‹ Mécanique pratiqueChapitre 73 sur 127 · EXPÉRIENCE. — 10 AVRIL 1356. — PAVILLON N" 4, 1" ÉTAGE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE. — 10 AVRIL 1356. — PAVILLON N" 4, 1" ÉTAGE

La k" fenêtre nord et la 5° sud sont ouvertes.

m.c parheure<

Volumes d'air débités par les poêles n" 1 802,53

Idem n° 2 531,28

Idem n° 3 485,16

Idem .... n° 4 492,67

Volume total pour la salle. . . 2311,70 ou par lit 72""% 24.

« Or les différents orifices d'évacuation ne débitent que

738""=,70, et par lit, 23°^'%07.

différence, ou volume sortant par les fenêtres ouvertes et les fissures des autres,

1573™-%00, OU par lit, 49™'<=,16. »

Ces observateurs concluent en ces termes :

« Par l'ouverture d'une ou de plusieurs fenêtres des deux côtés d'une salle, la sortie de l'air n'a pas lieu d'une manière régulière par les canaux d'évacuation; l'air s'échappe plus facilement par les grandes baies qui lui sont offertes, et détermine des courants qui peuvent créer des appels latéraux alimentés par les bouches d'évacuation voisines : il peut alors y avoir retour d'air par les canaux d'évacuation. »

Ces conséquences sont graves, et M. Grassi ne se le dissimulait pas, car il disait : « Si le fait existait réellement, il faudrait renoncer au système, car il est impossible d'éviter l'ouverture très-fréquente des portes et quelquefois des fenêtres. »

Mais, quoique le fait existe, nous ne pousserons pas nos conclusions aussi loin, et nous nous bornerons à faire remarquer que, d'après les réflexions et les observafions exprimées au n° 231, la sortie de l'air des salles n'ayant lieu que par l'effet de l'appel des canaux d'évacuation et de leur cheminée, il devient évident que cet appel, tel qu'il a été orga-

nisé, est insuffisant, malgré la puissance de l'appareil moteur des ventilateurs.

237. Ventilation d'été. — Les observateurs que nous avons cités ne nous ont fourni à ce sujet aucun résultat. Ils ont implicitement admis, pour cette partie importante de la question, que toute la quantité d'air introduite dans l'artère principale par le ventilateur arrivait et se distribuait dans les salles l'été comme l'hiver, et que l'air vicié s'échappait convenablement et régulièrement aussi par suite de l'action impulsive de l'appareil mécanique.

Mais puisqu'il est démontré par la discussion des expériences précédentes :

1° Que, dans l'hiver, une portion seulement de cet air arrivant dans les salles, bien que les appareils mécaniques fussent aidés par l'aspiration que produisent la chaleur des poêles et celle des salles, le volume d'air affluent et celui de l'air sortant n'excédaient alors que d'une assez faible quantité le volume exigé ;

2° Que cette affluence de l'air ne produisait dans les salles aucun excès de la pression intérieure sur la pression extérieure, et qu'il y avait plutôt une différence en sens inverse ;

3" Que par conséquent l'évacuation de l'air par les cheminées d'appel n'était déterminée que par l'appel des conduits d'évacuation et de la cheminée supérieure.

Il nous semble rationnel d'en conclure que ce dernier appel étant, ainsi que celui du poêle, à très peu près annulé l'été, par suite de l'égalité de la température à l'intérieur et à l'extérieur, il y a tout lieu de penser que la ventilation d'été doit être, du moins quant à l'évacuation de l'air vicié, très-inférieure à celle de l'hiver, puisque cela arrive même, comme on le verra dans les pavillons ventilés par l'aspiration que produit une cheminée d'appel échauffée, quand on

n'apporte pas beaucoup de soin à en élever la température au degré nécessaire.

Il était donc regrettable que cette partie des études faites jusqu'ici fût restée incomplète, et il me parut fort désirable que cette lacune fût comblée, car, jusqu'à plus ample information, nous ne pouvions regarder cette partie de la question de la ventilation comme résolue d'une manière satisfaisante par le système de la ventilation par insufflation. J'ai cherché à suppléer à cette lacune par les expériences suivantes, par lesquelles je me suis aussi proposé d'examiner quelques autres questions importantes.

2o8, Expériences faites en 1860 et 1861. — A l'époque où je fus appelé à m'occuper de nouveau de la question de la ventilation, pressé par la nécessité de donner une solution pour les projets de chauffage et de ventilation des nouveaux bâtiments du palais de justice, j'avais dû me borner à étudier et à discuter les résultats des expériences faites par divers observateurs, et je n'avais pu entreprendre moi-même aucune série de recherches sur quelques points encore douteux de la question.

J'ai repris plus tard cette étude, et j'ai fait exécuter sous ma direction plusieurs séries d'expériences dont une partie a déjà été publiée dans les Annales du, Conservatoire. Je les rapporterai ici dans l'ordre qui convient à l'examen de la question.

Sîd9. Comparaison de V influence des effet s de la chaleur ou de Vaspiration, cl de ceux de V insufflation dans V introduction de l'air. — Les expériences dont j'ai rapporté et discuté les résultats dans les numéros précédents ont mis en évidence la différence considérable qui existe entre le volume d'air réellement introduit dans les salles à travers les poêles et ceux que les ventilateurs aspirent et refoulent à l'origine des conduites. Les explications plus ou moins ingénieuses que l'on a cherché à donner de cette différence et pour permettre d'admettre que cet air, mis en mouvement par l'appareil

mécanique, arrivait en réalité dans les salles par d'autres voies que ces poêles, ne m'ont pas paru pouvoir résister à une discussion sérieuse, et je ne crois pas qu'aujourd'hui l'on voulût de nouveau en maintenir l'exactitude.

Mais il y avait un autre côté de la question qui n'avait point été abordé et qui me paraissait d'une grande importance.

L'excès de la température qui s'établit dans les poêles et dans la salle sur celle qui a lieu à l'extérieur doit incontestablement, en toute saison, déterminer, par les conduits de refoulement de l'air et même par la cheminée du clocher, un appel plus ou moins énergique. D'une autre part, puisque, comme on l'a vu au n° 250, la pression extérieure de l'air reste toujours supérieure à la pression intérieure des salles, il s'ensuit, comme nous l'avons aussi indiqué, que l'évacuation de l'air vicié a lieu par appel et non par refoulement.

Il était donc important de constater, par des expériences directes, quelles pouvaient être, dans les mouvements de l'air, la part proportionnelle de l'appareil mécanique et celle de l'aspiration due à la simple différence des températures.

Pour y parvenir, deux sortes d'expériences m'ont paru nécessaires :

1° Déterminer directement, par l'observation des volumes d'air écoulés par la cheminée générale d'évacuation, la part proportionnelle du ventilateur, en observant ces volumes le même jour et dans les mêmes conditions de température, soit quand, le ventilateur fonctionne, soit quand il est arrêté.

â*^ Déterminer de même, par l'observation des volumes d'air introduits par un poêle, la part proportionnelle du ventilateur et ceUe de l'aspiration .

260. Part proportionnelle du ventilateur dans V évacuation de l'air vicié par la cheminée générale. — Pour la solution de la première question, l'on a procédé ainsi qu'il suit, en répétant les expériences à sept reprises différentes.

On a commencé par observer les volumes d'air qui passaient dans la clieminée générale d'évacuation, quand le ventilateur fonctionnait à la manière ordinaire, en laissant le mécanicien régler la marche de la machine comme il l'entendait. Puis on a répété les mêmes observations, après avoir fait arrêter la machine et lorsqu'il s'était écoulé un intervalle de temps suffisant pour que le mouvement de l'air fût arrivé à l'état de régime.

Les résultats des observations sont réunis dans le tableau suivant, qui contient ceux de sept expériences comparatives exécutées, comme nous venons de le dire, dans le but de reconnaître la part proportionnelle du ventilateur dans le volume d'air total évacué par la cheminée générale.

La 3'^ colo nue indique la vitesse moyenne de l'air à son passage par la section où était placé l'anémomètre, et qui avait l"'-i,207 de superficie.

La 4e et la 5« colonne contiennent les volumes d'air écoulés par seconde et par heure.

La 6^ donne l'excès de la ventilation générale obtenue avec le ventilateur sur la ventilation sans ventilateur.

La 7'= indique la part proportionnelle du ventilateur dans la ventilation générale.

La 8*^ indique la part proportionnelle de la ventilation due à la chaleur seule, ou de l'appel dans la ventilation générale.

Les 9% 10" et 11^, contiennent les températures observées à l'extérieur dans la cheminée et dans les salles.

Enfin, la l'A" colonne fait connaître quel a été le volume d'air moyen évacué par la cheminée générale, par heure et par ht.

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