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224, Co'nséquences des résultats consignés dansk tableau précédent. — Les résultats des expériences que l'on vient de rapporter, bien que favorables à l'emploi du gaz, le sont beaucoup moins que ceux des observations faites au palais de justice.
Oh voit néanmoins qu'alors que le 13 décembre 1860, la machine motrice du ventilateur fonctionnant à 70 tours en 1', ou le ventilateur à 280 tours, le volume d'air évacué par la cheminée n'était que de 5512 mètres cubes par heure ou de 54 mètres cubes par heure et par lit, l'emploi de 32 becs de gaz l'a élevé à 6422 mètres cubes par heure, ou à 63 mètres cubes par heure et par lit, et celui de 53 becs à 7066™'= par heure, ou à 69™%27 par heure et par lit, et que le 15 décembre, tandis que la machine motrice fonctionnant à 72 tours et le ventilateur marchant à 288 tours en 1', le volume d'air évacué n'était que de 4835 mètres cubes par heure, ou de 47'" S4 par heure et partit, l'emploi de 32 becs de gaz l'a élevé à 5781 mètres cubes par heure ou à 56™ ^66 par heure et par lit, et celui de 53 becs à 6836 mètres cubes par heure ou à 67'"°,02 par heure et par ht.
Si l'influence de l'emploi du gaz, quoique très-notable, a été aussi faible dans ce pavillon, il y a sans doute lieu de l'attribuer au peu de hauteur de la cheminée et à l'emploi du zinc, sans aucun préservatif contre le refroidissement. La première cause réduisait effectivement à bien peu de chose le surcroît d'activité imprimé au tirage, et la seconde en atténuait encore l'effet, en permettant à l'air de se refroidir-rapidement, puisque cet air, qui était à 19" dans les salles, n'avait plus que 13" dans la cheminée.
223. Exemple de Vutîlité des becs de gaz comme moyen auxiliaire de ventilation. — L'installation provisoire des becs de gaz dans la cheminée générale d'évacuation du pavillon n° 4 de l'hôpital Lariboisière nous a fourni une occasion assez remarquable de constater l'utilité de ce moyen auxiliaire pour des cas accidentels, et la nécessité de ne pas abaisser dans les
hôpitaux le volume d'air à extraire des salles au-dessous du chiffre de 60 mètres cubes par heure et par lit.
Dans le courant du mois de février 1861, le nombre des malades reçus dans cet hôpital s'étant beaucoup augmenté, on a été dans la nécessité d'installer dans quelques-unes des salles, et en particulier dans celles du pavillon n°4, des lits supplémentaires, de sorte que dans celles du premier et du second étage, le nombre des lits a été porté de 32 à 42 ou 44. Dès lors la ventilation habituelle, qui n'est en moyenne que de 60 mètres cubes au plus par heure et par ht, quand
il y en a 32, s'est trouvée réduite à — X60 = 45 mètres cubes, et est devenue tout à fait insuffisante. Une odeur trèsforte et très-désagréable régnait dans cette salle.
Je l'ai constaté à diverses reprises , les malades m'ont adressé à ce sujet plusieurs fois leurs observations, et je l'ai aussi fait observer par MM. Tresca et Barrai, qu'une circonstance accidentelle avait conduits dans le voisinage. Au dire des malades, l'infection était surtout très-forte la nuit. J'ai prié alors M. le directeur de l'hôpital défaire l'essai d'un allumage continu, pendant une nuit, des 53 becs d'éclairage établis dans la cheminée générale d'évacuation, et le lendemain, quand je suis venu pour reconnaître l'influence de ce moyen accessoire de ventilation, j'ai pu, par moi-même et par le témoignage des malades, constater une amélioration très-sensible dans la salubrité de l'air.
Le volume d'air extrait avec le concours des 53 becs de gaz et avec l'action du ventilateur ne s'élevant, comme on l'a vu, qu'à 7250 mètres cubes par heure, et le nombre de malades étant alors de 120 environ dans ce pavillon, on voit que celte ventilation correspondait à 60 mètres cubes d'air vicié extrait par heure et par lit, et que si elle suffisait pour entretenir l'air à un degré acceptable de pureté, le volume de 45 mètres cubes par heure et par lit, correspondant à la ventilation ordinaire et restreint à ce dernier chiffre par l'accroissement du nombre des malades, était tout à fait insuffisant.
Je n'oserais affirmer que le grand nombre d'affections érésipélateiises qu'on a oloservées en ce moment dans ces pavillons fût dû à l'insuffisance de la ventilation ; mais je ne pourrais m'empêcher de regretter que l'installation provisoire de becs de gaz qui pouvait être utilisée dans ce moment fût supprimée après de pareils essais, qui en montrent toute l'utilité éventuelle.
226. Emploi des appareils d'éclairage des appartements pour y produire la ventilation. — Les résultats des expériences précédentes montrent tout le parti que l'on peut tirer des appareils d'éclairage pour activer ou produire l'appel et l'évacuation de l'air des lieux qu'on se propose de ventiler, mais il m'a paru utile de constater par une expérience directe, que l'évacuation ainsi produite avait pour conséquence immédiate la rentrée d'air nouveau en remplacement de l'air vicié extrait, pourvu que l'on prît des dispositions convenables.
A cet effet j'ai fait enlever les cbâssis d'une grande fenêtre d'une salle à manger et j'ai fait remplir l'embrasure de cette fenêtre par un cofîre en zinc abcd, partagé par des cloisons verticales eg en trois compartiments; celui du milieu offrait vers le bas et à l'intérieur de la pièce une ouverture t d'appel de l'air à évacuer, et vers le haut, à l'extérieur, un orifice d'évacuation IL Vers le milieu de la hauteur de ce compartiment
étaient disposés douze becs de gaz, devant lesquels régnait une enveloppe bombée en verre mm, servant à répandre dans la salle la lumière développée par le gaz.
On conçoit facilement que, par l'effet de la cbaleur due à la combustion du gaz, il se faisait parce compartiment central un appel de l'air intérieur qui s'échappait ensuite au dehors. Quant à la rentrée de l'air nouveau, elle se faisait par les deux compartiments latéraux, qui avaient à l'extérieur, vers le bas, des ouvertures d'introduction de l'air nn qui permettaient à celui-ci d'arriver à la partie supérieure dans un compartiment 0 0 cintré, selon la forme de la fenêtre, et garni d'une toile métallique sur sa face intérieure, offrant ainsi une ouverture de toute la largeur de la fenêtre et de 0'",20 environ de hauteur, à travers laquelle l'air s'introduisait en filets minces dans le haut de la pièce.
A l'aide de ces dispositions, qui pourraient d'ailleurs être modifiées et rendues d'une installation plus facile, il a été possible de produire une évacuation et une rentrée continue d'air.
Les résultats observés ont présenté d'assez grandes variations, parce que dans la journée la pression du gaz dans les conduits de la ville est faible et variable; mais la moyenne générale a fait voir qu'avec un dispositif de ce genre, qui avait douze becs et développait une assez grande chaleur, la combustion d'un mètre cube de gaz pouvait produire l'évacuation de 390 mètres cubes d'air à une température moyenne de 55" et subsidiairement une rentrée de 400 à 440 mètres cubes d'air frais.
Ces volumes sont bien inférieurs à ceux que nous avons obtenus avec une cheminée droite de il mètres de hauteur, et dans la cheminée du cabinet de la direction du Conservatoire; mais on sait que la hauteur des cheminées influe beaucoup sur l'énergie des appels, et de plus nous avons déjà annoncé que les volumes d'air écoulés par appel et par mètre cube de gaz briilé étaient d'autant plus grands que la température était moindre .
Par tous ces motifs, le volume d'air évacué par mèlre cube de gaz brûlé a été, dans ces expériences, très-inférieur à celui qui aurait pu être obtenu si, par exemple, le même nombre de becs avait été réparti soit sur plusieurs conduits, soit dans un conduit d'une plus grande section et d'une matière moins conducirice de la chaleur que le zinc.
Cependant, malgré ces causes d'infériorité, on voit que le dispositif employé a produit par mètre cube de gaz brûlé :
La sortie 390 à 400 mètres cubes,
La rentrée 400 à 440 mètres cubes.
Or ces volumes, à raison même de 30 mètres cubes par heure et par personne, suffiraient pour une réunion de 12 à 15 personnes, et pour une soirée de 4 à 5 heures ne coûteraient que lS20à 1^,50.
Si enfln, au lieu d'un simple appareil d'essai, on disposait les becs d'éclairage dans des enveloppes d'une certaine élégance convenablement ornées, on voit que l'on pourrait, sans éprouver les désagréments de l'odeur et en utihsant la chaleur incommode de l'éclairage au gaz, profiter de sa belle lumière et assainir en même temps les lieux de nombreuses réunions.
Il suffira sans doute de faire connaître les résultats des premières expériences que nous avons pu faire pour que des entrepreneurs intehigents d'éclairage s'occupent d'en tirer parti.