PREMIERE SERIE
Figures 74, 75, 76, 77, 78.
Los figures fie la partie esthétique seront encore, à la première vue, des grimaces, pour ceux qui ne posséderont pas la clef de mes expériences. Aussi je crois devoir répéter que la contraction électrique partielle des muscles qui produisent des expressions différentes, de chaque côté d'une face, ne peut montrer en effet qu'une grimace, si l'on regarde simultanément les deuxcôtés de celte face. On aura donc soin, comme je l'indiquerai dans les légendes, de cacher telle ou telle partie de chacune de ces figures, pendant que l'on en regardera le côté opposé; alors on verra l'expression de la physionomie se dessiner complètement et devenir souvent d'une grande beauté.
LEGENDE
Fin. 7/i. — Portrait, au repos, de la jeune fille d'après laquelle uni été photographiées les expressions diverses représentées dans les figures 75, 70, 77, 78.
Fig. 75. — Vue dans son ensemble : Religieuse prononçant ses vœux, avec douleur résignée à gauche, et seulement avec tristesse à droite (J ) .
Prière douloureuse, mais avec résignation , eu cachant l'œil, le sourcil et le front du côté droit; — prière un peu triste, en cachant les mêmes parties du côté gauche.
La tête vue isolément: — souvenir douloureux, en cachant l'œil, le sourcil et le front, du côté droit; — souvenir un peu triste, en cachant les mêmes parties du côté opposé.
Eleclrisation du muscle de la douleur (du sourcilier, voy. o, fig. 1), à gauche : regard tourné en haut et léger abaissseinent des commissures labiales.
Fig. 76. — Vue dans son ensemble: Même prise dévoile, avec douleur profonde à gauche, et avec bonheur divin, extatique, à droite.
(1) Il est convenu que, ilans toules ces légendes, je veux indiquer le côté îles figures, et nnn celui du lecteur.
Prière dans l'extrême douleur, en caclianl l'œil, le sourcil et le front, du côté droit; — prière extatique, avec saints transports d'une pureté virginale, en cachant l'œil, le sourcil et le front, du côté gauche.
La tête vue isolément : — douleur extrême, sans caractère religieux, en cachant comme précédemment le côté droit ; — admiration jusqu'à l'extase, en cachant de la même manière le côté opposé.
Électrisation du muscle de la douleur (le sourcilier), à gauche; — regard tourné en haut et bouche entr'ouverte.
FlG. 77. — ■ Anioai' terrestre à droite, et amour céleste à gauche.
Extase de l'amour humain, en cachant la moitié gauche de la face; — doux ravissement de l'amour divin (extase de sainte Thérèse), en cachant la moitié opposée.
Electrisation modérée du muscle de la lasciveté (transverse du nez, voy. Q, fig. 1), du côté droit ; mouvement du globe oculaire oblique en haut et un peu latéralemenl.
FlG. 78. — Scène de coquetterie, avec expressions différentes, à droite et à gauche.
Air offensé, en cachant la partie de la face située audessous du nez; — regard dédaigneux, en cachant le côté gauche de la moitié inférieure de la face ; — sourire moqueur, en cachant le côté droit de la moitié inférieure de la face.
140 MÉCANISME l)E f.\ PHYSIONOMIE HUMAINE.
Adroite, électrisation du triangulaire des lèvres (voy. X, fig. 1); a gauche, éleclrisalion du grand zygomatique (voy. I, fig. 1); — paupières légèrement rapprochées el regard dirigé un peu latéralement; — altitude maniérée et poitrine trop nue.
EXPLICATION DE LA LÉGENDE
La personne qui est représentée dans la figure 74, et que j'ai choisie pour modèle dans cette étude électro-physiologique et esthétique de la physionomie, n'est ni jolie, ni laide, mais ses traits sunt réguliers; sa physionomie n'est pas très expressive, cependant on verra dans les figures suivantes qu'elle s'est complètement transformée sous l'influence des expressions diverses que je lui ai données, cl qu'elle a môme gagné en beauté.
C'est une jeune fille presque aveugle (depuis plusieurs années, elle est affectée d'une atrophie double de la papille du nerf optique). Comme j'essaye d'améliorer son état par l'électrisation, et qu'elle s'est habituée à la sensation désagréable produite par ce traitement, elle s'est prêtée merveilleusement à mes expériences électro-physiologiques.
Elle est grande , assez bien faite , elle convient à l'étude plastique du corps; mais elle ne peut voir ni les gestes ni les attitudes que je lui indique, et je suis forcé de la poser et de la draper, de même que si j'agissais sur un mannequin.
Afin que l'on juge mieux la valeur des études expressives et esthétiques que l'on verra photographiée? d'après
cette jeune fille dans les figures suivantes, je donnerai l'explication des scènes diverses que j'ai composées pour chacune d'elles. 11 est bien entendu cpie les mêmes expressions conviendraient à d'autres scènes ou situations (pic pourrait inspirer la vue de ces figures.
Dans la plupart de ces études, on remarquera sur la même figure deux expressions différentes destinées, chacune à l'une de ses moitiés. En agissant ainsi, j'ai voulu rendre plus évidente l'influence modificatrice générale d'un seul muscle expressif sur tous les autres traits de la face. — Souvent aussi j'ai composé une expression volontaire sur l'un des côtés de la face, comparativement à une expression artificielle produite, du côté opposé, par l'excitation électrique.
Aux personnes qui voudraient les répéter ou les poursuivre, je vais dire comment je procède dans ces études d'esthétique électro-physiologique. — Je donne à mon sujet la pose et le geste en harmonie avec les expressions physionomiques que j'ai à produire; je l'engage ensuite à exécuter volontairement les mouvements faciaux qui sont propres à ces expressions. — Ayant étudié et connaissant les combinaisons musculaires ou les mouvements qui conviennent à chaque expression, je me garde bien, dans ces circonstances, de l'aire intervenir les sentiments de mon modèle; je fais uniquement appel à mon jugement et cà mon sentiment artistique. Ainsi, je donne telle ou telle attitude à sa tète ; je lui fais tourner le regard dans telle ou telle direction, fermer ou écarter les paupières, ouvrir plus ou moins la bouche,