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Il est donc bien établi que, malgré l'accroissement successif du nombre des calorifères, les moyens de chauffage sont encore insuffisants pour la saison d'hiver, puisque dans certaines salles la température s'est abaissée à six, sept et huit degrés, et que, dans les corridors qui servent de promenoirs, elle est descendue à un degré cinq dixièmes, et à deux degrés cinq dixièmes.
548. Excès de température de Vair affluent. — D'autre part, si, pour obvier à cette insuffisance, on augmente l'intensité du feu, il en résulte des inconvénients graves qui m'ont été signalés dans une visite que j'ai faite le 31 octobre 1860 à l'asile.
M. le docteur Guionis, médecin de l'établissement, faisant sa tournée au moment de mon arrivée, je l'ai rencontré dans une des salles consacrées aux nourrices, au premier étage ; il était accompagné de deux sœurs et de ses deux aides. — Il m'a été affirmé, tant par les femmes convalescentes que par M. Guionis et les autres personnes présentes, qu'il arrivait souvent que les femmes, et surtout les enfants, dont le lit était placé près des bouches de chaleur étaient tellement incommodés par la haute température de l'air affluent, que plusieurs fois l'on avait été obligé de les changer de place. Ce fait, analogue à celui qui m'avait été antérieurement signalé à l'hôpital Necker, pour des appareils du même constructeur, justifie pleinement les objections faites à l'emploi des calorifères à air chaud ordinaires dans les hôpitaux, où il importe, plus que partout ailleurs, que l'air affluent soit pur et à une température modérée.
Enfin, si la disposition adoptée par M. Yan-Hecke et par laquelle ses calorifères et leurs tuyaux sont complètement isolés des parois de la chambre à air et de toute maçonnerie, permet d'utiliser de suite la chaleur qu'ils développent pour échauffer rapidement l'air que l'on veut envoyer dans les salles, elle ofTre l'inconvénient de rendre aussi le chauffage très-variable, selon l'activité du feu, et pour peu que le chauf-
feur se néglige, ce qui ne peut manquer d'arriver, surtout la nuit, il doit y avoir des alternatives fréquentes d'excès et d'absence de chaleur.
Toutes ces irrégularités ne se présentent pas au même degré dans les hôpitaux chauffés à l'aide de poêles à eau chaude par circulation d'eau ou de vapeur quand ils sont bien proportionnés; l'expérience a prouvé depuis longtemps que l'on pouvait en toute saison régler la température au degré voulu et lui donner la slabihté désirable. Par tous ces motifs, je ne puis donc que persister dans l'opinion que j'ai émise au sujet de l'emploi des calorifères à air chaud ordinaires dans les hôpitaux, et en général dans tous les lieux habités où le chauffage doit être continué avec régularité et modération pendant un laps de temps considérable.
Mais je dois ajouter que, dans beaucoup de cas, lorsque les calorifères à air chaud sont accompagnés d'une chambre à air, dans laquelle, à l'aide de registres convenablement manœuvres, on peut opérer le mélange de l'air froid et de l'air chaud, de manière à donner à l'air nouveau une température modérée, il pourra convenir d'employer ces calorifères. J'en donnerai un exemple remarquable quand je parlerai des amphithéâtres.
549. De V évacuation de Vair. — L'on a vu plus haut quels étaient les résuhats généraux des appareils de ventilation établis par M. Van-Hecke; mais il nous reste encore à examiner comment les volumes d'air évacués sont répartis entre les diverses salles d'un même étage ou des différents étages.
L'air afflue dans les salles par des cheminées verticales pratiquées dans les murs de refend, et qui ont à droite et à gauche leur débouché à même hauteur dans les deux salles séparées par un même mur. Ces ouvertures circulaires sont munies d'un registre ou papillon de même forme, que l'on peut tourner à la main, de manière à découvrir, ou à fermer en partie les huit secteurs ménagés dans les registres. Il en résulte, il est vrai, pour les malades, la facilité de modérer
la chaleur des salles; mais ce n'est qu'aux dépens du volume d'air affluent.
Cetle disposilion, qui établit une communication directe d'une chambre à l'autre, présente des inconvénients et apporte dans certains cas un trouble complet, ou tout au moins une grande inégalité, dans la ventilation.
C'est ce que nous ont montré les expériences, ainsi qu'on peut s'en assurer par l'examen du tableau qui en contient les résultats.
Ainsi, par exemple, tandis que dans la première série, où le ventilateur agissait seul, l'on voit que dans la galerie Sainte- Clotilde, dont les salles n° 1, n° 2 etn° 3, contiennent chacune six lits, et ont deux cheminées d'appel, il a été évacué par ces cheminées.