MUSCLES COMPLEMENTAIRES DE LA SURPRISE
(ABAISSEl'RS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR).
Figures 54, 5. r ), 56, 57.
LÉGENDE
Fui. 54. — Destinée à l'étude des lignes, des reliefs cutanés et du modelé, produits par les abaisseurs du maxillaire inférieur, chez le vieillard (représenté dans les fig. 3, 7, S, 9, 12, 13, 14, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 30, 31, 32,33, U, 37, 38, 39, 43, 44, 45, 40, 47, 48, 49, 51, 52, 53).
Abaissement volontaire de la mâchoire inférieure, ou des téguments de la partie inférieure de la face ; mouvement inexpressif.
Fig. 55. — Destinée à montrer qu'il ne suffit pas d'ouvrir la
bouche et d'élever les sourcils pour peindre l'éfonnement,
mais qu'un rapport parfait doit exister entre ces divers
mouvements, sous peine de ne faire qu'une grimace.
Abaissement volontaire, au maximum, de la mâchoire
inférieure, avec élévation volontaire cl modérée dos sourcils : étonnement mal î'endu pai le sujet ; expression ridicule et niaise.
Fia. 5(5. — Destinée à l'étude de la contraction combinée, à un degré modéré, du frontal et des abaisseurs du maxillaire inférieur.
Abaissement volontaire et modéré de la mâchoire inférieure, et contraction électrique proportionnelle des frontaux : surprise.
Fie,. 57. — Destinée à l'étude de la contraction combinée, au maximum, des frontaux et des abaisseurs du maxillaire inférieur.
Abaissement volontaire, au maximum, de la mâchoire inférieure, et contraction électrique énergique des frontaux : étonnement, stupéfaction, ébahissement.
EXPLICATION DE LA LEGENDE
A. — mécanisme.
Les abaisseurs de la mâchoire inférieure et leurs fîlels nerveux moteurs, étant recouverts par le peaucier, ne peuvent être électrisés sans que ce dernier muscle se contracte en même temps; leur excitation partielle est possible seulement lorsque le peaucier est atrophié ou lorsqu'il a perdu son irritabilité. Aussi ai-je dû engager les sujets sur lesquels j'ai fait les expériences reproduites ci-dessus par la photographie, à ouvrir leur bouche plus ou moins largement.
On remarque, dans les figures 5/j et 5G, qu'à l'instant où la bouche s'ouvre, les traits de la moitié inférieure de la face sont attirés directement en bas et s'allongent : que les lèvres décrivent deux arcs de courbes en sens inverse, à peu près égaux, et dont la corde commune passe par les commissures labiales.
Ces figures 5ft et 56 montrent cet allongement des traits, et ces courbes labiales qui augmentent proportionnellement au degré d'abaissement de la mâchoire inférieure. On voit aussi dans toutes ces figures qu'un relief transversal s'est développé sur la peau située au-dessous de la mâchoire infé-
rieure, et que ce relief est limité en avant par un sillon à concavité supérieure, qui, naissant 2 centimètres et demi en arrière du menton, remonte sur les côtés des joues, et par un second sillon moins profond, moins étendu, et situé un centimètre et demi en arrière du premier. Je ferai remarquer enfin que le modelé du cou n'a pas éprouvé la moindre modification, quel que fût le degré d'abaissement de la mâchoire inférieure.
H. — Expression.
La figure 55, où la mâchoire inférieure est seulement abaissée, n'exprime assurément aucune émotion de l'âme. Mais on sent, à la vue de la figure 50, que le sujet qu'elle représente vient d'apprendre une nouvelle inattendue ou qu'il aperçoit un objet qui le surprend. C'est l'expression de la surprise que j'ai obtenue en combinant l'abaissement volontaire de la mâchoire inférieure avec la contraction électrique du frontal.
La même combinaison musculaire au maximum de contraction peint, dans la ligure 57, une émotion analogue, mais à son plus haut degré de manifestation. L'impression y est plus forte et l'ébranlement plus grand. Cet homme contemple une chose avec la plus grande surprise ; il a peine à y croire, comme s'il tombait des nues; il est fortement ému; il est étonné, il est ébahi, il demeure slupide (Corneille).
Pour exprimer expérimentalement des expressions aussi