concentrique à la rampe et placé entre cette rampe et les acteurs, ayant Om,ll de largeur sur 9 mètres de développement.

3° Des conduits entourant les côtés verticaux du rideau et que l'on aurait dû prolonger dans le tympan.

Tous ces conduits devaient être d'ailleurs alimentés d'air nouveau fourni par des chambres à air, où se ferait un mélange convenable d'air chaud et d'air frais.

La prise d'air pour les calorifères et leurs chambres de mélange, se fait par des grilles placées sur les trottoirs du passage intérieur des voitures de l'Empereur, et celle qui est destinée à alimenter le cadre du rideau par les deux cours latérales voisines de la scène. Cette dernière disposition est préférable à la première et à celle que nous nous étions d'abord crus obligés d'adopter. Mais on a négligé de prescrire la clôture absolue des fenêtres, qui sont pratiquées clans les

parois de ces cours, ce qui peut avoir parla suite, l'inconvénient de les rendre insalubres.

Plus tard, et avant l'achèvement du théâtre, des ordres supérieurs firent revenir partiellement à l'établissement d'entrevoux au premier et au deuxième étage, et on verra bientôt l'utilité de cette mesure, qui n'a eu d'autre défaut que d'être tardive et incomplète. Elle a fourni à peu près le seul moyen convenable qui subsiste encore pour faire affluer de l'air nouveau.

Quant à l'évacuation de l'air vicié, elle a été disposée à peu près d'après les indications de la Commission, avec cette différence cependant, que les conduits partiels, qui, du plafond de chaque étage de loges ou de places, évacuent l'air vers la coupole, n'ont pas été isolés les uns des autres, et sont communs à tous les étages, ce que je ne crois pas convenable pour assurer partout une évacuation régulière.

La ventilation du parterre est faite par deux cheminées spéciales munies d'un foyer auxiliaire pour donner à l'appel l'énergie nécessaire. Ces cheminées débouchent séparément au-dessus des toits des bas côtés.

Le lustre projeté ayant été remplacé par une coupole éclairée par 1506 becs de gaz, l'aspiration a d'ailleurs eu une énergie très-suffisante pour assurer l'évacuation de l'air vicié des autres parties de la salle.

Il est juste d'ajouter que, si les dispositions adoptées ne paraissent pas, à beaucoup près, aussi convenables que celles qui avaient été proposées par la Commission, on ne saurait en faire reproche à l'ingénieur de la maison L. Duvoir, qui les a exécutées, puisqu'il avait été forcé de renfermer les dépenses dans une limite à peu près donnée et de renoncer à celles qu'il aurait préférées.

S77. Résultats d'expériences. — Le 11 août 1862, des expériences d'étude ont été faites au théâtre du Cirque, pour constater les volumes d'air introduits et évacués. Le public n'était pas présent dans la salle.

AUX DIFFÉHENTS EDIFICES. 271

578. Introduction de l'air nouveau. — Cette introduction ayant lieu par cinq séries d'orifices différents, on a opéré successivement sur chacune d'elle et on a trouvé les résultats suivants :

1° Par les entrevoux du 1er étage 6112m-c I 12924ni.c

2° Par les entrevoux du 2e étage 6212

3° Par la grille en avant de la rampe 3804

4° Par l'orifice concentrique en arrière de la rampe. 6729

5° Par le cadre du rideau 15141

Total 38597-'c

Ce volume dépassait donc de beaucoup celui de 20 000 mètres cubes promis par le constructeur, mais il n'atteignait pas à cette époque la moitié de celui de 90 000 mètres cubes qui devait être extrait, d'après les bases admises par la Commission.

Après l'ouverture de ce théâtre, on y reconnut, comme au Théâtre-Lyrique, que l'introduction de l'air par des orifices concentriques à la rampe gênait les acteurs et était intolérable pour les musiciens de l'orchestre. Il devint indispensable d'y renoncer, en fermant ces orifices, au moins pendant les actes, sauf à se réserver, si c'était nécessaire, le moyen de les ouvrir pendant les entr'actes, afin de diminuer l'appel trop énergique, qui se fait alors par les couloirs et par les portes ouvertes des loges.

Outre cette restriction nécessaire, mais déjà regrettable, des orifices d'arrivée de l'air, le directeur du théâtre, de sa propre autorité, et sans en donner avis, a fait fermer les conduits qui devaient amener une partie de l'air frais à mêler avec l'air chaud, pour alimenter les orifices disposés autour du cadre du rideau.

Il est résulté de ces deux suppressions, que des cinq séries d'orifices d'admission de l'air, il n'en reste plus que deux en activité, celles des entrevoux des premières et des secondes loges, auxquels l'ingénieur de la maison L. Duvoîr a cru devoir ajouter des orifices d'admission qu'il a pratiqués au fond du parterre dans la paroi verticale du mur ; mais,

l'air nouveau que fournissent ces derniers orifices, arrive audessus de la tête des spectateurs et leur est fort incommode, ainsi que cela a été constaté le 5 mai, à l'occasion des observations de température dont il sera parlé plus loin.

Malgré cette addition, les passages d'arrivées d'air nouveau sont insuffisants pour la saison d'hiver et le seraient encore bien davantage pour celle d'été, si l'ingénieur, M. Guérin, n'avait trouvé le moyen de mettre les entrevoux du premier et du deuxième étage en communication directe avec l'air extérieur.

579. Utilité des communications directes des entrevoux avec Vair extérieur. — C'est à ces communications que M. Guérin a dû, en été, de pouvoir obtenir par une température extérieure de 14° à 15°, l'introduction de 12 924 mètres cubes d'air nouveau par heure, au moyen d'entrevoux qui n'avaient qu'une hauteur intérieure de 0m,07 à 0m,08.

Cet exemple montre d'une manière irrécusable combien cette disposition, pour l'exécution de laquelle nous avons vainement insisté auprès de l'architecte du Théâtre-Lyrique, est propre à assurer l'été l'entrée directe de l'air nouveau.

En effet, si ces entrevoux avaient eu, comme cela était possible dès l'origine, aux deux théâtres, 0m,12 à 0n,,15 de hauteur, et s'ils avaient été pratiqués aux quatre étages, le volume d'air admis, sans frais, au théâtre du Cirque, aurait pu s'élever à près de 45 000 ou 50 000 mètres cubes par heure par ces seuls orifices.

Il faut espérer que cette démonstration si évidente de l'exactitude des principes qui nous avaient guidés, quand nous avons insisté sur l'utilité de ces entrevoux, paraîtra maintenant assez incontestable pour que, dans des travaux futurs, on en tienne compte.

580. Évacuation de Vair. — L'appel de l'air vicié se fait comme je l'ai dit plus haut, pour le parterre, par deux cheminées qui reçoivent les tuyaux de fumée des calorifères, et

qui peuvent, au besoin, l'été, être chauffées par des foyers spéciaux.

Les orifices d'appel du parterre sont placés à fleur du plancher et recouverts par des grilles, ce qui offre les inconvénients que j'ai signalés pour le Théâtre-Lyrique.

De chaque côté où sont les baignoires, il y a cinq bouches qui amènent l'air vicié dans les cheminées d'évacuation.

581. Résultats d'expériences. — Des expériences faites le 11 août 1862, ont donné, pour les volumes d'air évacués aux différents étages de places les valeurs suivantes :

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