DE L4 FRAYEUR, DE L'EFFROI
(PEAUCIEli, Y, fig. 1).
Figures 58, 59, 60, fil , 62, 63, 64, 65.
LÉGENDE
Fig. 58 et 59. — Destinées à l'étude du mécanisme de l'action partielle du peaucier, chez le vieillard (représenté dans les fig. 3, 7, S, 9, 12, 13, 14, 17, JS, 19, 20, 21, 22, 30, 31, 32, 33, 3/i, 37, 38, 39, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57).
Dans la première, contraction électrique du peaucier gauche; dans la seconde, contraction des deux peauciers : cette contraction partielle du peaucier est inexpressive.
p IG go — Destinée à l'étude de la contraction combinée, expressive, des peauciers et des frontaux, chez le même sujet. Contraction électrique combinée des peauciers et des
frontaux: frayeur.
Fir.. 61 et 6 - 2. — Destinées à l'élude de la contraction électrique combinée du peaucier et du frontal, associée à l'abaissement de la mâchoire inférieure, chez le même sujet.
Contraction électrique des peauciers, des frontaux, avec abaissement volontaire de la mâchoire inférieure : effroi, vu de face dans la figure 61 , et de profil dans la ligure 62.
FiG. 63. — Destinée à montrer que l'expression de l'effroi peut. être rendue avec vérité et énergie, alors même que les paupières sont rapprochées, chez le même sujet.
Même combinaison musculaire que dans les figures 61 et 62, et de plus abaissement de la paupière supérieure et regard en bas : expression d'effroi.
Fig. G/i et (Jo. — Destinées à l'étude de la contraction électrique combinée des peauciers et des sourciliers, associée à l'abaissement de la mâchoire inférieure, chez le même sujet.
Contraction combinée des peauciers et des sourciliers, avec abaissement volontaire de la mâchoire inférieure : effroi mêlé de douleur, torture.
Dans la figure 64, la contraction du peaucier est plus énergique à gauche qu'à droite ; en regardant successivement chacune des moitiés de cette figure, on voit l'augmentation graduelle de la douleur et de l'effroi.
EXPLICATION DE LA LÉGENDE
La contraction partielle de l'un des peauciers, photographiée figure 58, établit que ce muscle tire obliquement en dehors et en bas les tissus de la partie inférieure de la face. Cependant il est démontré par les expériences représentées dans les figures 59, 60, 61, 62, 61 et 65, que ce renversement de la lèvre inférieure en avant n'a plus lieu lorsque les deux peauciers sont simultanément excités.
Ces dernières figures montrent également l'action oblique en bas et en dehors des deux peauciers sur tous les traits de la face, et font comprendre comment ces muscles soulèvent et tendent la peau de la moitié antérieure du cou, à la manière d'un rideau derrière lequel disparaissent les reliefs des sterno-mastoïdiens.
Il ressort de l'expérience photographiée, figure 60, que les peauciers exercent une action très faible sur la mâchoire inférieure. La bouche du sujet était en effet fermée lorsque j'ai fait contracter énergiquement ces muscles, cl bien que je lui eusse recommandé de n'opposer aucune résistance, c'est
10/j .MÉCANISME DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE.
il peine si la mâchoire inférieure s'est abaissée de 2 à 3 millimètres ; la lèvre inférieure seule s'est écartée de la lèvre su périeure de 2 centimètres environ.
Pour les expressions représentées par les ligures 61 , 62, 63, 65, j'ai dû faire ouvrir plus ou moins la bouche, et ensuite électriser les peauciers; alors la forme et le modelé des lèvres, qui avaient été produits par le simple abaissement de la mâchoire inférieure (voyez les figures 54, 55, 56, 57), changèrent complètement, et offrirent les caractères spéciaux qui sont propres à l'action combinée des peauciers et aux abaisseurs de la mâchoire inférieure.
Pour bien comprendre le mécanisme des mouvements des lignes et des reliefs produits par le peaucier et l'importance de son rôle dans le jeu de la physionomie, il importe de se rappeler les dispositions anatomiqucs du peaucier (voy. Y,
fig- 1).
Le peaucier, placé sous la peau, dont il est difficile de le séparer par le scalpel, et dans laquelle il se termine, supérieurement, à la partie inférieure et latérale de la joue, et infé— rieurement, au niveau de la partie supérieure du thorax, dont il suit enfin les contours à la face et au cou; ce muscle, dis-je, attire en bas et en dehors la lèvre inférieure, les tissus de la région inférieure des joues et les ailes du nez. Et puis, comme en se contractant ses libres deviennent rectiligncs, il soulève nécessairement la peau qui le recouvre, c'est-à-dire la moitié antérieure du cou. Enfin, au maximum de contraction, un grand nombre de fibres de ce muscle