RIE SAINTE-MARTHE
Rez-de-chaussée.
étage.
•je
étage. 1
Nombre des lits, aile gauche,
33; aile droite, 59;
total
122 lits.
Pour nous éclairer sur les dispositions à l'aide desquelles M. Van-Hecke était parvenu à réaliser une semblable uniformité de température, que nous regardions comme assez remarquable pour mériter notre attention, d'autant plus qu'en 1859 l'on était loin de l'avoir obtenue, nous avons été forcé de faire pénétrer dans la chambre à air nos collaborateurs pour chercher à connaître les dispositions des galeries de ventilation et des tuyaux de prise et d'ascension de l'air. L'on y a aussi observé une disposition ingénieuse spécialement applicable, il est vrai, à des cas analogues à celui qui nous occupe.
Après notre visite, M. Laval, architecte de l'établissement, a eu l'obligeance de nous procurer le dessin de cette dispo-
sition dont un des éléments principaux est représenté dans la figure de la page 319, et que nous allons chercher à décrire.
547. Description des galeries inférieures de distribution de l'air chaud. — Ainsi que nous l'avons dit, l'air échauffé au contact et par la radiation des parois du calorifère se répand dans la chambre de cet appareil, qui y est presque complètement isolé, et par suite de l'arrivée continue d'air frais , il s'établit dans cette chambre des couches d'air à des températures croissantes et très-différentes depuis le sol jusqu'à la voûte.
Deux galeries, partant de la chambre à air, un peu audessus de son sol, se dirigent vers l'axe longitudinal des ailes gauche et droite et sont destinées à conduire l'air chaud dans toute la longueur de ces ailes. L'intrados des voûtes de ces galeries, qui ont 0",75 de largeur dans œuvre est de niveau sur toute leur longueur; leur sol, ou radier, a une rampe ascendante de 0"',035 par mètre, à partir de la chambre à air ; de sorte que la hauteur sous clef, qui est à l'origine pour l'aile gauche de 2"', 00, n'est à l'extrémité sous la salle n° 4 que de 0",96. A leur passage au-dessous des murs de refend ces galeries communiquent avec trois conduits verticaux, qui répartissent l'air dans les salles correspondantes. Mais lors de la première mise en activité des appareils, la facilité plus grande d'accès que l'air trouvait vers les conduits elles salles les plus voisines du calorifère occasionnait des différences très-considérables dans les températures et dans les volumes d'air répartis dans les salles, de sorte que les plus éloignées ne recevaient, à certaines époques, que peu ou point de chaleur.
M. Van-Hecke a cherché depuis à remédier à ce défaut par la disposition suivante.
L'inégalité de température de l'air dans la chambre à air, dont la partie supérieure est à 32", tandis que la partie voisine du sol n'est à peu près qu'à la température de 20% se propageait immédiatement dans les galeries où des différen-
ces analogues se produisaient aussi et étaient évidemment l'une des causes principales de celles que l'on observait dans la répartition- de la chaleur dans les salles.
Pour corriger, autant que possible, ce défaut, M. Yan- Hecke a établi au-dessous de chaque mur de refend des dispositions qui ont pour but, et, à certaines époques, pour effet, comme nous l'avons déjà constaté, de régulariser beaucoup mieux la température. Au-dessous de chacune des séries de tuyaux ascendants il a pratiqué dans les conduits un élargissement de 0™,17 de cbaque côté à l'origine, et qui se réduit successivement à 0™,16 et à 0™,15 vers l'extrémité. Cet élargissement, qui règne sur toute la hauteur du conduit, offre vers le bas, à droite et à gauche, des orifices horizontaux d'introduction ou de passage à l'air dont les dimensions sont les suivantes, pour l'aile gauche, par exemple :
Salles 18 3 4
Hauteur 0"" ,17 0" ,16 0" ,16 0" ,15
Largeur 0 ,50 0 ,50 0 ,50 0 ,50
Surfaces 0"-ï,085 O'-SOSô O^'^OSO O^-SOTô
Au-dessus de ces orifices sont placés des espèces de diajTjg 43 phragmes en zinc en forme de voûte
surbaissée, qui forment de chaque côté avec la paroi du précédent des canaux latéraux par lesquels l'air arrive aux conduits verticaux.
La figure ci-jointe représente en section transversale cette disposition qui a les résultats suivants :
Au-dessous du premier mur de refend, salle 1, la prise d'air ne permettant que l'accès de l'air des couches situées à 1 mètre au plus au-dessus du sol et à 1 mètre au-dessous del'intrados horizontal de la voûte, l'air qui y pénètre se tro uve mêlé d'air relativement frais et d'une portion d'air chaud .
Au-dessous du second mur, la prise d'air est à 0°%70 en contre-bas de la voûte; au troisième mur, elle est à 0™,50,etau quatrième, à 0"',35. Ces ouvertures admettent donc de l'air pris d'autant plus près de la voûte ou dans la région où il est chaud qu'elles sont plus éloignées de la chambre; mais en même temps, par l'effet de la circulation, le mélange des couches de différentes températures s'est opéré de plus en plus, tandis que, d'autre part, l'air le plus chaud a, dans certains cas, pu se refroidir un peu, et il résulte de ces causes concordantes et de l'égalité presque complète des aires de passage pour les salles W' 1 , 2 et 3 de l'aile gauche dont nous parlons, que pour le cas des températures modérées d'hiver, les volumes d'air et les températures peuvent être assez uniformément réparties. Mais il ne s'ensuit pas nécessairement qu'il en puisse être de même en tout temps et surtout par de très-basses températures extérieures, parce que les calorifères devant alors fournir beaucoup plus de chaleur, la répartition des températures aux différentes hauteurs de la chambre à air et des galeries pourrait être tout autre, et que, dès lors, des inégalités très-sensibles pourraient s'établir entre les températures des diverses salles. Les hauteurs auxquelles il convient de prendre l'air dans ce dispositif dépendent donc de circonstances variables, et quoiqu'il permette de régulariser assez bien les températures à un même étage, il y a des circonstances où il serait nécessaire de modifier ces hauteurs. C'est ce qu'il serait, du reste, assez facile de faire, en adaptant aux diaphragmes en zinc de petites ventelles mobiles.
Les résultats des observations de températures faites dans l'hiver de 1860-61 par M. le directeur de l'asile et relatés plus loin montrent en effet que si, dans l'aile gauche du pavillon F, les températures, quoique parfois trop basses, ont été assez uniformes à un même étage, il n'en a pas été à beaucoup près de même dans l'aile droite, où il a fait généralement trop froid, et dont les salles les plus éloignées du calorifère ont été beaucoup moins bien chauffées que celles qui en étaient plus rapprochées.
L'on peut se demander si l'inégalité de température qui s'établit dans les chambres à air et aux conséquences de laquelle le dispositif que l'on vient de décrire a pour objet de remédier, et qui sont le résultat de la grande capacité de la chambre et de l'isolement du calorifère des parois de cette chambre, est en définitive avantageuse ou nuisible.
Elle crée, comme on vient de le voir, une difficulté assez grande à l'unifonnité de température des salles; mais, d'une autre part, l'isolement du calorifère a pour effet que si une partie de l'air, celle qui s'est le plus échauffée par le contact des surfaces métalliques portées au rouge, a pu éprouver quelque altération, le reste, qui n'est chauffé que par le rayonnement de l'appareil et par un mélange incomplet avec la première portion, doit avoir conservé son humidité et sa pureté naturelle; de sorte que le mélange qui se fait ultérieurement n'est pas aussi insalubre qu'il l'aurait été, si le calorifère avait été entouré de plus près par les parois de la chambre. Cette dernière opinion n'a rien d'improbable, et si elle était tout à fait exacte, l'isolement des calorifères à air chaud serait peut-être un moyen de diminuer les inconvénients qu'on leur reproche avec raison.
Nous devons faire observer que la forme donnée par M. Van-Hecke à son diaphragme en zinc et la manière dont il est placé produisent une inégalité très-sensible dans le volume d'air qui passe par le conduit vertical du milieu de chaque mur de refend, lequel alimente le rez-de-chaussée. C'est ce dont il est facile de se rendre compte par l'examen du profil représenté précédemment, et c'est aussi ce qui explique comment, dans toutes nos expériences, les volumes d'air évacués par les cheminées des galeries du rez-de-chaussée n'ont été que les 0.70 à 0.75 environ de ceux qui étaient extraits des deux autres étages, malgré l'avantage que la hauteur de la cheminée d'évacuation devait au contraire donner à ces galeries. Mais cet inconvénient serait facile à corriger en supprimant une partie des cloisons inférieures en briques de ce conduit central.
Malgré ce que celte disposition offre d'ingénieux et le succès qu'elle obtient pour des températures modérées de l'air extérieur qui n'obligent pas à chauffer trop fortement l'air de la chambre du calorifère, l'on ne parvient pas à obtenir dans les salles et dans les corridors ou galeries des températures convenables lorsque le thermomètre descend de plusieurs degrés au-dessous de zéro. Dans le cours de l'hiver 1860-61, il est arrivé souvent que la température de certaines salles n'a pu être élevée au-dessus de six, huit ou neuf degrés audessus de zéro, et que celle des galeries ou promenoirs n'était en même temps que de un degré et demi, deux degrés et demi à trois degrés; ce qui était certainement bien insuffisant pour des femmes convalescentes et pour des salles destinées à des nourrices et à des enfants nouveau-nés. C'est ce qui est d'ailleurs constaté dans les tableaux suivants relevés par les soins de M. le directeur de l'asile.
TEMPÉRATURES OBSERVÉES EN JANVIER 1861 DANS LES SALLES ET LES CORRIDORS DU PAVILLON F DE l'aSILE DU VÉSINET.
AILE GAUCHE
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