Disposition adoptée pour les chambres de casernes en An
gleterre. — Si rétablissement de chambres de mélange de l'air froid et de l'air chaud est praticable, lorsqu'il s'agit d'un système complet de chauffage et de vcnlilation pour de grands édifices ou des salles d'assemblées nombreuses, Userait souvent à peu près inapplicable, ou du moins d'une installation difficile et dispendieuse, pour des bâiiments composés de pièces séparées, occupés par un petit nombre d'hommes, telles que des chambres de caserne.
La commission anglaise, dont j'ai analysé le remarquable rapport, a adopté pour modérer la température moyenne des chambres de caserne, une autre disposition d'un effet peut-être moins certain , mais d'une installation plus économique.
En arrière de la cheminée à feu nu, dont il ne paraît pas possible en Angleterre de supprimer l'usage, elle a fait établir, comme on l'a vu au n° 39 de l'Introductioti, une sorte de petite chambre dans laquelle une certaine quantité d'air appelé de l'extérieur vient s'échauffer, et d'où il passe dans un conduit qui l'amène vers le plafond. Chaque chambre est ainsi alimentée d'air neuf pendant l'hiver : 1° par deux orifices d'air froid venant directement de l'extérieur; 2'^ par un orifice fournissant de l'air chaud passant derrière le foyer. Ces affluences d'air à des températures différentes arrivant au plafond, se mêlent-elles assez exactement en se dirigeant vers la cheminée et en se répandant dans les chambres pour que les hommes n'éprouvent nulle part des courants désagréables? Je ne le sais et n'oserais l'assurer. Cependant les mouvements d'involution qui se produisent dans des cas pareils peuvent peut-être jusqu'à un certain point atténuer au moins d'une manière suffisante l'effet des courants d'air. Quoi qu'il en soit, celte disposiUon simple dans laquelle on peut d'ailleurs modérer et restreindre selon les circonstances les orifices d'admission, mérite d'être essayée. Il me semblerait cependant préférable de réunir, comme je l'ai indiqué plus haut, les deux volumes d'air en un seul courant dont on assurerait le mélange.
75. Prise d'air nouveau à la hauteur convenable. — Il convient de faire remarquer que c'est fort à tort que l'on a attribué aux seuls appareils mécaniques la faculté de prendre l'air nouveau à faire parvenir dans les salles que l'on veut ventiler, à des hauteurs plus ou moins grandes dans l'atmosphère. Le raisonnement élémentaire à l'aide duquel on met en évidence l'influence de la hauteur des cheminées sur le tirage qu'elles peuvent exercer, aurait dtr préserver des ingénieurs habiles et un auteur versé dans la matière comme M. Péclet, de cette exagération *, car ce raisonnement prouve immédiatement que ce tirage môme suffit pour faire descendre l'air vers les points où il est appelé.
Aussi dans les expériences que nous avons publiées dans le quatrième numéro des Annales du Conservatoire des arts et métiers, avons-nous constaté qu'à l'hôpital Laribolsière, ainsi qu'à l'hospice du Vésinel, l'air nouveau destiné aux salles descendait par les cheminées d'alimentation, à trèspeu près aussi bien quand le ventilateur était arrêté et que l'action seule de l'aspiration déterminait son mouvement, que quand l'appareil mécanique fonctionnait.
II y a plus, c'est que dans le système de l'aspiration, les dispositions à prendre pour faire arriver à l'intérieur l'air pris à telle hauteur que l'on voudra, sont beaucoup plus simples, plus sûres, quant à la pureté, et plus économiques que dans tout autre.
En effet, dans le système de l'insufflation mécanique on fait descendre l'air nouveau, pris à une certaine hauteur dans l'atmosphère, vers les parties inférieures des bâtiments, où se trouvent placés les ventilateurs. Arrivé dans les chambres plus ou moins propres et salubres, près ou dans l'intérieur desquelles ces appareils sont installés , avec leurs machines motrices et qui communiquent au moins accidentellement, quoi qu'on fasse, avec les caves voisines, cet air,
3= volume, n° 2535.
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qui s'est mélangé dans des proportions parfois considérables avec de l'air venu de ces caves, passe par les ventilateurs, par leurs conduits souvent très-longs et très-compliqués, et parvient dans les salles à ventiler, après avoir éprouvé des pertes de force vive ou de travail moteur considérables et presque toujours après s'être échauffé de plusieurs degrés, comme nous le ferons voir tout à l'heure. A l'inverse, dans le système de l'aspiration, l'air nouveau peut arriver directement non-seulement à chaque étage, mais même à chaque poêle, à chaque orifice d'introduction, en parcourant seulement la demi -largeur des salles ou à peu près, ou dans d'autres dispositions leur hauteur. Si l'on tient à puiser l'air dans l'atmosphère à une certaine hauteur au-dessus du sol, il suffit, pour le rez-de-chaussée, de mettre l'orifice donné en communication avec un tuyau vertical qu'il convient d'isoler des murs, et de mettre autant que possible à l'abri de l'action solaire. Pour le premier étage on pourrait faire de même, quoique cela semble déjà inutile; et quant au second étage, desouvertures directes donneronllasolutiondemandée.
74. Exemples de prises d'air supérieures par voie d'appel. — Le système de ventilation adopté pour l'hôpital de Guy, à Londres, dont j'ai, dans l'Introduction, fait connaître les dispositions générales ainsi que les résultats, offre un exemple remarquable d'une prise d'air faite par une tour ou cheminée spéciale, à 29 mètres de hauteur au-dessus du sol, par le seul effet de l'appel produit au moyen d'un appareil de chauffage à l'eau chaude.
Mais on sait aussi que, depuis longues aunées, de vastes exploitafions houillères sont ventilées au moyen d'une introduction d'air extérieur qui, par l'action de l'appel exercé par un foyer étabh près du fond de la mine, descend par un puits à de grandes profondeurs, parcourt d'immenses et sinueuses galeries, et ressort par un autre puits, chargé des gaz délétères. Nous citerons ici quelques applications particulières de ce système.
75, Extraits du mémoire de M. Glépin, ingénieur civil, sur les mines du grand Hornu {département du Nord). — Puits n° 10. — s; Le courant d'aîr extérieur, après être descendu jusqu'à la profondeur de 180 mèlres par le puits aux échelles attenant au puits d'extraction, se divise en deux branches. La première, à cette profondeur, parcourt environ 300 mètres de galeries étroites et irrégulières et vient déboucher par la fosse des échelles jusqu'à la profondeur de 193 mètres. La seconde branche continue à descendre aussi par la fosse aux échelles jusqu'à la profondeur de 193 mètres, circule dans plusieurs galeries, irrégulières et éboulées en partie, présentant un développement total de 270 mèlres, et vient ensuite" également déboucher dans le puits d'extraction, à la profondeur de 196 mètres. Enfin un second courant, descendu par le puits n° 9 jusqu'à la profondeur de 250 mètres, vient aussi déboucher dans le puits n° 10, à la profondeur de 196 mètres, après avoir parcouru environ 620 mètres de galeries irrégulières et éboulées. »
Ainsi, dans cette partie des travaux, l'air, par le seul effet de l'appel que produit un foyer placé à 196 mètres de profondeur, descend par un puits, circule dans des galeries plus ou moins tortueuses, irrégulières et obstruées, sur des longueurs de 300 mètres, de 270 mètres et de 620 mètres, âriive à des profondeurs de 250 mètres, et remplace l'air vicié dont le foyer détermine l'ascension.
A la fosse n" 3 du grand Buisson, à Hornu, un foyer analogue au précédent ne produit qu'une élévation de température moyenne de 14°, 5 entre l'air qui est évacué et celui qui vient des galeries inférieures, et le volume d'air évacué en l" est de 6"-<=,484 par le puits dont la section est de 15" i,24, ce qui correspond à une vitesse moyenne de 0"%432 en 1".
Le 4 février 1842, la température de l'air extérieur étant de 2" et celle de l'air extrait de 30^ on a observé les résultats précédents et la formule théorique * qui donne la vitesse qui
Voy. au chapitre IV.
peut être produite par celte différence des températures, abstraction faite des pertes de force \ive et des résistances, étant, comme on le verra plus loin,
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