‹ Mécanisme de la physionomie humaine; ou Analyse électro-physiologique de l'expression des passionsChapitre 33 sur 70 · MUSCLE DE LA FRAYEUR, HE L'EFFROI · texte numérisé non relu

MUSCLE DE LA FRAYEUR, HE L'EFFROI

forment, à la surface de la région antérieure du cou , des cordes très apparentes, et qui indiquent leur direction. C'est ce qui est parfaitement distinct sur la plupart des figures précédentes, et principalement sur la figure Go.

a t. — Impression.

La contraction partielle du peaucier est inexpressive; la figure 58, où de chaque côté ce muscle est mis isolément en action, en donne la démonstration. J'ai fait ouvrir la bouche au sujet, au moment où ses peauciers ont été électrisés; et quel que fût alors le degré d'abaissement de sa mâchoire inférieure, je n'ai pu produire, on le voit, qu'une grimace ou une déformation analogue à celle des cicatrices de brûlure situées à la région cervicale ou thoracique.

Les figures 60, 61, 6'2, 63, 6/i et 65 prouvent cependant que le peaucier devient éminemment expressif, dès qu'il s'est associé à certains muscles, et que sans lui, plusieurs émotions de l'âme qui produisent un gonflement spasmodique du cou et tirent les traits de la face, ne sauraient se peindre sur le visage de l'homme.

,( )n a vu ipie les figures 56 et 57 expriment avec une grande vérité la surprise, l'élonnement, rehaussement, par la contraction combinée des abaisseurs de la mâchoire inférieure et des frontaux; mais cette combinaison musculaire qui produit îles mouvements, des lignes et des reliefs analogues, au pre-

mier abord, ;ï ceux qui peignent la frayeur, l'effroi, ne peut cependant produire ces dernières expressions.

Il suffit, pour les faire apparaître, d'associer le peaucier à l'un des muscles moteurs du sourcil. En voici la preuve expérimentale.

La figure 60 est l'image de la frayeur; c'est, on le voit, en combinant l'action du frontal avec celle du peaucier, que celte expression s'est dessinée sur la face de mon sujet. Sa physionomie était au repos, son regard calme et indifférent, bien qu'il fût dirigé latéralement. Son muscle frontal étant mis d'abord énergiquement en contraction, son œil est devenu attentif, tel qu'il a été photographié dans la figure 9. C'est alors que les peauciers ont été électrisés, et à l'instant, sans que sa mâchoire inférieure s'abaissât d'une manière appréciable, mais seulement par le tiraillement oblique en bas et en dehors et tout particulier des traits de sa face, par le soulèvement cutané, enfin, de la moitié antérieure de son cou, les traits de la frayeur se sont dessinés sur sa physionomie avec une vérité admirable. La direction un peu oblique de son regard donne à son œil une expression d'inquiétude, de crainte, en même temps qu'elle indique le point d'où vient le péril ou le danger dont il se croit menacé.

A la vue de la figure GO, on sent que cet homme éprouve le frisson de la peur : ses muscles cutanés, le peaucier (du cou) et le frontal (peaucier du front) sont contractés spasmodiquement par la frayeur. — Il en est de même chez les quadrupèdes; leur pannicule, qui est l'analogue des muscles

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